^^/
^^
- \^-
no
I
Digitized by the Internet Archive
in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.archive.org/details/dictionnairepicOOdair
PRINCIPAUX OUVRAGES DU MÊME AUTEUR
Démuin et ses seigneurs. 1878. In-8.
Ignaucourt et Aubercourt. 1881. In-8.
L'œuvre historique et archéologique de M. Ernest Prarond. 1881-1890. 2 vol. in-8.
Notice sur le Terrier du Ponthieu. 1882. In-8.
Dictionnaire d'histoire locale ; l'arrondissement d'Abbeville. 1882. In-8.
Sièges et prises de Saint- Valéry. 1883. In-8.
Boucher de Perthes, sa vie, ses œuvres, sa correspondance. 1885. In-8.
Catalogue analytique des manuscrits de la bibliothèque communale d'Abbeville. 1885-1900. In-8.
Millevoye, sa vie, ses œuvres. 1886. In-8.
L'amiral Courbet. 1886. In-8.
L'imprimerie et la librairie à Abbeville avant 1789. 1887. In-8.
La vallée du Liger et ses environs. 1887. In-8.
Deux années d'invasion en Picardie (1635-1636). 1887. In-8.
Esquisses militaires de la guerre de Cent ans. 1888. In-8.
Moreuil et son canton. 1889. In-8.
Le livre de raison d'un magistrat picard. 1889. In-8.
La guerre de Trente ans en Artois. 1890. In-8.
Les Vilains dans les œuvres des trouvères. 1890. In-12.
Monographie d'un bourg picard. T. I^r. Introduction à l'histoire de Démuin. T. IL L'histoire
de Démuin. T. III. Traditions populaires de Démuin. T. IV. Petit glossaire du patois de
Démuin. T. V. Nouvelles et légendes recueilhes à Démuin. 1890- 189 5. 5 vol. in-8.
Les princes de Savoie-Carignan, derniers seigneurs de Domart-sur-la-Luce. 1892. In-8.
Les reliures artistiques et armoriées de la bibliothèque communale d'Abbeville. 1892. In-4.
Mélanges d'histoire et de bibliographie. 1892. In-4.
Le mémorial d'un bourgeois de Domart (1634-1655). 1892. In-8.
Excursions historico-archéologiques dans le bas-Santerre. 1893. In-8.
Notices et choix de documents inédits sur la Picardie. 1 893-1896. 2 vol. in-8.
Livres de raison de deux seigneurs picards. 1894. In-8.
Le livre de raison d'un maïeur d'Abbeville. 1894. In-8.
Abbeville et le Ponthieu ; mélanges et fragments d'histoire. 1894. In-8.
Les Cambray d'Igny en ItaHe. 1895. In-8.
Le maréchal de Mailly. 1895. In-8.
Fransart et ses seigneurs. 1895. In-8.
Picquigny et son canton. 1896. In-8.
Petites chroniques du Santerre. T. 1er. 1897. In-8.
Catalogue des manuscrits des bibliothèques de Péronne, Ham et Roye. 1898. In-8.
Mélanges d'histoire locale. 1901. In-8.
Inventaire sommaire des Archives municipales d'Abbeville. 1902. In-4. (Fasc. le, seul paru.)
L'administration municipale à Abbeville au xviiic siècle. 1902.' In-8.
Souvenirs de l'invasion ; épisodes et nouvelles patriotiques. 1903. In-8.
Le magister de Pernois ; contribution au traditionnismc en Picardie. 1903. In-4.
Les fabliaux dans la tradition. 1904. In-8.
Un mois à Bruxelles. 1905. In-8.
Contribution au traditionnisme picard. Baptêmes, mariages et enterrements. 1905. In-8.
Blason populaire de la Picardie. 1906-1910. 2 vol. in-8.
Petite histoire d'Abbeville. 1907. In-8.
Trois épisodes militaires de la guerre de Cent ans. 1908. In-8. j
Ede quoi rire à se teurdc. Contes en patois du Santerre. 1908-1911. 4 vol. in-8. *
Géographie de la Somme. 1909. In-8. f
Petite grammaire du patois picard. 1909. In-8.
Monographie de Crécy-en-Ponthieu. 1909. In-8.
Menus laits historiques des villes d'Eu et du Tréport. 19 10. ln-8.
Histoire générale des communes de France. Monographies de Déniuin, Villers-Bretonneux et
TuUy. 19 10. 3 vol. in-8.
A la mémoire de M. Ernest Prarond. 1910. In-8.
Les contemporains. Emile Coët. 1910. In-8.
Notice biographique sur le P. Daire. 191 1. I11-4.
lue, etc..
SOUS PRESSE
Histoire civile, ecclésiastique et littéraire des doyennés du diocèse d'Amiens, par le P. Daire.
2 vol. in-4.
Au pays normand. Menus laits historiques.
Miettes d'histoire locale.
La guerre de Cent ans en Normandie.
EN PRÉPARATION
Glossaire des archives municipales d'Abbeville.
Vocabulaire complet du patois de Démuin.
Traditions populaires de la Picardie.
Le maréchal d'Esquerdes, capitaine d'Abbeville.
Louis XI et l'échevinase d'Abbeville.
DICTIONNAIRE PICARD
GAULOIS ET FRANÇOIS
i
Héliog.riujex-'din.
J.K VKRY, DAIRK i 1715 -179 2.»
4
^
DICTIONNAIRE PICARD
GAULOIS ET FRANÇOIS
CONTENANT AUSSI LES MOTS GAULOIS APPROCHANTS LE PLUS DU DIALECTE
DE LA PICARDIE AVEC LEUR SIGNIFICATION EN FRANÇOIS
Par le Père DAIRE
Ouvrage indîspensablement nécessaire à tous ceux qui, par nécessité,
par étude, par plaisir ou par état, se trouvent dans le cas de déchiffrer les archives
Mis en ordre, complété et publié d'après le manuscrit autographe
Par ALCIUS LEDIEU
PARIS
H. CHAMPION, ÉDITEUR
s. Quai Malaquais, 5
I9II
3âCC
/9//
L'un des plus féconds écrivains picards au dix-huitième
siècle fut le P. Daire, religieux célestin. Il ne saurait être
mis au même rang que le célèbre du Cange, ni même que
le bénédictin Dom Grenier, son compatriote et son ami.
Mais la place qu'il tient comme historien local n'en est pas
moins fort honorable.
Son œuvre imprimée est importante, mais il a laissé en
manuscrit, prêts pour l'impression, d'autres travaux sur la
Picardie, notamment une Histoire des doyennés du diocèse
d^ Amiens que, depuis plus de trente ans, nous nous propo-
sions d'éditer.
La vénération que nous avons toujours professée pour ce
travailleur infatigable, qui fut souvent un initiateur, a été
le premier mobile de notre entreprise.
La longue carrière littéraire de l'homme qui a consacré à
l'histoire de sa province natale le meilleur de son temps lui
valut plus de soucis que de satisfactions. De son propre
aveu, elle lui « offrit chaque jour mille épines contre une
rose'. » Ses contemporains et ses compatriotes surtout
I Préface de V Histoire littéraire de la ville d'Amiens, p. viii.
VI
s'acharnèrent sur lui et le déchirèrent à belles dents; ses
ouvrages furent l'objet d'attaques injustes et passionnées qui
n'ont point cessé par delà la tombe et qui le poursuivent
même encore de nos jours.
Depuis près de trois quarts de siècle que les manuscrits
inédits du P. Daire sont déposés à la bibliothèque commu-
nale d'Amiens, ils ont été fréquemment consultés par nombre
d'historiens locaux; une très minime partie de ceux qui ont
profité du fruit des recherches du docte Célestin ont eu la
probité de le citer; d'autres indiquaient leur référence
lorsque l'auteur avait commis une confusion, — ce qui n'a
rien de surprenant dans un travail de cette importance et de
cette nature; en le prenant ainsi en faute, ils croyaient se
faire passer pour plus habiles que lui. Quant à ceux qui se
sont livrés à un véritable pillage, — et c'est le plus grand
nombre, — ils ont gardé sur leur source le plus complet
silence.
Déjà, en 1843, ^^^^^ ^^ Catalogne des manuscrits île la
hihliothèque d'Amiens {\i. 139), J. Garnier disait dans la notice
relative aux c Cartons du Père Daire » qu' « on n'a pas
toujours montré toute la reconnaissance qu'on devait à
l'auteur pour les nombreux emprunts qu'on lui avait fliits
sans en avertir. » Nul n'était mieux en situation que le
bibliothécaire d'Amiens pour taire cette observation, qui
nous a frappé et dont nous avons pu, à maintes reprises,
constater la justesse. De tels procédés sont révoltants et l'on
doit se faire uri devoir de les dénoncer.
U Histoire des doyennés du P. Daire est une véritable mine
pour un très grand nombre de localités de l'ancien diocèse
d'Amiens. Sa publication permettra de compléter l'ensemble
de l'œuvre du laborieux Célestin sur l'histoire de sa pro-
vince, qu'il aimait avec passion. Elle permettra aussi de
pouvoir établir les emprunts non avoués qui ont été faits
par des auteurs peu scrupuleux ; on rendra ainsi à César ce
qui appartient à César. Cette considération n'a pas été l'une
des moindres dans la mise à exécution de notre entreprise.
VII
Nous croyons aussi faire œuvre utile en faveur des travail-
leurs et des amateurs d'histoire locale que de leur mettre en
mains un instrument de travail précieux pour la monogra-
phie de trois cents localités picardes.
Enfin, l'influence des travaux du P. Daire a été considé-
rable dans le mouvement qui s'est produit à la fin du dix-
huitième siècle et au début du siècle suivant pour les
recherches d'histoire locale en Picardie et dans le départe-
ment de la Somme.
De nombreux documents originaux consultés par lui ont
disparu dans la tourmente révolutionnaire ; il a pu ainsi
sauver de l'oubli bien des faits dont on ne retrouverait le
souvenir nulle part ailleurs. A ce point de vue, son œuvre
posthume ofî're un réel intérêt.
Sans doute, la méthode de travail du P. Daire n'est point
exempte de critiques, — les plus capables eux-mêmes n'ont
point la prétention d'avoir atteint la perfection, mais nous
avons maintes fois constaté que les attaques violentes et
injustes dont ses ouvrages ont été l'objet 'portaient sur des
futilités, des négligences infimes. Pour les esprits non pré-
venus, l'ensemble de son œuvre, à laquelle il a consacré sa
longue existence, mérite bien plutôt l'admiration des amis de
l'histoire locale.
Après la mort du P. Daire, ses manuscrits échurent au
Montdidérien Caussin de Perceval, le savant orientaliste.
A sa mort, arrivée au mois d'août 1835, ils furent vendus
à un amateur qui savait en apprécier le prix. M. de Cayrol,
de Compiègne, se rendit adjudicataire de deux gros porte-
feuilles bourrés de documents pour le prix dérisoire de
trente-deux francs ; il eut la délicate pensée d'ofl"rir à la
bibliothèque d'Amiens, le 15 décembre 1837, ^^ partie concer-
nant la Picardie. C'est le n° 507 des manuscrits de ce
dépôt; il est composé de 4 tomes reliés en trois volumes,
ainsi désignés :
T. I. — Histoire civile, ecclésiastique et littéraire des
doyennés du diocèse d'Amiens. 221 ff.
VIII
T. IL — Fragments biographiques et historiques. 200 ft.
T. III-IV, reliés ensemble. — Notes généalogiques sur les
différentes fimiilles de Picardie et matériaux pour l'histoire
littéraire de Picardie. 123 et 93 ff.
La possession des manuscrits du P. Dairc permit à de
Cayrol de publier l'ouvrage suivant : Essai sur la vie et les
ouvrages du P. Daire, ancien bibliothécaire des Cèlestins, avec
les épîtres farcies telles qu'on les chantait dans les églises d'Amiens
au XII" siècle, publiées pour la première fois d'après le
manuscrit original par M. J. K. |Rigollot]. Amiens, Caron-
Vitet, 1838. in-8°-.
Dans cet ouvrage, Fauteur s'est montré biographe cons-
ciencieux et impartial, aussi J. Garnier le félicitait- il du
jugement qu'il avait « porté sur le mérite des ouvrages d'un
homme que l'on s'est trop plu à rabaisser. »
Nous nous faisons un devoir de déclarer que nous avons
pris ce biographe pour guide et que nous avons fait à son
ouvrage de fréquents emprunts.
I . Dans Tavant-propos de cet ouvrage, l'auteur déclare que « le porte-
feuille du P. Daire était encore assez bien garni au moment de sa mort,
malgré l'assertion contraire de son dernier biographe, M. Cli, C, qui a
prétendu que ses manuscrits ont été donnés pour une somme très minime
à la vente de M. Caussin de Perceval, parce qu'ils n'avaient aucune espèce
de valeur. »
Voici le passage de la notice sur le P. Daire parue dans la Biographie du
di'partenient de ta Sonnne visé par de Cayrol : « Une partie de ce bagage
littéraire appartenait à M. Caussin de Perceval, mais elle ne contenait rien
de bien important, puisque le tout tut à peine vendu trente francs à la mort
de ce savant orientaliste. » De Cavrol était mieux qualifié que Ch. C. pour
juger l'importance du bagage du P. Daire; le collaborateur de la Biographie
de la Somme eut le tort de donner son appréciation sur ce qu'il ne connais-
sait pas.
•■In NoMÎNE QATm.ETriLiÎFri^,^
'^■i^!.
-^'- ^
F ■ -■'■"■-'^ ' , •'■■ ,■ ■ . ^'^j-' ■■
xiJuhiùcu.i jranùxiu zDcLirc Ckiicui '^iaasii ou}n^icin(iriM:>jCird(xi% .
\ • . •■'''■ ■' •
(j/rrfianncfnatiLô, prùmïïô Jfôcêlâfaâm. jn ^oc Vaicra^iâ ' 7mmitmc
'M(ti;0^]7lmiini^ 2§c amèimbltmiuchioïKin mcru/)i
mcfùJfmi podrh Çaiièidi [t/onMûctiû72ti S\S\.} • \1 Cdisfincnini^^
roJtnt!'^ Vcncrakù) Jn c/)mfo pdiji ûmir J dldkilpriuV éi(j^^^^
WMtriiJœncfcrum fîhdim l!t Àrifjùiiii ''J)c (imU non VaictàCUiupt.
\ic^n5Û pdtmii î?2lc/j(i[i)J(ÏL/]y^tS(ifntAurin^ ^i:>ikiorL:>{tpricnJ
mfLôSwûn inii'ifcdh itt imtntk^ Jxohif.^ VcuicI 'prwrh Ja?n fiJlw/dL ^
4^monkî/i, cdiormujvji pcttnlni ou ^rdfuni Jnôfdù Ca^cC/ûtlKCjunùwL^^
.1 ciijuy^ijxi {ciffmonium. pfu5uiiLnt/)(D2cJcjmkmproprfo^ ma/nt Jc/vpJf,
jficMïiVcrc i^camâ^ :%juù!û. jit€ifM0
l T
•»V'-.»
Ji'(X[crJuuouiiI) ]}mhabS)airc
V:^.,.
X^ r ^^
• M
^m
M^.
PROFESSION DU P.DAIKE v^UX CF.LF.STINS D'AMIENS, (1733.)
f»
NOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR LE PÈRE DAIRE
Louis-François DAIRE, né à Amiens le 6 juillet 17 13,
baptisé le lendemain dans l'église de Saint-Germain, sa
paroisse, était fils d'un négociant de cette ville, Louis Daire,
et d'une Montdidérienne, Elisabeth Wallet '. Il descendait de
Jean d'Aire, échevin de Calais, l'un des six héros du siège
de cette ville en 1347 ^
1. Disons tout de suite que le nom du P. Daire a été donné à une rue
d'Amiens et à une rue de Montdidier,
Nous croyons devoir reproduire ici son acte de baptême, relevé pour
nous par l'obligeant archiviste municipal d'Amiens, M. E. Niquet, à qui
nous adressons nos plus sympathiques remerciements.
a Louis François, fils de M. Louis Daire, marchand, et de dmle Elisabeth
Vûalet, sa femme, est né le sixième jour de juillet 171 3 et a esté baptisé le
septième suivant par moy curé soussigné. Le parrain : M^ François Vùalet,
greffier de l'Hôtel de Ville de Montdidier ; la marraine dam^^ Marguerite
Baudeloque, femme de Mr Defloque, qui ont signé. »
Marguerite BAUDELOcauE. L. Daire.
VuALLET.
F. Leseigne.
2. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans V Histoire littéraire de la ville
d'Amiens, p. 342 : « Le bibliothécaire (le P. Daire) présenta à M. de
Jarente, évêque d'Orléans, qui avoit alors la feuille des bénéfices, la preuve
X
Le jeune Daire était en bas âge lorsqu'il perdit son père,
mort après deux ans de mariage. Elisabeth Wallet retourna à
Montdidier, emmenant avec elle son fils. Des que ce dernier
fut en âge de commencer ses études, il entra au collège de
la ville, où il reçut les premiers éléments.
V. de Beauvillé rappelle cette particularité dans son excel-
lente Histoire de Montdidier (2^ éd., 1875, II, 201) : « Les
trois Capperonnier, Daire, Bcjot, Gaulliart, Parmentier,
Bosquillon, Caussin de Perceval, puisèrent dans la petite
école latine de notre ville les premiers principes de connais-
sances qui, développées ensuite sur un plus grand théâtre,
ont assuré à leur nom une réputation méritée. » Le même
auteur tenait son devancier en haute estime ; parlant ailleurs
du P. Daire, il dit de lui : « Le savant historien de Mont-
didier, dont il suffit de rappeler le nom, tellement ses
ouvrages sont connus en Picardie. »
consignée dans tous les ouvrages périodiques, de sa descendance de Jean
Daire, l'un des échevins de cette ville ; mais la prompte disgrâce du prélat
empêcha l'effet de ses bonnes dispositions en faveur du parent de ce
héros. » L'auteur d'une brochure anonyme, les Propos de mon ami 5***,
(Amiens, s. d. (1890) in-80), taisant allusion à ce passage, ajoute : « Daire
était-il bien persuadé de sa parenté avec le patriote calaisien, et de la soli-
dité des preuves fournies par tous les ouvrages périodiques dont il oublie
d'indiquer les titres, ou trouva-t-il simplement son chemin de Damas dans
l'éclatant succès que la tragédie de de Belloy venait de remporter ? »
Le siège de Calais de de Belloy fut représenté le 1 3 février 1765 ; ce vers :
Daire, les deux Wissant, noms obscurs autrefois,
valut à l'auteur le huitain suivant du P. Daire :
Par tes talents, auteur ingénieux,
De levir obscurité profonde.
Voyant sortir tous mes aveux.
Je revis, quoique mort au monde.
Sur tes héros, le François s'attendrit,
Louis te récompense et chacun t'applaudit.
Le siège de Calais rend ta plume immortelle.
Grâce à toi, mon nom l'est comme elle.
XI
Doué d'heureuses dispositions et de brillantes facultés, le
jeune Daire fit des progrès rapides au collège de Montdidier,
aussi sa mère n'hésita-t-elle point à l'envoyer terminer ses
humanités au collège d'Amiens, où les études étaient beau-
coup plus fortes. Il n'avait pas encore atteint sa dix-huitième
année lorsqu'il reçut la tonsure dans cet établissement le
10 avril 173 1. Sa vocation se dessina nettement alors, et,
bien que sa mère et les autres membres de sa famille eussent
rêvé d'en faire un commerçant, il manifesta le projet d'em-
brasser la vie monastique afin de pouvoir se livrer en toute
tranquillité à son amour pour l'étude. L'année suivante, il
entrait chez les religieux Célestins d'Amiens, le 15 juillet 1733.
La bibliothèque communale d'Abbeville possède un recueil
de professions des religieux Célestins du couvent de S. Antoine
d'Amiens (Ms n° 191); ce sont de petits carrés de papier,
mais le plus souvent de parchemin, collés sur les feuillets de
ce volume du xvi^ au xviii^ siècle. Quelques-unes de ces for-
mules de professions sont de véritables modèles de calligraphie ;
d'autres, et en grand nombre, oifrent au-dessous de la signa-
ture des dessins à la plume, parfois coloriés ; les instruments
de la Passion y sont très souvent reproduits. Au feuillet 65
se voit la profession du P. Daire, datée du 15 juillet 1733.
Ce curieux manuscrit, qui se compose de 67 feuillets de
460 millimètres sur 300, donne la liste des prieurs. D'après
une courte notice placée au début, le couvent des Célestins
d'Amiens fut fondé en 1389 par Enguerrand d'Eudin, Jean
de la Personne et Renaud de la Chapelle, tous trois conseil-
lers du roi, sur la chaude recommandation que leur en -avait
XII
faite Hugues d'Ailly, maître des Comptes. Le roi Charles VI
accorda volontiers l'autorisation demandée, et « voulut en
estre premier fondateur en consideracion qu'il avoit pris le
S. Sacrement de mariage audit Amiens » ; il fit don aux
Célestins d'une somme de quatre cents livres avec « plusieurs
beaux privilèges avec argent pour la construction. » Son
frère, Louis, duc d'Orléans, voulut être le second fondateur.
Enguerrand d'Eudin fit don de la vicomte d'Ergnies, et le
nouveau monastère eut aussi part aux libéralités du duc de
Bourbon, de Hugues d'Ailly et autres'.
L'ordre des Célestins, fondé en Italie dans les dernières
années du treizième siècle, sou.s le pontificat du pape Céles-
tin V, dont il prit le nom, avait été introduit en France par
le roi Philippe le Bel vers fan i^oo. Ces religieux dispo-
saient dans le cloître de loisirs que le jeune Daire comptait
bien utiliser pour se livrer à son amour de l'étude. Cet
ordre posséda par la suite dix-sept maisons en France et
quatre à l'étranger mais qui dépendaient de la France sous
le rapport de la hiérarchie conventuelle; ces vingt et une
maisons ne furent jamais occupées par plus de deux cent
cinquante religieux, « et, parmi eux^ il s'est rencontré
souvent des écrivains distingués-. »
En 1735, le frère Daire recevait le sous-diaconat; l'année
suivante, il était fait diacre, et, en 1737, il recevait la prêtrise.
Peu de temps après, il était appelé à Paris par le supérieur
1. Voy. notre Catalogue analytique des manuscrits de la Bibliothèque
d'AhhevilU, pp. 109-110.
2. De Cayrol, Essai sur la vie et les ouvrages du P. Daire, p. 57.
xin
général, qui le chargea d'enseigner la philosophie et la théo-
logie. Mais le jeune professeur devait être intérieurement fort
peu touché de cette marque de confiance, ainsi qu'il le laisse
entendre dans une notice autobiographique qui s'est trouvée
parmi ses papiers; il ne se sentait aucune disposition pour une
profession qu'il accepta d'exercer par esprit d'obéissance.
« Quelques différends survenus entre le chefde la congrégation
et lui, écrit-il, lui firent quitter cette place en 1740 pour
demeurer à Rouen en quaUté de particulier. Déchargé du
soin d'instruire les autres, débarrassé du chaos aristotélique et
des raisonnements sophistiques de l'école, il mit à profit
son repos en se livrant à la littérature et à l'histoire de sa
patrie ' . »
Devenu ainsi simple religieux, et disposant en quelque
sorte d'une plus grande liberté, le P. Daire, « naturellement
gai, dit-il lui-même, ami de la société^ s'y répandit avec
toute la décence de son état; trouvant des douceurs dans le
culte des Muses, la poésie eut pour lui des charmes... Le
dessin, la musique et des lectures continuelles remplissoient
tous ses momens : l'oisiveté n'avoit point de prise sur lui ^. »
Les publications littéraires et historiques du laborieux
Célestin picard, le seul de son ordre qui se livrât alors à
des travaux intellectuels, lui suscitèrent des envieux parmi
ses confrères ; il s'en fit des ennemis par sa trop grande
franchise et surtont par la causticité de son caractère. Écou-
2. De Cayrol, loc. cit., p. 15.
I. Ihid.
XIV
tons ce qu'il a dit de lui-même : « Ceux à qui les manœuvres
ne coûtent rien, a-t-il écrit, tentèrent plusieurs fois, inuti-
lement, de troubler sa tranquillité philosophique. Il fut trahi,
calomnié par de f;uix frères, qui n'eurent qu'à rougir de
leurs tentatives infructueuses. Content dans sa cellule et
chéri de ses élèves, qu'il vit élever avant lui, mais sans
jalousie et sans ambition, à la supériorité claustrale, il resta
longtemps oublié. Mais ce qu'il perdoit dans le cloître, où
les places se donnoient à l'intrigue, oîi l'on abhorroit qui-
conque faisoit des vers, où les ânes protégés étoient sur le
flambeau, il le regagnoit dans le dehors'. »
En cflct, il lit connaissance ou entra en relation avec les
sommités littéraires ou scientifiques de son temps, parmi
lesquels il cite' son compatriote, le célèbre chirurgien Le
Cat, mort en 1768; le docte abbé Le Bœuf, de l'académie
des Inscriptions (i 687-1 760), avec qui il correspondit durant
de longues années'; l'érudit philologue Sainte-Palaye (1697-
1781); le littérateur Foncemagne (1694-1779), de l'acadé-
mie française et de l'académie des Inscriptions ; il correspon-
dait aussi d'une manière suivie avec son compatriote, l'érudit
Bénédictin Dom Grenier (1725 -1789), de l'abbaye de Corbie,
avec lequel il échangea ses manuscrits, car le P. Daire
1. De Cayrol, p. 16.
2. Il y a quelque exagération de la part du P. Daire lorsqu'il avance
avoir correspondu pendant trente années avec l'abbé Le Bœuf; ce dernier
étant mort en 1760, le jeune Célestin serait donc entré en relation avec le
savant abbé en 1730; à cette date, Daire, qui n'avait que dix-sept ans,
était encore sur les bancs du collège.
XV
communiquait volontiers aux travailleurs le fruit de ses
recherches historiques '.
De Cayrol a découvert dans les papiers du P. Daire
quelques-unes des lettres adressées à ce dernier par les
littérateurs de son temps dont il était l'ami ; ces lettres, au
nombre de 169 seulement, sont signées de d'Arnaud, l'abbé
Carlier, Colliette, Dacier, Dupin, de Belloy, l'abbé Goujet,
M*"^ de Guibert, de Rozoy, Latour, Marin, Mulot, biblio-
thécaire de Saint- Victor ; Philippe, l'abbé de Saint-Léger,
I. Voici une demande de renseignements adressée par le P. Daire à
Dom Grenier :
Monsieur et cher amy,
Savez-vous le nom et la patrie de Jacques Bavo, chronographe religieux
de Corbie ? En quel temps écrivoit-il ?
Avez-vous des renseignemens sur Pourcelle, né à Corbie, grand maître
du collège du cardinal Lemoine ? A-t-il écrit ?
Les religieux de Corbie ont élevé à la mémoire de Guillaume Ducaurel
Detagny*, leur abbé en 1522, un monument qui passe pour la gloire du
pays.
Pierre Pilaguet, né à Corbie, doct. et prof, en droit dans l'univ. de
Paris, vivoit en 1529 ; ne savez-vous rien de plus sur son compte ? N' a-t-il
pas composé une chronique ?
Christophe Vrayet, prêtre, né à Corbie, a fait en vers latins l'an 1629
l'éloge de Henri Delovaine, pour lors abbé, et une pièce sur sainte Colette.
Est-ce tout ?
Vauquet, curé de Saint-Etienne de Corbie, bon antiquaire, nous a laissé
des mémoires Mss. contre les Caritables. En quel temps vivoit-il ?
Mon général arrive sans être attendu. Je pars le 10. Si vous avez quel-
que chose pour moy, je le prendray chez vous à mon retour.
Tuus ex animo.
Daire, R. C.
Amiens, ce 8 juin 1763.
(Manuscrits de la Bibliothèque Royale.)
(P. Roger, Bibliothèque historique ... de la Picardie et de l'Artois, p. 84.
Amiens, 1844. In-80.)
* Il faut lire du Caurel de Taisnil. >
XVI
Titon du Tillet, l'abbé Vallart, grammairien ; Vasse, etc.
« M. Vasse surtout, ajoute de Cayrol, était l'ami particulier
du bibliothécaire des Célestins, et c'est principalement
d'après les détails dans lesquels il entre qu'on est à même
de juger combien le P. Daire était bon et obligeant pour
tous ceux qui avaient recours à sa vaste érudition. Il for-
mait, :\ ce qu'il paraît, le centre d'une société intime dont
M. Vasse pouvait se dire le secrétaire perpétuel... Sa mort,
qui précéda de treize ans celle du P. Daire, laissa nécessai-
rement un vide difficile à remplir dans l'existence littéraire
de son ami '. »
Après un séjour de trois années à Rouen, le P. Daire vint
se fixer en 174^ à Amiens. Pour occuper ses nombreux
loisirs, il dépouilla les archives de l'échevinage, celles du
chapitre de Li cathédrale et celles des divers couvents. Il
compilait sans cesse et amassait de nombreux matériaux.
Pour varier ses occupations, puisqu'il disposait alors de tout
son temps, il s'offrit un genre de distraction qui convenait
bien à son tempérament combatif. Il a consacré dans son
Histoire litîcrairc d'Amiens, p. 359-361, une notice biogra-
phique à l'un de ses contemporains avec lequel il eut maille
à partir, J.-L. Baron, avocat au bailliage. Il rapporte qu'en
1751 il circula dans la ville « une parodie indécente, impie,
de la bulle pour le jubilé » ; elle avait pour titre le Jubilé
calot in ou le Jubilé de Momiis. Cette pièce de vers sur le régi-
ment de la calotte, institution grotesque qui comptait alors
I. Essai sur la vie et les ouwages du P. Daire, p. 76.
xvir
un demi-siècle d'existence, produisit un grand scandale dans
le monde ecclésiastique et chez les personnes pieuses.
L'auteur de ce pastiche qui voulait être spirituel se cacha
sous le voile de l'anonymat, mais il fut bientôt désigné sous
le manteau de la cheminée par la rumeur publique : les
ennemis de Baron l'accusèrent de cette mauvaise action, qui
menaça de prendre de grandes proportions.
Ce qu'a omis de dire le P. Daire dans la biographie qu'il
a donnée de Baron, c'est qu'il est entré lui-même dans la
Hce pour rompre une lance. Il publia d'abord une réponse
en vers A raiiteur du Jubilé de Momus sous les initiales : le
P. D., C, — Le Père Daire, Célestin ; — puis, sous les
mêmes initiales, il fit paraître : Un areîté (sic) de Momus;
cette dernière publication lui valut une réponse de Baron.
Enfin, notre bouillant Célestin adressa sous son nom un
quatrain à la manière du temps à l'évêque d'Amiens, qui
s'était montré fort irrité contre l'auteur de cette parodie. Le
P. Daire fit paraître encore, en signant de son nom cette
fois, une Réponse à l'auteur du Jubilé calotin, rime pour rime;
on ne possède malheureusement que les vingt-trois premiers
vers de cette pièce spirituelle'.
Dans le même temps, le P. Daire s'occupa de travaux
d'un ordre différent. L'idée lui vint de concourir pour la
I. Voy. h Jubilé calotin à Amiens en i y ^i, parodie inédite de Jean-Léonore
Baron, avocat au bailliage d'Amiens et secrétaire perpétuel de l'Académie de
cette ville, suivie d'épigrammes adressées à l'auteur par le P. Daire et d'autres
pièces également inédites, d'après un manuscrit du temps. Publié par Pseu
d'Onyme, membre de l'Académie de RoUot. A Frettecuisse, chez Jean
Basreins, imprimeur. (Amiens, impr. amiénoise), 1892. In-S», 30 p.
XVIII
médaille d'or de six cents livres qu'offrait l'Académie d'Amiens
en 175 1 à l'auteur du meilleur mémoire sur cette question :
« Examiner si l'histoire, la physique, la géographie ancienne
et moderne fournissent des connaissances suffisantes pour
établir que l'Angleterre a fait partie du continent. »
Neuf concurrents entrèrent en ligne, mais le mémoire du
P. Daire, qui se composait de 20 pages in-4°, ne fut l'objet
d'aucune mention. De Ca3'rol, qui l'a retrouvé dans les papiers
du Célestin, l'a jugé fort médiocre, et il ajoute : « La
faiblesse des raisonnements et une lourde phraséologie obligent
l'auteur à se traîner péniblement parmi de froids détails
géographiques qui, loin d'éclaircir la question, l'obscurcissent
davantage; aussi, rien ne justifie suffisamment cette conclu-
sion du mémoire, « que l'Angleterre n'a jamais fait partie
du continent. »
En 1752, la même Société proposa le sujet suivant :
« Quelle était l'étendue du Belgium dont parle César dans
ses Commentaires? Pourquoi ce nom tut-il donné seulement
à une partie des peuples de la Gaule Belgique ? Si le nom
de Picard lui a succédé, quelle est l'origine de ce dernier
nom? Quelle raison a fait donner le nom de Picardie aux
territoires des diocèses d'Amiens, de Beauvais, de Noyon,
de Soissons, de Laon ? Enfin, ce nom appartient-il plus
particulièrement à plusieurs ou à un de ces diocèses qu'aux
autres ? »
Le P. Daire concourut encore, puisque de Cayrol a
découvert dans ses papiers huit pages du premier brouillon
de son mémoire, mais ce fragment était insuffisant pour
XIX
permettre à son biographe d'apprécier le mérite de Toeuvre
du laborieux Célestin. L'Académie ne Tavait point jugée
digne du prix, puisqu'elle l'attribua à l'abbé Carlier.
Le sujet proposé en 1753 par la même compagnie fut d'un
ordre différent ; la question mise par elle au concours était
celle-ci : « Est-il plus facile de réussir dans l'éloquence que
dans la poésie ? »
Le P. Daire, que ses deux échecs précédents n'avaient
point découragé, entra encore en lice. Il ne fut pas plus
heureux ; le prix, d'ailleurs, ne fut point décerné, aucun des
six mémoires présentés n'ayant réuni les suffrages des juges.
Le manuscrit autographe du P. Daire, se composant de
10 pages in-4°, s'est trouvé dans les papiers achetés par
de Cayrol. « J'ai pu juger, dit ce dernier, que l'arrêt de
l'Académie était parfaitement juste, et que la manière dont
notre littérateur avait traité la question était loin de mériter
la récompense promise. » Le même auteur ajoute : « Il
paraît que ce troisième échec fit enfin renoncer le P. Daire
à la poursuite des couronnes académiques, et il eut le bon
esprit de tourner ses études d'un autre côté. »
Cette affirmation n'est point exacte. Si le P. Daire cessa
de prendre part aux concours créés par l'Académie de sa
ville natale, dont les portes ne lui furent jamais ouvertes, il
soumit au jugement d'un autre corps savant une dissertation
sur les Tourbes de la province de Picardie; ce mémoire fut
envoyé en 1757 au concours de l'Académie des sciences, etc.
de Rouen (Précis analytique de FAcad. de Rouen, 1751-1760,
t. II, p. 2c/), et, contrairement à ce qu'en dit de Cayrol,
XX
ce travail fut imprime dans le même Précis, p. 130-137. A
la suite de cet envoi, le P. Daire fut reçu « associé » de
cette Compagnie le 14 août 1759.
Deux ans plus tard, le P. Daire présenta encore à l'Aca-
démie de Rouen une Dissertation sur le vieux Figel, poète du
XII" siècle, dont mention est lliite dans le Précis analytique
de 1761-1770, t. III, p. 29. Il sera parlé plus loin de ce
travail.
En 1755, les ennemis du P. Daire étant « morts ou hors
de combat », suivant sa propre expression, le P. Ménesse,
supérieur général, — qu'il appelle « un chef éclairé », et pour
qui il professait la plus grande vénération, — le récompensa de
la disgrâce injuste dont il avait été victime, et l'envoya
comme sous-prieur à Rouen; trois ans plus tard, en 1758,
il passait en la même qualité à Lyon, où il resta aussi pen-
dant trois années; en 1761, il occupait les mûmes fonctions
à Amiens, et, en 1764, à Paris. En 1767, le poste de
prieur d'Esclimont, au pays chartrain, lui était offert; il
l'accepta pour une durée de trois mois seulement ; à l'expi-
ration de ce délai, il fut nommé prieur de Metz au mois de
mai 1767. Treize mois plus tard, le 28 juin 1768, était tenue
dans cette ville une assemblée des députés des communautés
séculières et régulières. Le prieur des Célestins de Metz, qui
n'avait pas tardé à se faire apprécier par sa valeur et ses
solides qualités, fut élu par l'assemblée député des réguliers.
Le P. Daire rapporte dans son autobiographie qu'en arri-
vant à Metz il fut informé que le couvent des Célestins, dont
il venait d'obtenir le priorat, était « trop vaste pour le peu
XXI
de religieux qu'il contenait », aussi cet immeuble suscitait-il
les convoitises des directeurs de l'hôpital et celles des com-
mandants militaires de la ville.
Sans perdre de temps, le prieur dépouilla le chartrier de
la communauté, qu'il rangea dans un ordre plus rationnel, et
rédigea une requête dans laquelle il s'élevait contre toute
velléité d'aliénation du couvent des Célestins. Cette requête
fut présentée au ministre, M. de Choiseul, « qui y répondit
favorablement, et cette maison n'a cessé d'exister » qu'après
le départ du P. Daire de la ville de Metz.
Vers cette époque, « des cervelles dérangées », suivant les
propres termes du P. Daire, lancèrent l'idée de séculariser
les moines Célestins ; elle fit son chemin, mais le prieur du
couvent de Metz combattit de toutes ses forces un tel projet
qui, s'il devait être mis à exécution, entraînerait la dispa-
rition de l'ordre. La lutte devint ardente entre partisans et
adversaires de la sécularisation. Quoique d'un tempérament
combatif, le P. Daire, ayant peu d'espoir dans le résultat
final de la lutte^ résigna ses fonctions de prieur du couvent
de Metz. En 1770, un chapitre général de l'ordre se tint à
Mantes. Le P. Daire rappelle dans son autobiographie qu'il
« refusa constamment sa voix à l'auteur de la révolution,
que l'on y éleva à la première place. »
Malgré son opposition tenace de véritable Picard, il n'en
fut pas moins chargé par l'évêque de Rodez, commissaire
du roi, d'administrer la bibliothèque du couvent des Céles-
tins de Paris, avec mission spéciale de remettre à la biblio-
thèque du Roi les manuscrits et les imprimés les plus
XXII
précieux qui se trouvaient dans les différentes communautés
de Tordre.
La dissolution des Célestins fut bientôt un fait accompli.
Un décret du pape Clément XIV, confirmé deux fois
par Pie VI en 1776 et en 1778, rendit ces religieux à
l'état séculier ; leur bibliothèque de Paris fut transférée à
l'Arsenal.
L'abbé Daire, ancien Célestin, comme il se qualifia dés
lors, revint dans sa ville natale, « où, entre les bras de
l'amitié, au milieu de la plus aimable société », il se consa-
cra avec une véritable ardeur toute juvénile à « l'étude et
aux amusements permis à son âge et à sa profession », ainsi
qu'il Ta dit lui-même, oubliant vite les peines, les tracas, les
ennuis et les pertes pécuniaires que son opposition au projet
de sécularisation lui avait valus ; mais il lui restait encore,
paraît-il, assez de patrimoine pour vivre à l'abri du besoin.
Dans son autobiographie publiée en 1782, l'abbé Daire
dit que, retiré dans sa patrie, il y finissait sa carrière;
mais cette résolution ne fut point définitive, puisque, sans
que l'on en connaisse aujourd'hui le motif, il quitta Amiens
pour aller se fixer définitivement à Chartres, où il mourut
à la veille des plus mauvais jours de la Révolution, le
18 mars 1792.
Il serait oiseux de rechercher ici, faute de preuves, la
cause qui détermina Daire à quitter sa ville natale à la fin
de ses jours; on ne peut qu'émettre des hypothèses; c'est
ce qu'a fait d'ailleurs son biographe. S'appuyant sur la cons-
tatation faite par lui que le nom du P. Daire n'a jamais
XXIII
figuré sur la liste des membres de l'Académie d'Amiens %
fondée en 1750, bien que, parmi ceux-ci, il y en avait un
grand nombre « dont les titres n'étaient pas aussi valables
que ceux du savant Célestin », de Cayrol pense que ce
fut la seule raison « qui le détermina à transporter ses
pénates dans la ville de Chartres. » Faute de mieux, nous
accepterons cette supposition, qui nous paraît assez plausible.
Il sera éternellement et universellement vrai ce vieux pro-
verbe : Nul n'est prophète dans son pays. Il s'appHque peut-
être plus spécialement à la capitale de l'ancienne Picardie,
puisqu'on l'a traduit ainsi :
Amiens,
Traître aux siens.
Pourquoi Daire choisit-il Chartres ? Il n'est pas téméraire
de supposer qu'il avait dû conserver un bon souvenir de
cette ville, où il s'était créé sans doute de solides relations
en 1767 pendant les quelques mois qu'il passa, en quaUté
I. De Cayrol pense que Gresset, fondateur de l'Académie d'Amiens,
dont il était l'âme, s'était rangé du côté des Jésuites au sujet de la consti-
tution Unigenitus, et qu' « il devait être opposé à l'admission, parmi les
membres de son académie naissante, d'un Janséniste déclaré tel que l'était
le P. Daire, comme le prouve l'épigramme à double sens sur les enfants
de saint Ignace », que voici :
J'abjure tout de bon Quesnel, avec son livre,
La constitution, Est ce que je dois suivre ;
Oui j'anathématise, Arnault et Saint-Cyrans,
Ignace et son Eglise, En sont, tous, mes garants.
Je combattrai toujours, Pascal et l'Oratoire
Molina tes discours ; Me mènent à la gloire ;
Allons, qu'on extermine, Enfin, les appelants.
Son chef et sa doctrine. Ont mille partisants :
Aux enfers. Dieu mettra Ceux qui Paris imitent,
Les fils de Loyola, Toujours du ciel héritent.
De Cayrol, qui a retrouvé cette pièce, fait remarquer que le sel apparte-
nait bien au P. Daire, « ou, du moins, était de son goût. » (Essai, ...
p. 23.)
XXIV
de sous-prieur, à Esclimont, cette dernière localité n'étant
distante de Chartres que de cinq lieues. Quoi qu'il en soit,
son souvenir y est aujourd'hui complètement effacé ; la seule
trace qu'il en reste est son acte de décès inscrit le lendemain
de sa mort sous le n° 63 des actes de l'année 1792.
Doué d'une prodigieuse activité, d'une puissance de travail
étonnante et d'un véritable esprit d'assimilation, le P. Daire
fournit un labeur incessant et fécond. Son influence, nous
l'avons dit, ne fut pas sans effet sur ses contemporains et
sur ses compatriotes ; son exemple développa en eux le goût
des études et des recherches qui furent l'occupation de sa
vie et le but qu'il s'était proposé pour fuir l'oisiveté.
Nous avons dit que les travaux du P. Dairc lui avaient
suscité des ennemis ; il prenait gaiement la chose, et il avait
raison. Voici ce qu'il disait en 1765 à la fin de la préface de
son Histoire de Moutilidier : « Qu'un ouvrage paraisse, dans la
province, surtout, on a trois corps d'armées à combattre :
des censeurs, des ennemis, des envieux. Les premiers sont
utiles, même nécessaires quand le goût et la bonne foy les
conduisent. Quant aux ennemis, chacun a les siens. Les
envieux sont quelquefois malgré eux les témoins du succès
des productions qu'ils déchirent. J'aime jusqu'à mes ennemis.
Je suis mon premier censeur ; puissai-je faire envie ! »
Dix-sept ans plus tard, à la veille de devenir septuagé-
naire, il disait dans l'introduction de son Histoire littéraire
d'Amiens : « On ne parle que de bienfaisance, et néanmoins
les dédicaces n'ont jamais été plus inutiles qu'aujourd'hui ;
les Mécènes n'empêcheront dans aucun temps la cabale et
xxY
l'envie de se liguer contre les écrivains qui leur font ombrage,
et d'en critiquer les productions, même avant qu'elles
paroissent. D'où cela provient-il ? De ce que des gens qui
ne font rien, par paresse ou par incapacité, ne comprennent
pas comment on peut s'occuper à faire quelque chose ; c'est
l'ordinaire des êtres bornés de déchirer impitoyablement
ceux qui le sont moins qu'eux. Les plus minces littérateurs,
les têtes échauffées des traits que l'amour de la vérité a forcé
de lancer contre eux, et les ignorans, tous se réunissent,
s'arment, et n'ont souvent que le chagrin de voir leur
poudre éventée se dissiper en fumée dans la région de
l'air. Il est d'autres hommes qui n'admirent absolument
que ce qui sort de leur plume; ce n'est point à de pareils
esprits que je dédie cet ouvrage, c'est à toi seul, public
éclairé. »
Ne croirait-on point ces lignes écrites d'hier ? De nos
jours aussi, les médiocrités, dont la valeur ne consiste qu'en
celle qu'elles s'attribuent, ne se liguent-elles pas contre ceux
qui leur portent ombrage par un bagage plus important ?
On se figure que les travaux d'histoire locale sont à la
portée de tout le monde; aussi voit-on, du jour au lende-
main, sans préparation^ certains oisifs devenir auteurs locaux.
Dès qu'ils ont commis la moindre plaquette, ils se sacrent
eux-mêmes écrivains et se croient, dès lors, le droit de juger
du mérite de ceux qui ont blanchi sous le harnais.
On ne connaît pas plus aujourd'hui les œuvres que les
noms des Aristarques au petit pied qui se sont acharnés sur
les œuvres du P. Daire, tandis que le nom de celui-ci sera
XXVI
toujours en honneur dans le monde des travailleurs où l'on
recourra, longtemps encore, à ses ouvrages.
Les critiques malveillantes dont les ouvrages du P. Daire
furent l'objet de son vivant n'ont point cessé de se produire
depuis sa mort. L'auteur anonyme de l'article qui lui est
consacré dans la Biographie universelle (Paris, Michaud, 1813,
X, 439), termine ainsi sa notice : « Le P. Daire était labo-
rieux et instruit, et ses ouvrages se lisent avec plus de fruit
que d'intérêt. »
La Biographie des Hommes célèbres du département de la Somme
(Amiens, 183 5-1 837, 2 in-8), ne pouvait point passer sous
silence le nom d'un écrivain auquel ses auteurs avaient fait
de fréquents emprunts sans le citer. Dans l'article qui le
concerne, signé Ch. C. (I, 218), Tauteur dit : « Sans doute,
il lui manqua une des premières qualités de l'historien,
l'esprit de synthèse, car, à vrai dire, ses ouvrages sont ceux
d'un annaliste plutôt occupé à consigner froidement des faits
qu'à les grouper avec art pour animer son récit et intéresser
ses lecteurs. Sans doute, son style est parfois étrange ; sans
doute encore, on peut très souvent lui appliquer le reproche
qu'il adresse quelque part à son devancier, le docte chanoine
de LamorUère, quand il l'accuse « d'avoir chargé son ouvrage
« d'inutilités, d'avoir omis un grand nombre de choses néces-
« saires, etc. » Mais le biographe ajoute ce correctif, pleinement
justifié : « S'il donne prise à la critique en beaucoup d'endroits,
on doit néanmoins reconnaître qu'il a rendu à nos contrées
d'éminens services en consacrant sa patience et ses veilles à
jeter quelque jour sur des annales jusque-là bien obscures. »
XXVII
De notre temps encore, — il n'y a pas plus de vingt ans,
— un Amiénois, pour ne pas faire mentir sans doute le
dicton appliqué à sa ville, rappelé plus haut, a pris à partie
le P. Daire et ses œuvres. L'auteur, se rendant compte de
sa mauvaise action, n'a pas osé signer son élucubration, qui
parut au mois d'octobre 1890 sous ce simple titre : Propos
de mon ami S***. (Amiens, typ. Piteux frères, s. d. In-8°.
31 p.) Cette plaquette est due à un « écrivassier » qui s'est
beaucoup occupé de l'histoire d'Amiens, comme le lecteur
en est informé dès les premières lignes. Sollicité par un sien
ami d'entreprendre une nouvelle histoire de la capitale de
la Picardie, l'auteur s'en est défendu pour plusieurs raisons ;
d'abord, parce qu'on s'est toujours montré « trop sévère
pour tous ceux qui ont déjà usé leur plume et leur encre
sur un aussi vaste sujet. » Et, pour augmenter le nombre
des critiques, il daube sur le P. Daire, à qui il reproche,
non sans raison toutefois, d'avoir rabaissé l'œuvre du cha-
noine La Morlière, le premier historien d'Amiens; et notre
auteur anonyme n'omet pas de faire observer que les
reproches adressés par le P. Daire à son devancier se sont
retournés contre lui ; il lui fait un grief des erreurs, des
inexactitudes et même des fautes typographiques dont sont
parsemés ses ouvrages. Or, l'auteur présumé de cette bro-
chure malveillante encourt les mêmes reproches, car ses
travaux, qu'il faut souvent contrôler, sont écrits en un style
négligé, et l'on y découvre à chaque pas des erreurs maté-
rielles du plus réjouissant effet. Mais, chose beaucoup plus
grave, et dont il n'a point pu accuser le P. Daire, notre
XXVIII
critique s'est rendu plus d'une fois coupable de plagiat en
reproduisant dans ses ouvrages des pages entières copiées
dans des mémoires manuscrits adressés au jugement de cer-
taine Société savante. N'insistons pas, mais disons que,
lorsque l'on se permet d'attaquer un auteur, fût-il mort
depuis un siècle, il faut ne point donner soi-même prise à
la critique.
Voici un passage emprunté à notre pseudo-Aristarque et
contre lequel nous nous incrivons en fiiux : « Malgré toutes
les qualités aimables que lui prête son biographe, M. de
Cayrol, je ne rencontre dans la personne du Père Daire
qu'un esprit très engoué de la valeur qu'il s'attribuait, aigri
des 'échecs qui atteignaient son amour-propre, irritable et
f;iisant ressortir son mécontentement en termes très vifs,
inquiet, embrassant tout dans une activité fébrile et passant
incessamment d'une occupation à une autre sans esprit de
suite. »
Dans cette accusation de manque d'esprit de suite, il y a
encore là un déni de justice flagrant. Pendant la plus grande
partie de son existence, le P. Daire n'a jamais cessé de
s'occuper de l'histoire de sa province, recueillant sans cesse
des matériaux. Doué d'heureuses facultés, d'une grande faci-
lité et d'une rare puissance de travail, il se reposait d'un
ouvrage par un autre ouvrage. Ce n'est point toujours
l'auteur qui n'a qu'un travail sur le chantier qui accomplit
la meilleure besogne ; il peut le polir et le repolir sans cesse
et n'en être pas de meilleure qualité, l'eût-il couvé trente
ans. Qu'on se souvienne de la Pucelle de Chapelain.
XXIX
Le P. Daire était-il engoué de sa valeur et se montrait-il
« infatué de son mérite personnel », comme l'en accuse
son dernier détracteur ? L'esprit de dénigrement, la passion,
le parti pris ont aveuglé ce dernier. Le laborieux Célestin
a toujours fait preuve d'une réelle modestie ; il ne se faisait
aucune illusion sur la valeur de son œuvre, qu'il savait et
qu'il avouait être imparfaite. Il est évident que, s'il compa-
rait ses travaux à ceux de ses critiques, — quand ils en
avaient produits, — il pouvait s'imaginer, et avec raison,
qu'ils étaient supérieurs à ceux de ses censeurs.
Notre redresseur de torts qualifie le P. Daire de compilateur.
Or, ce dernier ne se faisait-il pas gloire de ce titre quand il
écrivait dans la préface de son Histoire littéraire d'Amiens :
« Quelqu'un Ta dit, les compilateurs sont les portefaix des
grands hommes, mais il faut qu'il y en ait, répond Scaliger.
J'ai embrassé cette profession par le seul amour de la patrie ;
l'envie d'être utile m'a fait regarder comme facile une entre-
prise qui m'offrit chaque jour mille épines contre une rose. »
La modestie réelle de l'auteur n'éclate-t-elle point dans cette
phrase, qui termine la même préface : « Si, malgré des
recherches assidues et les secours officieux des savans, cet
ouvrage reste imparfait, content de l'avoir ébauché, j'aban-
donne à des mains plus habiles la gloire de le porter à la
perfection. »
Un autre reproche fait au P. Daire, bien des fois renou-
velé, c'est l'absence de critique dont sont dépourvus ses
ouvrages. A cette accusation, de Cayrol a répondu en prêtant
au Célestin lui-même les paroles suivantes : « Lisez mes
XXX
ouvrages; ... en vous reportant à l'époque où j'écrivais, et
en vous dépouillant par conséquent des entraves que vous
imposent aujourd'hui l'esprit de coterie et d'orgueil, germes
ordinaires de cette outrecuidance littéraire qu'apportent main-
tenant dans leurs jugements sur les écrits du siècle dernier
ces imberbes critiques qui se croient de profonds génies dès
qu'ils ont barbouillé le feuilleton d'un journal et jeté quel-
ques pages à travers une revue hebdomadaire, ou bien quand
ils sont parvenus à coudre une préface laudative à la tête
d'un ouvrage que la camaraderie recommande à l'attention
du peuple habitué des cabinets de lecture.
« N'oubliez pas surtout, pourrait me dire encore le bon
Célcstin, n'oubliez pas l'habit que je portais, les liens que
j'avais contractés, le rang que je tenais dans la société, et
n'exigez pas, par conséquent, du littérateur placé dans ces
conditions, au milieu du dix-huitième siècle, les pensées et
les idées de celui qui a modifié les siennes d'après les diffé-
rentes phases des révolutions dont l'Europe a été bouleversée
depuis quarante ans, ou qui, né pendant ces convulsions
politiques, n'aperçoit le passé qu'à travers le prisme trom-
peur des idées fausses qui en ont été le résultat. »
Dans son Dictionnaire historique et archéologique, p. 143
(Amiens, 1884, in-4°), Aug. Janvier consacre quelques lignes
seulement au P. Daire ; ses « écrits, dit-il, ne doivent être
consultés qu'avec prudence, à cause des nombreuses erreurs et
des fautes typographiques qui s'y rencontrent. » Nous regret-
tons bien sincèrement pour la mémoire de Janvier de nous
trouver dans l'obligation de lui retour-ner le même reproche.
XXXI
L'auteur des Propos de mon ami 5*** s'étend longuement
sur une grosse querelle survenue entre le P. Daire et l'Abbe-
villois Devérité. Nous ne saurions passer ce fait sous silence.
En 1767, Devérité avait publié une Histoire du comté de
Ponthieii, sortie de ses presses, et, trois ans plus tard, il
donnait un Essai sur l'histoire générale de la Picardie ; rappe-
lant, dans la préface de ce dernier ouvrage, sa précédente
publication, il disait : « Je souhaitai d'être lu plutôt que con-
sulté. Je me proposai pour but de ne consigner à la postérité
que ce qui était à peu près digne d'elle. Je pensai, avec un
grand roi philosophe, que ce qui ne mérite point d'être retenu
ne mérite guère d'être écrit. Je résolus donc de négliger les
recherches puériles et vaines, toutes les discussions minu-
tieuses dont on n'a que trop coutume de grossir les histoires
de nos provinces... » Ht, plus loin : « Ce qui est intéressant
pour l'histoire n'est pas de rechercher dans vingt chroniqueurs
en quelle année un seigneur très pieux ou très riche donna
une redevance sur ses terres à un chapitre, augmenta les
revenus de quelques prébendes ou en fonda de nouvelles.
Ces recherches peuvent tout au plus occuper des plaideurs
ou amuser l'oisiveté d'un chanoine. »
Fidèle à cet exposé, l'auteur rompait avec la méthode
jusque-Là suivie par les historiens locaux. Il allait donner
prise aux critiques, d'autant que, dédaignant d'écrire sur des
documents, son Essai n'est « le plus souvent qu'une disser-
tation toute pleine de réflexions philosophiques, de maximes
sociales, de digressions sentimentales trop souvent étrangères
au sujet. » Pénétré des idées philosophiques de son époque
XXXII
et qu'il laissait percer à chaque instant, on sentait poindre
dans l'auteur l'homme qui devait saluer le mouvement social
de 89 pour aller s'asseoir sur les bancs de la Convention.
Un périodique du temps, l'Année littéraire, parla de VEssai
de Devérité dès son apparition ; cet article se termine ainsi :
« Tout l'ouvrage, d'ailleurs, est fort mal digéré et très mal
écrit. L'on y trouve un grand nombre de fliits étrangers \ la
province, des détails minutieux et prolixes, un retour conti-
nuel de réflexions triviales, un style que défigurent l'enflure,
les constructions louches et incorrectes, quelquefois l'anti-
thèse et l'épigramme. » Cet article, non signé, avait dû être
envové :\ Fréron par le P. Daire, comme permet de le
supposer un second article de ce dernier dont il sera question
plus loin.
Q.uoi qu'il en soit, un historien de Calais^ le P. Lefebvre,
qui, comme le P. Daire, s'était cru visé par Devérité quand
il se moquait des « recherches puériles et vaines » bonnes à
amuser « l'oisiveté d'un chanoine », manifesta dans l'Année
littéraire le plaisir qu'il avait éprouvé à la lecture de l'excel-
lent compte rendu de l'ouvrage de Devérité; il félicitait
l'auteur de cet article « d'avoir apprécié cet opuscule à sa
juste valeur, d'avoir douté qu'un pareil écrit dispensât
l'Académie d'Amiens de travailler à une histoire de Picardie.
Je souscris à ce jugement équitable, je le trouve seulement
un peu trop sérieux pour un ouvrage de cette espèce. J'ai
eu la patience de lire cette informe production, et je vous
envoie à ce sujet quelques remarques qui ne déplairont peut-
être pas à vos lecteurs. »
XXXIIl
De Cayrol a découvert dans les papiers du P. Daire une
lettre autographe de ce dernier datée du 6 septembre 1770,
qui parut dans l'Année littéraire du 22 décembre suivant, et
qui fait supposer vraisemblablement que c'est le P. Célestin
qui a ouvert le feu dans ce périodique contre YEssai de
Devérité. « On en veut sérieusement à ce pauvre M. de
Vérité, avocat picard, écrit-il. Mais pourquoi s'aviser de
faire un ouvrage historique lorsqu'on n'a ni connaissance ni
style ? La lettre que je vous envoie, Monsieur, complétera
l'idée que je vous ai déjà donnée de M. de Vérité. » Il dit
plus loin ; « Si chacun revendiquoit ce qui lui appartient
dans cet ouvrage, il resteroit peu de choses pour le compte
du compilateur... »
Et il poursuit : « Cet écrivain, d'une espèce singulière,
croit bonnement que l'on peut traiter l'histoire sans avoir
recours aux chartes^ aux diplômes... Ce qu'il y a de mieux
dans son ouvrage est l'aveu qu'il fait de l'imperfection de
son Essai. Il l'appelle modestement le premier défrichement
de l'histoire de Picardie ; il vouloit dire plagiat. Il souhaite
être lu plutôt que consulté; il sera lu, tant de gens lisent
tout, mais s'il traite aussi lestement les matières de judica-
ture que celles de l'histoire, le cabinet de l'avocat de Vérité
ne sera jamais rempli de consultants...
« En fait d'histoire, il faut puiser dans les trésors de
l'antiquité; il faut y sçavoir Hre et c'est ce que ne sçait
point faire M. de Vérité...
« On ne lui reprochera pas, comme on l'a dit de Voiture,
d'avoir mis trop d'esprit dans son ouvrage, qui n'est point
XXXIV
de nature à faire tort à Thistoire générale de cette province,
que de sçavants Bénédictins se proposent de publier. »
Quatre ans plus tard, Devérité publiait un Supplément à
.son Essai sur IHistoire de Picardie pour avoir l'occasion,
sans doute, de répondre à ses deux contradicteurs, car il
inséra avec d'autres pièces deux vertes ripostes sous forme
de lettres, l'une au P. Lefebvre, l'autre au P. Daire. Nous
nous bornerons seulement à détacher de l'avertissement le
passage suivant, où l'aménité est absente, et qui donnera
une idée des procédés de polémique à une époque tant de
fois vantée pour son exquise politesse.
« Je n'ai rien à répondre à l'écrivain de V Année littéraire,
dit Devérité ; c'est un appréciateur si sage, si honnête du
génie philosophique de ce siècle, mais le Père Célestin et le
Père de hi Doctrine chrétienne, auteurs de deux histoires
particulières de quelques coins de cette province, m'ayant
fitit l'honneur de me contester publiquement des faits histo-
riques et de me dire des injures, je n'ai guère pu me
défendre de leur répondre ici, car la tache que ces redou-
tables censeurs ont faite sur notre réputation d'historien de
Picardie, fort' importante, se seroit à la longue infaillible-
ment étendue, d'ailleurs, du cap d'Archangel au cap de
Horn, où nous sommes tous bien connus. »
Ce dernier trait est une réplique ironique à la dédicace
adressée au duc de Chaulnes en tête de VHistoire d'Amiens, où
le P. Daire dit en terminant : « Permettez-moi donc, Monsei-
gneur, d'apprendre à Vunivers entier que la passion à laquelle
je résiste le moins c'est celle d'obtenir votre suffrage. »
OUVRAGES DU P. DAIRE
I. — Œuvre littéraire
D'après son propre témoignage, le P. Daire, « trouvant
des douceurs dans le culte des muses, la poésie eut pour
lui des charmes. )) C'est ce qu'il écrivait dans une notice
que de Cayrol découvrit en manuscrit dans ses papiers
et qu'il a reproduite dans son Essai ; il pensait avec raison
que cette autobiographie dût être rédigée à l'occasion de
l'hostilité marquée par « plusieurs supérieurs de l'ordre,
jaloux de son mérite et de la spécialité de ses connaissances,
qui formaient un contraste trop marqué avec la nullité de
ses antagonistes \ »
Dans une seconde autobiographie, parue dans VHîstoire
littéraire de la ville d'Amiens en 1782, et reproduisant en
partie celle dont nous venons de parler, Daire s'exprime
ainsi : « La manie de versifier le séduisit comme mille
autres dans sa jeunesse, sans examiner s'il étoit avoué
d'Apollon. » Et, après avoir cité ses premiers essais poéti-
ques, auxquels il n'attachait, d'ailleurs, aucune importance,
I. Loc. citt., p. 13.
XXXVI
le P. Daire ajoute que ces « bagatelles y> écrites « pour se
délasser », ne « datent pas sur le Parnasse'. »
C'est le Mercure de France qui reçut les prémices de la
muse du jeune Célestin. Dans le numéro de décembre 1739,
— l'auteur avait alors vingt-six ans, — parurent des Fers à
M™^ L'Évéque, femme-auteur, et, postérieurement, à des inter-
valles plus ou moins espacés, le même périodique inséra :
Au comte de Clerniont, prince du sang, sur la mort du duc
de Bourbon ;
A Gressct, sur la tragédie d'Edouard ;
Tableau de la bataille de Maestricbt;
Ode à r Académie d'Amiens ;
Le Bien ou les Merveilles d*unc fontaine prétendue minérale ;
Ode sur la mort de monseigneur le Dauphin ;
Ode sur Ventrée du duc de C ha u Inès à Amiens ;
Imitation du psaume ly, Dominus illuminatio mea.
Les autres pièces de poésie, imprimées ou restées manus-
crites, ont pour titres :
Poème sur le mépris des grandeurs ; le pape Célestin V en
est le héros ;
Testament d'un âne moribond ; sorte de fable;
Le Printemps ou les Délices de la campagne ; épître ;
Le mariage de Gresset ;
Stances élégiaques sur la mort de monseigneur le Dauphin,.,
Paris, Cuissart (1766). In-8°, 8 p.;
Adieu à M"'^ de Guibert ;
I. Le P. Daire, Hist. littér., p. 342.
XXXVH
Stances sur la mort de Louis XV ;
Stances sur Vinondation de Rouen;
Relation d'un voyage de Paris à Rouen. Rouen, Prévôt, 1740.
In-i2. Suivant l'auteur, c'est une œuvre de délassement.
Les épithètes françoises rangées sous leurs substantifs, ouvrage
utile aux poètes .. . Lyon, Pierre Bruyset Ponthus, 1759. In-12,
xvi-456 p.
Ahnanach perpétuel pronosticatif, proverbial et gaulois, d'après
les observations de la docte antiquité, utile aux savans, aux gens
de lettres et intéressant pour la santé. Wiflispurg, et à Paris,
chez Desnos, 1774 (Abbeville, impr. Devérité). In-24, 212 p.
Cet ouvrage, sans nom d'auteur, est attribué par les biblio-
graphes au P. Daire, qui n'en a jamais avoué la paternité;
il fut imprimé à Abbeville chez Devérité, qui se chargea
souvent de l'impression de livres clandestins. « Ce petit
ouvrage, dit de Cayrol, offre une foule de citations curieuses,
et l'auteur y fait preuve d'une agréable érudition. » Il con-
tient différentes pièces de vers .qui paraissent appartenir à la
manière du bon Célestin.
2° Manuscrits
De Cayrol a donné dans son Essai les titres des divers
manuscrits autographes laissés par le P. Daire; il les fait
suivre d'une analyse plus ou moins développée.
En 1739, la presse fit grand tapage à propos d'un livre
que publia le P. Bougeant, jésuite, intitulé : Amusement
philosophique sur le langage des bêtes. Ce spirituel badinage,
dont le sujet avait été tiré d'une fable indienne, donna
XXXVIII
prétexte aux Jansénistes de s'attaquer à l'auteur, à qui ils
n'avaient jamais pardonné le ridicule jeté sur eux dans ses
comédies de Saint Déniché et la Femme docteur, si vivement
acclamées quelques années auparavant, alors que la lutte
était ardente entre partisans et adversaires de la bulle Uni-
genitus.
C'est à cette occasion que se révélèrent le caractère combatif
et Tardeur dont le P. Daire devait toujours taire preuve
pour manier la plume. Imbu des' doctrines de Jansenius, il
jugea l'heure favorable de s'attaquer à l'œuvre d'un Jésuite.
Feignant de prendre au sérieux l'ouvrage du P. Bougeant, il
s'attacha à démontrer que Fauteur avait proféré d'impardon-
nables blasphèmes dans ce que tout esprit non prévenu ne
considère que comme un badinage plein de finesse et de
drôlerie. De Cayrol, qui a découvert le manuscrit autographe
du bouillant Célcstin, en donne le titre suivant :
1° Les hommes devenus hétes en spiritualisant les animaux ou
Lettre sur les systèmes des bétes adressée à une dame solitaire par
un ami du sens commun. In-4°, 34 p.
Cet écrit, signé D. C. (Daire, Célestin), ne paraît pas
avoir été imprimé ; comme semble l'insinuer le biographe
de Daire, cette production ne méritait guère les honneurs
de l'impression. Kous l'en croyons sur parole.
2° La Hautoye, promenade à Amiens. In-4°, 15 p.
C'est une sorte de dialogue sur cette promenade maréca-
geuse et malsaine.
3° Monophile ou l'Ami des Moines. In-4°, 15 p.
Discours apologétique de la vie monacale.
XXXIX
4° Dictionnaire moral des bonnes compagnies. In-8°. (Incom-
plet.) Il contient 1361 p.
Ce manuscrit est composé d'extraits en prose et en vers
de divers auteurs.
5° Vie de Philippe de Mé^ières suivie du Songe du Vieux
Pèlerin ou du Voyage de la Vérité et des Epîlres farcies. Gr.
in-4% 165 p.
Ce travail dut être terminé en 1774 ^^ ^^ I775- L'auteur
cite souvent, dans son Dictionnaire picard, le Songe du Vieux
Pèlerin.
6° Traduction du Miroir des Foux de Guillaume Vigel.
In-fol., 223 p.
Le nom véritable de l'auteur est Nigel.
7° Voyage au château du Fayel, lyjj. In-4°, 6 p.
C'est une relation dans le genre des Voyages de Chapelle
et autres littérateurs du temps. Le château du Fayel, situé
entre Clermont et Compiègne, appartenait à la comtesse de
la Motte-Houdancourt, qui y résidait avec la marquise de
Rouhault, sa fille ; le P. Daire, qui était en continuels dépla-
cements, leur y rendait souvent visite.
8° Voyage en Flandre.
Ce manuscrit est perdu.
9° Dictionnaire picard, gaulois et françois contenant aussi les
mots approchants le plus du dialecte de la Picardie avec leur
signification en françois, ouvrage indispensablement nécessaire à
tous ceux qui, par nécessité, par étude, par plaisir ou par état,
se trouvent dans le cas de déchiffrer les archives.
Le P. Daire reconnut de bonne heure l'utilité de posséder
XL
un ouvrage de ce genre, ainsi qu'il le déclare dans l'intro-
duction placée en tête de son manuscrit. L'idée lui en vint
probablement à l'époque où il commença à dépouiller les
archives pour la composition de son Histoire d'Amiens, Pen-
dant son séjour à Paris de 1764 à 1767, il fut envoyé en
mission par le supérieur général de l'ordre dans les diverses
communautés des Célestins de la province de France. A son
retour, nous apprend-il dans son autobiographie, il se mit
en rapport avec La Curnc de Saintc-Palaye, qui « le chargea
do la refonte des lettres de son Glossaire gaulois, que l'abbé
Quiroy avoit laissé très informe". »
De Cayrol pense que c'est vers 1766 que le P. Daire reçut
cette marque de confiance du célèbre philologue, et qu'il
jeta alors les fondements d'un Dictionnaire picard-. Nous
croyons, au contraire, que l'actif Célestin avait déjà réuni
les matériaux pour la composition de cet ouvrage, et que
Sainte-Palaye en ayant eu connaissance le fît appeler auprès
de lui.
Ayant quitté Paris au mois de mai 1767 pour aller se
fixer à Metz, le P. Daire dut cesser sa collaboration au
Glossaire de La Curne. Mais, dès son arrivée dans sa nouvelle
résidence, il se mit à déchiffrer « pour se délasser », nous
apprend-il, les archives du pays messin, « dont le dépouil-
lement, ajoute-t-il, peut servir de supplément au Glossaire
f'auloisK ))
1. De Cayrol, loc. cit., p. 17.
2. Il^id., p. 54.
3. Ihid.f p. 19.
XLI
« J'ai retrouvé dans ses papiers, écrit de Cayrol, une
grande partie de cet immense travail, rédigé par ordre alpha-
bétique et accompagné d'une foule de notes, d'extraits et de
gloses provenant de différents manuscrits des xii% xiii^ et
XIV' siècles. Le tout forme un volume in-fol. assez épais ^.. »
Ce volume a été offert par son possesseur à la bibliothèque
communale d'Abbeville par l'intermédiaire de Boucher de
Perthes, qui le garda par devers lui ; il le communiqua plus
tard à l'abbé Corblet pour son Glossaire du patois picard,
paru en 1851; ce dernier en a extrait une cinquantaine de
mots qu'il ne connaissait pas ^ ; il retourna le manuscrit à
Boucher de Perthes, lequel omit de le remettre à l'établisse-
ment désigné par de Cayrol. C'est dans la bibliothèque de
la Société d'Émulation d'Abbeville, où il ne devait point se
trouver, que nous l'avons découvert un demi-siècle après
son envoi à Boucher de Perthes. Pour nous conformer aux
intentions du donateur, nous l'avons déposé à la bibliothèque
communale d'Abbeville, réparant ainsi l'omission du célèbre
anthropologue.
Ce manuscrit se compose de feuilles volantes et de cahiers
de formats divers. Les mots sont rangés dans un ordre alpha-
bétique fort peu rigoureux et tout à fait approximatif. La
lettre A compte 187 feuillets; beaucoup de mots ont été
ajoutés après coup sur d'étroites bandes de papier intercalées et
fixées à leur ordre à l'aide d'épingles ou de pains à cacheter.
1. De Cayrol, loc. citL, p. 54.
2. L'abbé J. Corblet, Glossaire du patois picard, p. 5$.
XLII
Disons tout de suite que les mots de la lettre A ont reçu un
assez grand développement, et que les reproductions de
textes anciens, extraits de manuscrits et d'ouvrages imprimés,
sont assez nombreuses ; l'auteur avait adopté le plan et
appliqué la méthode de La Curne de Sainte-Palaye.
A partir de la lettre B, ce n'est plus qu'une liste de mots,
une sèche nomenclature avec la signification, mais les textes
anciens se font rares. Toutefois, malgré son imperfection, ce
travail n'est point sans mérite, car il renferme un certain
nombre de mots qui ne figurent point dans les Dictionnaires
de Sainte-Palaye et de F. Godefroy, parus depuis.
Gaston Paris, que nous avions consulté autrefois au
sujet de la publication du Dictionnaire du P. Daire, en avait
reconnu l'opportunité, et nous avait donné le conseil fort
judicieux de n'en extraire que les mots ne figurant point
dans les deux ouvrages similaires que nous venons de citer
ou ayant une acception différente. Ainsi reproduite, l'œuvre
du P. Daire se serait trouvée singulièrement réduite. Or,
comme nous avions résolu de publier Y Histoire des doyennés
du laborieux Célestin, nous avons cru qu'il était préférable,
pour compléter son œuvre posthume inédite, de la faire
suivre de son Dictionnaire picard tel qu'il l'a laissé ; on se
fera ainsi une idée plus juste de son labeur.
Nous possédons pour les autres lettres depuis B jusqu'à Z,
deux manuscrits différents qui se complètent l'un par l'autre.
Le premier, qui est assurément de la main du P. Daire, se
compose de 34 feuillets détachés, mesurant 360 millimètres
sur 230. Ce manuscrit est incomplet de quelques feuillets :
xLin
il manque toute la lettre S. L'écriture est fine et compacte ;
l'ordre alphabétique est loin d'être observé. L'auteur avait
adopté une méthode défectueuse pour ce genre de travail ; il
nous a fallu le recopier en entier sur fiches afin de pouvoir
en faire plus aisément le classement.
Le second manuscrit, également incomplet, d'un format
un peu plus petit, est formé de ii cahiers mesurant 315 milli-
mètres sur 200, comptant 98 feuillets; l'écriture, plus régu-
lière, est très Hsible ; nous ne saurions affirmer qu'elle soit
de la main du P. Daire. Les lacunes sont plus importantes
que dans le précédent manuscrit ; il manque un cahier à
partir du mot esta voir jusqu'au mot iovent (jovent), un
cahier du mot onnis au mot poison, et un cahier du mot
TRESTOR à la lettre y.
A ces deux manuscrits sont jointes plusieurs liasses de
notes prises par le P. Daire pour l'élaboration de son
Dictionnaire picard. Ces notes et gloses couvrent tantôt
des cahiers, tantôt des carrés de papier de toute espèce de
format et de toute provenance ; le verso resté blanc de
divers imprimés ou celui de lettres adressées au P. Daire
lui-même était .utihsé par lui. On trouvera plus loin une
liste des principales sources auxquelles il a puisé ; nous en
signalerons ici quelques-unes.
Notre Célestin avait rédigé vers 1774 une notice biogra-
phique sur l'un des bienfaiteurs de son ordre, le Picard
Philippe de Mézières, né au château de ce nom vers 1327;
il la fit suivre d'un ouvrage dû à ce personnage éminent, le
Songe du Vieux Pèlerin ou voyage de la Vérité ; ce curieux
XLIV
manuscrit, daté de 1366, a fourni un important contingent
de mots au Dicliounairc picard. Un registre du chapitre
d'Amiens, et le cartulaire des religieuses de Fristorf, daté de
13 16, appartenant aux Célestins de Metz, sont très souvent
cités. '
Parmi les ouvrages imprimes auxquels Fauteur a fait de
fréquents emprunts, il convient de placer en première ligne
les Preuves de Fhistoire de Lorraine, par dom Calmet, les
ouvrages du Picard Claude de Mons, seigneur d'Hédicourt,
né à Amiens en 1591, mort en 1677, auteur des Chants
oraciiïcnx (Amiens, 1627) ; les Blasons ajtagrammaliques
(Amiens, 1662); le bref Idyliacq (Amiens, 1663), etc. Le
P. Daire a inséré dans son Histoire littéraire d'Amiens
(122-126), une biographie de ce personnage, qui est un
résumé de celle que nous avons sous les yeux, dans les notes
du Diction} mire picard.
Un ouvrage imprimé qui fut aussi d'un grand secours au
P. Daire, c'est la Muse normande de David Ferrand (Rouen,
1665). De Cayrol a trouvé dans les papiers du Célestin trois
lettres de ce dernier à l'abbé Le Bœuf pour lui faire con-
naître le patois du poète licencieux qui a écrit en « gros
normand », langage ayant « quelque rapport avec le jargon
picard. »
IL — Œuvre historiciue
1° Imprimés
I. — Almanach historique et géographique de la Picardie.,,
Amiens, V''^ Godart, 1752 et années suivantes. In-24^
Cet ancêtre de nos modernes Annuaires, que le P. Daire
continua de rédiger pendant les premières années, donne,
pour ainsi dire, un avant- goût de la nature des travaux
auxquels allait désormais se livrer le laborieux Célestin.
Dans le premier volume, qui porte l'approbation du chan-
celier Germain, datée du 5 novembre 1750, ont été insérées
des notices historiques sur Amiens, Saint-Valery, Grandvil-
liers, Picquigny, Oisemont, Doullens, Montreuil et Corbie.
Celui de l'année suivante, dont le titre a été modifié,
porte mention d'un nouveau privilège du roi daté de Fontai-
nebleau du 14 octobre 1754. Il débute, après le calendrier,
par une « Idée générale de la Picardie », suivie d'une courte
biographie des « Hommes illustres nés en Picardie. » Plus
loin viennent des notices historiques sur Abbeville, Saint-
Quenti», Péronne, Albert, Montdidier, Roye, Boulogne,
Ardres et Calais.
U Almanach de 1755 contient une « Description 'de la
Picardie », des notices biographiques sur ses grands hommes.
I. Et non in-32, comme l'indique l'auteur de la BiUiographîe du dépar-
tement de la Somme, qui paraît, d'ailleurs, peu familiarisé avec les formats,
première connaissance indispensable à un bibliographe.
XLVI
des éphémérides sur Amiens et de brèves notices sur les
principales villes de la province.
U Almanach de 1756 débute par une sorte de questionnaire
sur les renseignements que sollicitait l'auteur pour une statis-
tique de la Picardie; il est suivi d'un article sur les cou-
tumes locales; à la lin se trouvent des notices sur Soissons,
Noyon, Clermont, Guise, Laon, La Fère, Compiègne,
Beauvais et Senlis.
U Almanach de 1757 reproduit « Un voyage pittoresque
d'Amiens ou indication de ce qu'il y a de plus beau dans
cette ville en peinture, sculpture et architecture », et de
nouvelles notices sur les villes déjà décrites antérieurement.
U Almanach de 1758 contient un article sur les « anciennes
lois et usages de la ville d'Amiens », et une « Réduction
des mesures au bled et à l'avoine » des principales villes de
la province.
Celui de 1759 reproduit une notice sur « l'Amiennois »
extraite de V Histoire d'Amiens du P, Daire, et des « Remar-
ques chronologiques sur la ville de Saint-Quentin » dues à
un ancien maïeur de cette ville.
Il est à remarquer que ces Almanachs, rédigés sur le même
plan, finirent par présenter un intérêt moindre, et Fauteur
sembla se lasser, car il finit par ne plus y apporter les mêmes
soins. 'C'est, d'ailleurs, l'écueil dans lequel tombent tous les
périodiques quand la direction n'en est pas renouvelée.
Dans ses Recherches historiques sur V imprimerie et la librairie
à Amiens, p. 61 (Amiens, 1861), F. Pouy rappelle que le
projet de cette publication était dû au P. Daire, et que ce
XLVII
dernier a contribué pendant quelques années i\ son succès
par les notices historiques et littéraires et par les renseigne-
ments de toute nature sur la province et sur sa capitale qu'il
lui fournissait annuellement.
Quelque temps après la publication du premier Almanach
de Picardie, il parut sous le voile de l'anonymat une brochure
de quelques pages intitulée : Préservatif contre V Almanach de
Picardie ' ; ce titre fait connaître tout de suite l'objet de cet
opuscule, dans lequel l'auteur dit de V Almanach du P. Daire
qu'on ne trouverait pas
Un marchand pour le vendie et des sots pour le lire.
Il se flattait que cette publication resterait dans la boutique
du Hbraire. Cette sorte de libelle était due assurément à la
plume d'un Amiénois méchant et envieux, « un de ces
savants jaloux dont on rencontrait déjà tant dans la bonne
ville d'Amiens^. »
, IL — Histoire civile et ecclésiastique de la ville d'Amiens.
Paris, V^^ de la Guette, 1757. 2 vol. in-4° avec pi., xii-560 et
448 p., plus la table.
C'est une œuvre de longue haleine, qui, suivant l'expres-
sion du Journal des Savants (novembre 1757), qui en rendit
compte, « a dû coûter des travaux infinis à l'auteur. » C'est
l'ouvrage capital du P. Daire ; de Cayrol pense qu'il dut
commencer vers 1753 à recueillir dans les dépôts publics
les matériaux nécessaires à l'édification de son œuvre. Nous
1. Amiens, s. 1. n. n. n. d. In-12.
2. La Picardie, 1865, t. XVIII, p. 193.
XLVIII
présumons que ses premières recherches remontent à une
date bien antérieure, tout au moins à l'époque où il était revenu
une première fois se fixer dans sa ville natale en 1743.
V Histoire d'Amiens a été diversement appréciée; elle fut
surtout l'objet de critiques souvent injustes. Malgré ses
débuts, que l'auteur fut le premier à reconnaître, cet ouvrage
assurera toujours au P. Daire « une place honorable parmi
les écrivains qui se sont occupés de l'histoire particulière
des différentes villes de France ' . » Elle sera longtemps
encore consultée par les travailleurs.
III. — Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville et
du doyenne de Mondidicr. Amiens, Caron - Hubault, 1765.
In-i2, xvi-368 p.
Ce volume inaugura la série des travaux que le P. Daire
avait entrepris sur chacune des paroisses composant les
doyennés du diocèse d'Amiens. Dix-neuf ans plus tard, il
faisait paraître trois autres doyennés portant tous les trois
le millésime de 1784; mais il ne poursuivit pas la publi-»-
cation de la collection qu'il avait formée, bien que son
manuscrit fût prêt pour les autres doyennés de l'archi-
diaconé d'Amiens.
rV. — Tableau historique des sciences, des belles-lettres et des
arts dans la province de Picardie depuis le commencement de la
monarchie jusqu'en iyj2. Paris, Hérissant, 1768. In- 12,
VII1-210 p.
V. — Vie de M. Gresset, de l'Académie françoîse, et de celle
de Berlin, écuyer, chevalier de l'ordre du Roi et historiographe de
I. De Cayrol, hc. cit., p. 34.
XLIX
Vordre royal et militaire de S. Lazare. Paris, C.-P. Berton,
1799. In-i2, 84 p. (et non in-i8, comme on le voit dans
la Bibliographie du dép. de la Somme.)
Le titre porte seulement les initiales du P. Daire suivies
de sa qualité en abrégé : « L. D., anc. Bibl. des C. »
VI. — Histoire littéraire de la ville d^ Amiens à laquelle on
a joint, dans Vordre chronologique, les hommes célèbres dans les
arts et les personnes qui se sont distinguées par la pratique des
plus hautes vertus, Paris, P.-Fr. Didot, 1782. In-4°, viii-668 p.
Cet ouvrage, qui contient la notice du P. Daire lui-
même, fait suite aux deux volumes de l'Histoire d'Amiens.
Les notices biographiques, qui se terminent à la page 419,
sont suivies de Corrections, Notes et Additions, d'un sup-
plément à l'Histoire d'Amiens, de Listes des dignitaires de la
cathédrale d'Amiens, des maîtres de la confrérie du Puy,
des présidents, conseillers et gens du roi du bailliage et
siège présidial, et des notaires du bailliage.
VIL — Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville
et du doyenné de Doullens. Amiens, J.-B. Caron aîné, 1784.
In-i2, VIII-208 p. et la table.
VIII. — Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné
de Granviller. Amiens, J.-B. Caron, 1784. In-12.
IX. — Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville et
du doyenné d'Encre, aujourd'hui Albert. Amiens, J.-B. Caron,
1784. In-i2, 50 p. \
X. — Vie de Joseph Vallart, éditeur, critique et grammairien
célèbre.
I. Réimprimé depuis. (Amiens, Rousseau-Leroy, 1890. In-12.)
L
Cette œuvre posthume a été publiée en 1812 dans le
Magasin encyclopédique rédigé par A. L. Millin ; elle n'est
point mentionnée dans la Bibliographie du département de la
Somme, qui compte tant de lacunes ; avec un peu plus de
soin et moins de précipitation, les omissions auraient été
moins nombreuses.
2° Manuscrits
j° Mémoires sur les hommes célèbres de la Picardie.
Dans son autobiographie, le P. Daire annonçait qu'il se
faisait « un plaisir de communiquer » ce travail en porte-
feuille. Or, de Cayrol n'ayant trouvé dans les papiers du
Célestin que trois liasses de notes et de fragments de cet
ouvrage, en a inféré que la partie manquante n'aura pas été
rendue à l'obligeant auteur par des emprunteurs négligents
ou peu scrupuleux.
2° Catalogne raisonné des manuscrits déposés dans les biblio-
thèques de la congrégation des Célestins de France, suivi d'un
supplément à l'histoire des écrivains de cet ordre, d'une notice des
écrits des Célestins d'Italie, de notes sur quelques livres rares et
sur les anciennes éditions de quelques autres, avec une fable histo-
rique des auteurs. In-4°, v-405 p.
Dans l'introduction, on voit que les Célestins avaient en
France dix-sept maisons plus quatre autres étrangères à la
France mais en dépendant sous le rapport de la hiérarchie
conventuelle, a Ces vingt et une maisons ne renfermèrent
jamais au-delà de deux cent cinquante religieux, et, parmi
eux, il s'est rencontré souvent des écrivains distingués. Le
Catalogue du P. Daire nous en fait connaître plusieurs, dont
Ll
les noms, sans lui, seraient restés ensevelis dans l'oubli du
passé ' ))
3° Histoire civile, ecclésiastique et littéraire des doyennés du
diocèse d* Amiens. Formats divers. 221 feuillets. 360 sur
240 millim.
Fol. 2, dédicace.
Fol. 3, notes.
Fol. 4, introduction.
Fol. 5, notes.
Fol. 8 à 37, doyenné de CoNTY^
Fol. 37 à 40, planches.
Fol. 43 à 54, doyenné de Poix 5.
Fol. 57 à 106, doyenné de Fouillov^.
Fol. 109 à 133, doyenné de Picquigny ^
Fol. 136 à 156, doyenné de Moreuil.
1. De Cayrol, loc. dit., p. 57.
2. Ce doyenné a été publié par J. Garnier d'après le manuscrit auto-
graphe. (Amiens, Lemer aîné, 1865. In- 12, 124 p.) L'auteur de la Biblio-
graphie du département de la Somme lui donne par erreur un format in-i6 ;
le Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque nationale {Y^y^y^N ^ col. 198)
est tout aussi inexact, puisqu'il lui attribue un format in-80.
Nous avons nous-méme annoté et publié le même doyenné. (Paris,
A. Picard et fils, 1898. Gr. in-8, vi-186 p. et pi.)
3. Nous avons aussi annoté et publié ce doyenné. (Paris, A. Picard et
fils, 1898. Gr. in-80, vi-93 p. et pi.)
4. Nous avons également publié et annoté ce doyenné. (Paris, A. Picard
et fils, 1910. Gr. in-80, 237 p.)
5. Ce doyenné a aussi été publié par J. Garnier d'après le manuscrit
autographe. (Amiens, V^e Herment, 1860. In-12, viii-95 p., plan.) L'auteur
de la Bibliographie du département de la Somme lui donne un format inexact
(in-i6), ainsi que le Catalogua de la Bibliothèque nationale, (XXXV, col. 199),
bien qu'il soit exactement des mêmes dimensions que le doyenné de Conty,
dû au même éditeur.
LU
Fol. 159 à T72, doyenné de Mailly.
Fol. 175 à 185, do3'cnné de Lihons.
Fol. 188 à 197, doyenné de Davenescourt.
Fol. 200 h 221, doyenné de Rouvroy.
Comme suite à VHistoire de la ville d'Amiens, le P. Daire
avait entrepris VHistoire des doyennés du diocèse, à laquelle il
travailla pendant plus d'un demi-siècle, « la meilleure partie
de sa vie », suivant sa propre expression. En 1782, il disait
dans V Histoire littéraire de la ville d'Amiens que cet ouvrage
n'attendait « qu'une occasion favorable pour voir le jour. »
Elle ne vint jamais, et le fruit de son immense labeur est
demeuré jusqu'ici en portefeuille. Le 15 décembre 1837,
de Cayrol lit don de ce manuscrit à la bibliothèque commu-
nale d'Amiens.
Le P. Daire avait publié de son vivant les quatre doyennés
de Montdidicr, de Doullens, de Grandvilliers et d'Albert ; il
laissa en manuscrit les doyennés de Conty, Poix, Fouilloy,
Picquigny, Moreuil, Mailly, Lihons, Davenescourt et Rou-
vroy. Il se limita donc à l'archidiaconé d'Amiens. Nous
n'avons pas retrouvé le doyenné de Vignacourt, qui a dû
être fait cependant, puisque l'auteur déclarait dans une lettre
à l'évêque d'Amiens du i" novembre 1765 qu'il était « prêt
à présenter à la censure les doyennéz de DouUens, de Vigna-
court et d'Auxy-Château », qui devaient former un volume.
Il publia le doyenné de Doullens seul dix-neuf ans plus tard.
Quant aux deux autres doyennés, ils n'ont pas vu le jour, et
les manuscrits n'ont pas été retrouvés.
Notons que le doyenné d'Auxi-le-Château était le seul
LUI
doyenné de Tarchidiaconé d'Abbeville dont le P. Daire eût
écrit rhistoire.
A la fin de l'année 1783, la rédaction des neuf doyennés
était terminée et l'auteur se disposait sans doute a en com-
mencer l'impression, si l'on en juge par la permission qui
lui en fut accordée et qui se trouve à la suite du doyenné
de Mailly, fol. 172 v°, ainsi libellée :
« J'ai lu, par ordre de Mgr le Garde des Sceaux, la partie
de l'histoire civile, ecclésiastique et littéraire d'Amiens com-
prenant les différents doyennés, suite de l'Histoire générale
d'Amiens déjà im.primée, et je crois que cette portion du
travail de l'auteur ne mérite pas moins d'accueil que les
précédentes et qu'on en peut permettre l'impression. A Paris,
le 21 novembre 1783. » Signé : « Guyot. »
Abbeville, ij décembre i^io.
Le Dictionnaire picard, gaulois et françois que nous publions
a nécessité des soins attentifs de toutes sortes; nous avons
dû d'abord le copier sur fiches afin de pouvoir en faire le
classement, parce qu'il se compose de deux manuscrits dis-
tincts et que l'ordre alphabétique n'est qu'approximatif. Nous
avons dû négliger des superfétations et certaines parties —
peu importantes, d'ailleurs, — que nous avons jugées étran-
gères au sujet. Par contre, nous avons placé entre crochets
les additions que nous y avons introduites pour fiiire con-
naître le sens resté en blanc d'un certain nombre de mots ou
qui avait été donné, pour d'autres mots, d'une façon inexacte.
PRINCIPAUX OUVRAGES IMPRIMES OU MANUSCRITS CONSULTES PAR LE P. DAIRE
Explication des abréviations
adj. fém., adjectif féminin.
adj. mas., adjectif masculin.
adv., adverbe.
Amiot [trad. de Plutarque.]
Apol. de V.\LLA, [Les apologues et fables de Laurent
Valle, translatées de latin en françois. Paris, vers 1490,
in-fol.]
ARTELoauE, Fauconnerie, [La Fauconnerie de messire
Arthelouche de Alagona... Poitiers, 1567, in-4».]
Ben. Baudouin [trad. des Tragédies de Sénèque. Troyes,
1629, in-8».]
Berenger de la Tour, [Le siècle d'or et autres vers
divers. Lyon, 155 1, in-8°.]
Bible gauloise, sans date ; principaux livres cités :
Cant. des cant., Eccl., Esdr., Ex., E:^éch., Gen., les Nomb.,
Le'vit., Macch., Paralip., Prov. de^Sal., Toh. (Cantique des
cantiques, Ecclésiaste, Esdras, Exode, Genèse, les Nom-
bres, Lévitique, Macchabées, Paralipomènes, Proverbes
de Salomon, Tobie.)
Blaise d'Auriol, [Sensuyt la chasse et le départ
Damours, ... composée par Octovien de saict gelais et
par.,. Biaise dauriol... Paris, s. d., in-4''.]
). BoucHET, [Jean Bouchet (Sébastien Brandt) a
publié plusieurs ouvrages, entre autres : Les regnars
traversant les périlleuses voyes des folles fiances du
mode. Lyon (vers 1501), in-fol.]
Ch. de Bovelles, [Proverbes et dits sentencieux, avec
l'interprétation d'iceux. Paris, 1557, in-8° et Géométrie
en françoys. Paris. 15 11, in-4*.]
J. Canu, [Oraison funèbre de feu Mgr le duc de
Montpensier... par Jessé Canu, Rouennais, écolier...
Paris. léoS, in-8°.]
Cart. de Frist., [Cartulaire des religieuses de Fristorf,
taux Célestins de Metz.]
Cart. des Cél. de Metz, [Cartulaire des Célestins de
Metz.]
Cart. du ch. d'Am., [Cartulaire du chapitre d'Amiens.]
Ch. de G. Ph. [Des deduiz de la chasse des bestes
sauuaiges et des oyseaux de proye (par Gaston Phœbus,
comte de Foix). Paris, vers 1507, in-fol.]
I
Al. Chartier [Œuvres. Paris, 1529, in-8°.]
Chron. de Nie. de Lut, [Chronique de Nicolas de
Lutange, Ms.]
Constant Duhamel (Fabliau de), Ms, n" 7218.
G. Co'rrozet [La fleur des sentences certaines,
apophtegmes et stratagèmes... Lyon, 1548, in-16.]
Cosm. d'ApiAN [La cosmographie de Pierre Apian...
Paris, 1553, in-4°.]
Th. de Courval [Les œuvres satiriques du sieur
Thomas de Courval-Sonnet, gentilhomme virois. Paris,
1622, in-8°.]
P. Daire, Hist. d'Am., [Histoire de la ville d'Amiens.
Paris, 1757, 2 in-4°.]
Cl. Depontoux [Les œuvres de Claude de Pontoux,
gentilhomme chalonnois. Lyon, 1 579, in-16. J
Dipl. [Diplomatique pratique ou traité de l'arrange-
ment des archives, ... par M. Le Moine. Metz, 1765.
in-4°.]
Du Bellay, Mèm. [Les œuvres françoises de Joachim
du Bellay... Lyon, 1575, in-8°.]
Du FouiLLOux, Vén. [La Vénerie de Jacques du Fouil-
loux... Poitiers, 1561, in-fol.]
Ep. faic., [Epîtres farcies, Ms.J
Ep., épîtres.
Epit., pour Epitaphier chez les Célestins de Metz.
Ev. de S. Jean, Evangiles de S. Jean,
Fac. de Poge [Les facéties de Pogge florentin (trad.
en franc.). Lyon, 1484, in-4''.]
Fauvel (Roman de), achevé le 6 décembre 1590 :
Ms 6812.
C. Fontaine, [S'en suivent les ruisseaux de Fontaine,
œuvres contenant epistres, élégies, chants divers, epi-
grammes, odes et estrennes pour ceste présente année
1555, par Charles Fontaine, Parisien... Lyon, 1555,
in-8°.]
Et. Forcadel [Le chant des Seraines. Paris, 1548,
in-i6 et Poésies. Lyon, 1551, in-8°.]
Mart. Franc [Jehan Martin le Franc, prieur de Lau-
sanne, Le champion des dames, ... Paris, 1530, in-8°, et
l'Estrif de Fortune et de Vertu.]
LVI
J. Froissart [Chroniques de France, ... (de 1526 à
1400). Paris, vers 1495, 4 vol. in-fol.]
Fucus, Hist. des pi. [L'iiistoire des plantes mise en
commentaires par Leonart Fuchs... Lyon, 1558, in-4'',]
G. DE LA BiGNE [Poèmc sur la chasse à l'oiseau et
sur la vénerie par Gaces de la Bigne, publ. à la suite
des deduiz de la chasse de G. Phebus. Paris, vers 1507,
in-fol.]
Gkrmain Colin [Les poésies de Germain CoIin-Bucher,
Angevin, secrétaire du grand maître de Malte. Ms.
publ. pour la première fois en 1890.]
GiLLE d'Aurigny [Le tuteur d'amour... Paris, 1546,
in-8».]
Ron. GoiiiN [Les loups ravissans... Paris, vers 1 505, in -4°.]
J. Grevin [Les regrets de Charles d'Autriche, ... Paris,
1558, in-8°.]
Gringori: [Le château de Labour... Paris, 1499, in-S".
— Le chasteau d'amours. Paris, 1500, in-4", etc.]
P. Grognkt, Pars. [Recollection des merueilleuses
choses et nouuelles advenues au notable royaume de
France en nostre temps depuis l'an de grâce 1480.
Paris, 1538, in-8".]
F. Gukrin [Fr. Guerin, Guarin ou Garin, complaintes
et enseignemens de François Guerin envoves a son
filz... Paris, 149S, in-4''.]
GuiLLKViii.r [Le roman des trois Pelerinaigcs, par
Guillaume de Guillcville. Paris, vers 1500, in-4''.]
Is. Habert [Les trois livres des météores et quecques
autres œuvres poétiques. Paris, 1585, in-8".]
Helinand [Vers sur la mort. Paris, 1594. in-8*.]
Heures de Metz, [Vieilles heures à l'usage de Metz.]
Histoire de Fratice en vers i la suite du Roman de
Fauvel, Ms. de la Bibl. du Roi, n' 6812.
Histoire de Saiute-Croix, Mss. fonds de la Vallière.
JEAN d'Alton [Les Epitres envoyées au roy très
chrestie de la les motz par les estatz de France. Paris
(1509), in-40 et Chroniques de Louis XH, 161 S-]
|. DE LA Jesséu [Les premières œuvres françoises.
Anvers, 1583, in-4*.]
JEAN DE Venette [La vie des troys maries, de leurs
pères et de leurs mères... Rouen, vers 15 11, in-4*.]
Jean de Vitel [Les premiers e.sercices poétiques. Paris,
1588, in-12.]
Jean d'Ivry [Les triuphes de frace... Paris, i5o8,in-4°.].
Jean Lemaire [Le temple dhonneur et de vertus. Paris,
150.1, in-4*.]
Jean Parmentier [Description novvelle des merveilles
de ce mode et de la dignité de Ihomme... Paris, 1531,
in-4'.]
Jehannet de l'Esclriel [Dans les fabliaux manuscrits
de la Bibliothèque du roi, n" 6812.]
O. DE LA Marche [Mémoires (de 1455 à 1492).
Bruxelles, 1616, in-4''.]
La Morlière, Hiit. d'Am. [Les antiquitez... de la ville
d'Amiens et Recueil de plusieurs nobles et illustres
maisons... Paris, 1642, in-fol.]
J. DE LA Peruse [Œuvres, avec quelques diverses
autres poésies de Cl. Binet. Paris, 1573, in-12.]
AxD. DE LA ViGSE [Le Vergicr dhonneur. Paris, vers
Hoo, in-4°.]
J. Le Febvre [Le respit de la mort. Paris, 1506,
in-40.]
Le Jouvencel [titre d'un roman allégorique, histo-
rique et militaire, commencé par Jean de Breuil, mort
en 1474. Paris, 1493, in-fol.]
GuiL. DE LoRRis [Le roman de la rose. Lyon, vers
1480, in-fol. ]
Louis[i:] Labi': [Ewres de Lovize Labe lionnoize. Lyon
(i5)5), in-8->.]
Ol. di: Magny [Les amours d'Olivier de Magny.
Quercinois. Paris, 1553, in-8°. — Ses gayetez, 1554. —
Ses .soupirs, 1557. — Ses odes, i^S^-]
Mainard [Anatomie de la messe et du messel. Genève,
iJÎS, in-i6.]
Martial d'Auvergne [Vigiles de la mort de Charles VII
et Arrêts d'amour.]
J. Meschinot [Les lunettes des princes. Nantes, 1493,
in-4'\J
Meurisse [Histoire des évcques de Metz. Metz, 1634,
in-fol. ]
GuiL. Michel [Recueil de ses chansons. Paris, 1636,
in-8''.]
Mod. et rac. \Le Livre du Riy Modus et de la Reitie
Ratio, écrit A Maigny es Armentières en février 1406 par
ordre du seigneur Jeban de Hangest, seigneur de Genlis
et dudit Maigny, Ms., n" 7096.]
J. M0LISET [Le^faictz et dictz... Paris, i$3i, in-fol.)
Cl. de Moxs [Chants oraculeux... Amiens, 1627,
in-12. — Les blazons anagrammatiques. Amiens, 1662,
in-8*. — Le bref Idyliacq. Amiens, 1663, in-S".]
Ms. Bouh. [.Manuscrit de Bouhier.]
Ms. s. d., manuscrit sans date.
Mss. du Roy, pour Fabliaux, manuscrits de la biblio-
thèque du roi. Les n"^ consultés sont 6812, 7210, 7217,
7218, 761$, 7989, 7996, 9218.
Mss du Vatican, n" 1490, Manuscrits du Vatican.
Muse tiorm. [La Mvsc normande... Rouen, 165$, David
Ferrand, in-8''.]
NicoD. [Jean Nicot, Dictionnaire francois-latin... Paris,
ij73, in-fol. ]
Noêls bourdelais.
Ch. d'Orléans [Poésies.]
Pe're'g. dt Jêrus. [Des saintes pérégrinations de Jéru-
salem, ... (tiré du latin de Bernard de Breydenbach
par frère Nicole le Huen). Lyon, 1488, in-fol.]
Pernette du Guillet [Les rymes de gentille et ver-
tueuse dame D. Pernette du Guillet, Lyonnoise. Lyon,
1)45, '"-8°]
Pétr. [Pétrarque, Dits facétieux.]
Pic, patois picard.
Pierre Blanchet, Poes.
Pr., II [Aug. Calmet, Histoire ecclésiastique et civile
de la Lorraine... Nancy, i74>-57, 7 Jn-fol. Preuves.]
Règ. de S. Ben. [Règle de S. Benoît en gaulois, trad.
par Guy Juvenal. Paris, 1501, in-l6.]
Reg. du Pari. [Registres du Parlement.]
J. Régnier [Les premières œuvres ou satyres. Paris,
1608, in-4*.]
Rémi Belleau [Œuvres poétiques. Paris, 1578, in-12.]
LVII
RoB. Est. [Robert Estienne, Dictionnaire des mots
françois selon l'ordre des lettres... Genève, IS57,
in-4'.]
Roger de Collerye [CEuvres. Paris (1536), in-8*.]
Rom. de Crequy ou Rom. de ijoo [Romance contenant
l'histoire du sire de Crequy, composée vers 1300 (apo-
cryphe), remise par le P. Daire à d'Arnaud, qui l'a
publiée dans ses Nouvelles historiques. Paris, 1777,
2 in-8V]
Roussel, Hist. de Verdun [Histoire civile et ecclésias-
tique de Verdun (par l'abbé Roussel). Paris, 174S, in-4°.]
Fr. S.vgo\ [Fr. de Sagon, La complaincte des troyz
gentilzhommes francoys, occis et mort/: au voyage de
Carrignan... Paris, 1^44, in-8°.]
O. DE Saint-Gblais [La chasse et le départ damours.
Paris, 1509, in-fol.]
Ant. db Saix [Lesperon de discipline pour inciter les
humains aux bones lettres, ... par fr. Antoine du Saix.
S. 1., IJ32, in-4».]
Sarrazin [Œuvres. Paris, 1656, {11-4».]
S. du y. p. [Songe du Vieux Pèlerin, Ms. de 1366,
par Philippe de Mézières.]
subst., substantif.
Symph. Chami». [Symphorien Champier, Le recueil ou
croniques des histoires des royaulmes daustrasie, ou
france orientale... Nancy, 1510, in-fol.]
Th. de Mailly [ou plutôt Marly, poète français du
xiii« siècle.]
Th. roi de Navarre [Thibaut de Navarre ou de Cham-
pagne, chansonnier, 1201-1253. J
Tit. des cons. de Metz [Titres des Consuls de
Metz.]
Triomphe des neuf Preux [ouvrage impr. à Abbeville
par Pierre Gérard en 1487, in-fol.]
Vies des SS., Ms de Sorb., pour Vies des Saints,
manuscrit de Sorbonne.
Ph. db Vigneulle [choniqueur de Metz, vivant en 1522.]
Villon [Les œuvres de maistre François Villon, 1532,
in-8°]
Voé. de 1497 ou Voc. de J. Mourand. Vocabulaire.
Voc. du ps. [Vocabulaire du Pseautier... Paris, 1529,
in-8°.]
Voc. Nebr. [^1. -Anton. Nebrissensis, Vocabulaire.
Paris, IS35, in-S".]
[ ] Les parties entre crochets ont été intercalées par
l'éditeur.
I
DICTIONNAIRE PICARD
GAULOIS ET FRANÇOIS
CONTENANT AUSSI LES MOTS GAULOIS APPROCHANTS LE PLUS DU DIALECTE
DE LA PICARDIE AVEC LEUR SIGNIFICATION EN FRANÇOIS
OUVRAGE
INDISPENSABLEMENT NECESSAIRE A TOUS CEUX Q.UI, PAR NECESSITE, PAR ETUDE,
PAR PLAISIR OU PAR ÉTAT, SE TROUVENT DANS LE CAS DE DÉCHIFFRER
LES ARCHIVES
Les patois des différentes provinces du royaume tirent leur origine de l'ancien
gaulois pour la plus grande partie de leurs expressions. Et le langage gaulois qui
vient en grande partie du latin s'est conservé particulièrement dans les pays au
delà de la Somme.
Je me suis mis dans la tête, il y a longtemps, qu'un recueil de poésies picardes
fait avec choix ne pouroit que plaire et instruire les déchiffreurs d'archives,
surtout si elles étoient précédées d'un dictionnaire des mots de cette province.
Le langage actuel n'est point l'ancien picard ; je mets le dernier d'après les
titres affin que la différence saute aux yeux.
Les mots fabriqués par les modernes y trouvent aussi leur place.
— 2
On prononce bien la lettre C ; pour dire cela, ils disent cheJa, chechy, comme s'il
y avoit un H aspiré devant les voyelles A et I ; au contraire, lorsque le reste de
la France prononcent avec aspiration H et S dans chanoine et chose, un Picard dit
canoine, cose, le bon François dit un chien, un chat, une mouche, le Picard prononce
quien, cat, mouque ; quant au C latin, le picard le prononce mieux que tous les
François, et la Picardie, dit Geoffroy Thory de Bourges, est de tout tes les nations
celle qui a la langue plus propre pour bien prononcer le grec, le françois, le latin.
abaissier, abaisser, 1597. Abaisser et
humilier. Déprimé et abaissié. (^Kèg. de S. Ben.
de 1525, fol. 65.) Sourcieulx abaissié-^. (Ibid.,
loi. 160.) Apaiser, tranquilliser.
abalir,
Les Flamens riens nabalirent
De ce qu'ils dirent, rien ne firent.
(Mss du Roy, n° 6.812.)
abandire (s'), s'attrouper.
abandon [mettre à discrétion, à la merci,
action d'abandonner.] Qui faict nopces et
plaide à son seigneur, il met le sien abandon.
Le latin : Effundit numuios stimptibiis immodicis.
abandonnement de pais. [Mise au ban.]
(Du Bellay.)
abant, avant.
abatis, destruction, carnage.
abatre, faire mourir.
Mort Vabali sor le degré.
(Mss du Roy, 7218, fol. 240.)
abaudi, abaubi, ébaubi, en picard,
étonné, effrayé, devenu bête.
Partant icert et mus et mas
Et si pris et si abatidis
Qu'il ne sara ne blanc ne bis.
(Mss du Roy, n° 7989^ fol. 239.)
abayment de chien.
abazourdi, étourdi d'un coup reçu.
abbais,
Environner de chiens pour la tenir aux
abbais. (Du Fouilloux.)
abbasse, abbesse.
abbateur, qui renverse.
Meurdrier et de gens abbateur.
(C. Fontaine, Les Kuis,..)
abbatu, vaincu.
abbayans [désirant, aspirant.] Je suis
abbayans me fosse. (Pérèg. de Jériis.)
abbayant, criant. (Rob. Est.)
abbecher, abecker, donner la becquée ;
Lanières saintis ki on abesque et adoie.
(Mss du Vatican, n° 1.490.)
abbeit. (Cart. de Fristorf.)
abbey, subst., abbé. (Chron. de Nie. de
Lut., p. 7.)
abbie, abbaye, 1472.
abbii, abbaye. (Chron. de Nie. de Lut.,
P- 7-)
abbominer, abhominer, abominer
[qui inspire du dégoût, avoir en horreur.]
(Voc. nebr. ; Voc. du ps.)
abbot, relatif, concernant. Esplois ahbots
aux cens. 1435.
abbregement de plet [action d'abréger,
de réduire la valeur ou les services d'un fief.
Terme de droit féodal.]
abbreviante,
Parole consolante et abbreviante. (Ep. de
S. Paul.)
abbruver, 1368, abreuver.
abbutée, fixée, 1625.
abcision, amputation.
aboission, abseissio, subst. User de fer de
abcission. (Règ. de S. Ben., fol. 83.)
abé, abbé (Vies des SS., Ms de Sorb.,
no 58, col. I.)
abé, avoir ; abets, avez ; aben, avons.
(Noël s boiird.)
abeoellé, écrit dans l'ordre alphabétique.
(Ms de 1500.)
abecque, avec
abeie, abbaye.
abeillag'e, abeilag'e, droit que le seigneur
a sur les ruches qui se trouvent dans les bois
de ses vassaux. (Ms de 1580.)
— 4 —
abeit, abbé. (Tit. de St- Vincent de Metz,
1242.)
abelestrier, arbelestrier, arbalétrier.
abequer, donner la becquée ;
Abeque ton espervier d'iing oyselet vif.
(Ms s, fol. 137.)
Vaheque petit et souvent.
abès, abbé.
abescher, donner la becquée.
abesser, abaisser; cela contreval s'ahcsse.
(Mss du Roy, no 7.218, fol. 185); parlant
d'une chandelle :
Tant ni sauroit on flambe prendre
Que ja abtssasl sa clarté.
{Ibid., fol. 104.)
Kn pleurant vers ens <,'abtssmt.
(G. GtiART, Trà.)
abesson, .subst., champignon.
abesti, liébété.
abet, ruse, finesse, subtilité, fraude.
abeursot, bissac.
abeuveter, abeveter, tromper, endor-
mii' p.U' SCS discours.
abevré, abreuvé. De gent plaine et abcvrcc.
iG. Gui ART.)
abevrer, abreuver.
Convint l'entremes abevrer,
(Mss du Roy, n" 761$, fol. iKS.)
l'oi mesese de soif,
Oncques ne m'abrn'astis.
{Ibid., fol. 145.)
abeyance, succession vacante et en litige ;
le huin ahcyautia.
abfin, ahn, 14 10.
abhominer. Voy. abbominer.
abhorrier, abhorrer. C. Fontaine, 356.)
abieg-ne (bois d'), sapin (Bible, les Juges,
liv. 3, ch. 6.)
abiete, petite abbaye. Mal et vilanie et
pechié tist de tel pucelete rendre en ubicte.
(Chron. du xii»^ s.)
abile, habile.
abileté, habileté.
abilitement [habilement].
abilitey, habileté.
abillemens, habillemens.
abiller, arranger, habiller. Commanda
qu'on lui abilîast ses cheveux. (Apol. de
Valla, 41.)
abilliez, habillez ;
Comme est appareilliez
Et par font abilliez.
(Mss du Roy, n" 7218.)
à bis, à blanc, à la volée ; patois des
environs de Paris. L'un veut qu'on croye à
bis, à blanc.
abisme, 1368, enfer. L'asorbement en
abhnic de Dathan et d'Abiron. (S. du V. P.)
abit, habit. Ms xivc s.
Onis soit que jamais
Crira por nule chose
Q.ue dcsouz simple abil
N'ait mauvaisetc esclose.
(Mss du Roy, n» 7615, I. fol. 64.)
abiter, avoir commerce. Une dame mou-
roil sus bout se Vaspasian ne Vabiloil une
fois. (Pktr.)
abiter, habiter,
cclc, ou Vitté abile
Q.ui contre Dieu me descrite.
(.Mss du Roy, n" 7218, fol. 280.)
abjection, subst., le latin ubjcclio. (Voc.
ui'bi ., v^ \'iLiTAS.) Hstre Vabjection du peuple.
(Règ. ilc S. Bi'u., fol. 56.
ablacté, .idj., sevré du lait de sa mère,
iibhictiiliis. lînfant ublaclc. (Ktg. de S. Ben.,
fol. 47-)
Abladene, pays fertile en blé ; le latin,
bladiiiu doiitms. Roger de Fournival et Pierre
Grognct donnent ce nom à la ville d'Amiens.
ablais, 1345, 1406 [blés, grains]. Les
nblais qui sont sur terre ; poignée d'ablais et
de waras (Tit. de Camon.)
ablanchir, iiJbare. (Voc. de 1497;. Ablan-
CHI, ùindiihitus.
ablandir [caresser, flatter]. (Voc. nebr.,
vo APrLAUDO.)
ablayer, emblaver, semer une terre.
able, habile. Ses gens y furent moult able.
ablocs et soliveures d'une maison, 1400.
[morceaux de bois ou de pierre servant à
affenr.ir.]
ab'-.eg'er [renoncer]. Soy abnéger, (Règ. de
S. Ben.)
5 -■
aboli. Avoir le cœur aboli. (Ms s. d.)
abolissement, aholitio. (Rob. Est.)
abordement , action d'aborder. (Rob.
Est.)
aborner, mettre des bornes. 1372.
abortif, ahortivus. (Ecck's., ch. VI,)
abosmé , ab\-mé de tristesse , abbatu ,
déconcerté.
.... Qui ne donroit cest monde.
Je ne diroie deus, tant par sui abosmc.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 345 v".)
aboufïer, étouffer, ôter la respiration.
about, spécial ahout, hypothèque, assigna-
tion d'une rente sur un héritage particulier.
(Cou t. lie Md^, 161 3).
aboutant, 1378, aboutissant. Ahoutaut
d'un lez au kemin, 1367.
abouté, abboutez, hypothéqué. fTit.
de 1352.)
aboutement, aboutissement.
abouter, aboutir, toucher, être joignant.
Qui tiennent et ahoutem, 1285.
abouts, bouts et côtéz, (Cart. du ch.
d'Am., 1391.)
abouvier, disjoindre le bœuf. (Voc. an t.
nehr., vo Abjugare.)
aboux. Ayant lié le bandeau nommé aboux,
1524. [Joug des bœufs (?)].
Abran, Abraham.
abre (Ms), arbre, arhor. (Voc. nehr.)
abrègement de querelles. [Action d'abré-
ger]. (S. du V. P.)
abreg-ier, 1472, abréger.
abreuvement, 1429.
abrevant, abreuvant. (C. Fontaine, 290.)
abrevé, abrevié, vite, promptement.
Livre abrevié, abrégé.
abrevoment. (Voc. nehr., vo Imbumen-
TUM.y
abreviature. (Voc. ant. nehr., yo Abre-
VIATIO.)
abrier, mettre à l'abri. Ahricr un corps.
abruntir (s'), [s'assombrir en parlant du
jour]. Le jour se abruntira ; (Eiécb., ch.
30.) Les regards se ahnmtirent. (Ecclés.,
ch. 12.)
abruver, 1368, abreuver; a/^rww/- la terre.
(Esdr.) ; abruver a. (Pérégr. de Jériis.)
absanter des chartes, les enlever. (Cal-
met, Pr.)
absconcer (Voc. nehr.), [cacher, receler.]
absconder, 1472, cacher, abscondere ;
absconcha, cacha. (Ev. de S. Jean, ch. VIII ;
Jérém., ch. XXXVI.)
absconsant , abcontant , couchant .
(DipL, 321.)
absconse, cachée, abscondita. Une retraite
absconse. (Cl. de Mons) ; — se couche, cache,
abscondat. (Ps. 106. Voc. du ps.)
absconsée, cachée. (Bible, ps. 30.)
absconsément, adverbe. (Voc. nehr.)
[secrètement, en cachette.]
absconsion, subst., cachette. Muche et
ahsconsion. (Règ. de S. Ben., fol. 42.)
absinoe, absinthe. (Fuchs, Hist. des pi.,
46.)
absoille, absolve. Que Dieu ahsoiUe.
(DipL, 321). L'escommeni vous absole^. (Mss
du Roy, no 6812, fol. 67.)
J'ai tant taillé et tant tolu
James n'en serai absolu.
(Ibid., fol. 86.)
absollir, verbe, décharger, dégager. Un
vigneron ne peut laisser empirier les vignes
sans absollir. (Cart. des Cél. de Metz, 1377.)
absolre, 1430 et 1462, absoudre. (DipL,
321); ABSOULENT, obsolvunt. (Bible, Exode,
ch. 18.)
absolut, adj., absous. (Règ. de S. Ben.,
fol. 19.)
absolute, adj. fém., absolue. Puissance
absolute. (Règ. de S. Ben., 8.)
absorbement, engloutissement. L'absor-
bement en abysme de Dathan et Abiron.
(S. du V. P.) ^
absoute, absolution.
abstinent, sobre. (Voc. de 1497.)
abstiner, verbe, s'abstenir; le latin,
cessare. Soy abstiner de mauvaises paroles.
— 6
(Règ. de S. Ben., fol. 46); abstinent, abs-
tiennent. (PÉiR., p. 3.1 Que je me ahstieigue
de niaulx. (Chasse de G. Phebus, 398.)
abstring-e, 1583, est astrino;cante. Plante
astringe. (Fuchs, Hist. des pi., 36.)
abundantement (abondamment]. (Voc.
du ps.)
abundanter. [Donner en abondance.]
(Voc. du ps.)
abusement, /nislnUio, hidificatio. (Rob.
Est.)
abuser, amuser. Soy abuser au pillage.
(Le Jouvence], Ms 125, fol. 69.)
abuseur, impostor. (Rob. Hst.)
abusion, abus, ahusio. 'l'it. de i 329, 1472.
Ps. 30.)
abutant, aboutissant, 1479. l^^'P^-» S^i.)
abutter, abonner un droit, un péage à
une somme fixe. (Dipl., 321.)
abuvrer, abreuver ;
dois mener iihuvrcr
l.cs cliiens qui eu auront lucstier.
(,Mss ilu Roy. u" 761 >. II. fol. i6; )
abyle, habile. (Lellies de He.\k\ IV.)
Ahyle homme.
abylemans, habits. (L'/Z/citA' Henry IV.)
abysme, trere del par font ahysnie. (Mss
du Roy, n" 7218, fol. 94.)
acacher, 1455, ^'hasser [receler].
açaindre, environné; açaiul, environné.
açainte, coin, lieu retiré.
acairons, acquérons. (Pr., II, 495.
acaner, insulter i^Pic).
acat, 1203, 1330, achat.
acater, 1209, 1374, accater, acheter.
(Hist. d'/hu. par le P. Daire, II, 401,
titre de 1382); accalent, achètent (Ih.) ;
accatée, achetée (Ih.)
acateur, 1209, 1400, acheteur; quelques-
uns dérivent ce mot de T italien cattare et
acattare.
acathe, agathe, pierre. (Bible, Exode,
ch. 28.)
acatour, acheteur. (DipL, 321.)
açazin, en picard, assassin.
açaziner, assassiner.
Accard, 1423, nom de baptême.
accat, 14 10, achat.
accateres, 1209, acheteur.
accéder, verbe, venir, approcher. Accéder
à la leçon, venir Tentendre. (Règ. de S. Ben.,
\'o\. 108, col. 2.)
accediakre, archidiacre. (Dipl., 321.)
accenser, prendre à cens ; accensistnes,
nous prîmes à cens. (Dipl., 321.)
acceptable , écuelle d'argent chez, les
Hébreux. Bible, les Noiubr., ch. VIII); —
applicable. (Voc. de 1497 ; — temps accep-
t.ible, iicceptahile. (Peregr. de Je'nts.)
accepteur de personnes (nostre), accepter.
(I:v. de S. Luc, ch. XX ; Bible anc, Isaïe,
ch. XI.II. [Celui qui fait acception de].
accès, bulles d'accès, qui permettent d'en-
trer en possession d'un bénéfice, 1541. (Dipl.,
321.)
accide, paresse. Ms.
accidentai, aile, ad., accidentel ; acci-
deiitalle propriété. (Règ. de S. Ben., fol. 23,
col. 2. Cause foraine et accidentalle. (S. du
V. P.)
accidentalement. 'Voc. nebr., v» Fata-
LITER.)
accidieux, adj., paresseux. (Règ. de S.
Ben., fol. 118, col. 4.
accointanoe de meschine ; en 1368, il
signihoit accueil ; accointance de fol ne vaut
rien ; le latin, conimercium.
accointé, atïidé, uni. (Dipl., 321.)
accointement, accointance, concilialio.
(RoB. Hst.)
accoiser, apaiser ; accoiser sa furie. (La
MoRLiÈRE, Hist. d'Ani.) Orage accoisé ; —
tranquilliser, sedare. (Rob. Est.) ; accise,
sedatus.
accollée, amplexus. RoB. Est.)
accombler, accumuler. Adcomhler et
adjouster otienses sur offenses. (Mêm. de du
Bellay^ liv. 9, fol. 280.
accompag'neinent, association, admis-
sion à partage d'un tict, d'une seigneurie.
(Dipl., 521.^
accompag'ner, associer, yaccouipagnc un
tel dans ma seigneurie, c'est-à-dire je me
tais accompagner. (Roussel, Hist. de Verdun,
tit. de 125 1 et 1389.)
accompaig'ner (se), verbe, se joindre en
compagnie, s'accoster de quelqu'un.
accompaig'nyes, acompagnéez,
. . . quelles soient accompaignyes
Honnestenient de leurs maisnyes.
(G. DE LA BlGNE, fol. I32.)
accomparag'er, comparare. (Rob. Est.)
accomparag'ié, associé.
accon, peut-être espèce de poisson nommé
ocon à Metz. (Pr., II, 444.)
accons, comptes. Les accons de Pâques.
acconsuivre aucun cheminant, atteindre,
assequi. (Rob. Est.)
acconter [compter, estimer].
accordable (Voix), consona. Bible, Paralip. ,
liv. II, ch. 20.)
accordablement, ensemble.
accordailles, desponsatio. (Rob. Est.)
accordance, convenientia. (Rob. Est.),
subst. Musiques et accordances. (Bible sans
date). Accordance de voix. (Règ. de S. Ben.,
fol. 116, col. 2), [accord, harmonie, concert].
(PÉTR., p. 6.)
Lor chant est torné par niance
En dévalant sans accordance.
(Ms 6812, fol. 76, col. 2.)
accordant, être d'accord. Etre accordant
avec quelqu'un (Bible, ép. aux Philip., ch. 2.)
accordée, desponsa puella. (Rob. Est.)
accordéement (Chanter), [chanter d'ac-
cord]. (Voc. de 1497.)
accors. Chans de divers accors. (G, de la
BiGNE, fol. 134.)
accort, concordat, arrangement.
nos sons en juise
Par Vacort et par la devise.
(Mss du Roy, n" 7615, 1, fol. 67, col. 2.)
accortise [finesse].
accouffeter, en picard, couvrir.
accourber, incurvare. (Rob. Est.)
accourcée, accourcer, breviare. (Rob.
Est.), accourcie. La longue (lance) seroit non
pas accourcée selon la triscourte. (La Jaille,
Du champ de bataille, fol. 50 vo.)
accourir, verbe, venir vite ; agitèrent,
accourent.
Vers la chaucie aquevreni
aucuns d'eus ....
accourchir, en picard, raccourcir.
accourder (s'), verbe, s'accorder ; s'ac-
courdent, s'accordent. (Cart. des Cél. de
Meti, 1420.J
accourement et assemblement de gens,
concursio. (Rob. Est.)
accoustré [équipé, arrangé]. Furent en
ce point accoustrés. (Pr., II, 128.)
accoustrement, omatus. (Rob. Est.)
Accoustrenient [préparation], subst., accou-
strement de terre, labour, défrichement. (Règ.
de S. Ben., fol. 103, col. 2.)
accoustrer [équiper, préparer, vêtir].
Quand il se faut au clair soleil monstrer,
Ne se peut tant couvrir et accoustrer.
(Marg. de Navarre.)
accoustumance, accoutumance, en
Champagne, subst., coutume. VtrxQxst accous-
tumance. (Règ. de S. Ben., fol. 82, col.) ; à
V accoutumance , à l'ordinaire. Consuetudo. (Rob.
Est.)
accoustumeement, consuetum, d'ordi-
naire. (Ms et Voc. de 1497.)
accoustumement, coutume, usage.
(Voc. nebr., vo Usitatio. )
accouter, verbe, écouter ; accoutant,
audiens. (Règ. de S. Ben., fol. 7.) — s' accouter,
s'appuyer du coude.
accouveter, couvrir. Voy. accouefeter.
accravanté, fatigué. Accravaté de maie
mort. (S. du V. P.) Cité subvertie et accra-
vantée. (Ronsard. 1
accressence, acroissance, augmenta-
tion. (Pr., II, 496.) Nature, substance, acrois-
sance et deffaut. (Modus et racio, Ms, fol. 318.^
— 8
accreus (se faire), envahir.
A l'enfant Artus de Bretaini,nie
A qui si fort pais nieschai,
lùigleterre lors eschai,
Mas Richart s'en fist accreus.
Anf^lois durement peureus
De son correuz le coronnerent
Et le royaume 11 donnèrent.
(G. Gliaut. fol. 29.)
accroire de l'argent, crcdcre pecuniam.
(ROB. l-ST.)
accroischement, accroissement.
accroissance. (Pi., II, 489.^
accroisseur, accroisseresse, aiutor.
(Foc. de 1497.)
accumulation, f Voc. uchr., \^ Pleo-
NASMUS.
accusant [qui accuse]. Confession accu-
smitc. (Pc)c^r. de Jâm.)
accusement, accusation. (Bible, lisdr.,
liv. II, ch. 5.)
accuseres, accusaire, accuseur,
1209. {l'oc. de J. MoLKAND, 1497 , celui qui
accuse; accusator , accusatoirh. (Pt\,
11,5 39-)
accuseresse, accusât rix. (Voc'. de 1497.)
accustumé, i>85, accoutumé. /Dipl.,
322.)
acé tabulé, terme de piiarmacie, dix-liuit
dragmes. (Fuchs, Hist. des pi. , 22.)
acelée, en cachette, secrètement.
acener, joindre, placer, adresser juste.
(Vov. assf.xkr. *
acensement de maison, bail à cens.
(Cartul. de Fristorf.)
acerbe [aigre, revêche]. (J'oc. uchr., vo
HORRIBILIS.)
acerbité d'une plante, acerhitas, 1583, ou
astriction, aigreur. (Fuchs, Hist. des pi., 1 17.)
Acerbité, subst. ; acerhite du feu (Règ. de
S. Ben., fol. 55.)
Acere en Champagne, Auxerre. (Voc. tiehr.)
acertené, 1453, adj., certain, sur, certifié.
(Chroii. de S. Champier.)
acertenement, affirmatio. (Rob. Est.)
acertener , adcertenir , affirmarer .
(Rob. Est.) — (DipL, 321), verbe, certifier,
assurer. (Règ. de S. Ben., fol. 61, col. 2.)
Seurement acertené, pléonasme. (Le Joirvencel,
Ms 152.)
acesivé, mandé, du verbe accedere.
acesmée, ajustée. Rôle... gentement
acesniée. (Chroii. du xiii^-' s., Mss Bouh.,
fol. 244.)
acesmement, parure. Croistre ses aces-
nieineiis. (Mss du Rov, ni^72i8, fol. 224 vo,
col. 2.) '
acesmer, parer, orner, ajuster.
D.imoisellc je vos dis bien
Il vous convient acesmer.
CMss du Roy. n^' 761,, II, fol. 184. v". c. i.)
acesmes, t)rnemens, parures.
aceul (l'emme d'), peut-être du monde.
(Heures de Metz.)
achater [acheter].
AchiliUt, achètent. (Cart. des Cél. de Metz,
1142.
Diex... por nous de mort racli.iter
Vont mort souffrir et achaler.
(.Ms 72i«, fol. 22s, col. I.)
Achalast. (Ib., fol. 342 vo, col. 2.)
Achate. (Ib., fol. 166 vo, col. i.)
Achaté [acheté].
Qui les ventes ont achau'
V perdirent . . .
(.Ms 6812, fol. 82, col. I.)
Aclmtissiei.
S'il vous plest, si VaclMlissle^.
(Ms 7218, fol. 555 V", col. I.)
acherné, acharné.
achet, eniplio. (Rob. Est.)
acheteresse, acheteuse.
achetiver, captivare, calamitare, rendre
misérable. Voc. de I497-)
achèvement, consummatio. 'Rob. Est.),
confectio.
achevie, achevée. (Pr., II, 153.)
achier, 1428, acier.
achiez [hachés.]
Les dents seront achie^, obstupescent , en
mangeant de facide. (Eccîe's., chap. 30. Je'ré-
niie, ch. 31.)
Achille t, 1531, surnom.
achir iS'), terme pitard et normand,
s'asseoir. Y (les Polonois) s'achicent ainchin
comme des cousturiers. (Muse norm.)
— 9
achoise, occasio. (Rob. Est.)
Achoiser, apaiser, tranquilliser.
achoison, subst., occasion, cause. (]oh,
ch. 57.)
Mestrie aiir;i et achoison
De jalousie a tozjors mes.
(Ms 7218, fol. 266, col. I.)
Achoisonner , 1250, occasionner. (Diph,
322.)
achoper, accoster.
achoquiez, le latin consHpati. (Machah.,
liv. I, ch. 6.)
achue,
A Dieu servir fut bien achue. (Ms).
achunes, aucunes. (DipL, 322.)
aci, icy. (No'éls hourd., 1680.)
acidie, paresse, accidia.
acidieux, euse, paresseux.
aclarcir,purifier.('^Foc.NEBR.,voDELiQ.uo.)
acliner, se baisser, saluer, se prosterner.
acoier, apaiser.
acoinsict, poursuivi. (DipL, 322.)
acointance, subst., alliance, commerce.
Jolis et amans par amors
Serez et de bêle acointance.
(Ms 7218, fol. 260, col. 2.)
acointement, fréquentation.
acointer, verbe, se lier, se joindre, fré-
quenter.
Contrise qui d'orgoil s'acoinse.
(Ms 7615, II, fol. 190, col. I.)
acointes, compagne, lié d'amitié, familier.
Contrise... qui trébuche touz ses acoiutcs
Portoit armes merveilles cointes.
(Ms 7615, II, fol. 190, col. I.)
acointier [approcher, aborder].
Acointier et honnourer. (Voc. de 1497.)
Et se te vues bien acointier
Qii'à valles fasces retorner
Ton serf. . .
(Mss du Roy, n" 7615, II, fol. 167 v", col. i.)
acoisir [apaiser, calmer, adoucir.]
acolée (Donner 1'). Voc. de 1497. [Em-
brassement, accolade.]
acoler, embrasser.
Coucher, baiser et acoler.
(Gage de la Bigne, Ms, fol. $4 v°.)
Li rois a celui acolc.
(Ms 7996, p. 96.)
acolets,
Descendre aux acolets des femmes. (Bible,
Ex., ch. I.)
acollers, accolades. (Bible, Toh., ch. 13.)
acolorcir, colorer. (Tit. des cons. de
Metz, 145 1).
acompaig;ner [accompagner.]
Si le dois tu amer que t'amie amera,
Saluer ses voisines qu'ele aconipaignera.
(Ms 7615, II, fol. 179, col. I.)
Mieux vaut être seul que mal accompaignié.
(Prov.)
acomparag-er, accomparag-é, acom-
paré, comparer, comparé. (Bible, Joh,
ch. 28 ; DipL, 322.)
acomplisment [accomplissement.] (Bible,
Joh, ch. 13.)
acompter, 1368, tenir compte de quelque
chose.
aconter, verbe, raconter ;
Il en mourut à deshonor
Si com racontent li plusor.
(Mss du Roy, n" 2718, fol. 105, col. i.)
Hemars... m'auroie ore tôt aconté.
(Ibid., no 7615, I", fol. 117, col. i.)
Ce nous aconte l'Escripture.
(Ib., n» 7218, fol. 5, col. 2.)
.... rimoyer et aconter
Un conte.
(Ib., fol. 152, col. I.)
acorder [conformer.]
C'est bien droit, je mi acort.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 207, col. i.)
acorchier, écorcher.
acorer, faire mourir, arracher le cœur,
les entrailles.
Imprécation :
Maie mort x'acore !
(Ms 7218, fol. 235 V, col. I.)
acorir, courir.
... La vielle vint accorant.
(Mss du Roy, n» 7989, II, fol. 239 v°, col. i.)
acort [résolution, avis, ruse, prudence.]
Chevaliers apareilla
Moult noblement acort ala
A son seigneur. . .
(Mss du Roy, n" 7615, II, fol. 176, col. 2.)
Famés acors.
(Ib., fol. 140, col. 1 )
acoster, atteindre, joindre, frapper.
I.
— 10 —
acouardi, acouherdi [rendre lâche,
couard. J
qui de prendre n'est liardiz
De doncr est acouherdi^.
(Mss du Roy, n" 7615, II, fol. 149 v-o, col. 2.)
Fortune les hardis et hautains favorise
Et des acouardis devance l'entreprise.
(G. BouviN.)
acouardir. (Bible, Deiitcr., ch. 19), par
leur couardise faire leur frère acouardir, être
poltron, lâche, paresseux, abattu, lent, las.
acoucher, se mettre au lit malade, être
alité, tomber malade.
Rebrouchions vers se dame qui en peu se acoultia.
(Romance de 1 500.)
acoudre, joindre.
acouherdi. Vo\ . acouardi.
acouker, (pic.) [accoucher.)
acoulaistre, 15 17, écolâtre, k'hoJaster [in
latin. (Dipl., 522.)
acoupler, joindre. Acoupahlc, per jou
com un beuf. Jm^abilis. (Voc. de 1497.)
acourcer. (Toc. Nebr., vo Curto.)
acourcier, accourcir. (Voc. Nehr., vo
MuTiLO), raccourcir.
Pour leurs vcstcmcns iiiourrirr.
(G. Gti.KRT, fol. 118 V».)
acourer, arracher les entrailles, le ccvur.
acoursement. (Voc. Nebr., v^^ Dkcur-
TATIO.)
acourser , diminuer, (l'oc. Xebr., vo
Decurto. '
acourther, 141 2, accoter. Acoiirther un
mur. (DipJ., 322.)
acouser, joindre. (Dipl., 522.)
acoustement, cubation. (Voc. Xebr., vo
IXCUBATIO. I
acoustent, 141 2, acotant. (Dipl., 322.)
acouster (s ) à Toreille, accedere ad aureiii.
(RoB. Est.)
acoustrement, parure.
Femmes font chemises, acousiremens.
(P. Grognet. — Romance de 1300.)
acoustrer, 1300, parer, orner; acoustré,
le latin stratus. (Ev. de S. Luc, ch. 22.)
Acoustré la table : orna inensani. (Ecclés.,
ch. 2q) ; acoustrant ; tricens. (Ih., ch. 30):
acoustroit sa perruque. (Pétr., p. 24); acoustré,
ornatus. (Ron. Est.
acoustumée [accoutumée.]
Car n'estoit pas de celé litière acoustumée.
(l'ies des SS. Mss de Sorh., n° 27, col. 18.)
acoustumement [coutumiérement, ordi-
nairement], adv. (J\n\ Xebr., vo Insolito.)
acouie,C:comc.( Par lie de chasse d'Henri IV.)
Aconter ipic), écouter.
Acoutcr (S') [s'accouder.]
Q.iiant il s'accula sur son pis.
(lipitres farcies)
acoutrer (Voc. Nkrr., vo Orno.)
accoutumenche , accoutumance [rede-
vance due p.ir coutume,]
acouveté [couvert.]
Et quant il l'ost acouveté',
(.Mss du Roy, n>» 7218, fol. 15 v", col. 2.)
acquaister, 1377, saisir, arrêter. (Dipl.,
322.)
acquaisterie , sergcnterie , office de
messier, bangard, (Dipl., 322.)
acquaistour, sergent, bangard.
acquarer, verbe, équarir. Acquarer du
bois. (Chron. de Xic. DE Lut., 34.)
Acquarroient. (Ih.)
acquast, acquaste, achat, acquisition.
(Chron. de Nie. de Lut., fol. 95.)
Aquastor, verbe, acheter, acquérir.
Acquast i mes, acquîmes, achetâmes. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol 96,)
acquerre, 1 290, acquérir, acquirere. (Voc.
de I497-)
Acquéru, acquis. (Esdr., liv. IV, ch. 5.)
acquest, profit, lucre. En grand fardeau
n'est pas Xacquesl. (Prov. ;
acquestance, acquisition. (Ms de 1300.)
Les biens qui sont venus de maie acqueste se
perdent légèrement. (Prov.)
acqueste, 1450 (Bible, Baruch, ch. 2.)
[acquêt, acquisition, — cruche.]
acquester, acquérir.
Acquestassent. (Voc. de 1497), acquis-
sent.
Acquesteit, acquit, acheté en messin. (Chron.,
de Nie. DE Lut., 50.}
II
Acqiiesteroit mérite ; — acquestc. (Pcr. de
J t'y us.)
Acqacril, acquit. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 55-)
Cv gist François qui vivant acquesla.
(Gii-LK d'Aurigny.)
acqueter [acqucrir.] (Hist. d'Ani., II,
405, titre de 1392.)
acqueurir, accourir.
acquicter [remplir un devoir, s'acquitter.]
.... si viens supplye
Qiie vous vueillez acquicter
D'une aventure réciter.
(Gage de la Bignk, fol. 46.)
acquieremens, 1209, acquisitions, con-
quis i ta.
acquieule, acueille, amasse. (DuFouil-
Loux, Vèn., fol. 107.)
(Le blereau) est la beste du monde qui
plus acquieule gresse. (Chasse de G. Phebus,
Ms, 80.)
acquise, subst., acquisition. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 48 et 128) ; confiscation
en 1488. (DipL, 322.)
acquisitif, lucratif. (Voc. de 1497.)
acquittance, subst., acquisition. (Cart.
des Cél. de Metz, 1440); délaissement, 1325.
(DipL, 322.)
acquittez, acquitez. (P. Daire, Hist.
d'Am., II, 402, tit. de 1382.)
acranté.
Fut acranté un champ à lances. (Pr., II,
130.)
acranter, écrire. (DipL, 322.)
acrapi [retiré, engourdi.]
Li fu si la langue acrnpie
Et la gorge si escaudée ....
Kil ne pot ne racier n'enduire.
(Mss du Roy, n° 7989^, fol. 45 v°, col. 2.)
acravanter [abattre, renverser, écraser,
assommer, tailler en pièces, se jeter par terre.]
Mors... qui les richesses desmier...
Et les plus puissans airavanter.
(Mss du Roy, n° 7615, t. I, fol. 102, col. 2 )
Acravanté de maie mort, 1368.
Sodome et Gomorrhe pour leurs péchez
acravanté^. (Voc. de 1497.)
acre, adj., homme acre et bien de son
opinion. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 59.)
acreanter, verbe, promettre. (Mss du
Roy, no 7615, Je, fol. 102, col. 2.)
acreanle
Q.u'averer lui fera ses dis.
(Mss du Roy, n» 7218, fol. 78 v", col. i.)
acreppenier, escrappenier, profes-
sion. (Tit. des Cons. de Metz,. 145 1.)
acrestre, accroître. (Pr., II, 496.)
acrimonie, 1583.
Acrimonie poignant. (Fuchs, Hist. des pL,
19.)
acro d'habit, déchirure.
acrochans, courbe et acrochants, en forme
de crochet. (Pérégr. de Jérus.)
acrochier, 1368, accrocher. (S. du V. P.)
acrochordonnes. (Verrues dites), 1583.
(Fuchs, Hist. des pL, 16.)
acroire, prêter. (DipL, 322.)
acroiter, croître. (Pr., II, 521.)
Qui bien paie, bien acroist.
(Mss n° 6812, fol, 68, col. 3.)
Acroisant et augmentant. (Cart. des Cél.
de Metz, 1448.)
acrombir, incurvare.
Acromhis leurs dos. Incurva. (Ep. aux
Ronu, ch. II.)
acroupi, tapi, blotti.
actaindre, 1506, obtenir. (DipL, 322.)
actempré, tempéré. Ms.
actempter, 1460, entreprendre, actem-
perare en latin. (DipL, 522.)
actend, 1439, délai. (DipL, 322.)
acteur, acteur, 1401, 1413, deman-
deur. (DipL, 322.)
Auteur d'un livre, 1368. (S. du V. P.) ; —
(ApoL de Valla, i.)
Auteur, celui qui intente procez. (S. du V. P.)
acteux, acteur. [Pic]
actif, 1560, transactions, appointemens.
(DipL, 322.)
actillement, activité à poursuivre les
délinquans ; découverte en fait de contraven-
tions. (DipL, 322.)
actractives (Choses), attrayantes. (S.
du V. P.)
— 12 —
actraians, 1368, attrayans.
actrinant, s'cfforçant à bien faire, exci-
tant, 1368.
a cru, à pied. Marclier a cru vers Paris.
acuir, aiguiser. (Foc. Nebr., vo Exacuo.)
acuit, acquitte, tienne quitte.
acuité de l'ognon, 1583. (Fuchs, Hist.
(les pL, 90.)
acuiterer, payer.
Rice a tor oi cl palefroi
Sous ciel n'avoit si rice roi
Que tôt le peust acuiterer
Sans terre vendre ou engager.
(Mss du Roy, n" 7989', fol. $9 v", col. 2.)
acusson, subst., écusson. (Cbron. de Nie.
DE Lut., 21.)
ad-a, pour. Donner pouvoir cii} ce, pour
cela, 14 10.
adaier, toucher du doigt.
l.imicrcs faintis l<i on abecke et aAaie,
(Pocs. du Vatican, 1490, fol. 58.)
adaing-nier, adaig-ner, verbe, rece-
voir dignement, avec complaisance, regarder
comme digne, aimer.
.... fêtes ausi fetement
Comme ains list de sa moillicr
Q.ui aine ne le vont adainguier.
(Mss du Roy. n» 7218, fol. 51, col. 2.)
Adans, Adam.
Pris est Jiliim. (Cliron. du xiii^' s., Mss.
Bouch., loi. 280 vo, col. 2.)
adanter [tomber, renverser, mordre,
attacher. )
Maint homme a à terre adank.
(G. GtlART, fol. :î2 V*.)
adaptation, subst., [action d'adapter.]
Prudente adaptation de la médc'cine à l'in-
disposition. (Règ. de S. Ben., fol. 79, col. 2.)
adapte, propre à quelque chose. 1585.
Fuchs, Hist. des pi., 257.)
adauction. (Voc. Nebr., voIntentio.)
adayer, irriter, harceler. Irritare. (NicoD.)
adayeur [qui harcèle, qui tourmente.] Un
plaideur adayeur.
adcertené. Voy. acertené.
adcort, subst., accord. (Ph. de Vi-
GXHULLE.)
addes, toujours.
Addes seit le mortier les aulx ; on se sent
toujours de son origine. (Prov.) (Cbron. de
Nie. DE Lut., fol. 54.)
additionner, ajouter de nouvelles défenses
ou preuves à un procez appointé, 1608. (DipL,
322.)
addoubeur de mauvaises causes, concin-
nator causaruni. (RoB. Est.)
addoulcir, lenire. (Rob. Est.)
addoulcissement, lenimentum. (Rob.
Est.)
Ade, nom de baptême, 1293.
adé, le picard dit adèz, adieu.
.... bon ser, aàf, adè vous dis.
(Du Fowiii.oux, Vèn., fol. 90.)
adeiz, 1336, déjà. (DipJ., 322.)
adelié, rendu délié, (l'jc. Nebr., vo Sub-
TILIO.)
adeJier [rendre mince.]
Adelia en file/.. Hxtenuavit in fila. 1 Bible de
1 5 30, Lèvit., ch. I .)
ademneur, trompeur. (S. du V. P.)
ademplir, accomplir, 1395, ad iniplerc.
ademption, subst. (Kèg. de S. Ben., fol. 37,
col. }.
adenc, 1250, à présent ; le latin, nunc,
alors. (DipL, 322.)
adenerer [convertir en deniers, aliéner,
vendre par adjudication], œderare. (Rob. Est.]
Vendu et adeneré, 1352.
Adenet, Adenot, surnom, 1402.
adenierer, vendre à deniers, 1393.
adens, le visage contre terre, prosterné.
ad3nte [sur la face, à plat ventre, la face
contre terre, sur les dents.]
En la plaça tout adettte le jor.
(Mss du Roy, n* 761$, II, fol. 192 v', col. i.)
ad3nter, renverser le visage parterre, faire
mordre la poussière, se prosterner, abaisser.
(.Mort) qui les riches sez desmier
Qui les levez en haut adeniés.
(.Mss du Roy, no 7615, I'-'', fol. 102 v", col. 2.)
adeption, subst. [acquisition, obtention,
action d'acquérir.]
Adeption du Rovaume céleste. (Règ. de S.
Ben., fol. 47, col. 3.;
adss, adv., aussitôt, ores, maintenant.
To:it ades, tout aussitôt. (Cbron. de Nie.
DE Lut., fol. 34.)
13 —
Depuis longtemps. (Cart. des Cél. de Metz.
1412.)
Toujours. (Pr., II, 1408, 192.)
adeser, s'attacher, se joindre.
adesoure, au-dessous. (Dipl., 322.)
Adet, 1428, surnom.
adevancer [devancer, aller au-devant,
prévenir]. (Foc. Nebr., v» Prevenio.)
adevinal, énigme.
adeviner (un), subst., enigma, probleiiia.
(Les Juges, liv. I, ch. 13.)
Adeviner, deviner, propositioiiein solvcre.
(Les Juges, ch. 13. 1
Comme il songe et adeuine.
(Mss du Roi, n° 7210, fol. 123, col. i.)
Adevinent ,vaticimantur . (Livre de la Sapience,
ch. 14.)
Adevinant, vaticinans. (Esd., liv. II, ch. 6.)
adevise, subst., écrit, convention, à
volonté, à son gré. (S. du V. P.)
adextre, adroit.
adfin, afin. (S. du V, P.)
adhérence (faire) à mort, 1410, mourir.
adheriteroit, hcreditaret. (Ecoles., ch. 44),
rendroit maîtres.
adheserant, ante, adj., adhérant. (Rég.
de S. Ben., fol. 30, col. 3.)
adhiber, verbe ; adhiher crédit à quelqu'un,
croire, adhiher fidem.
Adhiber quelqu'un en témoignage. (Règ. de
S. Ben., fol. 143, col. 3.)
Adhiher une médecine. (Ihid., fol. 146,
col. 4.)
adhireter, 1400 [faire héritier, mettre en
possession, investir ; t. de jurispr.]
adhortations [exhortations.] (Règ. de S.
Ben., fol. 52 vo.)
adhuqué, adequé, 1568, joint.
Chanoines a^i'(/i/<j:{, qui reçoivent les censives
d'une seigneurie par adsequation, également,
adxquati. (Charte du ch. d'Am., layette de
Camon.)
adigner, dignari. (Voc. ]. Mour.)
adimable, zom^oûiQux adimahle, 1353.
adimpletion, 1472, subst., accomplisse-
ment.
Adinipletion de la règle. (Règ. de S. Ben.,
fol. 3, col. 4, fol. 43, col. I.)
adineurer, verbe, empirer.
Adineuré, empiré. (Cart. du ch. d'Amiens,
1391.)
adinventions, adinventiones. (Voc. du Ps.)
[mensonge, calomnie.]
adious, adieux.
Biiefs adious feist montant son palefroy.)
(Romance de 1300.)
adiré, égaré. (Dipl., 322. La Morlière,
Mis t. d'Am.)
adiuels, ayeul. (Cart. des Cél. de Metz,
1448.)
adjacences, joignans, aboutissans, dépen-
dans. (Dipl., 322.)
adjancement, concinnitas. (Rob. Est.)
adjancer, decorare. (Rob. Est.), adjancé,
conimodus, aptus. (Ih.)
adjection, additio. (Rob. Est.)
adjoig'nant [joignant], aboutant et adjoi-
gnant d'un lez au kemin, 1367.
adjoindre, verbe, ajouter. (Pr., 11,629;
Ep. aux Ephes., ch. 5.)
Adjointemes, ajoutâmes. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 60.)
adjointer, ajouter. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 61.)
Adjoinstey, ajouté. (Ih., fol. 82.)
Adjoindront, joindront. (Cosm. d'Apian de
1553,25.)
adjorneir, verbe, ajourner. (Cart. des
Cél. de Metz, 1412.)
Adjoruay, 1407, ajourné. (Dipl., 322.)
adjourner, ajourner.
Nous te mandons que tu adjourne certain
et compétant jour. (Procès de Jacq.. Cuer,
Ms 206.)
adjoutance, appositio. (Voc. J. Mour.)
adjouster, ajouter. (Mém., du Bellay,
liv. IX, fol. 280.)
Se adjousteront, joigneront. (S. du V. P.)
adjousteurs [celui qui ajoute.]
— 14 —
Conseilleurs et adjottslciirs d'aucun méfiait.
(Rci:^. de. S. Ben., ibl. 80, col. 3.
adjug'ié, adjugé, 1377.
adjurateur, exorcista. (Voc. de J.
MOUR.)
adjuration, cxorcisnins. (Voc. de J.
MouR.)
adjurer, verbe, conjurer, adjitnirc.
Y adjure. (L'esprit de J.-J. Rousseau, 395.)
adjureur, exorciste. (Ait. des Apôt.,
ch. 19.)
adjuteur, adjutor. (Voc. du Ps.), aide ;
coadjuteur. (Ih., fol. 87, col. 4.)
adjutoire, user de adjutoirc. (Act. des
Apôt., ch. 27.)
adjutorium (aide, secours.] Des ragoûts,
des adjutoriunis.
admaint (il), amène.
admaller, appeler en justice. (Dipl., 522.)
admanris, 132), amoindri, diminué,
(Dipl., 322.)
admener, amener, 1387. (Pr., II, 670.)
admenuisier, 1 524, diminuer, rendre
menu.
admiablement, adv. [d'une manière
aimable.]
Admiablenieul procéder. Cart. des Cél. de
Metz, 1482.)
adminieule de fraude, moderne.
administrataire, adj., ministre.
Adniiiiistratuircs esperits : admitiistratorii
spiritus. (Kès^. de S. Ben., fol. 48, col. 2.)
administration ou communion d'office.
(Le Jouvence], Ms, 27.)
admiralité, 1500, amirauté.
administrement, ministère. (Bible de
1530.
admira tive chose), admirable. (Fac. de
POGE, 36.)
admiri, admire. (Xoël bourd.)
admodiateur [fermier.]
admodier, verbe, louer.
Admodier un bien. (Cart. des Cél. de Metz,
1488 et 152$.)
admoisonne [afferme.] (Pr., II, 661.)
admonestemens, ;//o///7(7,avertissemens,
(Parai ip., liv. I, chap. 2.)
admortissement [amortissement.] [Pr.,
II, 663.)
admouzanier, admoissonner, affermer.
(Dipl , 322.)
admouzenour, fermier. (Dipl., 522.)
adnichillées, 1434, anéanties. fD/^)/., 322.)
adnihiller, annuler. (S. du V. P.)
adnullé, ée, ad., annihilé.
adobement, adoubement. f/V.NEBR..
V" Hmpl.\stratio.)
Adohement de gomme. (Ih., v" Gumitio),
oignement. (Ih.. v» Cukatuka.
adolescentes, jeunes filles. (l:p., ch. 2.)
adommagier. (P'oc. Nehr., vo L.tDO.)
adonc, 1454, en conséquence.
adoncq. [Cj. de la Bignk, 136, vo.)
adonk, alors.
Sen esclavaige adonk comenchia li estre
rende. (Roui, de 1300.)
adonques (G. Guiart, 276 v". Voc. J.
.\IouR.), alors, dans le temps, désormais, à
l'avenir.
Si gr.ind soit' adoncquts nie pri^i.
(.Mss du Roy. n" 7218, fol. 258 v», col, 2.)
Adonc faillirent li proudom. (Chron. de Nie.
DE Lut., fol. 2.;
Ce mot a été réformé vers 1645. (GoujET,
Bibl. franc., XVI, fol. 46 et 47.)
adorder, assoupir. Pic.)
adoreur des ydolcs, adorateur. (Voc. J.
Mou R AND.)
adorissiez, adoretis. (Deuter., ch. 4.)
adornation, subst., décoration.
Adornation du temple de Dieu. (Règ. de S.
Ben., fol. 124, col. 3.)
adorné, ée, ad., orné, le latin adornatus.
(Règ. de S. Ben., fol. 53, col. 3.J
adorner, orner. (Voc. Xebr., vo Venusto.)
adouber, aiguiser, parer, ajuster, armer,
arranger, habiller, préparer, orner.
adoucer, caresser, tranquilliser.
— 15 —
adoucher, adosser.
adouchir, adoucir. (Pic.)
.... le petit pain d'épice
Que je li donnis hier Vadoitchini.
(Musc uorm.)
Adouci. Des lapins adoucis dans Teau.
(FucHS, Hisl. des pi. , 222.)
adoulcir, adoucir. (Bible de 1530, Ex.,
ch. VII. ^oc. Nebr., vo Mulceo.)
Pour fifJo7</r/r cette pointure. (P. Grognet.)
adouré, adoré. (S. du V. P.)
ad plain, 1377, pleinement.
adras, estimation des dommages et inté-
rêts du rentier. (Coût, de Met^, tit. IV, art. 31.)
Adras, aidras, aidrés, arrérages ou plutôt
amende pour défaut de paiement du cens.
Payer les estaies et adras. (Chron. de Nie.
DE Lut., fol. 49.)
adreçant, dédié, adressé. (S. du V. P.)
adrecé, envoyé.
Adrecé en voye. (Règ. de S: Ben., fol. 156,
col. 2.)
Adrecé, adj., fixé.
Yeux adrece:(. (Règ. de S. Ben., fol. 9, col. 2.)
Adrecer, élever.
Cortoisement le chief adrecé.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 210, col. i.)
Cil qui en amor s'adrece, qui veut aimer.
(Ib., fol. 362 vo, col. 2.)
Adrece:( [dressez.] Tous vos chiens ensemble
adrecei se vous povez. (F. Guerin, Très, de
Vèn., 13.)
adreche, adresse. (Pic.)
Adrecher, adresser, attraper le but, 1265,
1406.
Adrecher [S'), (picard et normand) en vou-
loir à quelqu'un.
Ne s'a'irechirent pas à elle.
(Muse riorm.)
Adrecho» s-nous à la vielle Cibele.
(Ib.)
Adrechié, adressé, 1400.
adrecier, enseigner.
Pour vous au vray adrecier. (F. Guerin,
Très, de Vèn., 10.)
Dieu vous veuille adrecier, donner bon
voyage. (S. du V. P.)
adresce [justice, droit.]
, . , . li bon qui aime proesce
Qui lor bon cuer mettre en Vadresci
De proesce et au droit sentier.
(Fabl, du Roy, n° 7615, II, fol. 164, col. i.)
Adresse l'orloge, régie, conduis, dirige.
(Esd., liv. II, ch! 1er. _ s. du V. P.)
Adresse [droit chemin, guide, voie.)
Prions qu'il ait dedans le ciel adresse, 1429.
Adressé, dirigé. (Paralip., liv. II, ch. 27.)
Adressé, adj. Vices sanez et amélioration
adresse^. (Règ. de S. Ben., fol. 81, col. 3.)
Je m'enquier a nul autre aler
Mes qu'a toy, que dois estre adresse
Qui tous les mes arrans adresse.
(GroKROY DE Paris à la suite du roman de Fauvel,
n" 6812, fol. 50, col. 3.)
adressement [instruction, avis, justice.]
(Esther, ch. VI. Directio. Voc. du Ps. Foc.
Nebr., v" Directio.)
adrestement, 1368. Par le conseil et
adrestement . (S. du V. P.)
adreté une voye. (Ms de 1397), la rendre
droite.
Adriane, mer Adriane, Adriatique. (S.
du V. P.)
adroissé (sera), dirigetur. (Règ. de S. Ben.,
fol. 33, vo.)
adroit, 1501, jugement, sentence. (DipL,
322) ; adroitement.
Enleverés bien et adroit.
(F. Guerin, 49.)
adseurer, assurer.
Uadseurant que il voulist toudis le tenir
chiere. (Rom. de 1300.)
aduele, ayeule. (Chron. de Nic. de Lut.,
fol. 23) ; degré de parenté. (Ib., fol. 25.)
AdueJet, ayeul, degré de parenté d'un
homme. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 26.)
aduler, flatter. (^Foc. Nebr., voEblandior.)
adultérer, aduîterari. (Jérém., ch. 7.
Voc. Nebr., vo MEeHANieus.)
Adulterisant la parole de Dieu. (Bible de
1530.)
adulterie (né d'). (Voc. Nebr.)
aduner, annexer. (Toc. Nebr., voCoMPELO.)
Adunons, annexons. (DipL, 322.)
Contraindre, compellere. (Voc. J. MoUR.)
i6 —
Aihinc, congregé, mêlé. (Voc. Nebr., vo
MiXTUS.)
adurciment, subst., endurcissement.
Son sain (de l'ours) porte médecine contre
goûte et iuhircuiicnt de nerfs. (Ch. de G. Ph.,
Ms, 57.)
adustion ou corruption qui vient de vent.
(Voc. J. MOLRAND.)
Adustion de ter cliault. (Voc. Nkbr., vo
SriGMON.)
advaine, avoine. (Le P. Daiki:, Hist.
d'Aiii., 1, 14, tit. de 1382.)
advancer, verbe, prévenir.
Advancera, le latin, pnrvcuhi. (Rî;^. de S.
Bl'ii., fol. 9, col. I.)
advecher quelqu'un à tenir la foy catho-
lique, 14 |c), l'engager, le convertir.
advene, avoine. (Apol. de V.\ii..\, 27.^
advenement, subst., venue, udvculits.
(Ad. di's Apôt., ch. \'I11 ; AV.^ de S. Ben.,
ibl. 69, col. I.)
Advenement des arondelles. (Pucus, Hist.
des pi., 163.)
advenir, arriver.
L'nj^ luiir qui m'advinl, vous diray.
(G. Dt LA BlliSK, fol. 46.)
Adviendra^ (S. du V. P.)
Advient, arrive. (Pi., 11, l>).)
Advenir, toucher, atteindre, parvenir.
Ainsv dit le renard des mores quand il n'\-
peut advenir.
Avienge, arrive. (Valla, 41.)
Aviengne, adveniat. (Règ. de S. Ben., 39 vo.)
Advindrcnt, arrivèrent.
adventures, 1438, émolumens. (DipL,
322.)
adventureux, jeune.
Gens adventureux, voleurs. (Bible, les Roys,
liv. IV, 135. — Meni. de Rob. de La Mark,
Ms, 109.)
Gens à aventures. (^PoGE, Fac, 105.)
adversaire, contraire.
la prudence
Te servira de secours nécessaire
Contre l'heure adversaire.
(Ronsard.)
Des choses tristes et adxtrsaires,
En temps de joye on se doit taire.
adverse, adj., contraire, le latin adversce.
(Chroii. de Symp. Champ.)
adverser, résister. (Toc. Nebr,, voObsisto,
Rebello.)
advertir, nioncre. (Rob. Est.)
advertissement, monitio. (Rob. Est.)
advestie, terre advestie d'avoine, chargée,
1465.
adveu, aveu. (Rob. Est.)
advienir(ce qui est à), arriver. (S. du V. P.)
Advenu, arrivé, 1209.
Advenist, arriva (Apoî. de Valla, p. 39.)
Advint, arriva (une rencontre avœuk les
niescrovans. (Ib.)
.Adviendra, arrivera.
advis, avis. Rob. Est., opinio.)
advisation, subst., avis.
.■idvisalion laicte, avis donné. (Règ. de S.
Ben , fol. 141, col. 3.
adviséement, consulté. (Rob. Est.)
advisement, subst., avis.
Advisenicnt des déceptions. (Règ. de S. Ben.,
fol. 54, col. 5.1 — Sans advisement, c'est-à-
dire morne. (Rob. Est.)
adviser, verbe, voir.
De fait adviseit exprez. (Chron. de Nie. DE
Lut., fol. 27.)
S'en vinsdrent parier au capitaine, s'ils lui
demandèrent s'il avoit rien advise. (Le Jou-
vencel, Ms, 65.)
11 advise en ces lieux
L'ne chèvre .. .
(La Muse norm.)
— Conseiller.
L'n fol advise bien un sage. [Prov.]
— Avertir, informer.
L.i cil feut advisies que de un fieux estoy père.
(Rom. de 1500.)
advision en dormant [vision, apparition.]
(L'i'it., ch. 13, Visio.)
advocat, avocat, advocatus.
De bon advocat, cault voisin. (Prov.). (P.
Gkognet, Poès., fol. 76.)
advoultrisa, avorta.
Àlathusahel Lameth advoultrisa encontre la
loy de nature. (Bible s. d.)
— 17 —
advouer, confesser.
Je tiens et «(/irm,' à tenir noblement du roy.
(Le P. Daire, Hist. d'Am., h^^, 44, tit. de
1382.)
advoués, protecteurs, avouez, advocatL
(Dipl., 322.)
advualuement, appréciation. (Dipl.,
322.)
ael [aïeul.]
Tiers ael ; le latin ahavus. (Voc. J. MouR.)
.Œlide, nom propre, 1287.
.ffilis, nom propre.
Bele JElis par matin se leva.
(Chron. du xiii« s., Mss Bovjhier, fol. 131 v".)
sellés, ailes, alx, 1433.
aemplir, accomplir, 1325.
a-ente (être), gravé.
Il m'est a-ente, j'ai cela gravé dans le cœur,
je ne peux l'oublier.
Gésir a-ente, être couché près d'une per-
sonne, être pour ainsi dire celé, joint.
aer, l'air. (Voc. Nebr.)
serain, airain. (Lévit., col. i.)
aerdre, attraper (pic), saisir, s'attacher,
se joindre.
H anemis est tout ades embuschiez
S'il nous pooit aerdre, il en seroit moult liez.
(Mss du Roy, n* 7218, fol. 227 v°, col. i.)
Il a.ert, saisit, empoigne, prend.
aerole ou empoule, pulsula. (Rob. Est.)
aes. (Voc. Nebr., v» Tabula), planche.
aesle, aile, ala. (Voc. du Ps.)
aesmer, estimer, le latin xsthnare. (Dipl.,
322.)
aetz, abeilles.
Le roy des aet:(^ n'a esquillon, 15 31, rex
apum caret aculeo.
aeurer, adorer, honorer, prier.
afaitié, parlant d'une bête [apprivoisé].
Si aloit d'un pié sous clochant
Dont il n'estoit prou afaitie\.
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 249, col, i.)
Bien afaitié. (Chron. du xiiie s., Mss Bou-
HiER, fol. 308, col. I.)
— Instruit, poli, ajusté.
afaitier, afïaitier, afaiter, parer, arran-
ger, instruire, donner de l'éducation, disposer
les vins, 1361.
afaitoison [dresser, apprivoiser.]
faucon ma rage
Qui est de dur afailoisou.
(Mss du Roy, n" 7615, II, fol. 13 v", col. 2.)
afautrer, harnacher.
afébliad, a été affaiblie.
afebloie, 1270, affaiblie, faible, mineure.
{Dipl., 322.)
afebloier, affaiblir.
afere, subst., affaire.
Tout i viendra la mesnie
Si sauroient tout cest afere,
(Mss du Roy, n' 7217, fol. 145 v*, col, i.)
aiTaictable, adj., qui mérite d'être aimé.
Les oyseaulx qui sont affaictahles
Qiii a prendre autres sont duysables.
(G. DE LA Bigne, Poe's., 22.)
affaictier chevaux pour les vendre, les
parer. (Voc. Nebr., v» Mangonium.)
afiaitement, parement de chevaux. (Voc.
Nebr., vo Mangonium.)
afTaitié, adj., terme de chasse [apprivoisé,
dressé.]
Doivent avoir un bon brachet bien sage et
bien affaitiè. (Modus et racio, Ms, fol. 177.)
affaitier, affetier, 1270, verbe, terme de
chasse, refaire, raccommoder [dresser, appri-
voiser.]
Affaitier un faucon. (Mod. et rac, fol. 136.)
Affaictier ses chiens. (Ih., fol. 37 vo.)
Parer. (Voc. Nebr., vo Orno.)
(Faucon) ... il lui faut
Qu'en Vaffaictant n'ayt deffault.
(G. DE LA Bigne, Poés., fol. 82 v".)
.... print un lévrier
Bien affaicté pour le mestier.
(Ib., fol. 12é v».)
affaitisser, embellir. (Voc. Nebr., vo
EXORNO.)
affaler, caresser.
aflamée (cuisse) [qui a de la réputation,
célèbre, connu.] (G. Fontaine, 381.)
affatier le cours de l'Auve. (Pr., II, 478.)
[tomber, laisser dépérir.]
affaytées (choses), délicates. (Voc. Nebr.,
vo Lauticus.)
affaytier, parer. (Toc. Nebr., vo Redimo.)
— i8
afferant, ante, afférente. (S. du V. P.),
adj., convenable, propre.
Chose mal ajjcrante, peu convenable. (Ri'g.
(le S. Ben., fol. 27, col. 2.)
— Proportionné.
Nez pas mesure au vicaire afferans.
(Chron. du xiii<-- s., Mss Bolii.. fol. 280 v*, col. 2.)
afference. (Voc. Nkrr., vq Compeditio.)
afferer, afferir, convenir, être sortable,
appartenir. (DipL, 322.)
afferes, affaires. (S. du V. P.)
affermailles, fiançailles. (Voc. Nhbr., vo
Spoxsalia.)
affermans, affertio [assertion.] (Voc. J.
MouR.)
afferme, stahUiat. (h., cli. 62.)
afferment, affirment (v ep. à Thimo-
thée, ch. I.)
JJfcniioit. (PoGK, Flic, 102.)
Afferwer, affirmer, (illci^ure. (Voc. J. Molr.;
DipL, 322 : —S. du V. P.)
affermeté. (Voc. Nebr., v» Solid.\men)
[fermeté, ferme et solide.)
affermeur, cuscitor. (Voc. J. Mol'r.)
afferte (^recevoir telle , offrande. (S. du
l\ P.). — Voc. Nebr., v^ Devotio.)
affette, 1480. abondance. (DipL, 322.1
affetterie, astutia. (Rob. Est.)
affiche, boucle, fixuhi. (Voc. J. Mour.)
afficher, assurer, s'appliquer.
affiche! d'or, afHquet. (Toh., ch. 15.)
afficques, uwuilia. (Cantiq. des canL,
ch. 1.)
affideir, 1 341 , accomplir, entériner. (DipL,
322.)
affier (1472.) [Assurer.] Je vous apfic, je
vous assure. Villon.'
affiert. (Voc. du Ps. : — Voc. Nebr., vo
DiscoNVENio), convient, appartient, dépend,
1252, 1358, il faut, requiert, 1583, ressemble
(S. du V. P.), revient, 1636. (DipL, 322; ;
cruautéz qui affierent à un tyran (S. du V. P.);
appartiennent (Ih. ) ; affieroit, conviendroit
i^Tii. des con?. de Metz, 1483.)
affigé, 1578, affixé, 1604, attaché, affixus.
(DipL, 322.)
affin, afin. (Roh. Est.)
affine, parente, 1429.
affiner, verbe, faire cesser de parler, faire
taire, joindre, examiner, clore des comptes.
(DipL, 322.)
affinir, verbe, terminer.
affins, parens et amis, proches. (DipL,
322. — ^\ (/// V. P.)
Je n'ay ami, parent, frère ne affin. (RoB.
GOHIN.)
affique, ornement. (Voc. Nebr. vo Redi-
MICUl.LM. 1
afflaiblir. (J'oc. Nebr., vo Mollio.)
afflaté. (Voc. Xebr., vo Permuletus.)
afflebir. (Va-. Nebr., vo Effemino.)
affler, 1472,
afflict, adj., affligé, <(////V///i-. (S. du V. P.)
Povres et aJjUcts serviteurs. (Règ. de S. Ben.,
fol. 95, col. 2.)
afflicté, afflictns. (Ps. 55.)
afflictement [abattement.] (Voc. Nebr.,
v-' El 1 i.icriM.j
afflis, 1397, affligé.
affluamment. (Tôt. Nebr., voUndatim.)
affluentement, adv., avec affluence.
(Rèi:[. de S. Ben., fol. 102, col. 4.)
affoer, affouager, prendre du bois dans
une forest pour son chauffage. (DipL, 323.)
affoiblir. (Voc. Nebr., vo Eviro.)
affoiblissement. (Voc. Nebr., vo Evi-
RATIO.)
affoibloient, s'affoiblissoient. (Bible de
1530, Ex., ch. 22.)
affollé [blessé.]
Blessée et affoidée. (Pr., II, 145 ; RègL de
S. Ben., fol. 23, col. i.)
Affolé de sa propre amour. (Mainard.)
One ne m'en sentis autrement affolée (Per-
nette du Guillet.)
Cheval affolé devant de l'espaule. (Ch. de
G. Ph., 112.)
— 19 —
Affo!i'{, blessez. (Jos., ch. lO.)
Tu destruis les Juys et confons et afolcs,
(Mss du Roy, n° 9218, fol. 542 v", col. i.
.... tout le monde afolcy
Par truffes.
(Mss n" 6812, fol. 67 v°. col. I.)
affoller, affoler, verbe, blesser, faire
contusions, faire enrager.
Affoller, fat lia re en latin. (Voc. de J. MouR.)
Chaudes trapes pour affoler hommes et che-
vaulx. (Triomphe des Neuf Preux, 314, col. i.)
afFolure, blessure. (J. Bouchet.)
aiforage, subst., action de mettre une chose
à prix, affort. (Coût, des Cél. de Metz, 1274.)
Donner afforage de vin, le mettre à prix à
la foire, 1550.
Droit d' afforage, 15 19, droit dû au seigneur
pour l'appréciation du vin qui s'y vend en
détail. (Le P. Daire, Hist. d'Am., 1er, 161.)
Afforeur de vin, métier, 1448, [celui qui
fixe le prix d'une pièce de vin.]
afibrisme ou bref parler, afforismus. (Voc.
de J. MouR.)
afifoys, promesses. (Diph, p. 323.)
affranchent, affranchirent. (Pr., II, 205.)
affranquissement , affranchissement ,
1438.
affréable (réponse), convenable. (S. du
V. P.)
affreuseté, tomitas. (Rob. Est.)
affriolant (cela n'est pas), gracieux.
affrioler quelqu'un, en picard, affriander.
affronté de parler. (Eccl., ch. 20.)
Affrontée. (E:(éch., ch. 3.)
affronter, blesser le front, casser le front.
affublier, afubler, affeubler, se cou-
vrir, endosser, se coeffer.
Affubler un mantel. (S. du V. P.)
Des que la mort tout abbatu
La magesté de la vertu
S'affeuhla d'une robe noire.
(Hortus epitaphiorum, 455, éd. de 1656.)
mantel
Afublè un poi en chantel.
(Mss du Roy, n" 7615, I, fol. 61, col. i)
AfuUeront. (Ih., n» 7218, fol. 217 vo.)
affuir [fuir, s'enfuir.]
Je m'en suis affui, sauvé. (Bible, les Rois,
Hv. II, ch. i,fugi*)
Affuioit, fuyoit. (Tob., ch. 3.)
Suis affuyte, je me suis sauvée. (Jud.,
ch. II.)
Etoient afftiys vers lui, transfugerant. (Jérém.,
ch. 39.)
affulé, trompé ; — bien décoré, orné.
affuttement d'une pièce d'artillerie, 1400.
(Tit. des consuls de Metz.] (Action d'affûter.)
affûteur, 1407, témoin, affirmateur.('D//)/.,
323.)
affyée, fiancée. (Voc. Nebr., vo Nympha.)
Pucelle affyée, desponsata.
Avoir affié femmes sans les épouser. (Bible,
les fuges, ch. 7.)
aficher (s'), [attacher, affermir.]
.... a son chevalier passe
Lors se drece es estriers s^afiche
En eus qui le tienent s'afiche...
(G. GuiART, fol. 125 v'.)
afier (s'), se fîer.
Quiconques veut mener pure et santisme vie
Famés aim et les croie et du tout si afie.
(Fabl. Mss du Roy, n" 7218, fol. 201 v°, col. i.)
— Assurer, affirmer.
afîner, finir.
C'est pour vous afiner le conte.
(Ms 6812, fol. 84, col. 5.)
afonde, fonde, crevé.
Viennent les granz cours sus la fonte
Tel plenté de gent ; sur onde
Que c'est merveille qu'il n'afoitte.
(G. GuiART, fol. 66 v°.)
aforce, de force, par force, 1368.
afouer, accabler, abattre.
afulé, couvert.
Afulé d'un manteau. (S. du V. P.)
Afuler (pic), coeffer, couvrir, ainicire ;
il vient d'infula infiilœ, comme qui dirait
infulare.
aga, aça.
yiga, men bon, j'ay songé sous ma toque.
(Muse noi'tn.)
ag'ace (nid d'). (Chron, de Metz en vers.
- Pr., 136.)
agache, pie, pica, 1472.
ag'aitemens, subst., [action de guetter.]
Por nos mesdis por vos agaitemens.
(Chro)i., du xiii'^ s., Mss Bouh., fol. 138 v°.)
ag'aitz, embusches. (Bible, les Nonib.,
ch. 22, Insidlï.)
Agaitera, argiiet. (Job, ch. 13.)
20 -r-
Agailtaus, expectans. (Jérém., ch. 3.)
agars,
Autour d'une ou deux mues du bois et
agars. (Arteloque, Fauconnerie, fol. 90.)
agas, peut-être ouydà.
Il ne le gardoit mie agas.
(Mss du Roy, n° 7989', fol. 49, col. i.)
Aga, men bon. (Muse nonn.)
ag'eancer, instnœre. (Rob. Est.)
agencer, accommoder, arranger. (Pic.)
agenoillement, action de s'agenouiller.
(Voc. de j. MouR.)
ag-enoiller (s') [se mettre à genoux.]
(S. du V. P.)
Berciigiers jus sagenoilît,
(Mss du Roy, n" 72 j8. fol. 148 v", col. i.)
S'agenoiUa. (Bible, les Koys, liv. III, ch. 8.)
ag-enoullement. (Voc. Nebr., vo Gkni-
cuL.vno.)
ag'OS boutans, i4i2,arcs-boutans. (Dipl.,
425.)
Ag-esille, ville d'Espagne. (S. du T. P.j
ag-etz, ayez du verbe avoir. (Noëh hourd.)
agez [êtres.]
Savoir les age:( d'une maison.
aggluer, agglutinare. (Rob. Est.)
aggravanter, aggravarer. (Rob. Est.'
Aggravatite de pierres. (Bible de 1530, /:.v.,
ch. Vi.)
aggravé, 1197 [accablé, appesanti.]
Cœur aggrave. (Bible de 1530, £".v., ch. 7.)
Malade au lit, gj-avatus. (DipL, 325.)
aggreableté, (Tcv. Xebr., v^ Grati-
tudo.) [agrément.]
aggrever, aggraver. (S. du V. P.)
La vint, et si li aggrnia
Le m.11, c'onques puis n'en leva.
(Hist. de Fr., à la suite de Fauvel, n° 68iS, fol. 86 v*,
«:ol. 1.)
agieul, 1288, aioJ , 1316, ayol, 1407,
ayeul. (Dipl., 323.)
agironer, environner.
agneau de six onces donné pour prix à
Arras en 1431, enneau. (Voc. Nebr., voDac-
tilus.)
agniau, dans le Parisis, agneau.
aglise, église. (Pr., II, 478.)
agnelet, agnellus. (Rob. Est.)
agnomination. (Voc. Nebr., vo Parano-
MASiA.) [Jeu de mots. Vos woules puent pour
vos foules 7;/uent.]
agnomme, subst., peut-être devise, sur-
nom, nom de baptême.
En cette année fiorissoit l'estendart de
Mailly sans agnomme. (La Morlière, Nohil.
de Pic, 235.)
agnoniste.luitteur ou estriveur,flf^^«o«;j/a.
(Voc. de J. MouR.)
agnot, agneau. CSoëls hourd.)
agousté, afFriandé. (Pr., II, 148.)
agracis, agréez. (Pr., II, 609.)
agrada, agréer. (Koëls hourd.)
agrancir la censive, agrandir. (Pr., II,
625.)
agranoir et aloigner. (Pr., II, 496),
peut-être agrandir.
agrapin, en picard, agrafe.
agrapison , douleur de ventre. (Voc.
Nebr., v^ Iléon.)
agra venter, vanter. (Voc. de J. Mour.)
.\U^.ii^.u^^... iiic Itront oublier Diex les puist lous agravanler .
(Chroii. du xiii« siècle., Mss Bolh., fol. 311 v<», col. i.)
agréger, aggraver, Ms.
agreslir sa voix, vocem dediuere. (Rob.
Esr.j [Rendre grêle, fin, délicat, menu.]
agresser, mot nouv., verbe, attaquer.
Bien loin d'agresser, il se défendra. (Journ.
œcon., 1766, V, part. Il, 73.)
agreste [rustique, grossier, rude.]
Un philosophe agreste. 1490.
agriable, en picard, agréable.
agricole, laboureur. (Apol. de Valla, 29.)
agrier, agréer.
agriever, aggraver, 1397.
Agrippa, homme qui entre dans les charges
par la brigue faute de mérite. (Ms.)
agripper, en picard, prendre, raccrocher,
attraper.
agressât (une), inventaire chez les consuls
de Metz, 1470.
— 21 —
agruiere, adj.,
Tiens me tu donques ? Si de folie agruiere
Por ce que j;i ne lais le pré por la bruiere.
(Mss du Roy, n^> 7218, fol. 338 v°, col. 2.)
ag'uaitant, {nsidiivis. (Michée, c. 7.)
Agiuiitcnt, insidiant, (Ecdès., c. 28.)
Aguaitenr, insidiator. (Ibid., c. 7.)
aguarites de la forteresse, 1433, guérites.
(Cart. de Mondidier.)
aguement [d'une manière aiguë, finement,
subtilement.]
Et voyent plus agutment,
(G. DE LA BiGNK, fol. Il"] v".)
agues (de poulaine.) (Robert Gobin.)
ag'uet, insidix, embuscade, subtilité, sur-
prise. (Bible, 1530. Genèse, c. 42.)
Tirer à agnet : manière d'archerie qui se fait à
la lune. (Modus et racio, fol. 40 ro et 45 vo.)
aguette, subst., espèce de volatile qu'on
prenait avec l'autour. Poches, aguettes, hérons
blancs. (G. de la Bigne, Poès. des déduits,
Ms, fol. II vo.)
Aguette, insîdiatur. (Voc. du Ps.)
Aguettemens, insidix. (Voc. du Ps. — Voc.
Nebr., vo Simulatio.)
aguetter, verbe, épier, guetter. (La Mor-
lière, Hist. d'Am. — Règ. de S. Ben. de
1525, fol. 35, col. 4.)
Aguettoient, insidiabantur . (Machah., livr. I,
ch. 5.)
aguiere, subst., aiguière. (Chron. de Nie.
de Lut., fol. 22.)
ag'uieu, adieu dans le Parisis et en Picardie.
aguillate, marchandise de mercier. (Tit.
des Cons. de Metz.)
ag'uille, subst., aiguille. On ne cache pas
aguilles en sac. (Règ. de S. Ben., de 1525, fol.
131, col. 2.)
vers
Qui du dos rongent les nerfs,
Qiii aguilles sont appelléez.
(G. DE LK BlGNE, Poës., fol. 29. — S, du V. P.)
aguillette, en picard, aiguillette.
aguillon, aculeus, aiguillon, éperon, sti-
mulus. Qjai contre aguiUon reculle, deux fois
se point.
Et si auras de Vaguillon
Tout le crépon dessus pelé.
(Mss du Roy, n* 7218, fol, 48, col. i.)
Recalcitrer en contre Vaguillon. (S. du V. P.)
aguilonner, stimuler. (Voc. Nebr., vo
Instinctus.)
Aguillonnèes [pointues comme un aiguillon.]
Fumées (de cerf) aiguillonnées,
(Ch. de G. Phébus, 18.)
Aguillonnement , instigatio. (Voc. Nebr., vo
Stiga.)
Aguillonnement, stimulatio. (Rob. Est.)
Aguillonneur, instigator.
Aguilonner, stimulare. (Rob. Est.)
aguisement, actitio. (Voc, J. Mour.)
Aguisé (ont) leur langue, exacuernnt. (Voc.
du Ps.)
Aguiseur, acutor. (Voc. J. MouR.)
ag'uisier, ag'uiser, acuere. (Voc. ].
Mour. — Voc. Nebr., vo Exacuo.) Aiguisicr
l'apetit. (S. du V. P.) Le raison aguisier. (V.
des SS. de Sorbonne, no 27, col. i.)
L'ung costeau aguise l'autre. Gladius gla-
dium acuit. 1 5 3 1 .
ag'ulate de Flandre, marchandise. 1477-
(Tit. des cons. de Metz.)
agullier, 1 3 10, aiguillier, épinglier. (Dipl.,
323O
ag-ument, ariter. {Voc. J. Mour.)
ag'us, ag-ue, aigu. Mémoire ague. (S. du
V. P.)
Ceux resemble le besagus
De deux prez tranché et est agus.
(Mss du Roy, n° 7615, I, fol. 67 v», col. 2.)
A ung hault mont et moult agu
Semble l'orgueilleux tost abatu. (15 31.)
Pinche du pié agu. (Mod. et rac. Ms, fol.
8 vo.)
Entendement agu.
Mémoire ague et rond engin
Rend l'homme simple et non fort fin.
(Charles de Bovelles.)
et la vue
Plus noble quant est bien ague.
(G. de la Bigxe, fol. 146.)
Agus et déterminés de mal faire. (Ap. de
Valla, 33.)
ahan, peine, fatigue, travail.
ahanable (terre), labourable. 1410. Du
Gange le dérive d'anhelave, parce que le
travail du laboureur est violent.
ahanier, laboureur.
— 22 —
ahanner, peiner. (Rob. Est.) Le mar-
chand ahanne comme un esclave. (Cl. de
MONS.)
Ahanner, ahcnncr. (NicOD, ararc.) (Prav. de
SaL, c. 20), labourer. (DipJ., 325.)
ahenage, labourage. Labeur et ahcna<^e de
terres. 1400.
ahenne, ara t. (Ucd., ch. 6.)
Ahennèes, aratx. (Heiech., ch. 36.)
Ahennera, arahit. (Is., ch. 28.)
aherdans [qui adhère, qui attache.] (Pr.,
II, 606.^
aherdre, prendre, toucher, s'attacher,
saisir, accroclier, arriperc. (S. du V. P.)
[S'aherdenf, se touchent.]
aheriter, 1577, hériter.
ahers, adheret (Ps. 21), adhesit (Ps. 62.)
Tu te aherderas à la sainte Alkemie. (S. du
V. P.)
ahert, pris, 1372.
aheurtement, obstination. (Roh. Est.,
Vt' OlkSTlNATION.)
aheurter, obstinalus. (Rèi^. de s. Ben. de
1501, fol. 91 vo.)
ahocher, accrocher
son soupelis ahochi
A un pel.
(Mss du Roy, n* 7218, fol. 2i8, c. 2.)
Ahocher, accrocher, le picard dit ahocquer.
ahontir [faire honte, rendre honteux.]
Les orme.uix sa)>otitissetil.
(La Morlière, Pcies.)
ahontoyer, verbe, rendre honteux.
Contrister ou ahontoyer. (Rèi^. de S. Ben. de
1525, fol. S6, col. 4.)
ahuri, étonné, stupéfait. (Pic.)
Ahurir quelqu'un, interdire, ohstupefacere.
ahy, mot qui se dit quand on a peur.
(Rob. Est.)
ai, les Picards disent is pour ai : je trouvis
pour je trouva}'.
albâtre, verbe, abattre, détruire. Aihattent,
abbatent. (Chron. de Nie. de Lut., 13.)
aicheter, achetter. (Tit. des cons. de
Metz, 1300.)
Aichaisse, achète. (Ibid.)
aicheus, échus. (Cart. dePrist., fol. 24.)
aicord, accord. (Tit. des cons. de Metz,
1300.)
aicques [un peu.)
Les uns li donnent aicques les autres noure.
(Pr., II, 209, année 1431.^
aidable, auxiliaris. (Voc. J. MouR.)
aidans, bienveillans. (Pr., II, 599.)
Aidant, partisans. (S, du V. P.)
aideresse, adjutrix. (Voc. J. Mour.)
aidier, verbe, aider, adjuvare. (V. J.
MOLR.)
S'il puent ici nuire, la ne porront aiditr.
(Mss liu Roy, n* 7615, M, toi. 142, col. 2.)
aides, adés, toujours. (DipL, 323.)
aideur, adjutor. (Ex., ch. 2.)
Aydeur. (Toh., ch. 5. — Voc. J. MouR.);
aideor, (Pr., II, 1252, 469.)
Aident, adverbe, alors. (Chron. de Nie.
DK Lut., fol. 8.
aidras. V. adras.
Pavement des estaies et des aidras. (Cart.
des Cèl. de Metz, 1405.)
aie, secours, aide. (Pr., II, 1242, 458.)
aiement, pierre. (Zach., ch. 7.)
aïés, entendez. Les demoiselles font bonne
aventure au déduit; y^/V^-vous ? — Avec votre
secours.
aigdales, les gencives aigdales, 1583.
(FuscHS, Hist. des pi., p. 64.)
Aig'eline, nom de baptême, 1276.
aigié, âgé. (Cart. desCél. de Metz, 1478.)
Aigict, subst., aagé en messin. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 84.)
aigneau sautellant. (Prov. de SaL, ch. 7.
— Hist. d'Am. du P. Daire, II, 87.)
aig'nel [agneau.] (S. du V. P. — Tit. des
cons. de Metz, 145 1.) AigneiJi, 1360. Aineil^,
1382, agneaux. (DipL, 323.)
Aig'nel (Saint), nom propre, S. Aignan.
aigneler [mettre bas en parlant des
brebis.]
A Vaigneler verra on lesquels sont prins.
Les brebis aigncloicnt. (Gcn.y ch. 31.)
— 23 —
aig'nelet, petit agneau et anneau. (S. ihi
V, P.)
aig'nelin, petit agneau, 1291, 1361.
aig'nellet [petit agneau.]
Le doux aio)ii']]et occis. (Jésus -Christ.)
(S. du V. P.)
aig-nereuse , araignée. 1583. (Fuchs,
Hist. des pi. , 34.)
aig'nieu, agneau.
aigre, alerte, vigoureux.
aigrefin, homme de rien.
aigret, aigre, dur. Il est un peu bien
aigret. (Saint-Gelais.)
aigreté, acerhitas. (Voc. ]. Mour.)
Tous cens du monde seurniontoit
De hardement et aigreté.
(G. GuiART. Tris., 254.)
aig'uettement. (Voc. Nebr. , vo Obsidlî:. )
aigrette, un peu aigre. Plante aigrette
au goût, 1583. (Fuchs, Hist. des pi. , 132.)
aigrure, amertume. (Voc. Nebr., vo
Amaritudo.)
aig'ue, en Languedoc, eau, aqiia, 1397.
(NiCOD.)
ailag'es, terme normand. Les champs les
plus voisins ou sur les ailes des villes. Aalagia.
(Dipl, 323.)
ailaiée, subst., allée. Ailaiée de gerdin.
(Chron. de Nie. de Lut., fol. 88.)
Ailisate, surnom d'une fille. (Chron. Nie.
DE Lut., fol. 28.)
Ailison, nom de baptême en messin.
(Chron. de Nie. de Lut., fol. 31.)
aillier, allier.
aille, aile, ala. (Ev. de S. Luc, ch. 13.)
aillegre, ad].,
Aillegre administration de boire. (Règ. de
S. Ben. de 1525, fol. 96, col. i.)
ailles, elles, illœ. (Pr., W, 515.)
aillie, ail.
J'escommeni la grant mesnie
Qiii refuse char et aillie.
(Mss du Roy, n° 7210, fol. 194 v", col. .1)
aillier, aigle. (Lévit., ch. ii.)
ailleurs, ailiers, 1397. (Pr.y II, 176),
ailleurs.
... Il ne s'en puet aillors venger.
(Fahl. du Roy, n° 7615, fol. 170, col. I. — Dipl. 323.)
aim, ain, hameçon à pêcher.
aime, âme, anima. (Cart. des Cél. de
Metz.)
aimer,
Je vous aim. sans tricherie. (Chron. du
xiiic s., Ms BouH., fol. 214 vo.)
aimeur, amator. (Voc. de 1497.)
ain à pêcher. (Voc. Nebr., vo Hamus.)
aine, nullement.
Comme Hains fist de sa moillier
Qiii aine ne le veut adaingnier.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 51, col. 2.)
— Jamais.
Aine nus hom ne vit si rubeste.
{Ihid., fol. 223, col. 2.)
ainchin, ainsy, en picard et normand.
Ainchin que font plusieurs.
(Muse norm.)
ainchois, avant que.
Ainchois que je muire de mort.
(Mss du Roy, n" 7989^, fol. 212 v», col. i.)
ainchy, ainsi.
Leu troupe ainchy s'enflit mais en bien peu
de temps. (Muse norm.)
ainçois, 1344, 1452, ainsois. (FaU. du
Roy, Ms, no 7615, I, fol. 59 vo, col. i), mais,
au contraire.
. . . qui n'ont pas eschardes tendres
Ainçois feront moût de dangiers.
(Geoffroy de Paris à la suite de Fauvel, n" 6812,
fol. 50 v", col. 2.)
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 94, col. 2. — Ordonn. du
Louvre, IV, 81.)
— Avant que.
le jour est presque passé
Ainçois le cerf soit lassé.
(Gage de la Bigne, fol. 156, v°.)
— Auparavant, avant. 1270. (Dipl., 323.)
aine, en picard, se prononce eine.
aïne, asinus. (Noëls lourd.)
ainel, anoux au plur., subst., agneau.
Aingiers, nom de ville, Angers. (Phil.
de Vigneulle.)
aing'le, 1249, ange. (Dipl., 323.)
— 24 —
ainsi, par ainsi, par conséquent. (La Mor-
LiÈRK, Nob. de Pic, in-fol., 237.)
ainsin, ainsi, comme. (Lettre de Heyiri IV.)
Auisin que doit il touzjours estre.
(Gi;oFROY DE Paris à la suite du roman de Fauvel,
n» 8228, fol. 122 v% col. I.)
On lit ainsinc dans Fahl. du Roy, Ms,
no 7218, fol. 122 vo, col. I.)
ainsnée, aînée. Choses (;;;/5mri-, prémices.
(Esdr., liv. 2, ch. 10.)
Sa lîlle Vainsmr. (FohL, Mss du Roy,
no 7218, fol. 348, col. i.i
ainsneesse (avoir) être aîné. (Fahl., Mss
du \\o\, 11" 761 ), I, 116, vo, col. I.)
aintelle, aintieux, tels, telles, .sem-
blables.
Vos vieux fratels ne font que de pures fredaines
Si s'en est jamais vu aitiUlles aux fontaines.
(Muse norm.)
Car les buveux plus blancs que n'est fourc de pie
En lieu d'ainlifux brandons v gaijjnent la roupie.
(ll'id.)
ainz, ains, avant que, mais, au contraire.
Jiii;^ qui fus.sent là monté
L'en leur a maint pas niesconté.
(Hiil. d( France de 1500 A la suite du roman de Fauvel,
Mss du Roy. n* 6812. fol. 75, col. 2.)
Onques en bien ne me porvi
Aius ai lonc tens ;\ mal servi.
(Mss du Roy. n" 7218, fol. 20-, v». col. 1.)
Ces mots ont été réformé/, de la langue
iVançoise vers 1645. (Goujet, liibl. franc.,
XVI, 46 et 47.)
— Toujours.
.... les lieux grans et menuz
Que ses pères ot aiu;^ tenuz.
(G. Gv.i.\RT. fol. 14S V" )
— Auparavant.
.... ne se doivent pas fier
En lor famés n'en lor mesnies
Se il nés ont ains essaies.
(Mss du Roy, n» 7218. fol, 118 v«, col. 2.)
— Jamais.
.... pires qu'il ne fu aius.
(Ibid., fol. 49. col. 2.)
Ains mes, jamais. (Ibid., no 7996, 93.)
aiques, 1369, quelque chose, hoc, aliqtiid.
(Dipl., 323.)
aïr, colère, force, courroux, violence.
Droit à ces granz fossez iront
Par grant air dedens sauront.
(Mss du Roy, Mss n" 7218. fol. 115, col. i.)
airainer, verbe, accuser. Airai>wient de
traison. (Chron. de Nie. de Lut., fol. lO.)
Airang'es, nom propre de ville. Orange.
Le prince d'Airangi's. (Ph. de Vigneulles.)
airbe, herbe, le latin herba. (Ch. des Cél.
de Metz, 1526, 1472.)
Airbe, arbre. (Cart. des Cél. de Metz, 1459.)
airce, brûlée. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 14.)
airche, subst., dépôt de titres en messin,
étude. Escrit à' airche passé par devant notaire.
(Chron. de Nie. de Lut., fol. 13 et 50.)
Airche de notaire, étude. (Cart. des Cél. de
Met/, I4I7-)
airchies, subst., archers. (Chron. de Nie.
de Lut., fol. 17.)
airdont, brûlent. (Chron. de Nie. dk
Lut., fol. 3.
airdre, verbe, brûler en messin.
aire, le picard dit ouaire : affounire pour
a fia ire.
Aire, 14CX), airce [terre, champ, place.]
)aneton en saut.int tombit plate emmy Vaire.
(Muse tiortii.)
(Is., ch. 21.) Arca à vanner le grain. (Ib.,
ch. 30.)
Place vague devant une maison ou ailleurs
pour tourner les voitures. Arca. (Paralip.,
ch. 13.'
État de put aire, de vil état.
Battre et aplanir Vair. Areani (portion de
terre). Fxequare cylindro.
Aire (S'), sa grange, sa place (sa aire.)
aïre (s') (s' aire), sa colère (sa ire.)
aïrer, irriter, courroucer.
airette, petite aire de terre, 161 5.
aireure (terre). (Cart. de Fristorf, fol.
20 vo.) AireiKe, labourable. (Ib., fol. 41.)
airiens et aisemens d'un moulin, 1307.
aïrier, aërier [mettre en colère, irriter.]
aïreuse (une parole , colérique.
airitage, subst., héritage. (Cart. des Cél.
de Metz, 1294.)
airme, âme. M'airme, mon âme en 1297.
(DipL, 323 ; Pr., II, 546.;
airmé en messin, adj., armé. Airmeis de
bassenets. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 4.)
2% —
airmes, écussons. (Ch. des cons. de Metz,
1442.)
— Gaufretier , armet où l'on faisoit des
oublies, corhions, boutembras et flawons ou
flans, 1350. (Statuts des pâtissiers de Metz.)
airmie, araignée.
airmolne, subst., aumône.
airoit (il) en picard, il auroit, du verbe
avoir,
aironde, liirondellc. (Voc. de 1497.)
airs, arrhes.
Airs, brûlés. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 10.)
airvol, arcade. (Ch. des cons. de Metz,
I554-)
ais, essaule, 1361 [latte, bois propre à
couvrir les maisons.]
ais, le picard dit ois, jamois pour jamais,
aise [joie, contentement, plaisir.]
Se galler à^n'ne sous l'aiselle.
(Muse iioriii.)
aise [servitude communale, chemin, voie,]
Li quens qui fu mis a Compiengne
En une tour qui siet sur aise.
(G. GuiART, Tn's.j. fol. 248.)
aiséement, facile. (Rob. Est.)
aisemens, commoditéz, latrines. (Voc.
de 1497. — Hist. d'Am., II, 406, tit. de 1392.
DipL, 323.) Chambre des aisemens. (S. du V.
P.) Faire son aisément. (Fac. de Poge, 116),
chier. Aisément d'un moulin, 1307, commo-
ditéz.
aisément, subst., maison, mazure. (Cart.
des Cél. de Metz, 1412.)
aiser (se), prendre ses aises. (Les Nomh.,
ch. 31.) Aiser un âne. (Les Jug., ch. 19.)
aisible, 1429, facile. (Diph, 323.)
aisié, 1488, aise. (DipL, 323.)
aisiément, adv., facilement. (Cart. des
Cél. de Metz, 1412.)
aisier la nuit, reposer, prendre ses aises.
aisil, subst., sorte de boisson, vinaigre.
Fiel et cits'tl te font douer
Juis, mes tu n'en pues gouster.
(Mss du Roy, n» 7218, fol. 94, col. 2.)
aisnage, droit d'aînesse. (Dipi., 323.)
aisné (plus), natu major. (Bible de 1530,
préf.)
aisneté, droit d'aînesse. (Parai ip., liv. 1^-,
ch. 5.)
aissé, adj., commode. Chambres aisséei,
commoditéz où se jette le superflu du corps.
(Chron. de Nie. de Lut., 78.)
aisselier, 1472 [pièce de bois supportant
les tirants ou formant le cintre.]
aisselin [pièce de bois, madrier, sorte de
tuile en bois.] Regratier de mairien et aisselin,
1361.
aisselle, ais. (Nicod.) Toict à'aisselîe.
Teguien asserum. (Eccl., ch. 29.)
aissenées, appartenances et dépendances
d'une maison. (DipL, 323.)
aissielle, aisselle. Un étal couvert abais-
se! le, 1446.
aissil, essieu. (Les Roys, liv. III, ch. 7.)
aïst, aït, aide.
aistaie, droit. (Cart. de Frist.)
aistain, subst., étain en messin. (Chron.
de Nie. DE Lut., fol. 97.)
aistrainge, étranger. (Tit. des cons. de
Metz, 1300.)
aistre, ostinm. (Levit., ch. 8.)
ait s'écrit dans le patois messin pour a.
Trépassait.
aitant [autant, alors, maintenant.]
Ele se regarde aitant.
Voit le gent qui le vont sivant.
(V. des SS. de Sorbonne, Ms n" 60.)
aitrie, subst., [cimetière, parvis, terre près
d'une église.] Ensevelie en Vaitrie, devant
l'église. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 54.)
aiue [aide.] La quemugne doit trois aines
au seigneur, chacune de vingt livres de
parisis. (Coût, de MoUiens-Vidame, 1209.)
aixement viez. (Ch. des Cél. de Metz,
1375.) Voy. aisément. Lieux communs,
cloaque. (Pr., II, 228.)
aixié, aisé. (Ch. des Cél. de Metz, 14 12.)
aixiement, aisément. (Ch. des cons. de
Metz, 1412.)
2.
— 26 —
aixurier un bois. (Cart. de Frist., fol.
21 yo.) Aixnrset de lui, relevoit. (Ih.) Aixurte-
vciit. (Ih.)
a j'en veux, expression normande, chose
connnune.
Les femmes estest vêtus de draperie,
Les capcrons n'etest point d j'en vetix.
(Muse iionii.)
ajordeu, aujourd'huy. (Pr.,U, iicji, 541.)
aj ornée, le point du jour.
ajorneit, 1303, aj ornée, ajournée.
(DipL, 323.)
par un ribant
Se voit on ajoruée.
(Mss du Koy, n" 761 5, IL i (O v" coL i.)
aj orner, faire jour.
Ajonicr (à f), au point du jour.
Ains Vajonii'r, subst., avant le jour.
ajostée, 1492, ajoutée. (DipL, 523.)
ajoustement, chose ajoutée.
... vj' d'armes largement
1-urcnt li dtii ajointevKul.
(G. GtiART, toi. 230 v*.)
ajue, aide, secours.
ajuel, a\eul. (C'art. de l'rist., 10.)
ajuger, adjuger. Ajui^c niay la pomme.
(Musc iionii.)
ajuré, intimé de prêter serment, de dire
vérité. (DipL, 32 ^)
ajustoriens, ornemens du sexe. (Partie
de chasse d'Henri IJ', Com.i
akesteit, acheté. i^Cart. de Frist., fol. 55.)
al en picard, elle et à la : al piste, al lin.
S'a] a du pain, si elle a. (Muse norm.)
alabastre, albâtre. (Voc. Nebr., vo Ala-
• BASTRUM.)
alacrimonie, liesse ou vigueur. (Voc.
J. MOLR.)
alacrité, subet., joye. Alacrité de cou-
raige. (A'(y. de S. Ben. de 1525, fol. 33, col. i.)
Obéir en toutQ alacrité. (Ih., loi. 43, col. 3.)
Alacrité joyeuse, pléonasme. (Ih., fol. 106,
col. 4. — Fac. de Poges, 78.)
alaidé (tourmenté et), tiré du canon.
(Pér. de Je rus.)
alaigre, sain, sospes. (Voc. de 1497 •)
alainguer, aligner.
alans, espèce de chiens. Matins, alaiis,
lévriers. (Cb. de G. Pu., Ms, 3.)
alarg-ir la matière, prolonger. (S. du V. P.)
alarte, alerte. Dans le Parisis, une jambe
aiarle.
alaschier, desserrer, relâcher.
alaviaus,
(lil porte Tcscu point, cil porte alaviauf.
(Mss du Kov, n" 76;,, H, fol. 140, col. i.)
alayne, alaine. (Ap. de Vall.^, i\
haleine, parlant des cerfs. Halitiis, auhelitm.
(Voc. ]. iMouR.)
... ilz ont bien petit d'ahiiie
. . . environ la Magdelaine.
(G. DK 1.A BlGNK, iMs, fol. I36 V".)
Albag-nie, .Mbanie, province. (S. du V. P.)
albaiscé, adj.,
lUu.stré et alhescé d'amoureuse afïection.
(Rtx. de S. Ben. de 1525, 60, col. i.)
Albane, nom de peuple.
AU^ansis , originaire d'Albanie. (Pli. DK
VlGNKULLi:.
Alberg-ue, v. Auberg-ue.
Albertin, nom de bapjéme. Alhertin
Mathiat. Cart. des Cél. de Metz.)
Alboflede, blanche fleur ; nom d'une fille
de Clovis et de Hasine. (Année littéraire,
1765, IV, 7-)
Alchademach, champ ensanglanté, a/w^//5
sam^'uinis : Alecdena. (S. du V. P.)
alcun, une, aucun, aucune. (Chron. de
Xic. DE Lut., fol. 21.)
aleance (avoir), [alliance.] (S. du V. P.)
alec, aleu, droit de propriété, 1385.
(DipL, 325.
alec, illec, dudit lieu, 14^4. (DipL, 323.)
alecher [tromper, attirer, séduire.]
Cette dame (la Force) chassoit
Le bonheur alechani qui la caressoit.
alectant, subst., enfant à nourrice, lactens.
(Jér., ch. 44.)
alective (médecine), allective. (S. du
V. P.) Passion alective. (Ih.) Cette venue est
allective. (S. du V. P.) Présupposition alleC'
tive. (Ih.)
27
alegier, soulager, aleger, 1472. Alcoicr
le peuple. (S. du V. P.) — Alléguer : Alegié
contre mi. (Ih.)
aleir querre, aller chercher. (Cart. de
Frist.)
Alemaigne, Allemagne. (Contin. de
Giiil. de Tyr, par Martene, V, col. 679.) —
AJcmain^uc, Aleiuoiguc (Ms.)
Et cil qui sont en Alemaiiione.
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 107, col. i.)
alemite, soufflet, coup de pomg.
alenaz [poinçon, petit poignard.]
Et sacha par grant atayne
Un alenai d'une gayne.
(G. GuiARD, Très., fol. 83.)
alenée, trait d'haleine.
Le veneur par deux ahnces
Telles con cy sont ordennées.
(F. GuERix, Très, de Vèn., Ms., 29.)
Destriers qui ont longue alence.
(Mss, n° 7218, fol. 348, col. 1.)
alener, aspirare. (Voc. J. Mour.)
à l'entour, autour.
à le partefin, à la fin, 1300.
aler, subst., action d'aller.
. . . tels est toz sains a compile
Qiii se muert ains Valer concilie.
(Mss, n» 7218, fol. 220, col. 2.)
aleune, alêne.
aleure, action d'aller. A grant aîeure, à
grands pas.
alever, élever. Ahver un enfant, l'élever,
l'instruire. Alever un poids, lever. 1372.
alexitere, remède, 1583. (Fuchs, Hist.
des pi., 257.)
algeur d'urine, ardeur, 1583. (Fuchs,
Hist, des pi. , 251.)
algorisme (calculer par), algèbre. (S. du
V. P.)
alhors, tum. {Ps. 123.)
ali, je m'en ali, je m'en allai.
alias, autrement. (DipL, 325.)
alicalement, terme burlesque forgé par
la Société de la Mère folle de Dijon. (Du
TiLLOT, Hist. de la fête des foux, 125.)
alicquet fait sur une sentence, 1400. (Tit.
des cons. de Metz.)
alicté de maladie, clinicus. (Rob. Est.)
allé, 1264, alieuf, 1395, alluel, 1420,
aluet, aleu. (DipL, 325.)
alieg'er, 1397, alléger, soulager.
aliéner, verbe, que nous aUenissiens ,
alienissions, 1280. (Cart. de Doullens.)
alienigene, étranger, né en autre pays,
alienigcna. (Voc. J. Mour.)
alier, aller, ire. (Rom. de 1300.)
alig'nier, verbe, [mesurer à la ligne.]
Avocat ne feront alignier ne plaidier.
(Mss du Roy, n° 7615, fol. 142, col. 2.)
Droit et alignié [bien fait, qui a de belles
proportions.] (S. du V. P.)
Bien aligné, paré, en ordre.
alimentation, subst., nourriture. (Règ.
de S. Ben. de 1525, fol. 17, col. 3, fol. 24,
col. 4. — Voc. Nebr., vo Nutrimentum.)
alioge, aluyne, absinthe. (Fuchs, Hist.
des pL, 46.)
alison, sotte, bégueulle.
alkemie (la sainte), [alchimie.] (S. du
V. P.)
alkemien, alkemiste, alchimiste. (S.
du V. P.)
alorche, alors.
allaictement, lactatus.
allaicter, lactare. (Rob. Est.), qui allaicte,
lactauî.
allaigre, joyeux. (Voc. Nebr., v» Hilaro.)
allant, subst., celui qui va. (E-e'ch., ch. 35.)
allayé, allier. (DipL, 323.)
allecé, adj. Allecé::^ et accoustuméz en vos
trépiditéz. (Rcg. de S. Ben. de 1525, fol. 120,
col. 2.)
allechement. (Voc. Nebr., vo Oblec-
TATIO.)
allectans, subst., lactentes. (Voc. du Ps.)
allectantes (femmes enceintes et). (Év.
de S. Luc, ch. 21.)
allée, subst., départ. Son allée. (Chron. de
Nie. de Lut., i.)
— Solier, place, allée. (Voc. de 1497.)
28
alleg'ances, allégations pour prouver un
fait. (DipL, 323.)
alleg'ard, en picard, babillard, allcgueur.
allégeance, Icvatio. (Rob. Est.)
allégement, allcvatio. (Rob. Est.)
allegence (donner), alléger. (S. du V. P.)
allègre, adj. Joyeux et aUev^ve. (Rîi,^. de
S. Ben. de 1525, fol. 139, col. 2.)
allègrement, adv., avec joye. Suivre
allci^rcnioil. (Rcg. de S. Ben. de 1523, col. 4.;
allegreté, subst. [allégresse.) .-Illei^nete de
cueur et de corps. (Rèi,^. de S. Ben. de 1525,
fol. 103, col. 3.)
allegrez, adj. Joyeux et allei^ne:;^. CA'(V.
de S. Ben. de 1525, 53, col. 2.)
alleguirie, allégorie.
alleluie, jo\e, plaisir, réjouissance.
alleluye, espèce d'osseau.
Plus plaisaiis, je n'en doute niyc
Q.ue n'est le chaut d'une alleluye.
(G. DE lA BhjNI , Pivs., loi. 154.)
Allemaigne, Allemagne.
aller, verbe, aller.
Ali'i vous en, allez. Rom. de CiiAUiN i.i-
LOHHUAlX. — Pr., I, I.XXIl.)
Allant, vont ; s'allont armer. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 4.)
Aient, vont. (Ih., \i.)
Alleit, alla. Allit, en picard, normand et
parisis, iduvit. Il s'en (///// tout dret. (Muse
norni.)
Alaisse, allai ou serais allé.
)e m'en alaisse isnelemeni.
(Mss du Roy, n* 7218, fol. 118, col. i.)
L'n jour jouer aloie (j'allais.)
(Ib., fol. 525, col. I )
Aloxe, il alloit.
Allaient, allèrent. (Pi ., II, 127.)
Faire aloye se longue penitenche.
(Rom. de 1500.)
Allhines, ivunus. (Esdr., liv. IV, ch. 14.)
Alhissions , ircinus.
Allexent, allassent. (Pr., II, 503, 1430.)
Allexient, allassent. (11k, 210.)
Allissenl, allassent. (Év. de S. Marc, ch 6.)
Allest, alloit. (Tit. des cons. de Metz,
1350.)
AUixent, allassent. (Ib.)
Allexent, allassent. (Ih.)
alleresse, celle qui va. (Voc. de 1497,
vo Itrix.)
allerion, oiseau de prove.
Ou torquet ou allerion. , '
(G. i3i: i.A BiGNK, Ms, fol. 10 V*.)
alleter, donner le lait.
Bien ait qui ce vallct
N'orri et alleln.
(.Mss du Roy, n° 7615, II, fol. 179, col. i.)
alletez de poisson, (yoc. Nkbk., vo
PiNNA.)
alleumèlle, allumelle [alumelle, lame
d'épèe, de couteau. J
alleumer, allumer. Alleumcr du feu. [Rie]
alleumette, allumette.
allevier, décharger. (Toc. Nkbr., vo
Relf.vo.)
allicheir, illecehia. (Rob. Est.)
allichement, illecebni. (Rob. Est.)
allicher, allicere. Rob. Est.)
alliciant (vin). (Voc. Xebr., vo Nec-
tar ni. s \INLM.)
allider, verbe. (Rèi^. de s. Ben. de 1525,
loi. 36, col. 3.)
alliegienche, allégeance.
Et s'y n'esperoy niy riechepvoir alllegitnehe.
(Rom. de 1300.)
allienche, alliance.
allier, [voie.]
Hâves des deux coste/. qui conduisent le
loup en allier de tonnelet. (Du Fouilloux,
/'(•//., fol. 120.
alligir, 1477» soulager. (Dipl., 323.)
allin iGourles détient en . (Tit. des cons.
de Metz. 14 12.) ^^'ans liez en allin. (Ib.)
Filez en allin. (Ib.)
Allixate, nom de baptême. (Cart. des
Cél. de Metz, 13 15.)
allobroge, sot.
Allobrois, le latin Allobrox. Ce nom des
Suisses vient de bro, pays, et de brois, habi-
tans, ceux qui l'habitent, c'est-à-dire d'un
autre pays.
alloé, aliéné. (Dipl., 323.)
— 29 —
alloiances, alliances. (Pr., II, 1285, 528.)
alloié, allié. (Pr., II, 1255, 479.)
alloig-ne, alloîgnement, dclay.
alloirs, allouers autour du temple,
galeries. (Les Roys, liv. III, ch. 6.)
alloites, alliez ; os vous n'n aUoitcs, vous
vous en alliez. [Pic]
allong-ement, retard, 1325.
allonguant le chemin, allongeant, (S. du
V. P.)
alloyé, qui est de la loy, porté par les
réglemens du prince. (DipL, 323.)
allrict I Donner en), en franc aleu, 1239.
(Metz.)
alluef, assietéz sur fief, alleux. (Atour de
Metz, 1344.)
allues, franc aleu, 1546. (Cart. des Cél.
de Metz. — (DipJ., 323.)
alluet (Aquaster en). (Cart. de Frist.,
fol. 12 vo).
— AUuci (Francs), 1338. (Ih., fol. 53.)
Alman, Gcniiauus. (Rob. Est.)
Aimant, nom de baptême, 13 17.
aime, ame, anima. Devereiom rechater
divines Escriptures, car nos aimes seroient
pues esaulez. (Hist. de la S^'^ Croix, Ms, 13.)
— Ahne deité, aima deitas. (Cl. de Mons.)
aime n de, amande, fruit. (Apol. de
Valla, 36.)
almog'es, 1275, rentes seigneuriales,
charges. (DipL, 323.)
almone, almosne, subst., aumône en
messin. (Chroii. de. Nie. de Lut., fol. 50. —
Èpit. chez les Cél. de Metz, 13 12.)
almoneir, aumôner. (Atour de Metz de
1323.1
almonnier , aumonnier , aumônier ,
1475. Cart. des Cél. de Metz.)
aine, subst., aulne à mesurer. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 62.) V aulnes de drap. (Cart.
de Frist., fol. 23 v».)
alneir, auner. ;'Tit. des cons. de Metz.
1483.)
— Alnerûit, auneroit. (ib.)
— Alneur, auneur. (Ih.)
aloe, aloete, oiseau, alouette. (Les Ruis-
seaux de C. Fontaine, 214.)
... avoye ung bon espervier
Que cil m'amena une aloe.
(G. DE LA BlGNH, Poc's.f fol. 46.)
aloer [placer, louer, employer, approuver.]
Fust ge tant fait aloer. (Hist. de la S^^ Croix,
Ms, 19.)
aloes, subst., espèce d'oyseaux.
Cochcvis, aloes, mingnotes,
Toutes manières d'oisillons.
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 359 v", col. 2.)
alog'nier, verbe, s'éloigner. Alognier le
citey, s'en éloigner. (Chron. de Nic. de
Lut., fol. 106.)
aloier (s'), verbe, [prendre à location.]
Lies puet estre qui s"i aloie
Et a cet grant bien son cuer ploie.
(Vies des SS., Ms de Sorbonne, n° 59, col. 5.)
aloiere [gibecière, bourse.]
Trubert a tret de saloiert
Le cul.
(Mss du Roy, n° 7996, 68.)
aloig'ne, retardement, délai. (DipL, 323.)
aloignement, retard.
Li povres qui n'eust mestier à'aloigiicnieut
Ne puet sigre le plat ne s'offrir longuement.
(Mss du Roy, no 7615, II, fol. 141 v", col. i.)
aloigner [allonger, prolonger.] (Pr., II,
496.)
aloigner, éloigner.
Cançon aloigue mors retaille.
(Mss du Roy, n» 7651, fol. 104, col. i.)
aloine, ahsynthium. (Prov. de Sal., ch. 5.)
Aloyne. (Jér., ch. 9.)
aloirs, promenades, remparts. Deflfence
de détruire les aloirs de la promenade. (Cart.
de Mondidier, 1433.)
along-e, délai, retard.
Diex ne viaut fere plus Ions siez
A ces amis ne longue alonge.
(Mss du Roy, n» 7615, I*^'', fol. 59 v°, col. i.)
along-ement, délai.
alongier, allonger. Il doit mettre son
limier devant sov et lui doit alono^ier son lien.
^ o
(Mod. et Rac., Ms, fol. 20.)
alongue, aveline. (Voc. Nebr., v" Nux
abellina.)
alopécies, places pcléez, sans poil, à la tète
ou ailleurs, 1583. 1 Fuchs, Hist. des pL, 81.)
alosé, estimé, prisé, recommendable, dis-
tingué, de bonne réputation.
aloser, verbe, [louer, approuver.]
Se vous nietez le votre en biaus mengiers doner, ...
Por Dieu et por le siècle et por vous ainser
Ne devez mie après vos despens dolouser.
(Mss du Roi, 11° 7218. fol. r,5, «--ol I.)
alotis, aleu, terre noble. (Dipl., 323.)
alotissement de cuirs, 1428.
alotisseur de cuirs, profession, 1461.
aloué, (illodiiiin. (l'oc. J. MouR.)
alouer, vendre, louer, prendre à gage.
Aloiu'i, appi'iiilitis. (Is., ch. jy.)
alour, 1309, 1410, alouette. C'.hamp de
ÏAIoiir. (Dipl., 323.)
Alousie, Andalousie. (S. du V. P.)
alousiée (Règle) de mystère. (S. du V. P.)
alouze, poisson, (^oc. Ni;br., v^ Alos.\.)
aloy, niininiiis. (Roh. I{sT.)
alquemie, monnoye. (S. du l'. P.)
alquemiste, monncneur. (S. du V. P.)
altaris, altariste, subst., chapelain,
prêtre qui dessert un autel, i)io, desservant
d'une chapelle ou autel.
altelt, subst., autel. (P-pit. chez les Cél.
de Metz, 1400.)
alternation, subst., alternative. AUcrna-
tion d'occupation. (Rèi^. de S. Ben. de 1525,
fol. 1 16, col. 4.)
altiloquant (poète) [dont le langage est
élevé, pompeux.] (Jkax Parmentier.)
altimètre, adj. Eschelle ai ti mètre ou géo-
métricque. (Ci\<///(Yr. d'Apiaii, éd. de 1553, 55.)
altitude, 1472, hauteur, altitude.
altrement, ad v., autrement, (////tv-. (Cbroii.
de Xic. DE Lut., fol. 14.)
altres, autres, uJteri. (Cbrou. de Xic. de
Lut., fol. 12.) Son jugement serra par eaue,
li (litre par feu. (Hist. de la 5^^ Croix, Ms, 11.
alumelle, 1472, épée.
aluquer, considérer, regarder.
Un caqun Valuquet.
(Muse v.orm.)
alz, 1309, aux, ax, 1336, eux. (Dipl.,
323-1
alzan, industrieux, intrigant, alerte.
am, à ma, à mon. A ui'ame, en picard. A
men, à ma. A)u liberté, à men dos, ant
n'honneur.
amable. (Voc. Nebk., \° Amabilis.)
amadouement, hlaudijuentum . (Rob.
Est.)
amadoueur, delinitor. (Rob. Est.) [flat-
teur, séducteur.]
amag'nog'uer, amenong-uer, parer.
(Voc. Xehr., vo Orno.
amaigrissent leurs faces . ( Bibl . des
Cél. de Met/. — ïiv. de S. Mathieu, ch. 6.)
amainner, amener.
amaire, subst., armoire. (Chroii. de Nie.
DE Lui"., fol. 37.)
amaizée, amaiziée, 1384, bâtie, édi-
fiée. Xcnte dune plaice en teil manière
comme elle fuit anciennement amaiziée, 13 15.
(Dipl., 523.)
amaladi [tombé, devenu malade,]
De grand mal amaladis.
(.Mss du Roy, n° 7989 ^ fol. 71 v°, col. i.)
amancher, enmiancher.
amandelier, amandier, arbre. (Pr., II,
246.)
amandement de jugement. (Etablissem.
de S. Louis, 1270 , [demande pour qu'un
jugement soit réformé.]
amander, amandeir, (Cart. de Frist.,
fol. 24 , [réparer, pa\er une amende.]
amanderie, subst., charge des amans,
aujourd'hu\- notaires à Metz.
amandia et amendie tous cheus (monas-
tères) qu'avoient fundieys sies pères. (Rom.
de I ^00), [améliora et répare.]
amandrier, amendier, [amandier.].
(Foc. Xebr., vo Amigdalus.)
amanrir, diminuer. (Pr., II, 206.)
amanrissement, 15 14, 1409^ diminu-
tion. (Dipl., 524.
amans, subst., officiers qui étoient dans
la x-iile de Metz ce que sont à présent les
31 —
notaires. Aiuanuenses. (Meurisse, Hist. des
cv. de Meti, 441.)
amanssue, adj., nianqucc. Chose aiiiaiis-
siie, par trop tardée. (Pr., II, 1440, 238.)
amant, ament, il s'amende.
amantelé, [emmantelé], peuulatus.
(RoB. Est.
amarance [amertume.] Sentir grande
amarauce au cœur. (Méin. du sire de Joinvilh.)
amaricant (Une nation), ce n'est pas
américaine, car ce mot est de 1368. (S. du
V. F.) Amaricane génération catholique d'Avi-
gnon. (Ib.)
amarication (Douleur et). (S. du V. P.)
amaritude, subst., amertune, amaritudo,
1472. Il senty amarilude à son ventre. (S. du
V. P.) Zélé di' amaritude. (Règ. de S. Ben. de
1525, fol. 165, col. I.)
amarry des femmes, maladie. (Du Fouil-
Loux, Feu., fol. 113.)
amasement de maisons, 1423 [corps de
logis réunis, bâtiment, grange, four dépen-
dant d'une habitation.]
amasse, tas. Le peuple se meit en amasse,
se rassemble. (Pr., II, 164.)
amassement[tas, monceau.](Foc. Nebr. ,
VO C0NGERIES.)
amasseur [qui amasse.] Mieux vault bon
gardeur que bon amasseur.
amateur, amant. (E^éch., ch. 16.)
amiatir de cœur, corde tahescere. (E^éch.,
ch. 21.)
Se amatiront, pavehunt. (Lévit., ch. 23) ;
tahescent. (Eicch., ch. 25.)
Samatist, marcessit. (Sap., ch. 6.)
Amaties, iabescentes. (Ih., ch. 16.)
Amatissoit. (Ih.)
Amativa. (Ih.)
Amatis leur hardiesse. (Macch., liv. I,
chap. 4.)
amaurisant, 13 14, diminuant. (Dipl.,
324.)
ambanie, 1642, clôture, bon pour la clô-
ture des prez. (Dipl., 324.) Payer la creulx et
Y ambanie. (Atour de Metz, 1372.)
ambante (Droit d'), 1452,
ambaxadeur, ambassadeur. (S. du V. P.)
ambdeux, ambedeux. (Dipl., 324),
tous deux ; le latin auibo. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 69.)
ambdin, tous deux. (Cart. des Cél. de
Metz, 1426.)
ambe [tous les deux, deux numéros.)
Deux aniho.
ambeduit, ambduit, tous deux, ambo.
(Dipl., 324. — ViGNEULLE, Chron., 1496. —
Cart. des Cél. de Metz, 1492,)
amber,
Il amboit l'esœurement et la possession.
(Atour de Metz, 1344.)
ambes-parts, les deux parts, les deux
t'iQvs, ambœ partes. (Dipl., 324.)
ambiant, qui enlève, qui va l'amble.
amblayer, emblaver, semer une terre.
ambler, verbe, prendre d'emblée, enlever,
voler, aller à l'amble.
ambler (s'), se dérober, s'esquiver, se
soustraire.
ambleure, aller le pas.
amboer ou ambrer notre vie. (S. du
V. P.)
Ambourg", nom de lieu, Hambourg.
ambrassement. (Voc. Nebr., vq Com-
PLEXUS.)
ambrasser, amplecti. (Voc. J. Mour. —
Voc. Nebr., v» Complector.)
ambre, amble de cheval.
ambrose (s'), (Chron. de Metz en vers.)
ambrosian, adj., qui appartient à S. Am-
broise. Hvmne ambrosian. (Règ. de S. Ben.
de 1525, fol. 62. col. I.)
ambulateur, subst., promenade. (Chron.
de Nie. de Lut., fol. 108.)
ambulatif (Ulcère) [qui change de place,
qui marche.] (Fuchs, Hist. des pi., 25.)
ambulation. (Voc. Nebr.,voProficio.)
ambuler, verbe, marcher ; le latin ambu-
larer. Ceux qui anihulent en la ditte voye.
2 —
(Rè(^. âc S. Ben. de 1525, fol. 44, col. 2.) J'av
arnbiih', amhulœvi. (Ih., fol. 47, col. 4.)
ambuler, verbe, embarrasser.
ame, personne.
Aiit.mt vauldroit iju'il ne fut aiiie
]'.t i]iic le monde deiist finir.
(PiiKio: Grogntt.)
Chcs aflins et aines soudain eil assemlia.
(Rom. de 1300.)
ame (s'), son ànie. (}:pit. furcics.)
Sommes.
Dont je %a>iic fâchez.
(Mine uorm.)
amedier (Ms.),
amée, bonne amie.
Or vous proi aiiièe par fine amovirctte.
(J):ii.\\ni:t ni: i.'KsctKii. A la suite de l'auvel, 6S12.
fol. sS, col. 2 )
amegnonner, parer. (]'oc. Nkbr., v^
Ri-ni.Mo.
amegrisseur, (l'oc. de 1397.)
amegroger, diminuer, maigrir, ruiner.
ameit [ami|. Très cher et aiiwil seignour.
(Meurissi-, Hist. des iv. de Md^, 494, an.
1324.)
ameiz [amis.] A nos amei:^ et fenulx, 1462.
(Mkukissi:, Hist. des cv. de Met^, 187.)
amelle, âme. Priez Dieu pour son ainelle.
(Pic.)
amen, turbulent ; ce mot est opposé à
paisible dans un Ms de 1600.
aménage de bled, voituragc, charge.
amenaige, subst., voiture.
amenée, (Foc. Nebr., vo Furor\ folie.
amende, réparation, peine. En mal f:\it
ne gist que amende.
Amende (S'), 1209, son amende. (Coût, de
Moliens.)
amendier, amender, amender, réparer.
La belle chiere amende moult Thostel.
Il n'est vivant qui tant ait de mestrie
Qui par souhait la peust amender.
(MoJ. et Kic, fol. 260.)
Amendrissoient , bonifioient , amendoient.
(S. du V. P.)
Amender un forfet. (Mss du Rov, n» 7996,
34.)
amendise, amende. Prendre amcndise.
Emeiidatio)iem acciperc, 1209, 1391.
amendrir, verbe, diminuer. (Foc. Nebr.,
V» MuTiLo, Immikutio.)
Amendri, diminué. (DipL, 324.)
Amcndiiaut, diminuant. (Foc. Nebr., x^
Opicus.)
amendrissance, luinoralio. (Foc. de
1497-:'
amendrissement, (Foc. Nebr., v»Immi-
NUTIO.)
amenement, advectio. Rob. Est.)
amener (avancer, rabattre.]
Anndiont : parlant du cerf, on lit :
... l.i cheal r.ibaieroni
V.l par droit en aiiudroiit.
(Mss du Roy, n- 7615. Il, fol. 167 col. 2.)
Anicnront ceulx de la ville. Addncent. (Is.,
ch. 66. — Mod. et rac, Ms, fol. 294 v».)
A maint, amène. (Mss du Rov, n" 79892,
fol. 67 vo, col. 2.)
Ameniay : je le vous amenrax malgré ses
joues : addncani. (Is., ch. 56. — Mod. et rac,
fol. 292.)
Amendray (]'), j'amènerai.
Amenroit, amèneroit, 1307.
Amenra, addncet. (Ps. 124.)
amenistrer, administrer.
amenistreur, subst., administrateur.
(Chron. de Nie. dk Lut., fol. 16.)
amenrir, amoindrir ; ameurie, diminuée.
(S. du F. P.)
Amenrir (Croître et) [dépérir, diminuer.]
(Hist. d'Ani., Il, 4:5. Titre de 1450.)
amentir, verbe, donner un démenti.
amentissement de force, conduite. (Ms.)
amenuiser, diminuer. Amenuise sa vie,
diminue sa nourriture. (Mod. et rac, Ms,
fol. 138.'
Amenuisent. (Ih., fol. 318.)
Amenuiser de sens, desiperc (Foc de 1497. '
Amenuisier un droit, 13 18, diminuer.
Amenuyscra. (S. du F. P.)
amer, verbe aimer. (Fac de PoGES, 49.)
Amer loiaument. (Chron. du XIIF s., Ms
BouH., fol. 138 vo. — S. du F. P.)
— 33 —
AîNc, cstrc aiiii' de toute gent. (Ib., fol.
143 vo, col. I.)
Ania ; il les aiiia, il le haïrent, (l^ies des
SS., Ms de Sorbonne, 11° 60, col. 30.)
A mer ont :
... cil qui ameront le mestre
La niesnie doivent amer.
(Geffroy de Paris, à la suite de Fauvel, n" 6812,
fol. 49 v', col. 3.)
Amai :
Onques n'amai fors mon segner.
(Mss du Roy, n" 7989 ^ fol. 66 v, col. i.)
Amei^ :
Biau sire puisque vous m'am?^.
(Jeh.\nxet de l'Escurel à la suite de Fauvel, fol. 61 v",
col. 3.)
Avierai :
Je n'amerai nul hom.
(Ib.)
Anieroi :
Atmeroi-]t mi.x à morir.
(Mss du Roy, n° 7989 2, fol. 72 v», col. i.)
Am (D :
Cou que j'am me raim assez.
(Ib., fol. 64 v% col. I.)
Amera :
Qui m^amera si me sieve.
(G. GuiART, Très., fol. 268. — S. du V. P.)
Ameré, aimerai :
Bele ... m'amez, et je vous amerè.
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 207 v°, col. i.)
Amolt :
Il ne Vamoii pas.
(Ib., fol. v« 229, col. 2.)
Amast :
h'amast miex enfoui que mort.
(Ib., fol. 242 v°, col. 2,)
Amas :
Tu avias ton ami.
(Ib., fol. 318, col. I.)
Ame :
Priez Dieu pour l'ame du bon Blanchet.
Qui fut digne qu'on Vame.
(Pierre Blanchet, Poe's.)
Amasse, j'eusse aimé. (Fac. de Poge, 47.)
Aim :
Je vous aim de bone amer.
(Mss du Roy, Mss n" 7989, fol. 66, col. i.)
amer, amertume, désagréable.
ameres, ameurs, amans, amoureux.
amesgrir [maigrir]. (Voc. de 1497.)
Amesgris, deviens maigre. (Les Roy s, liv. II,
ch. 13.)
amesson, hameçon. (Voc. de 1497.)
amesurer (s'), se mesurer.
Cil est fort qui si s'amesure.
(G»OFROi DE Paris à la suite de Fauvel, fol. 47 v°, col. i.)
ameurir, grossir. Le trésor se ameiirist.
(S. du V. P.)
amey, ami. Men boen ame^. (Rom.
de 1300.)
amiable, amyable, (Esth., ch. 2), adj.,
aniahilis, agréable. Amiables treufves, trêves
à l'amiable. (Règ. de S. Ben. de 1525, fol. 12,
col. 4.)
Aimable, le latin amabilis. (Ib., fol. 20,
col. 4.)
Amyable supportation des défauts d'autruy.
(Ib., fol. 45, col. 2.) Lanier bien amiable.
(Mod. et rac, fol. 124.) Femmes en tous
leurs faits sont amiables. (Pierre Grognet.)
amiableté, subst., amitié, amicabilitas .
(Voc. J. MouR.) Se corriger par amiableté.
(Règ. de S. Ben. de 1S25, fol. .28, col. i.)
Fraternelle amyableté. (Ib., fol. 57, col. 2.)
amiableteit, en messin. (Cart. des Cél.
de Metz, 1412.)
amicables arbitres, amiables. (S. du V. P.)
amie (s'), son amie.
amieller le peuple par doulces paroles.
In aures populi influere. (Rob. Est.)
amiete, petite amie. Wamiete soyez.
(Jehannet de l'Escurel à la suite de Fauvel,
Ms no 6812, fol. 58, col. 2.)
amieté, subst. fém. (Règ, de S. Ben. de
1525, fol. 4, col. 4.)
amiette, amiciûa. (Rob. Est.)
amig-notte (Une barbe), [parée.]
amig'notter quelqu'un, blandiri. (Rob.
Est.)
Amillart, nom d'homme, 1387.
amins, amis. (Cart. de Frist., fol. 11 vo.)
amiquié, amitié dans le Parisis et la
Picardie.
amirable, admirable. (S. du V. P.)
amirel (pour la rime), amiraut, amiraiis,
amiral.
Chinquante amiraus y trouva-
(Mss du Roy, n' 7218, fol. 153 v% col. i.)
Vamiraut en un galiot
Fait entrer o li sanz atente
Arbalestriers . . .
(G. GuiA4<T, fol. 320 V».)
3
— 34 —
amis, capuchon, couverture.
amistié [amitié.]
En amour et en amtslîc'.
(Hist. de France À la suite de Fauvel, fol. 65, col. 2 et
S. du V. P.)
amitable. Une compagne amitahle, 1459
[aimable.]
amité, (S. du V. P.), amistez, amitié,
a mis te, 1209.
Pas ne vous tiennent amiste^
Vos gens, sire . . .
(Hisl. de France à la suite de Fauvel, fol. 69 v", col. 2.)
amitey, amitié.
Par amitey se dame tondis reconfortois.
(Rom. de 1500.)
amitiat, amitié. (Noëls hounl.)
amitouflez [emmitouflés.]
,. , les Polonois
Y sont amiloujlei ainchin que des renards.
(Muse tiorui.)
ammi, au milieu.
amoderer, dompter, domarc. (Ev. de S.
Marc, ch. 5.) Modcrare. (RoB. Est.)
Saviodercr, 1472.
Amodus.
Sathan, Leviaton, Amodus. (Mod. et rue,
fol. 230 vo.)
amoier, s'employer, .s'appliquer, avoir à
cœur, s'adonner, prendre part à quelque
chose.
Xe s'i savoient amoier.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 319 v", col, 2.)
amoig'ner, amener. Tit. des cons. de
Met/, I ]00.)
amoilsonner, amozeneir, abonner,
1565. — Donner à moissons, affermer, 1389,
1420. (Dipl., 324.)
amoindrir. Miuomre. (Voc. du Ps.)
amoindrissement, dimiuutio. (Rob.
Est.)
ammoiner, amener.
Amvioiiiat, amena. (Pr., 1365, 175.)
amoisenour, 1331, fermier, cultivateur.
(Dipl, 324.)
amoistir, madère. (Voc. de 1497.)
amoitir, vnidere. (Voc. de 1497.)
amolier, s'adoucir. (S. du V. P.)
amoUier. (Voc. Nebr., vo Molesco.;
amollut, ad]*., émoulu. Glaive amoUut.
(Chron. de Nic. DE LuT., fol. 13.) Amolu.
(Pr., 1370, 180.)
amoncelement de mors. (Esth., ch. 6.)
Coacervatio. (Rob. Est.)
amoncheler. (Voc. Nebr., vo Coacervo
et CuMULO.)
S' amoncheler, s'assembler en troupe.
Cli'est a su coup qu'i faut qu'on samonchelle.
(Muse norm.)
amone, en picard, subst., aumône, eleemo-
sina. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 42.)
among-ne, aumône. (Ms.)
amonier, sub.st., aumônier. (Chron. de
Nie. i)H Lui'., fol. 42.)
Amonitains, Ammonites. (S. du V. P.)
amonnessent, amenassent. (Pr., II,
231.)
amonnestement, monitorhmi. (Voc. de
I497-)
amonsseler. (Voc. Nebr., vo Aggero.)
amont, 1490, 1580, en haut.
bien amotil
Au dessus de l'autre fanlcon.
(G. DK LA BlGNi:. Poès., Ms, fol . 12 1.)
Amont drechiès, mis, placé plus haut. (Mss
du Roy, no 7218, fol. 153 vo, col. i.)
Hln amon, en montant. (Chron. des Cél. de
Metz, 1375.)
amonter, surmonter, monter, parvenir,
valoir, augmenter. Amor amont grand chose.
(Perceval.)
amonution, subst., avertissement, ordon-
nance.
amor (s'), son amour.
— S amour, 1458.
Amorath, Amurat, empereur des Turcs.
(S. du l\ P.)
amordre, verbe, mordre, s'attacher, s'ap-
pliquer.
Diex me veille se li plaist
A son atnors amordre.
(Mss du Roy, n" 7615, I", fol. 64 v°, col. i.)
Amors (l'ait bien), mordu. (Mod. et roc.,
fol. 180.)
Amordre les gens. (Ih., fol. 139.)
amorettes, amourettes.
35 —
amoreux. (Voc. Nebr., vo Anticiosus.)
amors, 1397, anior, subst., amour.
... il n'avoit de povre pitié
Ne vers Dieu amor.
(Mss du Roy, n" 7218, fol. 205 v*, col. i.)
amorsure [amorce, appât.] (Voc. Nebr.,
vo IXESCATIO.)
amortissement du bien, décadence. (S.
du V. P.)
amorty (Corps), vieux. (Èpit. de S. Paul
aux Rom., ch. 4.)
amosne, aumône. Vamosne on te donra.
(Rom. de 1300. — Cart. de S. Vincent de
Metz, 1242.)
amotion ou séparation. (Voc. Nebr., vo
Decussio.)
amourachement, amatio. (Rob. Est.)
amouracher (s'), devenir amoureux.
amourer, verbe, amouracher.
amoureuse (Instituer une fête), 1 390.
amoureusete [diminutif d'amoureuse.]
Vo bouchete vermeillette, rians amoureusete.
(J. DE l'EsCUREL, fol. 58, col. 2.)
amourous, amoureux. (Noëls lourd.)
amouvoir, verbe, ôter.
Amoluoit, ôtoit. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 52.)
ampanchement, empeschement. (Pr.,
II, 1282, 52.)
ampereres [empereur.]
Pour exemple d'onnor
La fist li ampereres.
(Mss du Roy, n» 7615, II, fol. 172, col. 2.)
ampereur, empereur. (Voc. de 1497, v»
Imperator.)
ampestrer, verbe, impétrer, empêtrer.
Ampestré des liens d'une femme.
ampey, 1458, planté. (Dipl., 324.)
amplaistre, 1480, emplacement. (Dipl.,
324.)
amplexation, subst., baiser. (Règ. de S.
Ben. de 1525, 127, col. 4.)
ampliateur, auctor. (Rob. Est.)
amplier, verbe, augmenter ; le latin
ampleare. (Voc. Nebr., vo Traho.)
Amplier les biens. (Règ. de S. Ben. de 1525,
72, col. 2.)
Ainplié, étendu, augmenté, 1499. (S. du
V. P. — Dipl, 324.)
En ampliant les franchises. (S. du V. P.)
amplir. (Voc. Nebr., vo Amplio.)
amploi, employ. (Cart. de Frist., 8 vo.)
ampoigner, [arripere.]
Avipoignera la flèche. Arripiet. (Jér., ch.VI.)
amprindre, verbe, allumer. Il s'amprint.
(Ph. de Vigneulle.)
ampule, subst. Ampules d'argent apelées
aguières. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 22.)
Ampules de weire, burettes. (Ih., fol. 55.)
amuche, aumusse de chanoine. 1490.
amur, amour.
amyableté. (Voc. Nebr., vo Benivo-
lentia.)
an, en. La vie d'or an roman, titre d'un
livre. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 20.)
Exclamation : an Diex ! (Chron. du xiii^ s.
Ms BouH., fol. 326 vo, col. 2.)
An dans la Picardie se prononce comme
en. Avinture pour avanture ; dans le patois
des environs de Paris, an répond à on : an ne
doit, .... Van ne voit que vous.
Deux ans en ança, en ça. (Chron. des Cél.
de Metz, 1375.)
anacaires [cymbale, sorte de tambour.]
Tabours sonnent et anacaires
Car il en a la pluseurs paires.
(G. GuiART, Très., Ms, fol. 34e.)
anacorite, adj., qui appartient à l'ana-
chorète. Vie anacorite. (Règ. de S. Ben. de
1525, 167, coh 3.)
Anachorite, subst., anachorète, le latin ana-
chorita. (Règ. de S. Ben. de 1525, fol. 16,
col. I.)
Anacrion, Anacréon.
AnacrioH laissât comme je fais,
L'iau pour la muse, et le vin pour le poùette.
(Muse nornt.)
anblans, allant l'amble.
Deux puceles virent venir
Desor un blans palfrois anblans.
(Mss du Roy, n° 79S92, fol. 57, col. 2.)
ano, exclamation ; han en frappant.
ancainte, enceinte. (Mod. et rac, fol. 46.)
Ancel, nom de baptême, 1462.
- 36 -
ancelle, une illa, servante, 1397. (Les Jug.,
ch. 9.)
ancellette, petite servante.
ancensier, subst., encensoir.
ancesseur, ancestres, ancessours,
anceysors, ancêtres, prédécesseurs, 1284,
1385. (S. du V. P. — Dip}., 324.)
Il sont atret de son aticestre.
(MsF du Roy, n" 7615, I, fol. 68 v», col. 2.)
ancessorie, race, ancienneté. [DipL, 324.)
anchaig'ner, enchaîner. Enchaigiic, retient
avec des chaînes. (S. du V. P.)
anchaing-e, subst., échange.
anchairoit, tomberoit. (Tit. des cons.
de Metz, 1300.)
anchanter. (Voc. Nebr., vo Kxcanto.)
anche ; la pointe iXanchc, droit qui se
percevoir sur le vin à Metz. Le picard au lieu
iïiDk'ht' dit inchi', diminche.
ancheuz, échus. (Pr., Il, 470.)
anchien, ancien, 1209, 1472. (l'oc.
Nehr., v»^» Seneci.\. — Le P. D.mre, Hist.
d'Ain., II, 402, tit. de 1582.)
anchiennement, 1561, 1472, ancienne-
ment.
anchienneté. (Pic.)
anchiez, 1401, ensuite, auprès. Et la
niazénette qui est iinchic:^ on dit nieix. Kt la
petite maison qui est auprès dudit jardin.
(Dipl., 324.)
anchiser, tailler, faire incision.
Anchise par le bout de la hampe tout au
travers le col jusques au jargel. (Mod. et rac,
Ms, fol. 29 vo.^
anchisseurs , ancisseurs , ancêtres .
(Le P. Daire, Hist. d'Am., II, 393, tit.
de 1302.)
Ancisseur, ancêtre, prédécesseur.
Renart, j'ai un livre veu
De tes ancisseurs.
(Mss du Roy, n° 7218, fol. 77 v°. col. 2. — S. du l'. P.)
anchois, avant, antcquam, au contraire,
mais, 1525, supposé que, 1423.
anchre, ancre. (Voc. Nebr., v» Anchora.)
anchuse, herbe, en latin doris. (RoB.
Est.)
ancianor, ancien, antique. K\\nQ ancianor.
ancine, 1396, ancienne. (Dipl., 324.)
anc nuit, avant la nuit.
ancoig-neure, auguhis. (Rob. Est.)
ancoires, encore, 1359.
ançois, adv., au contraire, encor que.
Plus il ne se lesseront
Taillier, ançois révéleront
Q.ui retailler plus les voudra.
(Hisl. de France à la suite du roman de Fauvel, Mss du
Roy, no 6812, fol. 85 v», col. i.)
ancor, encor.
... il n'ot pas ancor
Son fais .. .
(Mss du Roy, n' 7615, II, fol. 127 v», col. 2.)
ancouraig-er. (Voc. Nebr., vo Animo.)
ancui, avant le jour.
andain, pas, enjambée en picard. Suivre
à i;rjiuls (iiidiiins. (S. du V. P.)
Andeflede, blanche fleur, nom d'une fille
de Clovis et de Basine. (Anncc litti'r., 1765,
IV, 7)
andequai(Proudome.)(Cart.deFrist.,i2.)
andeux, andoi, andex, andous,
andui, tous les deux.
an Diex ! exclamation. An Diex, an han,
qui m'en garira. (Chron. du xiif s., Ms
BouH., fol. 326, col. 2.)
andoille, andouille ; terme obscène. (Mss
du \\o\\ n" 7218, fol. 215 vo, col. 2.)
andoillier, antoillier[andouillier]. (Fouil-
Loux, Ven., fol. 20.)
andous, 1247, les deux. (Dipl., 324.)
Andreu, Andrieu, 1458, Andruyn,
1273, Andri, Andru, Audrien (S.), nom
propre, S. André. Cart. de Frist., 2. —
Év. de S. Math., ch. IV. — Bible des Cél.
de Metz. — Pr., II, 477. — Dipl., 324. —
Prairie S. Audrien. — Contin. de Gr. de
Tours par Marten'E, V, col. 708.)
androit, endroit, lieu. Nul androit. (Mss
7615, fol. 150, col. 2.)
andui, peut-être aujourd'huy.
Deu.x maus larrons de tes cousins
Andui furent par bougresie
Ars au milieu de Normandie.
(Ms 7218, fol. 214 v% col. 2.)
— 37
aneanté (Secours), nul, inutile. (Per. de
1èr.)
aneis, anei, aîné. (Pr., 1265, 491.)
anel, 1435, annuelle. (Diph, 324.)
anel, partie du corps.
.... andoille
Dont so Vanel en pent la coille.
(Ms 72 iS, fol. 241 V", col. I.)
— Anneau, bague.
Oyez, seignor un bon fabel ;
Un clers le fist por un anel,
Que trois dames un main troverent.
(Ms 7218, fol. ii8, col. I.)
anel, subst., arche. Anel:^ du pont des
morts. (Ph. de Vjgneulle. — Tit. de 15 19.
— Chap. d'Amiens, layette de Camon.)
anelet, petit anneau.
anen, anens, anet, anethus, alloiis
(Noëls hourd.)
anette, cane. (Nicod.)
aneuz, 1 388, tort, dommage. (Diph, 324.)
anfans, infantes. (Cart. de Frist., 8.)
anfarme, infirme.
anfer, [enfer.]
Ce est le général à^anftr.
(Ms 7615, I, fol. 118 v", col. I.)
angarie, corvée, servitude, punition igno-
minieuse comme de porter la selle d'un cheval.
(Du Gange.)
ang^el, subst., ange, angélus. (Règ. de S.
Ben., fol. 124, col. i. — S. du V. P. — Hist.
de la S. C, Ms, 12.)
ang'eline (Ad ce subservoit 1'), (Pér. de
Jér.) [féminin d'ange, — la S^e Vierge.)
ang'ellot, 1560, angelot, ancienne petite
monnoye d'Angleterre dont un ange portoit
l'écusson des armes. (Diph, 324.)
ang'evin, petite pièce de monnoye frappée
à Angers. (Diph, 324.)
Angiers, Angers, ville. (Cosmog. d'ApiEN,
1553. 33-)
anglai, 1650, angle. (Diph, 324.)
ang'le, ange./5. du V. P.)
ang'lée, subst., angle. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 60.)
ang'ier une personne et serrer à l'estroit.
(RoB. Est.)
ang'le!, subst., coin, lieu, le latin anguliis.
(Job, ch. I.) En tout anglet, en tout lieu,
partout. (Règ. de S. Ben., 73, col. 3.) Tu
cherches anglet en lines directes. Il n'est anglet
sans coin. Il n'y a ne place ne anglet. (S. dn
V. P.)
angleux (Rameaux), 1583, [resserré dans
les angles.]
angoisse, angoise, subst., douleur,
anxietas. (Voc. ]. MouR, 1497.) Mot réformé
de la langue françoise vers 1645. (Goujet,
Bihh franc., VI, 46 et 47.)
Tout autre angoisse est joie et la moie est mortex.
(Ms 7218, fol. 345 v°, col. 2.)
angoisseur, euse, adj., triste, doulou-
reux, anxins. (Ecch, ch. 5.) Angoisseiise mort.
(Règ. de S. Ben., fol. 15, col. i.)
Le chaitis monde soffraiteus
Et décevant et angoisseus.
(Ms 7615, II, fol. 14e, col. I.)
angoisseusement, angusoeu-
sement, adv., reprocher, véhémenter,
anxiose. (Voc. J. MouR., 1497. — Les Roys,
liv. le, ch. i.^ Angoisseusement puni. (Règ. de
S. Ben., fol. 23, col. i.)
Braire moult angoisseusement.
(Ms, 2718, fol. 113, col. 2.)
De sa plaie nul mal ne sent
Dont se plaint angusceusement.
(Ms 7989s fol. 50 V, col. i.)
angorisme, [art du calcul, chrono-
gramme.]
On lit en parlant du monde :
Tu es li cystres d'angorisme
Qiii ne fet fors toUir le lieu
D'autre figure c'est de Dieu.
(Ms 7218, fol. 208 \o, col. 2.)
angOUS, subst., [qui fait souffrir, étouf-
fant.]
Moult parfaisoit angous et caut.
Car li solax estoit moult haut.
(Ms 69892, fol. 62 V», col. 2.)
angousseux, euse, [livré à l'angoisse.]
Angousseuse amor. (Ms 79892, fol. 64, col. 2.)
angousseusement, est jaloux. (Ms
79892, fol. 5, col. 2.)
angouste, locusta. (Rob. Est.)
angrats, vous régnerez. (Noëls hourd.)
-38-
angressé (Apol. de Valla, 8.),
ang'uaires, angariœ, ambages. Donner
respiration au peuple des annuaires. (S. du
V. P.)
anguel de l'œuf où s'assemblent les
humeurs. (Voc. Nebr., vo Hircus.)
an^uffié (Cueur), anxialus. (Ps. 60.)
ang'uillon, [aguillon, empreinte, bâton
ferré et aigu des bouviers.]
De petit aguillon
Point on grant anesse.
(Prov. (lu l'ilaiii.)
ang-ulaire,
Garde -toy de l'homme atii^uJaiir. Cave
vinivi augularctu. 15 31.
anguoisse, angoisse. J:sili., liv. IV,
ch. 6.) ; aiii^'oasc, vers Paris.
ang'uste, étroite. Amrustd. (Dipl.. 324.)
anguster. (Voc. Nebr., vq Premo.)
anhan, exclamation de joye ou d'admi-
ration.
Quant la dame ce mot oï
Moult durement s'en esjoï.
Sire, fet elc sanhan anhan.
(Ms 761S, II, toi. 126, col. 1.)
anheler.fTtv.NEBR.jVoAsPiROjPALPiTo.)
Anheloit à la souveraine prestrise, aspiroit.
(Bibl. des Cél. de Metz.)
anhortement, subst., exhortation, réqui-
sition.
aniaus, bagues.
anicher, [cacher.] Pour anichcr en vous
ces antiquailles là. (Cl. de Mons.)
anichiler, [anéantir.]. (Voc. Nebr., vo
Annihilo.) Anichilcra, dispcrdct. (EccL, ch.
32.) La tour ont tout anichiU. (Pér. de Jér.
1488.)
aniens, fâcheux.
animadvertent, font attention. (Fac. de
POGE, 43.)
animales (Bestes), pléonasme. (Pér.
de Jér.)
anixié, adj., annexé, attaché. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 22 J
Anjolz, Anjou, province. (Pr., Il, 1374,
183.)
anmy, au milieu. Anmy la kaiz. (Mod. et
rac, fol. 84 vo.)
annag'e, aunage.
annal, pi. annals, annaux, adj., annuel.
(Cart. de Frist., 1290, p. 14 vo.) Plaids
aiDiaux. (Ph. de Vigneulle.) Dans le même
écrivain, ces mots désignent le service et la
messe des morts qui se célèbrent au bout de
l'année du décez et que nous nommons anni-
versaire.
anne, aulne.
annel, anneau, amuihis. (Geti., ch. 38. —
Vicilh-> Hriires à l'tisage de Mel:{.)
annelet, qu'on met au doigt. AnneUas.
(Rob. Est.)
annemi, anemi, ie, ennemi. Anneniis
latans, cachez. (S. du V. P.) MefTaire à ses
aneruis. (Contin. de Gr. de Tours par Martène,
V, col. 703.)
Amours trop vous doi chérir et hair corn anémie.
(jiuANSET DK l'Escurkl, Ms, n* 68i2, fol. 54 V*, col. 2.)
anner, aulner (auner).
Son le retourne, anna toujours on treuve
Du juste anneur qui les bons anneurs anne.
(J. MOLINKT.)
anneur, aulneur, mesureur. Juste anneur.
\]. MOLINET.)
anneux (Cens), annuels, 1325.
Annevers, Anvers. Loys le quens di!An-
uevers. (Ms 6812, fol. 80, col. 3.)
anney, adj., aîné. (Chron. de Ph. de
Vigneulle.)
anneye, année, 1300.
anniau, anneau.
Cheile moetié à'anniau pour nos nopches béni.
(Rom. de 1300.)
annichiler, annihiler, anéantir. (Dipl.,
324.)
Annichiler, mort. (Rob. Est.)
annoie, ennuie au subj.
Ne me chaut se aucun annoie.
(Ms 6812, fol. éi v% col. 3.)
annombrer, annumerare. (Rob. Est.)
annoncement, annonce, annonciation,
1471, avertissement, denuntiatio. (Rob. Est.)
annonceur de justice, prxco. (2e épit. de
S. Pierre, ch. 2.)
39 —
annonchalir (s') et anéantir, elanguerc.
(RoB. Est.)
annonche, annonce.
annoncher, annoncer.
annonciateur, -tor. (Actes des Ap.,
ch. 17.»
annonciation, chose annoncée, (rc épit.
de S. Jean, ch. i.)
annone, subst., annona en latin. (Règ. de
S. Ben., fol. 88, col. i.)
annortement, avis. (Pr., II, 247.)
annoté,
Fol mal annoté. (Pr., II, 160.)
annuable, 1440, annuel. (DipL, 324.)
annualx, annuel. (Cart. des Cél. de
Metz. 1439.)
annucies, 1376, annéez. (DipL, 324.)
annuenté, en fief. Cens annuentés. (Atour
de Metz, 1344.)
annuer, accéder. Anniiirent, accédèrent.
(Diph, 324.)
annuiter, [mettre fin à].
Qiii domine le ciel, la terre et les palus
Umbreuses de là bas ou toutte chose annuité.
(Renaud Provençal.)
annulacion, annihilatio. (S. du V. P.)
annullanoe, annihilatio, 1472.
annuncement. ('Foc.Nebr. ,voIndictio.)
annunchier nouvelles, annoncer, 1300.
annuy, vers Paris, maintenant.
anoi, ennui, peine, chagrin, insulte. En
religion a grant anoi. (Chron. du xiiie s.,
BouH., fol. 56, col. I.)
anombrer, compter.
anonoier, annoncer. Ils anoncierent, annun-
ciavenint. (S. dn V. P.)
anpongnera, empoignera. (Bible des
Cél. de Metz. — Év. de S. Math., ch. 12.)
anquairiment, enterrement, 1476. (Cart.
des Cél. de Metz.)
anque, anques, avant.
Signor te donront en droit toi
Anques t'estuet por cou souffrir.
(Ms 79892, fol. 60 col. 2.)
anquerron, trouveront. (Pr., II, 463.)
anqueste, enquête. (S. du V. P.)
Anquestes de prodommes, enquêtes. (Pr.,
II, 1230, 462.)
anqui, là, de là.
anquison, (Pr., II, 1267, 495.)
anfeg-ner, verbe, estropier, éreinter.
ansancier, subst., encensoir. (Chi-on. de
Nie. DE Lut., fol. 20.)
ansbedeu, tous deux. (Pr., Il, 503.)
anse, le picard dit ense (inse), defienche
pour défiance, dense pour danse.
ansement, ensement, ensamble.
(Dipl., 324.)
anseté, qui a des anses. Un réchaud
anseté.
ansien, ancien. (Toc. Nebr.jVoEffectus.)
ansnei, aîné. (Pr., II, 1246, 462.)
ansois, 1 315, mais, quoyque. (DipL, 324.)
ansoiz, 1305, de plus, outre cela. (DipL,
324.)
ansuene,
Et tu fores qu'ici t'espans
Qiii tantes ansuene et grans.
(Ms 7989s fol. 64, col. 2.)
ansus, [plus loin.]
De Paris sont un po ansus.
(Ms 7615, I, fol. 66, col. 2.)
antain, antaine, ante, tante. Oncles,
sœurs et antains. (S. du V. P.) Amita. (Ni-
coD.) Avita. (RoB. Est. — DipL, 324.) Belle
ante, belle-tante, 1472. (Foc. J. Mour.)
antan, l'an passé. (DipL, 324.)
antel, tel, pareil. (S. du V. P.)
anthene de navire, mât. (S. du V. P.)
anthenois, gris. Des moutons et anthe-
nois, 1472. [Erreur ; se dit du mouton d'un
an ou environ.]
antiesne, subst., anthiene, antiphona.
(Règ. de S. Ben., fol. 113, col. 3.)
anthiffonier, subst., anthiphonnier .
(Chron. de N. de Lut., fol. 46.)
anthonniers (Les) furent chassez
d'Amiens en 1542 comme ennemis du
royaume.
antieremant, 1304. (Cart. de Frist., 19.)
— 40
antifrasin ou -sim (Dire par), (S. du V.
P.) antiplirasc, le contraire.
antiphone, antiphona. (Ri'g. de S. Ben.,
37-)
antiquement, anciennement, antiquitiis.
antiquissime, très vieille. Douleur auti-
quisshiie, 1583. (FucHS, 264.)
antoilliers. Les mUoiUiers sont les pre-
miers cors (du cerf) gros et longs près des
mules et bien perreux. (G. Phéb., Ms, 160.)
antoneuil, entonnoir. (Dipl., 524.)
antrac ou charbon, antrax. (Rob. Est.)
antre, entre, intei. (Cart. des Céi. de
Met/, 1 521.)
antrechaittes, subst., planches de sépa-
ration dans une caisse pour y former des
cases différentes.
an trous, entre eux. (Tit. des cons. de
Met/., 1300.)
antrustion, vassal du roi. (Dipl., 524.)
anuals, annuels. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 80.)
anuayssant, mouvant. (Voc. Nebr., vo
Instans.)
anui, anuis, anuit, peine, chagrin,
ennui.
Qui en mon cuer se mire nitiui.
(Ms 7218, fol. 62, col. I.)
Afillis seroit, il seroit difficile.
anuit, cette nuit.
anuitant, fm du jour, commencement de
la nuit. Nous istrons de ceste ville à Yanui-
tant tous ensemble. (Mod. et rue, Ms, fol.
294 vo.)
anuitier, aller de nuit, faire nuit.
At.int est pris a anuitier.
(Ms 7218, fol. 144 v», col. I.)
palus
Umbreuses de là bas ou toutte chose annuité.
(Renaud Provenç.^l.)
anulez. Conculquez anuJei. (S. du V. P.)
anuller, ahoîere. (Rob. Est.)
a -nuls -jours -mais, u^S» ^ jamais.
(Dipl., 324.^
anvis, envis, malgré, à peine.
anvoier, envoyer.
Or proi celui qui vi perciez fu del jui...
Qu'il mativoie bonne .santé.
(Ms 761S, II, fol. 135, col. I.)
anvoir, partie du cerf.
... la froissure et anvoir.
Bien vous devez garder.
(G. GuKRiN, Très., de Vin. 49.)
anvoisié, [gai, joyeux.]
S.i route estoit moult anvoisièe
Ht très plaisanté.
(.Ms 7615, H, fol. 158, col. I.)
anxier (s'), verbe, s'inquiéter. Nous...
(in.xier pour les nécessitez du corps. (Rèi^^. de
S. lieu., fol. 90, col. 4.)
anxierté, subst., inquiétude. Anxiété:!^ et
pénalité/ (^«V- de S. Ben., fol. 69, 97, COl. I.)
anxieusement, adv. (Règ. de S. Ben.,
fol. I ) ), col. 3.'
anxieux, ense, adj.. triste. Crainte
a II. \ ien.se. (Rèi[. de S. Ben., fol. 35, col. 4.)
Sollicité et an.xieux d'augmenter l'honneur de
Dieu. (Ih., fol. 43, col. 4.)
aombrement [incarnation de J.-C]
Ccle (la Vierge) ou Dieu prist aombrement.
(Ms 7218, fol. 352, col. 2.)
aombrer, faire de l'ombre, couvrir.
aornement, aornament, ornement.
Oruatus. (Bible s. d. Les Roys, liv. III, ch. 9.)
Ornamentnm. (Macch., liv. I, ch. i.)
Borner, aourner, orner. iRob. Est.
— S. du V. p. — Dip}., 324.) Les estoilles
qui aournent le ciel. (S. du V. P.)
.... de ta figure
De sept estoiles aornce.
(Ms 7218, fol. 179 v°, col. I.)
En Yaoïfiant de très belle stature. (Ol. de
LA Marche.)
Aornant. (Epit. à Tite, ch. 2.)
Aornerent. (ne Épit. de S. Pierre, ch. 3.)
Auraient. (Bible de 1530.)
Aorent, adorent. (Ex., ch. 32.)
Aoreront, adorahunt. (Toh., ch. 13.)
Aorant, adorant. (Ih.)
Aorassent, adorarent. (Ih.)
aouir, entendre, ouïr, audire.
aourer, aorer, verbe^ prier, adorer. La
— 41 —
manière d^aotier si est de jengler au moustier.
(Mod. et nie, Ms, fol. 211 vo.)
Une ynirtige ferai tresgeter
En ton nom le ferai aorer.
(Vies des SS., Ms de Sorbonne, n° 60, col. 31.)
Nous aouriesmes, adorions. (S. du V. P.)
Aouries, priois, orahas. (Toh., ch. 12.)
Le saint de la ville n'est point aoiirê.
Aourerent, adoravcriint. (Gen., ch. 33.)
Aouroient, adoroient. (Les Nomh., ch. 21.)
Aoura. (Gen., ch. 37.)
Aourerons, adorabimus. (Ih.)
Aoure, prie, adore. (S. du V. P.)
aournemens, ornemens. (Diph, 324.)
aouvrer, travailler.
S'est chascun jor bien aouvre's
Il seroit bientôt recouvrés.
(Ms 7218, fol. 249, col. I.)
aowey, 1392, avoué. (Diph, 324.)
apaice, apaicet de sept ans, espace.
(Tit. des cons. de Metz, 1350.)
apaier, remettre la paix. Parlant de Longin,
qui perça le côté de Jésus-Christ, on lit :
celui qui sans delaier
Te vout si mortelment plaier
Vousis envers toi apaier.
(Ms 7218, fol. 94, col. I.)
— Satisfaire, contenter, apaiser.
apaire, le latin apparet. (Règ. de S. Ben.,
fol. 12, col. I.)
Apparoir presentialement. (lUd., fol. 35,
col. 4.)
Appareray, appareho. (Ibid., fol. 65, col. 4.)
Appairent, paroissent. (Ibid., fol. 85, col. 3.)
Appaire, paroisse. (Ibid., fol. 87, col. 3.)
Contre disner apert varlet. Apparet promptus
circà bona prandia servus.
apaisantement, action d'apaiser, 1126.
(Tit. des cons. de Metz.)
apaisanter, appaisanter, verbe, paci-
fier, apaiser, appointer, accorder, transiger.
(DipL, 324.)
apaisement, action d'apaiser. (Voc.
Nebr., vo Pacificatio.)
apaiseur, moyeneur, (Voc. Nebr., vo
Mediator), appaiseur. (Ib. vo Pacifi-
CATOR.)
apaisible, [calme, tranquille.] (Voc. de
1497.)
apaisier, appaisier, apaixier, 1449.
(Tit. des Cél. de Metz), calmer. Appaisier la
colère. (S. du V. P.)
Apaisie, apaise, 1336. Roy apaisie, tran-
quille. (S. du V. P.)
aparcevance, connoissance. (Apol. de
Valla, p. 20.)
aparcevans, voyans.
. . . Sages et apareevans.
(Ms 761 S, II, fol. 137 v°, col. 2.)
Quant tu aparcevras la sainturette.
(Ib., fol. 166 V», col. 2.)
apareiles, appareils.
On visetia ses navreures mortelles
De leurs lies qu'ils ont mit unguens et apareiles.
(Rom. de 1300.)
apareiller, [préparer, apprêter.]
Tuit se queurent apareiller
Par diverses connestablies.
(G. GuiART, fol, 227 v".)
— Apprêté.
Garde que tu faces ainsi
Qu'il n'i ait saveur fors aillie
Mais que bien soit apareillie.
(Ms 7615, 17s v°, col. I.)
Engins qu'entre eux apareillerent.
(G. GuiART, fol. 22$ v».)
X chevaliers apareilla
Moult noblement . . .
(Ms 761$, II, fol. 176, col. 2.)
apareu, appereu vers Paris, [apparu.]
apareur, rendre lent, paresseux.
aparfondir, 1 376, approfondir (la matière.)
(S. du V. P.)
aparissablement,manifestement.('Di/j/.,
324.)
aparli, picard, 1353. Seul, en particulier.
[Mieux à part //.]
aparmain, à l'instant.
aparoir, apparoir, verbe, paroître.
aparoler, parler.
De rien le prestre n'aparole.
(Ms 7218, fol. 146 v°, col. 2.)
aparsoy. Suffin aparsoy, à soy même. (S.
du V. P.)
à-part-elles, [entre elles.]
Femmes à part elles, se devisent de plusieurs
choses. (Fac. de Poge, p. 68.)
apartenir ; il aparqicient, appartient. (En
Picardie et vers Paris.)
42 —
apart-nous, nous seuls, en picard et vers
Paris.
apasanteours, apasanteurs, apa-
soours, apaseour, 1310, 1520, 1419.
Arbitres, compositeurs nommez à Taniiable,
médiateurs. (Pr., II, $74 et DipL, 324.)
apasteller, paître. (Foc. Nebr., vo Siro.
— Apati'lc. (Ih., vo SiPATUS.)
apayez, payez. (Pr., Il, 1263, 490.)
apel (mot d'), [convocation, sommation.]
Quatre double i mot de chasse
Tenant à un mot à'apel face
l.c vcnciir par deux alenées.
(F. GtKRiN, Très. Je vêti., 19.)
apellement, action d'apeler. (Voc. Nebr.,
yo Voc AT 10.)
apenser, réflécliir, préméditer, examiner.
S'apoiscr, 1368, penser en soy-mème.
apensionnée (C'.hose), donnée à pen-
sion. (l\\\ Xi:i»R., v^' Pathkticus.)
aperchever, apercevoir.
... je n'ai pu jamais m'apeiihrfir de rien.
(Muse norm.)
aperchevoir, verbe, appercevoir, voir.
ApercJiut, vit.
Quant les aperchiil .Marie
Ne pot muer qu'ele ne rie.
(l'ies des 55., Ms de Sorboiine, n* 6i, col. 5.)
Apcrccoit vers Paris.
apercion. (Voc. Nebr., vo Poris.ma.)
aperer, ouvrir.
... li cliapelains les aptre
Si les trueve . . .
(.Ms 721S. fol. 255 v°, col. 2.)
— Paroître. Comme il appert; on voit.
Mal est caché à qui le cul apcrt ; paroit.
Apera, parut. (S. du V. P.)
apert, évident, savant, connoisseur, intel-
ligent, ouvert. Un en apcrt. (Gui art, Très.,
fol. 66 vo.) Miracle apcrt, paroît ou évident.
(Ms 7615, I, fol. 104 vo, col. I.) En apcrt
non pas en requoi. (G. Gltart, fol. 282 vo.)
Ta gloire ser-ii faite apcrtc, appariicrit. (Hist.
de la S^'^ Croix, 13.) Main apcrte, ouverte.
(G. Phéb., Chasse, 215.) Porte aperte. (S. du
V. P.) La grieche est si aperte. (Ms 7615, I,
fol. 61, col. I.)
apersevement , aperchevement .
(Voc. Nebr., vo Perceptio.)
apertemant, [ouvertement, franchement,
proniptement.J Bailliez la moi apertemant.
(Ms 7615, II, fol. 151 vo, col. 2.) Si comme
apertemcnt le voient. (G. Guiart, fol. 291.)
Volir outre apertemcnt, ouvertement. Mentir
apertemcnt. (S. du V. P.)
apertion, subst., ouverture ; le latin
apert io. (Rci,'. de S. Ben., fol. 156, col. 4.)
Apertion de bouche, bâillement. (Voc.
Nebr., vo Oscitatio.)
apertise, connoissance, intelligence. (Voc.
Xkhk., v'> Sattor.)
apeser, calmer. (Pr., II, 1252, 470.)
Apescriens, calmerions. (Ih.)
apetisser, diminuer. Soit tant boulli (la
poudre) que a'apetisse de la moitié. (Mod. et
rac, fol. 129 vo.)
S\ipctissit, diminua. (Gcn., ch. 18.)
apetiter, mcdicare. (Voc. de 1497.)
Aphrique (Homme). (Voc. Nebr., vo
Ahila.i
apicier, épicier. (Tit. des cons. de Metz.
I ^IX). 1
aplaniement. (Voc. Nebr., vo Compla-
NATIO.)
aplanier, doler. (Voc. Nebr., vo Lœvigo.)
aplaquier, oindre. (Voc. Nebr.^ vo
Oblivio.)
aplaynement. (Voc. Nebr., vo Lœvi-
gatio.)
apler, appeler. Aph\ de monde. Aplirent,
appelèrent.
apoier, appuyer, appodiare. (Voc. J. Mour.
— Voc. Nebr., vo Cohereo.)
Estoit apoiee sur une grande maçue.
(Ms 7989% fol., 57 col. I.)
apoiesmes de fleurs, 1397. Fidcite me
Jioribus.
apointement, subst., accommodement,
convention.
apointer, verbe, accorder, convenir. Pria. . .
qu'ils le feissent apointer par le syurgien.
(Triomphe des Xeuf Preux, 499, col. 2.)
Viandes mal apointées. (Fac. de Poge, 24.)
apoistre, 1404, apôtre. (DipL, 324.]
— 43
apollinique, qui appartient à Apollon.
Les remèdes divers pour guérir de tous maux
Ainchin que li en avoit o temple apollinique.
(Muse vorm.)
aporter, [apporter.]
Aportircs, apportèrent. Les messagiers apor-
tircs nouvelles. (Rom. de 1300.)
apostatat, apostat. (S. du V. P.)
apostater, verbe, apostasier. Le vin fait
apostatcr mesmes les saiges. (Ri'g. de S. Ben.,
fol. 104, col. I.)
apostolat, apôtre, 1 397, le pape.
apostoile, prédicateur.
Lessierent lor apostoile.
(Ms 68i2, fol. 85 v% col. 2.)
apostole, évêque, le pape. (Dipl., 324.)
... Vaposiole de Rome.
(Ms 7613, II, fol. 147 V® col. 2.)
Li apostoile le tredist
A l'arcevesque de Lyon.
(Ms 6812, fol. 72 v°, col. 3.)
apostolical (Trône), [papal, apostolique.]
apostre, le pape.
Le roy et Vapostre.
(Ms 6812, fol. 82 V», col. I.)
apostumeux, idcerosus. (Voc. de 1497.)
apoteque de herbes, apotiquairerie. (S.
du V. P.)
apotesme, aposthume . Aposteume en
picard.
apoussaire, verbe, épouser.
apoustume. (Voc. Nebr., vo Papula.)
apovrir, rendre pauvre. (S. du V. P.)
apoyement. (Voc. Nebr., v» Cohe-
RENTIA.)
appaingnie, 1458, accompagné. (Dipl.,
324.)
appaires, apparcas. (Joh, ch. 33), paroisse.
appaisement, ^Zflm//o. (Is., ch. 61.)
Appaisement du déluge. (S. du V. P.)
appaisié, appaisé. (S. du V. P.)
appaixanter, rendre la paix.
Pour cette guerre appaixanter,
Vint un homme se présenter.
(Pr., II, 156.)
appalira, eruhescet. (Is., ch. 24.)
appandize, dépendance. (Cart. des Cél.
de Metz, 1467.)
a-pparahle, placahiUs. (Job, ch. 33.)
apparageor, 1270. Enfans puisnez pour
lesquels les aînez font hommage au seigneur
haut justicier. (Pr., II, 325.)
apparaux, subst., apparences. (Règ. de S.
Ben., fol. 160, col. i.)
apparcevoir, apercevoir. (Rob. Est.)
Apparçoit, aperçoit. (Reg. de S. Ben., l'j vo.)
appare, apparcat.(^\\At sans date.) Paroisse
[ou mieux paroi.]
appareillement (sans), sans apprêt. (S.
du V. P.)
Ce sont li appareillement
Desquels j'appareille ma gent.
(Ms 7218, fol. 362, col. 2.)
appareillier [préparer, apprêter.]
Behebus fist appareillier
Un userier cuit en un pot.
(Ms 7218, fol. 242 v", col. I.)
Appareilliez, lié.
D'un blanc sainct appartillié.
(Ms 7218, fol. 280 v% col. I.)
— Habillé, disposé, ajusté.
Appareillé de joie faire.
(Ib., fol. 59 v°, col. 2.)
• • • ] (ippct-^im^ nia gent.
(Ib., fol. 362, col. 2.)
Comme est appareilliez et par font abilliez.
(Ib., fol. 259, col. 2.)
Apparillieil à tous vos plaisirs. (Meurisse,
Hist. des évêques de Met^, p. 494.)
Appareillei, 1352, préparé. (Dipl., 324.)
J'en suis appareillé. (Gen., ch. 37.)
Appareiller une église, raccommoder. (S. du
V. P.)
Q.ui voit sa viande appareiller
Est souvent saoul sans en mangier. 1531.
apparemment. (Voc. Nebr., vo Supe-
REMINENTER.)
apparence, moyens employez contre une
partie adverse pour soutenir un doute con-
testé ; salvations, moyens, répliques, défenses
réitérées. (Dipl., 325.) — Contre apparence,
réplique. (Ih.)
apparence de justice, 1484, jugement,
sentence, acte de reconnoissance, acte de
notoriété. (Dipl., p. 325.)
apparent, paroissent. (S. du V. P.)
44 -
apparesser (s'), devenir paresseux.
noblesse,
L'une aux armes s'adonne et l'autre s'apparesse.
(Marot.)
apparg'ines, subst. Sens nulles appargines
ne exceptes. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 105.)
apparié, [apparillié, préparé.] Propre
et bien appariée. (Les Ruis., par C. Fontaine,
386.) Il étoit toujours prêt et bien apparillié.
(Tit. de 1418. DipL, 325.)
apparissance, excellence. (Voc. Nebr.,
VO EmIKENTIA — lîVIDANTIA.)
appariteour, 1543, 1650, huissier, bâton-
nier, verger. (DipJ., 325.)
apparition de N.-S., l'Epiphanie. (DipJ.,
325.)
apparitoire, pariétaire, herbe. (Rob.
Est.)
apparoir, apparerc. (S. dit V. P. — Rob.
Est.) Coniparoître en justice. (DipL, 325.)
apparoissance, apparence. (Rob. Est.)
appartenanche,apparthenance, 1325,
(Le P. Dairk, Hist. d'Am., II, 393, tit. de
1302), appartenance, dépendance. ^Cart. des
Cél. de Metz, 1467.1
appartenir, verbe d'usage.
Appiirtcinicnt, appartiennent.
Appartenra, appartiendra. (Le P. Daire,
Hist. d'Am., II, 401, tit. de 1382. — Ch. des
Cél. de Metz, 141 2.)
Apperthiennent, appartiennent. (Ib., 1420.)
Apparthient , appartient. (Cart. des cons. de
Metz, 1551.)
Comme il appartenist. (S. du V. P.)
Appartint. (Gen., ch. 47.)
apparute (Vision), visa. (Esdr., liv. IV,
ch. 10.)
apparution, apparition. (S. du V. P.)
appateler, appasteler, donner la
bêchée. (Rob. Est.)
appaure, apprendre. (Pr., II, 220.)
appellable, vocahilis. (Voc. de 1497.)
appellemens [action d'appeler.] (Job.,
ch. 40.)
appeller, verbe connu. Appellemes, appe-
lâmes. (Chron. de Nie. de Lut., fol. 76.)
AppeJIont, appellent vers Paris.
appendise, appendize, 1369 et 1388,
appendice, 1300, subst., dépendance,
appartenance. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 48.)
Les terres de Créky, Fressin et appendiche,
(Rom. de 1300.)
appendre, verbe, attacher. Appendre le
scel, attacher le scel, sceller. (Ph. de Vi-
GNEULLE.)
— Dépendre, appartenir, appendere. Appen-
dant d'un manoir, 1325.
Appendent, appartiennent, 141 1.
'. l'escriture
Qu'on appendoit dans le temple des dieux.
(Mme norm.)
appennage, apanage.
appenséement [en pensant, à dessein.]
Je n'ay mie ordonné que on laisse courre
appenséement aux troupes pour les prendre à
force de chiens. (Mod. et roc., fol. 59.)
appensement, réflexion. (S. du V. P.)
appenser (se), penser. (S. du V. P.)
appercevance, notatio. (Rob. Est.)
appercevement,^f7T^/'/io.croc. de 1497.)
apperchuvoir, apercevoir.
apperrer, apparoir, apparaître.
Appara, appeirera, 1431, apparaîtra. (Dipl.,
324.)
Apperront, apparaîtront, 1391.
Appairoity videtur. (Pr., II, 611.)
Apperras, apparueris. (Ex., ch. 10.)
Apperra, paroîtra, (S. du V. P.)
Appere, paroisse. (Ib.)
Appert, il paroît. Appert que... cherchant...
occasion. (Du Bellay, Mém., liv. IX, fol. 282.)
Tout en appert, tout ce qui brille. (S. du
V. P.)
Appert apertement. Pléonasme. (Lévit.,
ch. 21.)
appert, appers, habiles. (Ms de 1436.)
Bien apert et bien combatant.
(G. DE LA BlGNE, fol. 99 V".)
Capitaine mal appert, malhabile. (Pérégr.
de Je rus.)
— 45 —
appert, ouvertement, apcrte en latin.
En appert né en couvert. (Reg. du chap.
d'Amiens, 1391.)
Apperte, ouverte. (Ex., ch. 26.)
appertement, adv., le latin aperte. (S.
Champier, Chron. d'Austrasie.)
appertehir. Ainsi comme il appertieuL
(Mûd. et rac, fol. 334.)
Gourmandise et lescherie
Apperiient à gloutonnye.
(G. DE LA BiGNE, fol. 54 V*.)
appeler, grand avoir. (Fauchet.) Appe-
tere. (Voc. ]. MouR.)
Appete'es, désirées. (Sap., ch. 6.)
Et n'ay mangé quand manger appeloys.
(C. Fontaine, Les Ruis., p. 374.)
appetible, adj., désirable. Chose appe-
tible. (Règ. de S. Ben., fol. 99, col. 4.)
appetissement d'eau. (Jos., ch. i.)
Imminutio. (Rob. Est.)
appetisser, minuere, (Rob. Est.) dimi-
nuer. (DipL, 325. — Bible de 1530.)
Appetisserent, diminuèrent. (Gen., ch. 30.)
appeurhender, appréhender.
appiant, appel, appiaux, appels, 1353.
apping'leis, 1376, épinglier, profession
dès lors érigée en communauté. (DipL, 325.)
applaner. (Voc. Nebr., vo Implano.)
appléger, 1300, applégier, 1437, se
rendre caution, assurer, plaider en justice.
(DipL, 325.)
appleig-ement, 1410, 1527, requête en
complainte. (DipL, 325.)
applicont, appliquèrent. (Pr., II, 1425,
195-)
applommer, consopire. (Rob. Est.)
appeler (Pour H), s'appuyer. (S. du V. P.
— Pic.) Fiilcire. (Voc. de 1497.)
appointant, 1550, aboutissant'. (DipL,
325-)
appointé, 1545, fixé, arrêté. (DipL, 325.)
appointement, 1473, transaction, accord,
traité provisoire, jugement, répartition. {DipL,
325-)
appointer, i42i,appointier, 1473, pré-
parer, 143 1, transiger, accorder. (DipL, 325.) ^
apport, advectio. (Rob. Est.)
apporteur, qui apporte. (C. Fontaine
Les Ruis., 291.)
appostres, apôtres. (DipL, 325.)
appoteque, subst., [boutique.]
Vertus gardéez et appotéques d'humilité. (Règ.
de S. Ben., fol. 87, col. 4.)
appoullez, ampouillez, 1570, héritages
ensemencez. (DipL, 325.)
appourter, verbe, apporter.
Ceulx que illeuc lez ont appourte^.
(Ph. de Vigneulle.)
appovrir, depauperare. (Rob. Est.)
appoyans, appuis, balcons. (Les Roys,
liv. III, ch. 6.)
appoyement, soutien. (Voc. Nebr., v»
FULSIMENTUM.)
apprayer, 1458, arranger un pré, y faire
des fossez, des saignées au milieu.
Terres apprayées, 1455, mises en nature de
TpYé.(DipL, 325.)
appréhender, verbe. Appréhende et pos-
sède, appréhendât. (Ps. 68. — Règ. de S. Ben.,
fol. 168, col. 4.)
apprenage, apprentissage. (Tit. des cons.
de Metz, 1483.)
apprenans, apprentis. (Tit. des cons. de
Metz, 1483.)
apprendre,
Plus a apprins qui se tait que qui haut brait.
(Al. Chartier.)
ApprenUt, apprit. (Bible sans date.)
Apprende:(, discite. (Is., ch. i.)
Apprengnent, discant . (Ep. aux Cor.,
ch. 14.)
apprentiers, 1550, apprentis. (DipL,
325-)
appreuver, verbe, approuver. Appreuve,
approuve. (S. du V. P. — Règ. de S. Ben.,
fol. 45, col. I.) yappruef, j'approuve.
apprins (Bien), bien appris, bien élevé,
instruit. (Al. Chartier.)
apprisager, apprécier. (DipL, 325.)
apprise de l'Écriture, subst., du mot
apprensare ou apprendere.
approchement, admotio. (TIob. Est.)
-46
Approchement des femmes, commerce. (Fac.
de PoGE, 96.)
approcher, faire des reproches. Approcher
quelqu'un. (Dipl., 325.)
approchez, oppressez, oppressi. (Ex.,
ch. 6.)
appropriément, adv., [appropriation.]
(Ri\<:. de s. Bcu., loi. 58, col. 3.)
approucher, approuchier, verbe,
approcher. (S. du V. P.) Acccdarc. (Foc. J.
MouR., 1497.)
Approuchc. (S. Champ., Chroti. d'Auslr.)
Approuchei, traduits en justice. (DipJ. 325.''
Aprucche (S'). (Ms 7218, fol. 13, col. i.)
Aproiiche, approche. (S. du V. P.)
Il fault approuchier les bestes le plus prés
que l'en peut. (Mod. et rac, fol. 79.)
approuvement, approhatio. (Rob. Est.)
appuial (Un bâton), à s'appuyer. (S. du
V. P.), au figuré, persévérance. (Ih.)
âpre en son entreprinse. (Pèrèg. de Jerus.)
aprendre,
Tant que le videcoc Tait bien nprius. (Mod.
et rac, fol. 88.)
apresser, accabler, opprimer.
aprestée, préparée.
De reubes et de joiaus
Garnie et aprestée.
(Ms 761s, II, fol. 140 V», col. I.)
aprestey, apprêté, préparé.
Li b.uu]uet pour lies nopches estov tout aprestey.
(Rom. de 1500.)
apresure, ardeur.
apreuve, approuve. (S. du V. P.)
aprevoisé, aprivoisié, apprivoisé. (Jêr.,
ch. 31. — 5. du V. P.)
apriey, après.
Apriey le bosquillon coureut et li rateint.
(Rom. de 1500.)
aprivoiseté. (Voc. Nebr., vo Max-
SUETUDO.)
aprocer, 1397, aprochier, 1467, verbe,
approcher, fréquenter. Aprochier le videcoq
bellement. (Mod. et rac., fol. 180.)
Et quant tu seras aprochics
Del leu ou li cers est embrochiês.
(Ms 7615, II, fol. 166 v°, col I.)
Aproce. Quand on l'en trouve es bois (des
videcos) V aproce l'en tout couvert. (Mod. et
rac, fol. 179 vo.)
Approeçoit, appropinquahat. (Ecoles., ch. 51.)
aproismer, approcher. Il aproisvm. (Ms
7218, fol. 106 vo, col. I.)
apt, idoine, propre à quelque chose. (DipL,
52)-.)
apvril, avril. (Rob. Est.)
aquast, achat. (Cart. de Frist.)
aquaster, aquasteir [acheter.] Aquaster
en tréfonds. (Cart. de Frist., 4 vo et 12 vo,
1305.)
aquenance,
Coûte! tranchant d'</</m'//(/;/tv. (Ms 7218, fol.
224 vo, col. 2.)
aquerre, acquérir.
vont pour aquerre
Pour les grans gains gaaignier.
(Ms 6812, toi. 49, col. I.)
aqueult, aquieut, reçoit bien, accueille.
Q.iii peut servir et ne veut
A la tin povretc Vaquettlt,
(P. Grocnet.)
|c vo^ aqueux dans sainte sierimonie
(Muse uorm.)
aqueuter, pic, coudoyer.
aquiever, 1532,
aquitance, (Cart. de Frist., 10 vo.)
aquitier, acquitter, 1325.
aquoiser, apaiser, tranquilliser.
aquoisité, froide, 1583. (FucHS, Hist.
des pi., 51.)
aquos, parce que, à cause. (Xoëls lourd.)
aqusé, accusé, 1209.
ar, se dit pour air vers Paris. Rester en
Yar, suspensîis in aère.
arabier, enrager.
arachiez, arrachés. (Prov. de Salem.,
ch. 15.)
arag'e (Droit d'), [droit de terrage.]('P;'.,II,
1267, 495.)
araigne, araignée. (Voc. Nebr., vo Ara-
NEUS.)
arain, airain, 1499. (Voc du Ps. — Voc.
de 1497.)
— 47 -
araine, areine, [trompette d'airain.]
. . . lors vist tentir araiues.
(G. GuiART. Très., fol. 315 v".)
Et mainte trompe et mainte areine.
(Ms 7615, II, fol. 190, col. 2.)
araisonnement. (Voc. Nebr., vo Que-
RIT.\TUS. '
araisonner, dire.
Li quex le rois aralsoune
(Ms 761 S, fol. 112 V", col. I.)
AUoqui. (Voc. J. MouR.)
arauble, 1375, arable, labourable. Terre
arauble. (DipL, 325.)
arbaleste, [arbalète]. Traire aux arcs et à
VarhiJi'stc. (Ch. de G. Phéb., 324.)
arbalestier , arbaletier , arbales -
trier, \\q. Jouv., 291), arbalétrier.
Ferrant crie aux arhalestiers :
Faites ce que vous devez faire !
(G. GuiART, Très., fol. 124.)
Archiers, arbaletters.
(Ms 7996, p. 52.)
arbitraire, mis en arbitrage. Cause arbi-
traire, 1450. (DipL, 325.)
arbitratours, arbitres. (Pr., II, 951.)
arbitrielle, arbitrale. Sentence arhitrielle,
1399. (DipL, 325.)
arbosier (Un), arhutus. (Rob. Est.)
arbou, contresens, à rebours.
arbrichiaux, 1472, arbrisseaux.
arbrisseu, arbrisseau.
arc de main, ars au pL, que on appelle
anglois ou turquois. (Ch. de G. Phéb., 324.)
Faites valles des ars porter.
(Ms 7615, II, fol. 168, col. 2.)
arcal, airain, métal. (Les Roy s, liv. III,
ch. 7.)
Arcambault, [Archambeau.]
C'est la mesnj'e à^ Arcambault,
Et plus en a et pis vault.
Est A rcamhaîdi proies fur iosa tyranni.
arcanes divins, arcana, 1391.
arcaus, [en forme de petit arc]
Les sorciex par samblance avoit
En arcaus, soutiex et lingniez
De brun poil. . .
(Ms 7218, fol. 251, col. I.)
arce à herser la terre. (Voc. Nebr. vo
Traha.)
arceprestre,archiprêtre. (Voc. J. Mour.)
arcer, empêcher. (Voc. Nebr., vo Pro-
HIBEO.)
arcevesque, archevêque.
ISarceuesque fet li ot
La chose dont must le riot.
(Ms 6812, fol. 48 v% col. 5.)
Archadie, Arcadie. (Voc. Nebr., vo
Cyllane.)
arche, subst., voûte, arca en latin, archives,
coffre d'aman, cabinet voûté où les amans de
la ville de Metz gardoient en dépôt les minutes
de leurs actes. (Ph. de Vigneulle.)
Arche de la mémoire. (Règ. de S. Ben.,
fol. 49, col. I.)
Archedeclin, Architrichin. (Heures
gothiques.)
Dame Dieu reclama qui a la Magdelaine
Pardonne ses péchiez et fist vin de fontaine
Quant il et ses apostres se sistrent a la caine
De saint Archedeclin que il li rendist saine.
(Ms 7218, fol. 345 v°, col I.)
archediacre, (S. du V. P.) arcedia-
cre, subst., archidiacre. (Lettre de Thiebaut,
roy de Navarre. — Daniel, Hist. de France,
an. 1270. — Le P. Daire, Hist. d'Am., U,
ISO.)
archepeleghe, archipeleg^ue, (S. du
V. P.), l'archipel, archipelagus.
Mer archepellech. (Voc. Nebr., vo Mare
Egeum.)
archerie (Enseignement d'), art de tirer
de l'arc. (Mod. et rac, fol. 39 vo.)
archeure de la lune, (Ex., ch. 29), [en
forme d'arc]
archidiaque, 1209 [archidiacre.]
archier, archer, tireur d'arc, homme de
guerre. Sagittarius. (Rob. Est.)
Archiers, arbaletiers.
(Ms 7996, p. S2.)
archieres, petites arcades. (Cart. des
Cél. de Metz, 1324.)
archifoux, terme burlesque forgé par la
Société de la Mère folle. (Du Tillet, Hist.
de Ja fête des Poux, 123 et 125.)
archiscole, maître des écoles d'une cathé-
drale, écolâtre. (DipL, 325.)
Arcourant, Alcoran.
48-
ardant, adj., de couleur jaune, verte, sore,
ardaiit et perse. (G. Guiart, Très., fol. 345 vo.)
Les yeux ardans. (Triomphe des neuf Preux,
242, col. 2.)
ardentement, ndv., avec ardeur.
Ardentement contendu. (Règ. de S. Ben.,
fol. 16;, col. 2.)
ardour, subst., messin, incendiaire. (Chron.
de Nie. DE Lut., fol. 5.)
— Chaleur, ardeur. Talent d'esteindre
mardour et plus que devant. (Chron. du
xiiF s., Ms BouH., (bl. 24cS.)
ardre, 1488, verbe, brûler, faire fondre.
Ardout (On), on brûla. (Chron. de Nie. de
Lut., 2.)
Arderont (2^' èpU. de S. Pierre, ch. 3.)
Ardera, ardehit. (Hv. de S. Luc, ch. 15. —
Ex. et Voc. du Ps.)
Ardroient. (Jud., ch. 16.)
Ar'des, brûlés, //;//('. (DeuL, ch. 7.)
Ars, brûle, conihure. (Ih )
Ardissent, 1414, brûlassent. (Dipl., 52).)
Ars, 1595, brûlé.
Arce, brûlée. (Cart. de Frist., 132), 39.)
Art, brûlé. (DipL, 326.^
Ardirent, brûlèrent. (Parai., liv. Il, ch. 7.)
Ardis, brûlay. (Deust., ch. 9.1
Ardrons, brûlerons. (Les Jug., ch. 11.)
Ardront,
Leur Lingues liegeresses
Ardront mortes et vives.
(Ms 761 S, II, fol. 142 v'\ col. I.)
Art, brûlé. Tout le pais destruit ou art.
(G. Gui.\RT, fol. 84.^
Ardent, brûlent. Gens ocient et maisons
ardent. (Ih., fol. 61 vo.)
Ardait, brûloit :
. . . mainte fois ai ore pris
A la langue et au doit tel cose
Que moult n\ ardait. , .
(Ms 7989^ fol. 4), col. I.)
Arde, brûle, ardeat :
Il reambont et tuent cils que il ont en garde
Por un poi de denier que mahoit feus anie.
(Ms 721S, fol. 357 v», col. I.)
Ars, brûlés :
Deus maus larrons de tes cousins...
Ars en mileu de Xormendie...
(Ib., fol. 214 V*, col. 2.)
Arses : Lour terres seront arses. (Hist. de
la 5te Croix, Ms, 5.) L'un ard en moy, l'autre
cuit, l'autre bout. (Fauchet.) Il n'ard
d'amasser. (J. des Masures.)
Artes, brûlées, 1388. (Pr., II, 170.)
Airce, brûlée. (Ih., 180, 1373.)
Ardit, il brûla. (S. du V. P.)
Ardist, brûla. (Ex., ch. 28.) Qui la maison
de son voisin voit ardre doit avoir paour de
la sienne.
ardu, (Foc. Nebr., vo Sublimis.) Cause
ardue, de conséquence. Ardua.
ardure, brûlure, ardeur, 1472. Belliqueuse
ardurc. (C. Fontaines, les Puis., 295.)
arecier, se mettre en ceuvre.
arederie, subst., entêtement, obstination.
arées, sillons. Les grants beufs ne font
pas les grandes arees.
arelle, fer de charrue, soc. (Foc. Nebr.,
V" K.XSIRU.M.)
aremait de taïxon, armé. (Pr., II, 178.)
arencataire, arrendateur, 1 548, 1 5 56,
fermier, colon. (DipL, 325.)
arendation, 1436, bail à ferme. (DipL,
32).
arenée, adj., labourée. Terre arenée.
(Chron. de Nie. DE Lut., 13.)
areneuse 1 Rivière i, sablonneuse.
arengue, harangue. (S. du V. P.)
arenner, aresner, arranger, mettre en
ordre, attacher, arrêter.
Ses drapiaus ordoiez Tavoit
Et Varcsnoit. . . doucement.
(.Ms 7218, fol. 291 v», col. 2.)
arenter, donner à rentes. (S. du V. P.)
Areute. (Ih.)
aréondies, arrondies. Grosses pierres
aréondies. (G. Guiart, fol. 225 vo.)
arer, 1488, labourer, arare. (DipL, 325.)
Apres arer son jorné (journel) sanie (sème)
(Ms 7218, fol 309 v", col. I.)
Aroient, arahant. (Joh, ch. i.)
arest,
... il n'a point A' arest,
Li fauconnier est tousjours prest
De fuir après son faucon.
(Mod. et Rac, fol. 143 v».)
arestement, (Voc. Nebr., voStatio.)
arestes, nom d'un serpent. (S. du V. P.)
,. Son toucher fait mourir les chevaux.
— A9
arestison (Faire), s'arrêter.
Gantiers s'en torna, n"\ fist arestison.
(Ms 7218, fol. 344 v°, col. I.)
arestus, resté, arrêté.
S'a mon ostel fusse arestus
A pies ce ne fust vestus
De robe d'escarhvte nueve.
(Ms 7615, I, fol. 120 v°, col. I.)
areur, celui qui arc la terre, arator. (Voc.
J. MouR.)
— QjLii fiiit raie, sitJco. (Voc. de 1497.)
arfabet, alphabet.
argenterie, [banque, recette.]
argenteux, riche. (Toc. Nebr.,voMiron.)
Argentueil, Argenteuil, village. (Mss du
Roy.)
arg-illière orillonnée, 1433.
argue, 1548, argumens, altercations.
(Diph, 325.)
arguer, verbe, babiller. Un homme dit
en parlant de sa femme :
Veez vous comment elle areue
Tousjours n'a pas esté en mue.
(Moi. et rac, Ms, fol. 157.)
— Reprendre, ar guère. Si tu dis ouy,
'fargurai le contraire. (Guil. Michel, 1398.)
Argue, arguas. (Ps. 37.)
arguillon, ardillon de boucle. (Pic.)
argution, castigatio. (Ps. 71.)
ari, qui a perdu son humeur naturelle,
aridus. (RoB. Est.)
arier, arrière.
S'en retor»e droit arler.
(Ms 7615, II, fol. 127 v°, col. 2.)
ariérages, arrérages.
arignée, araignée. (Nicod. — Rob. Est.)
arimetique, (S. du V. P.) [arithmétique],
arismetiqiie. (Bible de 1530. — Voc. de J.
MouR.)
aringuer, aringer, arranger.
arirer, mettre en colère.
aristologe (Longe). (Pcrég. de Jcr.)
Aristotele, Aristote. (S. du V. P.)
arluser (s'), s'amuser avec les hommes.
(Pic.)
armable, armahiîis. (Voc. de J. MouR.)
armade, armement, armée.
Cliele sie noble emprinse et si nombrieuse armade.
(Rom. de 1300.)
armaire, subst., armoire. fC/jro/z. de Nie.
DE Lut., fol. 47.)
armalx, 1492, bœufs qui vont à la
charrue, d'où l'expression de hétes armaïlles.
(Diph, 325.)
armandoise (Bourse) et bourse à braves.
(Tit. des cons. de Metz, 141 2.)
armature. (Voc. Nebr., vo Loricatio.)
armayer, armurier, 1361.
arme, âme, anima. Luxure qui... ma
chetive d'arme a blescié et osté de ta grâce.
(Cb. de G. Phéb., 365.)
armeis de feir, armez de fer. (Pr., II,
1281, 513.)
armeniac l,sel). (Fouilloux, Veit.,
fol. 85.)
arm.enot, almanach.
armentable, adj. Le cuens de bar armm-
tahle de la sainte Évangile. 1331. (Pr., II,
5830
armeure, subst., armure, armes, arma.
Armeure de fer. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 13. —5. du V. P.)
armeye, armée.
Onks on ne avoye mi veu eune si belle armeye,
(Rom. de 1500.)
Armignoys, peuples de l'Armagnac.
(Voc. Nebr., vo Armigniaci.)
armille, armiUa, bracelet. (Gen., ch. 24.)
Ornement de la main droite. (Voc. Nebr., v»
Dexerocerium.)
armoiour, subst., armurier. (Chron. de
Nic. DE Lut., fol. 28.)
armoise, inacis, rue, etc., plante médicale.
(Fouilloux, Fauc, fol. 13.)
armoyée, 1496, armoriée. (Diph, 325.)
arné, delumhis, ehimhus. (Rob. Est.)
arnelz, harnois. (Pr., II, 1434, 216.)
Arnuef (S.), saint Arnoul. (Cart. des
Cél. de Metz, 1424.)
aromas, aromates, aromata. (S. du V. P.)
aromatique (Épice^. (Ex., ch. 29.}
4
— 50 -
arom'atizans (Espiceries). (Gen., cli. 50.)
aroncé, pris dans les ronces en patois
flamand. Animal cnroncc. (Jouni. ciicxclop.,
1769, 334.)
aronde, 1397, arondelle, 1585, hiron-
delle. (Tob., ch. 2.) Hiioiido, (Rob. Est.)
Cel'ulo. (Foc. de 1497.)
arosmes, parfums. (Les Roys, liv. III,
ch. 10), arômes, aroiiinta. (lix., ch. 29.)
arostaig'e (Demeurer en). i^Tit. des cens,
de Metz, 1 350.)
arouser, arroser, aspcii^crc. (S. du T. P.)
A r ou se s. (Ih.)
arousoir, arrosoir.
arouter (s'), marcher.
)usqu';ui fon/ du fosse/, saroutail.
(G. GtiART, fol. 77 v'.)
Ains fait sa bataille aiouler,
(II'., fol. 254 V.)
Piétons qui s'iront arouluiil.
(II'., fol. 227 y.)
aroyner [disposer, préparer,]
Son palefroi list enccler
Kt ses cliarretes aroyner.
(Ms 7615, il, fol. 12-1, col. I.)
arpe (Joueur d'). (Foc. Nebr., vo Ariok.^
arpoier, prophiinarc (Voc. de 1.^97.)
arque, subst., arcade. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 94.)
arquebusarie, arquebusade. Furent les-
dits légionnaires repoussez de Yarqudmsaric
espagnole. (Du Bellay, Mêm., VII, fol. 200.)
arquemie. (Voc. Nebr., vt> Signium
OPUS.)
arrable, labourable. Terre arrahJc. (Cart.
des Cél. de Metz, 1564.)
arrachement. (Voc. Nebr., vo Rux-
C.\TIO.)
arracheur, avulsor. (Rob. Est.)
arrainir, promettre. (DipL, 326.)
arrais, à l'exception. (Cart. de Frist., 12.)
Arrais, Arras, ville d'Artois. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 91.)
arraisonner, haranguer, parler, entre-
tenir, porter la parole. L'empereur si Yarrai-
somia. (Villon. — Voc. de i497->)
Arraisonné et admonesté. (Règ. de S. Ben.,
fol. 66, col. 3.)
arrament, arrérages. Payer les arraniens.
(Tit. des cons. de Metz, 1542.)
arramie (Place), joute, combat.
arramir, assembler, convoquer, réunir,
défier, s'engager.
arrascement, avuhio. (Voc. J. Mour.)
arrazer les murs, les raser. (Pr., II,
17H, iU^7-)
arrement, encre.
arrest (Honnne sans\ qui ne s'arrête pas,
toujours en mouvement.
Siins arrest, sans différer, sur le champ.
(S. du V. P.)
arrestoison, arrêt. (DipL, 326.)
arrêtez. Des conseillers doivent être
arrête:^ en leurs paroles... et modérez. (Instr.
du c^ianc. de Chevernv à son fils, 252.)
arrez, arrêts. Ait eximiez arre:{ droit en
plaict. Cart. des Cél. de Metz, 1560.)
— 1 57), 1434, vers, de côté, joignant.
— Aux environs, en dehors, 1323.
— Excepté. Terre exempte de tous droits,
fl/7v:^ de dixme. (DipL, 326.)
arrier, arages, 1406, arrérages, revenus
des terres arrables restées en arrière. (DipL,
326.)
arriers, derrière, ro/^o, à reculons. — Aussi.
arriner une galêe. (S. du V. P.)
arrivement, appulsns. (Rob. Est.)
arriver, yarrivis, 'farrivois. (Lettres de
Henry IV.)
arroches, espèce de légume. (Fuens,
IList. des pL, 149.) Atreplexum. (Rob. Est.)
arrogantement, adv., avec arrogance.
(Règ. de S. Ben., fol. 114, col. 2.)
arroiser, arroser, 1397.
arrours, subst. plur., erreurs.
arrousement, irrigatio. (Prav. de Sahm.,
ch. 5.' Aspcrsio. Rob. Est.)
arrouser, irrigare. (RoB. Est.)
Arrousé dt Somme, soporatus. ( Voc. du Ps.);
aspersus. (Rob. Est.)
— 51 —
Anoiisc, rigat. (Ép. aux Corinth., ch. 2.)
Arrouse, rigo. (Voc. du Ps.J
Arrouserai, rigaho. (Ib.)
Arrousa, aspcrsit. (Lcvit., ch. 8.)
arrousoir, [arrosoir.] (Voc. du Ps.)
arroy, [en état, en ordre.]
Or vous dirons en quel arroy vous devez
mettre vostre espervicr. (Mod. et rac, Ms,
fol. 156.)
arseno, arsenal.
arsenour, profession. (Cart. des Cél. de
Metz, 1304.)
arsin, arson, 1260, brûlure, incendie, du
mot. ardere. (DlpL, 326.)
Arson (Laine ouvrée à 1'), 1372. (Tit. des
cons. de Metz.)"
Arsous de feu. (Pr., II, 499.)
arsion, brûlure, incendiuiu, 1209.
ar-soir, hier au soir. (DipL, 326.)
arsuir, assurance (Xarsnir. (Pr., II, 629.)
arsure, brûlure, 1368, 1583. (Esd.,
liv. IV, ch. 15.)
art, ars, subst., art, le latin ars. Maistre
en ars, maître ez arts. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 17.)
Ars, arc.
Savoir à'art, être fin, rusé.
artéement, adv., ardemment, avec affec-
tion. Penser trop artéeuient. (Rcg. de S. Ben.,
fol. 15, col. 2.)
— En s'arrôtant trop. (Ih., fol. 157, col. 2.)
arteil du pied, orteil. (Voc. Nebr., v»
Halux.)
artemise, plante. Arlemisc et paritairia.
(Ch. de G. Phéb., Ms, fol. no.)
arter, verbe, arrêter. Volonté restrainte et
artée par le frein d'obédience. (Règ. de S. Ben.,
fol. 49, col. 2.)
— Tarder. (Voc. Neb., v» Emanes). Arle,
tarde. (Ib., vo Emansok.)
arterie, artère. (Fac. de Poge, 89.)
artheticque. Goucte colique muée en
arlhelkque. (S. du V. P.)
articulier, articuler. ArticuJier le mal
qu'on fait. (P. Grognet.)
' Articularis. (Voc. J. MouR.)
artifice, subst., ouvrier méchaniquc ; le
latin artijîx. (Règ. de S. Ben., fol. 132, col. 2.
— Paralip., liv. II, ch. 2.)
artificieux (Feux), d'artifice. (Pérég.,
dejer.j
artillement, subst., artillerie, pièces
d'artillerie. (Chron. de. Nie. DE Lut., fol 10.
— Pr., II, 1370, 180.)
— Outils nécessaires à un métier. (Tit. des
cons. de Metz, 1454.)
artilleus, artillier, 1481, gens d'artil-
lerie. Serrez en lieu comme artilleus. (G.
Guiart, fol. 302 vo.)
Li ariillie:^ qui por Dieu c'est ci avilliez.
(Ms 7615, I, fol. 104, col. 2.)
artique, article.
artisien, artiste.
Jehan Bossus li artisiev,
Hemars Eujars et li fardeliers.
(Ms 761 ), I, fol. 117, col. 1.)
aruiner, verbe, ruiner.
arunde. (Voc. Nebr., v» Hiwundo.)
arundelle, petite arunde. (Voc. Nebr.,
vo Hirundinus pullus.)
arvoire, enchantement, vision, vapeur.
arvol, 1300, subst., arcade, voûte. Arvol
devant une maison. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 38.) — Arvol d'une porte. (Ib., fol. 70.)
as, au. As defuer, au dehors, i469'. (Cart.
des Cél. de Metz.)
as, aux. As queils, auxquels. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 10.)
Qiiant il eurent dîné
As officines sont aie.
(Ms 79892, fol. 47 V, col. I.)
As main, à sa main. 1397.
As us et as coutumes, suivant les us et
coutumes. 1209.
asamblée, assemblée.
Turpins, archiers, arbaletiers
Moult en a fait grant asamblée.
(Ms 7596, p. 52.)
asanlé, assemblée, 1397.
asasiez, rassasiez.
asaveurer, nourrir, 1397.
— 52
ascencié, donné à cens. Avons asccncic
et ascensons. (Pr., II, 622.) 1354.
Ascencc. (Ib., 622.)
ascouter, écouter, 1397.
ascriber, députcr/roc. XEBR.,voDEruTo.)
aseelle, ascdlu. (Prov. de Saîoni., ch. 19.)
Asceillc. (Ib., cil. 26.)
aservetir, assujettir. (Tit. des cons. de
Metz, 1463.)
aseur, asseur, aseure, assuré, en sûreté.
... lu clos lie cluibcuii cosic
Si bien que toute créature
Puct cstrc licdans asnire.
(G. GtiART, fol. 76.)
Asseur, assuré, sccunis, en sûreté. (Apol.
de Valla, 33.) 1472, 15 17. (S. du V. P.)
Dyomedes, qui n'estoit pas trop asseur, niist
tout pour sauver sa vie. (Triomphe des neuf
Preux, 262, col. 2.) Asseur dort qui n'a que
perdre.
asinaire, adj., qui appartient à l'âne, le
latin (tsiudriii. Meule asinaire, meule tournée
par un âne. (AV;'. de S. Ben., fol. 88, col. 2.
asistrent, placèrent. Parlant d'une relique:
Li nioimic en leur, trésor Vasislretit.
(G. Gliart, fol. 30 v°.)
asiurer, assurer.
... t;e c[\ùisiure l'espie.
(G. Gliart, fol. 227 v.)
asmer, estimer, juger,
Cavians, crespes resercelés
Qui plus luisent c'ors amirrà.
(Ms 7989'. fol. 59, col. I.)
asne de Senart, de la ibrest de Senart.
Noble ne scet engin ne art
Ne i]u"un des asncs de Senart
Q.ui bûche porte. ..
(Ms 7615, I, fol. ICI \°, col. I.)
asnesse, [ànessc.]
De petit anguillon point on bien grande
asnesse. (Prov.)
asnon, asellus. (Rob. Est.)
asoig-neuter, avoir soin.
Si vos asoigueutcroit.
(Ms 79892, fol. 72, col. 2.)
asomeir, verbe, sommer, requérir. ^Cart.
des Cél. de Metz, 1420.)
asoreiller is'), se chauffer au soleil.
asoté, assotté, rendu sot, devenu sot.
Jamais homme n'est bien asoté que par femme.
(Fac. de Poge, 14. — La Morlière.)
Assotis, infatua. (Les Roys, liv. II, ch. 15.)
asparge, (en Chimipagne), asperge. Aspa-
ragus. (Rob. Est.)
aspection, subst., [aspect, spectacle.]
Discuter les aspeclions. (Règ. de S. Ben.,
fol. 27, col. 4.)
aspergeoit, mouilloit. (Lévit., ch, 13.)
Aspergit, aspersit. (Les Xonib., ch. 8.)
aspergest, goupillon. Aspergilhnn. (Rob.
1:ST.)
asperg-ouer, hysopus. (Toc. de 1497.)
asperg'Outte mineur, buboniiini. (Rob.
Est.)
aspersion, arrosement. Aspersio. (Rob.
Est.;»
aspis, aspic. Ils ont rompu les ceufs
d'aspis ; ova aspidnni ruperunt. 15 31. Aspids.
(Tob., ch. 13.)
aspre N'ove), raboteuse. (Ev. de S. Luc,
ch. 3-) "
Aspre, visite, vehx. (Les Roys, liv. II, ch. 2.)
Aspre. Que tu mettes ton faucon en aspre
fain. (Mod. et rac, fol. 122.)
Aspre, monnoye qui, en Turquie, vaut
deux liards de la nôtre.
Aspre (Homme), ansterus. (Rob. Est.)
asprement, acerbî', (Rob. Est.) [apre-
ment, rudement, durement, ardemment.]
La roue tourne si asprement. (S. du V. P.)
Asprement visité. (Ib.) Corrige asprement. (Règ.
de S. Ben. de 1501, 52.)
aspreté, asperitas. (Rob. Est.)
asprez, 1209,
asprir comme le chien en jappant. (Voc.
Nebr., vo Lacesso.) Exasperare. (Rob. Est.)
asproyer, exciter, pousser, aiguillonner.
assaiement, action de goûter. (Voc.
Nebr., vo Libatio, Coxamen et Degus-
TATIO.)
— Expérience. (Ib., vo Experientia.)
assaier, verbe, essayer, tenter. (Voc.
I Nebr., v" Experior.)
53
Le chevalier... print nouveau cheval et
voulut de nouveau assaicr le vaissal qui ainsi
l'avoit abatu. (Triomphe des neuf Preux, 500,
col. 2.)
— Assiéger.
Assaicra, tcutahit. (EccL, ch. 39.)
assaieur. (J'oc. Nebr., vo Tentator.)
assaigir, devenir sage. Le fol jamais
nassai^ut. De stutto iicnio sapientou. 15 31.
assaire, 1440, archers, gens de guerre.
(DipJ., 326.)
assaisier, emplir. (V^ Nebr., voImpleo,
Satio), rassasier.
assamblement. (Toc:. Nebr., voUnatio.)
assannée, assemblée.
assarroie, assurerois. (Pr., II, 477.)
assarter, essarter. (Voc. Nebr. , vo Stirpo.)
assasé, [riche, heureux.] Manans et assase:^.
(Ms 7218, fol. 344 vo, col. 2.)
assasier, verbe , rassasier. Remplis et
assasiei- (Kèg. de S. Ben., fol. 3.) Appétit
assa:(ié. (Ib., fol. 133, col. 2.) Je serai assasié.
Satiàbor. (Voc. du Ps.)
assaudre, assauldre, attaquer, prendre
d'assaut.
D'escommunier et à'assaudrc.
(iMs 7218, fol. 7S v°, col. X.)
... m'argue et si m'assaul
Tout sans reson. . .
(Ib., fol. 78 \°, col. I.)
Amors qui sovent Vassaloit.
(V. des SS. de Sorbonne, n" 57.)
Assauldra, prendra d'assaut. (S. du V. P.)
assaulter, monter à l'assaut. (Pr., II,
1434, 219.)
AssauJtont, montèrent à l'assaut. (Ih.)
Assaultèe, prise d'assaut. (Ih., 255.)
assaulx, 1652, assoux, assises, rentes
seigneuriales. (DipL, 326.)
assavoir mon, adv., vtruui. (Esdr.,
liv. II, ch. 7. — Voc. Nebr., vo An.)
assavorer, retourner. (Voc. Nebr., vo
Resipio.)
assavouré, goûté, assaisonné. Viande pou
as savourée. (S. du V. P.)
■ assazé, rempli, content, comblé de biens,
rassasié.
assazin, assassm.
assaziner, assassiner.
asseciez (choses à). (Pr., II, 515), [rendre
sec, mettre à sec, sécher.]
assegier, (5. du V. P.), asseiger, verbe,
assiéger. (Voc. Nebr., vo Castrametor.)
Assejont, assiégèrent. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 10.)
Assegier une ville. (Ih., 11.)
.... outre la rive
L'ot le connestable assegic'e
Par terre...
(G, GuiART, fol. 219.)
asseicher, sécher. (Fuchs, Hist. des pL,
26'].)
asseing", 1589, assignat, assignation, dési-
gnation. (DipL, 326.)
asseir, asseoir, 1345, bien placer, bien
traiter.
Asseirent, le latin tentahant. (Bible des Cél.
de Metz.)
asseis, adv., assez, le latin satis. (Cart.
des Cél, de Metz, 1412.)
Asselat, nom de baptême, 1468.
asseleir, i290,asseneir, 1373, assurer,
garantir. (DipL, 327.)
assemblaye, assemblée. Les meine à
Vassenihlaye. (Muse norm.)
assemblement, assemblée.
Ont en un assemblement
Outre le pont. . .
(G. GuuRT, Ms fol. 112.)
(Voc. Nebr., vo Conjunctim, pléonasme.
Convocatio. (Rob. Est.) Cumulât ini. Voc. de
1497. — Voc. Nebr., vo Castellatior.)
assembler, assanbler, subst., l'assem-
blée.
Montre buisine et montre trompe
Fet sonner partot assanbler.
(Ms 7615, II, fol. 189 v°, col. I.)
QjLiant se vient au joindre et à VassemhJer.
(Le J oui'., 582.)
— Marier. AssemhU, 1209, l'^'^^rié.
assemblure, coagmentum. (Rob. Est.)
assemler, ressembler.
Ches afTins et amis soudain cil asscmlia.
(Rom. de 1300.)
assen, intelligence.
54 —
assencissement , 1490, asccnscmcnt.
(DipJ., 326.)
assendi, 1322, assuré, (Pr., II, 513.)
assené, saisine, saisie. ('P;-., II, 5 15.) Franc
iXasscne et obligation, 1377. l'crre exempte
di assené, 14 10.
asseneis, assignez. 2 sois assène i s sur sa
maxon. (Cart. de Frist., 26 v^, 13 14.1
assenemens et obligations, 1 523, [action
(.rassigiicr part ou portion.]
assener, consigner, assurer, atteindre,
frapper, convenir. Bien ou mal assené, bien
ou mal placé. Fille bien assenée, bien pourvue,
bien mariée. (S. tin ]'. P.)
— Marier, joindre, attraper.
Assèneraient. (Pr., II, 513.)
Assennera. Devisera et </i".'ic;/m';(/. (Ib.^ 1393,
537-)
assenlyey, assemblée.
lout le nol-ilc lusciilyry t'.iiit lies voir sciir le pl.ichc.
(Rom. tic 1500).
assens de bled, (Pr., II, 571.''
assensement, terme messin, action de
donner à cens. Contrat {.Vassenseinent.
assentateur [celui qui acquiesce au sen-
timent d'un autre.] Assentaleurs et flatteurs.
(Apol. de V.M.i.A, 14.)
assentement, 1280, 1 300. 1 378, consen-
tement, eohihentia. (ï'oe. de 1497. — loix-
viLLE. — Dip]., 326. — Le P. D.MKH, Hist.
(VAni., I, 557, tit. de 13 14.)
assentillons, 1628, tuiles en bois ou en
planchettes en forme de tuiles. (DipL, 326.)
assentir, assantir, [sentir, pressentir,
consentir, acquiescer]. 1280, 1400, 1580,
A bien faire li assentir.
(Mss 7218, fol. 352. col. 2.)
Ainsi est Tune ù l'autre oscure
Que ne se puet assantir
Lune ne puet l'autre sentir.
(.Ms 7615, II, fol. 165 V». col. 2.)
Se sont les parties assenties et accordéez.
(Le P. Daire, Hist. iVAin., II, 397, tit. de
I343-)
— Sentir, flairer.
Le veneur face assentir à son limier.
(Ch. de G. Phébus, Ms, p. 171.)
Assens, accordé, 1300.
Assench (J'), je consens.
asseoir, verbe, poser, [trouver.]
Asseoit, posoit. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 60.)
Assie, assoie.
Hoche le dé, ne Vassic mie.
(Ms 7218, fol. 235 v», col. I.)
La flambe saute aux couvertures
Sa chaleur }• va asseaut,
(G. GLi.\Rr, fol. 222.)
Por un peu qu'il ne sassict
(/'. des SS. de ^orbonne, n" 59, col. i.)
Assiel (S'i,
.Mais sa vertu pas ne sassiet (se repose)
Toujours au plaisir de l'amant.
(P. Grocnet.)
Il faut tendre aux chaumes, car les teurtres
s'y assient (s'y po.sent) pour mengier le grain.
(Mod. et rac, fol. 172.)
percent h.iubcrjons et cotes
Et maint lieu la ou il sassicenl.
(G. GtiART, fol. 124.)
Assise, assiégée. (Les Koys, liv. IV, ch. 8.)
Se </55<'o/Vw/ composéement. (Hèi;. Je S. Ben.
de I )0i, p. 38. 1
asseremanter, 1484, recevoir le ser-
ment. (Dipl., 326,)
Assermenté. (Toc. Nehr., vo Conjuratus.
asserener les cieux. (La Morlière ,
j rendre sereins.
! asserrer, [atfermir, serrer, retenir.]
I..1 ccinturcttc d'entor les flans
La dame a moult sa|;ement prise ;
Dame, dist-il, vostre devise
Asstrrt^ se Dieu plaît, bien.
(iMs 7615, II, toi. 157 v', col. 2.)
assert, asservit. Il assert et hypothèque,
1410.
asserter, 1590, essarter, défricher des
bois. (Dipi., 326.)
assestot, 1408, aussitôt. (Dipi., 326.)
asset, assaut. Tous les assets qu'il a souf-
ferts. (S. dn V. P.)
asseucer. assaisonner. [Pic]
asseurance, asseuranche, secnritas.
(RoB. EsT.j, asseurance, assurément.
asseuréement, fimiiter. ' Rob. Est.)
Assi II renient, assurément.
asseurer, affirwarer. (Rob. Est.) Je
{assenre, assure. (S. du V. P.), asseuré, certus,
(Rob. Est.)
— 55 —
assever, verbe, procurer. Asscvcront 300
livres. (Pr., II, 463.)
assevy, adj., assis, fini. (Chroii. de Nie.
DE Lut., toi. 39.)
assevir, i fji, 1401, aider, servir, achever.
(DipL, 326.)
— Suivre, exécuter. (Cart. de Frist.,
1249, 7-)
assez non,
... lors dois dire (aux chiens) asse^ non po
tata tata, taho, taho.
(Ms 7615, fol. 167, col. 2.)
assez plus grande, (S. du V. P.)
beaucoup plus grande.
assi clefs que verrière. (Ms des Cél. de
Metz.)
assiduation, subst., assiduité. Constante
assidiiatioii (S. du V. P., fol. 119, col. 4.)
assidueux, [assidu.] Assidueux au travail.
assiegement, obsidio. (E^ech., ch. 4. —
Voc. Nebr., vo Obsidio. — Rob. Est.)
assiegence, obsidio. (Voc. de 1497.)
assiement, sissio. (Rob. Est.)
assiens,
Faire des assiens d'une terre. (Pr., II, 585.)
assier, acier. (Voc. Nebr., vo Chalybs.)
assiestanche, assistance. (Roiu. de 1 300.)
assiete des Roy nés, siège, manière d'être
assis. (S. du V. P.)
assisté, assigné. Alluef assieté sur fief.
(Atour de Metz, 1344.)
assistes, pastophoria. (Mach., liv. ch. 4.)
Conviviwu. (Ev. de S. Luc, chap. 9.)
assignaulx, 1636, assignats, assignations.
(Dipl., 326.)
assigné, [étabh.]
Qiii aime et n'est aimé,
Il est d'amour mal assigné.
Fille grandement assignée. (S. du V. P.)
assiner, assigner. [Pic]
assir, asseoir. [Pic]
assis, placé.
Le nés haut et bien assis.
(Ms 7989^ fol. 70 v", col. I.)
Simple ce est en son vis assise.
(Ms 7218, fol. 360 v°, col. 2.)
En la deflence de icelle tour, notre vie est
assise (en dépend). (Pcrcg. de fer.)
assisement, localiter. (Voc. de 1497.)
assises de bétes, 1498, rentes seigneuriales
dues par une communauté à un seigneur pour
chaque bète à corne ; dans le Toullois, on
les paie le jour de la tenue des plaids. (Dipl.,
326.)
assist, assiégea, propugnavil. (Les Roys,
liv. I, ch. II.)
La cité qui haut siet assist.
(G. GuiART, fol. 84.)
Assistrent, assiégèrent.
Arriva tant de gent à Acre qu'il V assistrent
de l'une mer à l'autre toute à la ronde. (Cont.
de Gr. de Tours par Martene, t. V, col. 630.)
— En chassèrent.
Li clerc de Rouen son cueur pristrent
Qu'en or et en argent assistrent
Con ce se fust un saintuaire.
(G. GuiART, fol. 52 V.)
assistance (Pleine), assemblée. (Dits fac.
de PÉTRARQ.UE, 2.)
assistanche, assistance. [Pic]
assistes, assistans. (S. du V. P.)
assoirant, [crépuscule du soir, le soir.]
... la calendre
Dans un faux jour de Vassoirant
S'étant mirée et remirée.
(Œuvres du s^ Elis.)
assoiroient, assureroient. (Pr.,ll, 1308,
559-)
assolir [acquitter, décharger.]
Werier et assolir vers toutes gens. 13 14.
Assolit l'héritage. (Ih.)
assommer, compter, nombrer, finir.
assopi, assoupi. [Pic]
assopir une guerre, restinguere hélium.
(Rob. Est.)
assordi, étourdi.
Trop seroit Arras assordis
De biaus contes et de biaus dis.
(Ms 7218, fol. 62 v°, col. I.)
assorte, [assorti.]
D'elle le marchand ne s'assorte.
(P. Grognet.)
assoter (s') de quelqu'un, l'aimer éper-
duement, (Nicod), rendre fou. (Voc. Nebr.,
vo Fatuor.)
-56 -
assouagé, apaisé, sedalns. (Voc. de 1497.)
assouagement, [soulagement, adoucis-
sement. J
Denier est assuagemcnt
Il fet les pales rouvelent
A tout le mains, . .
(Ms 7218, fol. 166 V», coi. 2.)
assouager, délecter, mnlcere. ( Voc. de
1497. — Voc. Nebr., vo Mansuefacio.)
assouag-ier. (Voc. Nebr., %« Lenio.)
assoubjectir, suhjiccrc. (Roh. Est.)
assoudre, assouldre, verbe, pardonner,
absoudre, le latin absolvcir. (Ki'i^. de S. Bcu.,
fol. 160, col. 2. — Voc. Nebr., vo Pio.)
Assoih, absolve.
Assourons, absoudrons. (Pr., II, 507.)
assouffîe,5(i//rt/fl^ rassasiée. Ci:"^â7.'.,ch.i6. >
assoulas, se délasser à la promenade.
Aller (issoiihis. (Ph. de Vigxi-l'lle.)
assourdement, surdité. (J'oc. Nebr.,
yo EXURDATIO.)
assourdir, rendre sourd. (Voc. Nebr.,
vo Exurdo.)
assous, franc, quitte.
assouvé, 1436, assouy, 1458, achevé,
fini. (Pr., II, 1255, 476. — Dipl., 326.)
assouvir, 1455, achever. (Dipl., 326.^
assubjecter, soumettre.
Asstd'jL'Cti'-, assujetissez. (Bible de 1530.)
Assuhjctta, assujettit. (Sap., ch. 18 et 47.}
Assidyectant les gens. (Is., ch. 14.)
Assuhjecti. (Ép. aux Hchr., ch. 2.)
Assidycte:(, liez et vinculez. (Pcrcg. de Ji'r.)
assuefaction, subst., habitude de faire.
(Voc. Nebr., vo Usitatio.)
Habitué par bonne assuefaction. (Règ. de S.
Ben., fol. 60, col. i.)
assuffîs, rassasiez. (Fac. de Poge, 51.)
assumer, verbe, prendre. Assumer armes.
(Chroii. de Nie. de Lut., fol. 75.)
assurément, subst., déguerpissement,
161 3. (Coût, de Metz.)
Ban de très fond et d'assurément.
assurgetes, insidix. (Ps. 9.) Essurguette
et cspie. (Ih.)
assurrement, subst., écrit d'assurrement.
(Cart. des Cél. de Metz, 1573.)
ast, à cet. Les enemis sont au double de
moi asleure, à cette heure, à présent. (Lclt.
d'Henri IV. Mercure de juillet 1766, I, 8.)
Astalonite,
llcrode Astalonite, rov de Judée. (Dits fac.
de PÉTRARQ.UE, 3.)
astanger la soif, étancher. (Ms.)
astelle, morceau de bois.
astendant, mettant. ]ln astendant ta pensée
et ton désir a ce qui est a advienir. (S. du
V. P.)
asterger et mordiher. (Fucus, Ilist. des
pi.. 258.)
Asteriche, Autriche. (Pr., II, $90.)
asteure, asteur, à cette heure, à présent.
Mcn faux, tiens toy heureux liCtrc asleure k Rouen.
(Muse iionti.)
Le temple de I-.V1S ne seret pu dans Rome,
Y le faudrct bastir asteur cliv dans Rouen.
(Ib.)
asteux, joueur. [Pic]
asticoter, disputer. [Pic]
astinance, abstinence. (S. du V. P.)
astraing-iez, subst., étrangers. (Chron.
de Nu;. Di Lut., fol. 97.)
astrainre,
Puisqu'il vousist sa langue astrainre
11 ne doutast ij avocas.
astraire, verbe, attirer. Astraict par
amour. (Règ. de S. Ben., fol. 43, col. 2.)
astrice,
Astrice et malicieuse callidité. (Apol. de
Valla.)
astriotion, subst., [obligation à laquelle
on est astraint, rigueur, aigreur.]
Étroite religation et astriction d'obédience.
(Règ. de S. Ben., fol, 15, col. i.)
Astriction d'une plante. (FucHS, Hist. des
pL, 117.^
astrictive (Plante), astringente. (Fuchs,
ih., 37.)
astristieyè, attristé. (Roin. de 1300.)
astrologien, astrologue. (S. du V. P. —
Voc. de J. MouR.)
— 57 —
astronomien, astronome. (Foc. J. Mour.
— S. (lu V. P.) Baston aslroiioiiiicii, Lxiton de
Jacob. (Cosiit. (/'Apien de 1553, 15.)
astuc, tinesse, malice. (Pic.)
astucement (nouvV (Foc. Nebr., yo
IXCALLIDE.)
astucie, malice. Astiicic et soubtilité.
(S. du F. P.)
astut, adroit, lin. Caut et asti^. (Foc.
Nebr., vo Sagox.)
asur, [azur.]
Je mets la raige asur au chien, lequel je
hais.
asus,"
De son emprise projettée
Faut <\\\asu5 elle en vienne.
(G. BouviN.)
asyg'e, grain dont on foit mauvais pain.
(Foc. Nebr., y» Sigalum.)
atache, pour colomne.
Jésus serolt par oultrage
A une alache flagellé.
(Vieilles heures à Vus. de Mel^.)
atachier, attacher. (Mod. et rac, fol.
167 yo.) Atachier le las.
Atachié à queyille, 1391.
atainchier, verbe.
Atainchier plais par devant les clers. (Chron.
de Nie. DE Lut., fol. 19.)
ataindre, [atteindre.]
Puisque de chiens atains se sent.
(F. GuÉRiN, Très, de Vèn., p. 17.)
— Défiguré.
Ses cors fu si atains
Et si très noirs et si très tains
Qju'a grant peine le coneust
Nus hom qui tant veu l'eust.
(Ms 2718, fol. 4, col. 2.)
Atainent, atteignent.
Les choses qui leur traînent
Tant ne quant ne les atainent.
(G. GujART, fol. n8 v°.)
Atteindent, atteignirent. (Pr., II, 1373, 182.)
ataine (Faire), terme de marine.
Ains que Flamens face ataine.
(G. GuiART, fol. 320 v°.)
ataineux, fâcheux.
ataisge, 1367, stage, assistance ou rési-
dence au chœur. (DipL, 326.;
atalanter, atalenter, disposer à avoir
des talens, instruire, rendre propre à quelque
chose.
Aux jex samble moult bêle et gente,
Chose qui au cuer atalante.
(Ms 7218, fol. 133 v°, col. 2.)
atandaire, subst., étendart. (Chron. de
Nie. DE Lut., fol. 84.)
atant, en ce temps, alors.
Atant est pris a anuitier.
(Ms 7218, fol. 144 v°, col. I.)
Deci atant que il saura tanti.
(Ms 7615, I, fol. lO), col. 2.)
Atant l'une d'elles parla.
(Ib., II, fol. 209, col. 2.)
Satant, à présent.
atantats, subst. pi., attentats.
atapir, se cacher, se presser contre quelque
chose.
atarg-er, atargier, retarder, différer,
presser.
N'est pas prisié qui trop atarge.
(Ms 6812, fol. 72, col. 3.)
Debtes atargées. (Deiitér., ch. 15.)
Sans atargier, tarder. (S. du F . P.)
atart, bien tard. Atart oublie qui bien
aime. (S. du F. P.)
atayne, [dispute, querelle, noise, débat.]
Et sacha par grant atayne
Un alenaz d'une gayne.
(G. GuiART, fol. 23.)
ateit, autel, 1350. (Tit. des cons. de
Metz.)
atemprance, tempérance. (Ms. — EccL,
ch. 34.)
atemprée, nom figuré de la tempérance.
(S. du F. P.)
atenury, diminué, hreviatus. (Joh, ch. 17.)
Atévenes, 1265, Etienne, Stephanus.
(Dipl, s 26.)
athéiste, athée. (Meurisse, Hist. de
Vhi'rcsk à Met^, 404.)
atiner, irritarer. (RoB. Est.)
atirer, traiter, composer, arrêter, accorder,
convenir, ajuster. (DipL, 326.)
atiser (s'), s'empresser, brûler d'envie.
4
- 58
Les Flamens voyant sans garde les engins
qui leur jetoient des pierres,
D'alcr tost cclc part a'allsiiil
A eux les sachent et les brisent.
(G. Gui.'.ur, fol. -,^H v°.)
atlier, atelier.
atoivre, collier ou joug d'un haut.
ator, atour, atour, parure. Parlant d'un
cheval :
Rica alor ot cl palefroi ;
Sous siel n'avoit si rice roi.
(Ms 7989', fol. 57 V», col. 2.)
Vermillon et azur et mine
Q.ui les biaus aloiirs enleminc.
(G. Gui.KRT, fol. 5^5 v°.)
— Sentence de l'échevinage de Metz.
atorner, verbe, ajuster, habiller propre-
ment, parer, harnacher.
Tout li fel vestir de nouvel
Quant il l'ot du tout alortit',
Devant le iluc l'a amené.
(.Ms 7996. p. 60.)
Ont atonicity ont fait un atour. ('lit. des
cons. de Metz, 1300.)
— Préparer, environner, promulguer une
loi. (DipL, 326.)
— Paire un atour à Metz, une loy. 'Pit.
des cons., 1300.)
Atorua, ajusta :
li taverniers
Au départir n\'aionia tel
Qii'il me geta de son ostel.
(bail.)
Vestue et atorut't
De roubes et de joiaus.
(Ms 7615, H, fol. \ \o V», col. I.)
— Retourner. L'empereor... tîst alonicr
CGC chevaliers... et lor fist chargier. (Cont.
de G. de Tyr, par Martf.ne, V, col. 705.)
, , . li clers tôt si faitenient
Dist son sergent qu'il atoruast
Son palefroi...
(Ms 761 S. I, fol. 106, col, 2.)
— Préparé.
Puis a son mengier atonif.
(Ms 7996. p. 32.)
Li mengiers est atomes et la table aprestée.
(Chron. du xiii': s. — Ms Bol h., fol. 52,
col. I.)
A tort (II), il prépare.
atoucher, toucher. (S. du V. P. — Voc.
Nebr., vo Tango.)
Atouchei, taugitt\ (Les XodiIk, ch. i6\)
atouchier, toucher.
11 ne daignent atouchier
Leur robes de !ri\z et de fautrcs.
(G. GtiART, fol. 74.)
Atouchic. (S. du V. P.)
atour, subst., statut et règlement souve-
rain que faisoient les maître échevin, les treize
et tous ceux qui composoient la communauté
de la cité de Metz dans les assemblécz géné-
rales, ^il^out. de Metz, 1373, 1550, 1613.)
Faire un atour. (Chron. de Nie. dk Lut.,
fol. 17.)
Drois iïalours, 1298. (Gart. de Prist., 13.)
atourner, retourner.
.\pres chou, li rois est levés
Hnsi corn il fut atouniés
Droit en sa chambre en entra.
(Ms 721X, (û\. 1)9 v', col. I.)
sa privée mcsnie
Q.ui d'armes si va aloiimaul.
(G. GtiART, fol. 251.)
Atour lia son asne. (Les Ro\s, liv. IV, ch. 25.)
atournés, .solliciteurs de procès. (DipL,
326.)
atourneyr, parer.
On tys à Wilournyr ; attens le ou paissiaige.
(Rom. de 1300.)
Alournejc pour lies nopches de biaux acoustremens.
(Ih.)
Atouriu' en bien, changé. (S. du V. P.)
atout, 1445, avec. (DipL, 326.' Atout un
homme, avec un seul homme.
atrabile, atrabilaire.
atraire, [attirer, amener, séduire.]
nouvele
Qu'il ont allait a leur cordele.
(G. Gliart, fol. iio.)
atrampance, atrempance, atren-
pance, (S. du V. P.), tempérance.
Chevalier sage d'atrevpatice.
(G. Gliart, fol. 261.)
atre, autrui. (Gart. de Frist.)
— Autre, aîter. (Is., ch. 34. — Gart. de
S. Vincent de Metz, 1242, 1414.)
Li un de ça, li atre de là. (Hist. de la 5'e
Croix, 5.)
atrefois, autrefois. (Tit. des cons. de
Metz, 1505.)
atremper, modérer. Atremper Idiàts^tncQ.
(S. du V. P.)
— 59 —
Atiriiipc l'orlogc, règle. (Ih.)
A trempant, tempérant. (Ib.)
Atrenipée, modérée. (Ih.)
atrempure, modération. (S. du V. P.)
atrie, subst., [portique, porche, terrain
prés du parvis d'une église. Voy. aitrie.]
Une atric pour ensevelir. (Chroti. de Nie.
DE Lut., fol. 43.)
atriquer, [ajuster, préparer.]
l.i kaillo qui isseiit des fondes
Qu'aucuns pour droit geter airiquénl.
(G. GuiART, fol. 69.)
atrocissime, cruauté. (Perég, de Jér.)
atropeler, atruper, assembler, réunir.
atroublez, atteriti. (Joh, ch. 20.)
attains devant un juge, appeliez. (S. du
V. r.)
attalon, auprès, attenant. (DipL, 327.)
attaque, attache. (Pic.)
attaquer, attacher. (Pic.)
attaquiey, attaché.
Sies pieys, sies mains sentiant ni estre ploiis altaquicy.
(Rom. de 1500.)
attédiation , subst., tiédeur, txdiiim.
(Esdr., liv. IV, ch. 9. — Voc. Nebr., v»
Tœdium. — Règ. de S. Ben., fol. 75, col. i.)
attedier, ennuyer. (Nicod.) Si l'affection
que vous avez à l'union de la chrestienté ne
vous supportoit attedié. (Mèm. du Bellay,
liv. IV, fol. 168.)
atteit, subst., autel. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 30.)
attelle (cheval). (Voc. Nebr., vo Qua-
DRIJUGUS.)
attemprance. (Voc. Nebr., v» PARei-
MONIA.)
attempréement, [posément, modéré-
ment.] (Les Koys, liv. II, ch. 21. — Voc. de
1497. — Voc. Nebr., vo Clementer et
Modeste. I
attemprer, frener, (Voc. Nebr., v»
Emoderor.
attempter, verbe, tenter, éprouver. (Règ.
de S. Ben., fol. 158, col. i.)
attendre, verbe.
Ce qui est lonj^uement attendu
Est assez chèrement vendu.
(Règ. de S. Ben., fol. 154, col. 3.)
(Prov.)
Atteudismes, attendions. (S. du V. P.)
attendue, 1459, ^'tendue, terme. (DipL,
327-)
attenir, tenir, attinere. (Rob. Est.)
attenteraient, tentative. (Voc. Nebr., vo
Nisus.) Attenté. (Voc. J. Mour.)
attenu, adj.^ obligé. (Règ. de S. Ben.,
fol. 46, col. 4.)
attenuier. (Voc. Nebr.,vo Extenuo.)
attenuriement. (Voc. Nebr., vo Exte-
nu atio.)
attenurir, extenuare. (Rob. Est.)
atterrer,
la fortune
Et des princes plus hauts atterre les hommes.
(Ronsard.)
attiffé, paré, décoré. (Pic.)
attiffement, comptus. (Rob. Est.)
attiffer, comere. (Rob. Est.)
attintelaye, habillée.
Attiniclaye aveuq mille guenilles.
(Muse nortn.)
attiré, harnaché. Monté et attiré conve-
nablement. (Pr., II, 535.)
attirement. (Voc. NEBR.,volLLEeTATio.)
— Ordonnance par laquelle le roy remet-
toit ou attiroit les monnoyes affoiblies à leur
juste valeur. (Leblano, Monn., 174.)
attisier le fu, attiser le feu. (Pic.)
attoucher, attingere. (Rob. Est.)
attournement, [ajustement, parure,
arrangement, accord, procuration, préparatif.]
attourneur, attourneresse, cosmeta.
(Rob. Est.)
attrac, chiroine, maladie des jambes avec
enflure et douleur. (Fuens, Hist. des pL, 52.)
attrahieres, 1437, attrayeres, 1457,
1527, retraits, confiscations, épaves, alluvions.
attraindre,
Adjoindre et atraindre à nous. (Pr., II, 629.)
attraire, attirer, 1353.
Attrahirent, attirèrent.
Ung dormir attrait l'autre. Postulat assiduum
dormit 10 torpida somnum.
6o —
Borcas chasse les nues, lesquelles Cecias
attraict. 1531. Fiiiiat 7iiibt'fii Boiras, quaui trahit
Cecias.
— Nourri. Qui est attraict de gelinotte, il
ne peult qu'il ne gratte. Filia gallinx niatrctii
scctatiir uhiqiic.
Altrabirciif, attirèrent. (Les Koiiib., ch. 25.)
attrape minette, piège, fourberie.
(Partie de chasse d'Henry IV. Com.)
attrayement, iUectus, Icnociniuiu. (Rob.
Est.)
attro d'une maison, atrimii, 1525, 1397.
(Ps., 115.)
attreig-nes, autres, 1517. (DipL, 327.)
attrempance, subst., température, tcm-
pcrias, (Voc- de 1497. — Voc. Nebr., vo Clk-
MENTIA, MODIFICATIO, MODESTIA, TeMPE-
RANTIA. — RoB. F.ST.)
attrempé, fnigaJis. (l'oc. de 1497. —
Voc. Nkbr., vo Clkmens. — Moderatus. Rob.
l-ST.)
attrempement, luoderalio. Rob. Hst.)
Attroiipci'niciit, Jrui^aJiter. (Voc. de 1497.
Moni-RATK. — Rob. Hst.)
attremper, verbe, modérer, arranger,
ajuster, accorder, Attremper une sentence, la
modérer. Nous attremper et modérer de nos
vices. (Rèi^. de S. Ben., fol. 120, col. 3.)
Attremper son vre, la modérer. (S. du
V. P.)
Attremper un outil, lui donner la trempe. (Ib.)
Temperare. ^^Rob. Est.)
attrempeur, moderator. (Voc. de 1497.)
attribleront, affligeront, (///(/v///. (Para!.,
ch. 17.^
attrit, rompu. (J\\\ Nebr., vo Quassus.)
Destruis ou fort attris. (Pe'reg. de Jer.)
au, du. Le plus prochain parent au mort,
1209.
— Avec. (S. du /'. P.)
Le picard et le normand prononcent 0 :
au ciel, 0 ciel.
aubain, étrangers, advenœ.
— Blanc d'œuf. (FucHS, Hist. des pL, 41.)
Albumen. (Rob. Est.)
aubaleste, arbalète. (Pr., II, 1230, 465.
aubarg-e, auberge. Terme champenois.
aube, le point du jour.
aubelin (Peau d'). (S. du V. P.) [Mouton
blanc]
aubergue, alberg-ue, 1605, certain droit
de directe, seigneurie ou rentes seigneuriales.
(Tit. du prieuré de Soudorgues, dans les
Cévennes. — Dip}., 527.)
aubesson, subst., très petit poisson.
aubres, arbres.
Auburtin Mathiat, nom de baptême.
(Cart. des Cél. de Metz.)
auche, espèce de meuble. /^m7;(' de coivre.
(Reg. des cens, de Met/., 1470.)
auchun, auchune, aucun, aucune. f/^tV.
de S. />,;/., loi. 3, col. 2.)
Aucoirre, .\uxcrrc.
Bon vin burent, cl fort et roit,
Ce m'est avis d'Àiicoirrt' estoit.
(.Ms 7iiS, fol. 278, col. I.)
Aucoirrois, .\uxerrois.
un jor jouer aloie
Devers V Aucorrois Saint-Germain.
(.Ms 7218. foi. 325, col. I.)
auctaubre, octobre. (Pr., II, 1280, 511.)
auctentique, subst., passage de l'Écri-
ture -sainte. Comme dit Y auctentique. (R. de
S. Ben., 136, col. 4.)
— [Autorité, vérité reconnue, axiome.] (Les
femmes sont sur tous auctentiques, elles sont
dignes de renom. (Ms.)
auctorisamment. (Voc. Nebr., vo
Graviter.
auctorité [avantage, supériorité, pouvoir,
prérogative, authenticité, axiome.]
N'est pas en moi la dignité
Xe ne sui del auctorili!.
(V. des SS. de Sorbonne, n° 6i, col. 25.)
aucturier, celui qui gouverne les autours.
Tout ce pcult ung bon autour prendre
Quant Vauclurier y veult entendre.
(G. DK 1..V BlGNK, Ms fol. II v°.)
aucun (s'), si aucun, si quis. 1368. (S.
du V. P.)
aucuns (les), les uns. (S. du V. P.)
Aliquantuluiu. (Voc. J. MouR.)
— 6I —
aucy, adv., aussy.
audacité, subst., audace. fA'tV. ch' S. Ben.,
fol. 121, col. I.)
Audeflede, blanche llour, nom d'une
fille de Clovis et de Basiiie. (Auiicc Jilt., 1765,
IV, 7-)
auditeur du Roy, office dont parlent les
archives de Picardie dans le xiv^ s. Jean
Amanson, auditeur du Roy, 1583. (Rog. du
chap, d'Amiens, lavette de Camons.)
AufFrican, Affriquain. (S. du V. P.)
Sipion Aiiffricaii. (Ib.)
Auffricque, Affrique. (S. du V. P.)
aug-mentateur, auctor. (Rob. Est.)
augmenté,
Un homme détraqué et augmenté.
aug-ustales, officiers du sénat de Metz.
(Aiitiq. de Met~ par le P. Cajot,.30I.)
aujordui, au jour de huy, aujour-
d'hui. (Pr., II, 1320, 574.)
Chascun si trait à son moulin
L'en ne trouve aujordui riens fin.
(Ms 6812, fol. 79 v°, col. I.)
aul (Ung), aUiuni. (Rob. Est.)
aulbin, aubin de l'œuf, albumen. (Voc.
J. MouR, — Rob. Est.)
aulchun,aulchune, aucun. Sans fl!M/t:/;z/«^
velation. (Règ. de S. Ben., fol. 148, col. i.)
aulchunement, adv., en aucune façon,
nullement. Nous ne doibvons auIcbiDwnient.
(Règ. de S. Ben., fol. 90, col. 4.)
aulcon, poisson connu en Lorraine, 1464.
(Tit. de la famille de Gournay.)
aulmoner, 1410, faire l'aumône.
aulnustier, peut-être aulneur. Frez et
aulnnstier payez. (Pr., II, 666.)
auls, aulz, 1298, 1399, 1581, eux. (DipL,
327.)
aultelag-es, auttelag-es, 1436, profits
de l'autel, émolumens, casuels d'une cure,
dixmages. (DipL, 327.)
aultour, autour, oiseau de proye.
Autlours, auberts et mouchetz.
(G. ni- i.A BiGXF, Poe's., Ms, fol. 21.)
— Vautour. (S. du V. P.)
aultretant, autant. (DipL, 327.)
aulx, 137;, hoirs, représentans eux.
Vendent la maison pour aulx et pour lour
aulx, à tousjours maix. (Dipl., 327.)
— Légumes. Des raies ou hoppons d'aulx.
(FucHS, Hist. des pi.)
aumailles , bœufs, vaches, bestiaux à
cornes. Plenté d'aumailles i treuvent. (G.
Guiart, fol. 249.)
— Sauinaille, son aumaille.
aumaire, armoire, armarium. (Voc. J.
MouR.)
Aumaire de la science, tête. (S. du V. P.)
Aumaire ou coffi'e. (Voc. de 1497-)
aumoniere, aumosniere, subst., partie
d'ajustement de femmes, la bourse.
Aumoniere et corroe. (Ms 7615, II, fol. 153,
col. 2.)
Adonc puterie s'escorce
Et se li hocha s'aumosniere
Et honte li besse la chierre.
(Ms 7218, fol. 252, col. 2.
— Adj., charitable.
Sa famé. . . plaine aumoniere
(Ms 7615, II, fol. 124 v°, col. I.)
aumuce double cornue, mitre. (S. du
V. P.)
aumuche, ce qu'on porte sur le bras
(Muse norm.)
s'aumuche
Qui moult estoit parfonde et lêe
Puis l'a sor son chief rafublée
(Ms 7218, fol. 177, col. I.)
— S'aumuche, son aumuce.
auner, assembler.
aunoi, aulne, arbre, lieu planté d'aulnes.
au premier que je vous ay vu, à l'ins-
tant. (Pic.)
auquaise, [diftbrmité de la bouche.]
Tenues lèvres et bouche auquaise
Ot, je ne sai sel fu punaise.
(Ms 7218, fol. 3)0, col. I.)
auques, plus, aussi. (DipL, 327.)
Vous savez auques de mon estre.
(Ms 7218, fol. 350, col. I.)
— En ce moment, alors, à présent.
auqueton, 1428, hoqueton, arme.
auquns (s'), 1209, si aucuns.
62 —
aureille, amis. Ne touche au tournât des
aureilles, ny aux narilles. (Fouilloux, Faiic,
loi. 15 V'O.)
aureiller. (I:v. de S. Marc, ch. 4.)
aurilage, espèce de droit [seigneurial, le
mê'me qu'abeillage.]
auronne, ahrolonum. (Rob. Est.)
aus, 1209, ^'*J^- '^"^ asseoir. Ms 7615, I,
fol. 105 vo, col. I.)
Moult forment A'aus lionorrc.
(Ms 72i«, fol. 242 V", col. I.)
— Aux.
Aus tentes rest tel gcnt rcnicsc
Qui sont bien pour les garantir.
(G. GviART, fol. 510 v».)
— Ail.
ausaissoire, subst., accessoire, incident
dans un proce/.. (Ph. de Vig\i;lli.k.)
auscultée, 1510, i)4i, collationnée,
vidimée, contVontée à l'œil sur l'original.
(DipL, 327.)
ausi, aussi, ainsi.
.■/«M qui s'entremet d'amer.
(.Ms 7989', fol. 58 %•. «:ol. I.)
lot ausi con Yen dit.
(Ms 7615, H. fol. 140, vol. 1.)
Ausi legierement connue...
(Ms 7218. fol. }44, col. 1.)
ausin, ainsi.
Car tôt ausin comme liors
Kst li meudre niestaus con vertisse.
(Ms 7615, 1, fol. 75. col. 1.)
au soir, avant que. (Pr., II, 465.)
au son, près. Au son l'osteil, près l'hôtel.
(Cart. de Frist., 1264.
Aussais, Alsace. (Pr., II, 1459, -54-)
Aiissay, 1444, 1460. iPh. de Vigneulle.
aussin, aussi.
... tu tiens (de Dieu) tes seigneuries...
Ht aussin ques de ses menistres.
(Ms 68j2. fol. 49 V. col. \.)
Aussoirre, Ausserre. (Le P. D.mre,
Hist. (f.-ini., I, 537, tit. de 1314.'^
austel, subst., autel, le latin altarc. (R. ch'
S. Ben., fol. 138, col. 3.)
Auteili, 1503, aiilteis, 1388, auticis, autels,
chapelle, prestimonie, desserte. (DipL, 327.'
austour, autour, oiseau de proye. Un
bon austour ou taucon lanier ou sacre. (Ch.
de G. Phéb., 150.
austre, vent du midi, austrum. (S. du
V. P.)
austruce , austrusse , austruche
autruche. (Dcuii'y., ch. 13.) Striilio. (Is.,
ch. 34. — Rob. Est.)
aut, le picard dit eut : il Jcut, pour il faut,
oportet.
autains, [tantes.]
Oncles, nulains, sœurs et frères. (S. du
r. p.)
auteil, subst., autel fera ses warans se il
dit (////(•/ et li premiers et li secons. (Coût, de
Molliens-Vidame, 1209.)
autelet, petit autel. (I:x., ch. 27.)
autelle, 1480, autre, altéra.
A II h! s, tels, talfs. (S. du V. P.)
autenges Droit d' . (Pr., II, 1267, 463.)
autenois.
Ris iWiutcuois ne passe la gorge. Risus
hiunuli haud ultra guttur. (C. DE BoVHLLES,
Prov., V" Antfnois.)
autieulle, 1490, gibier ou volaille.
autom (l.e vent d') ou de midi, auster.
(RoB. EST.l
automatopiitiques (les), les pneuma-
tiques et les hydrauliques. (Arithmétique de
Xic. Tart.^gli.^, épit. dédie, 8.
automnal, autumnalis. (Rob. Est.)
autorisablement, authenticé. (Voc. J.
MOLR.)
autorité (s'), son autorité. 1307. (Reg.
du chap. d'Am.)
autresi, autressi, auxi, 1373, comme,
même, semblablement, aussi.
Les espaules autresi
Dois lever. . .
(.Ms 7615, II, fol. 162 v'', col. I.)
(DipJ., -^i-j et Ms 7218, fol. 168 vo, col. 2.)
Diex vous saut autressi.
(Ms 7218, fol. 259, col. 2.)
autretant, de même, pareil, semblable,
pareillement, semblablement. (Pr., II, 527.J
autretet, pareil, semblable. (DipL, 327.)
autreuy, autrui. (Pr., II, 1282, 518.)
-63 -
autrier, avant-hier, l'autre jour.
li bons vins
Que je buis Vaulrier à Provins.
(Ms 721 S, fol. 177, col. 2.)
Autrique, Autriche. (S. du V. P.)
autrui, autre. Ce que j'ai de Vaiitnii
chastel. aMs 6812, fol. 86 v», col. i.)
Aiitri folie des autres. (Ms 76 r 5, I, fol.
III, col. I.)
autruier, celui qui gouverne les autours.
Tout ce peult nng bon aultour prendre
Qiiant Vautruier y veut entendre.
(G. DE i..\ BiGNi:, fol. Il vo.)
autumne, automne. (Èp. de S. Jude.)
auveus, auvec, avec. (Pr., II, 1267.)
Auviler, lieu connu par ses bons vins.
Aspernai dist à Avilcr. (Fahl.)
au voire, folie, vertigo, enchantement,
vapeur.
auxi, aussi.
^uxi moût joua l'en a paume.
(Geof. de Paris, Ms 6812, fol. 52 v% col. 2.)
auxiliateur, auxUiator. (h., ch. 31.)
auxiliation. (Voc. Nebr., vo Juvamen,
Opitulatio.)
auximant des injures. (Pr., II, 1285,
523.)
auxint,
(Geofroy de Paris, Ms 6812, fol. 49,
col. 2.)
Auxois, Auxerrois.
H vin à' Auxois
Li bons sentis vins et roiaux.
(Fahl.)
avachie (Plante), [flasque.] (Fuchs, Hist.
des p}., 140).
Savanchissant. (Ib.)
avachir (s'), flaccessere. (Rob. Est.)
avaine, 1361, subst., avoine, avena. Du
feurre ou de V avaine. (Ms 7218, fol. 249,
col. I.j
Ceux qui souvent le long de la journée
Gaignent Vavaine, ils ne la maquent pas.
(Muse norui.)
aval, dans, parmi, en bas. Aller en aval
sur une rivière, la descendre. (Ph. de
Vigneulle.)
Cherre avals, tomber. (Chron. de Nie de
Lut., fol. 84.)
Ça aval, cv dessous. (Ms 6812, fol. 76,
col. 3.)
Le tems tosjors cort aval, fuit. (Ms 7218,
fol. 339, col. 2.)
Par les iex li couloit
Le sain et aval la face.
(Ms 7218, fol. 177 v", col. 1.)
avaler, avaller, verbe, descendre,
abaisser.
S'il me devoit avaler
Kn sa charte la plus profonde.
(Ms 7615, II, fol. 1)1 V", col. 2.)
Availloit, descendoit. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 98.)
Avala, descendit, fit descendre. (Jos., ch. 2.)
Avalèrent, descendirent. (Les Roys, liv. IV,
ch. 25.)
Les braies li ont avalées (fait tomber). Ms
7218, fol. 143 vo, col. I.)
Coultes avalle:( contre le mur. (Le Jotiv.,
xMs, 297.)
Faire avaller les yewes d'ung estang, 1397,
les faire couler. (DipL, 327.)
— Verbe connu. Atant avale le daigon.
(V. des SS., Ms de Sorbonne, no 60, col. 53.)
avalets, aveletz, 15 13, descendans en
ligne directe, petits-fils. (Coût, de Metz.)
avallement de vin, sorhitio, depressio,
(Rob. Est.), avalement. Siz à Vavallement du
Croc.
avallevins, yvrongnes.
Avallevitis dont les rouges rauziaux.
(Muse iiorm.)
avaloir, gosier. (Pic.)
avaloire, subst., dossière.
Traiz et avaloire.
(Ms 761$, II, fol. 212, col 2.)
avaluement, évaluation. (DipL, 327.)
avanchement, avancement, 1391.
avanchié, avancé, 1378.
avanchissant, [flasque. Voy. avachie.]
Plante languissante et avanchissante. (Fuchs,
Hist. des pi.)
avancier, terminer.
Avancitr leur querelle.
(G. GuiART, fol. 291.)
— Parvenir. (S. du V. P.) Avancier sa
cause. (Ih.)
-64-
avans (les), advcnlus. (Cart. de Frist., 25,
nn. 1265.)
avant, avance, fasse profiter.
avantaig-e, avaintag-e, subst., avan-
tage, lîstrc à VavaiiUiioc. (Symph. Champ.,
Chiou. (F A II sir.)
Ils ne savent prendre... autre avahilage que
aller... sur les routes (Ch. de (j. Phhb., 123.)
Les grands (ivaiifaii^es des chiens courans.
(G. DE LA HiGNF, l'ol. I35 V".)
avant courement,/v.7v///.<;o.(RoR. Est.^
avant dire, poursuivre, continuer, prédire.
avantureux, adventureux, {(uuhi-
ciiliis.] Row. lisr.
l.'lionime ruse p;ir lonj; usuge
, N'"est (olcnicnt aTiiiilini-n.x.
(I)l Hmiav.)
avanz hier, aventier ( avant -hier. )
(M II il' 110 nu.)
avaricieusement, uvidi'. (Joh, ch. 27.)
avaulx, parmi.
ave, [aïeul, grand-père, ancêtre. AiVK.]
— Degré de parenté. Avoc mon père et
nvc, je suis icy reclus. (Jpax Moi.inkt.)
— 1-au.
le ventre li trave
Ausi legiercnient. comme se ce fust une ate.
(.Ms 7218. fol. 344. col I.)
Prez, ai't', manandises, etc. (Le P. Daire,
Hist. iJ'Aiii., I, 545, tit. de 1582.)
avech, 1283, [avec]
Avocuh les niescroyans. (Rom. de 1500.)
Avecques vous. (Le Jouv., Ms, 389.^
Avctic son capitaine. (G. Guiart, fol. 285.)
Avoccqucs li son ami ot. (Chioii. du xiii^s.,
Ms BouH., fol. 281, col. 2.)
Avcqiies des gens de Sédille. (Ms 6812,
fol. 70 vo, col. 5.)
Avoeqiu's le rubi balai. (Ms 7218, fol. 218,
col. I.)
Avon. (Pr., II, 145.)
aveer, avouer. (DipL, 327.)
aveine, aveinne, [avoine.] Escouter les
oviiiiics lever. Siii^^cntcs auscultarc avoias, 1 5 3 1 .
avel, aviaus, singe, bijoux, tout ce que
l'on souhaite, bonnes aventures.
Toujours n'auront il mie
Leur bons ne leur aviaus.
(Ms 7615. Il, fol. 144, col. I.)
avelaine, aveline. (Fac. de Poge, 119.)
Avcllaiia. (RoB. Est.)
avelete, ayeule. (Cart. de Frist., 1290.)
avenant, agréable, qui plait, gracieux.
A l'dvcuaut, à proportion (Ph. de Vi-
gneulle), [selon ce qu'une chose permet.]
Sont les tentes le roi assises
Plaisans, avuiatitcs et bêles.
(G. Gliakt. fol. 551 v°.)
\'a... pucele
Kl tant fust axvuiiiis et bêle.
(Ms 79Si)^ fol., 4S V" col. I.)
avenautée, terre avenue par profit de
fief. (DipL, 327.)
aveneçon, avoine stérile. (Rob. Est.)
avènement, arrivée.
avenir, arriver.
Il avciubd. (I-\ GuERiK, 1 5, et S. du V. P.)
Se d'aventure aveuoit. (G. Guiart, fol. 260.)
Nule chose avii^nw. (Ms 7)1), I, fol. 107,
col. I.)
Ton règne avicgiu'. (Ms 7218, fol. 172 vo,
col. 2.)
Av'h'ucruc. (S. du V. P.)
l.a succession
N"cst pas ne ne peut avenir.
(HIsl. de l'r., ... fol. 65 V, col. 5.)
Com en avi'nist. 1256. (Cart. de Frist., 16.)
Aveigne, arrive. (Pr., II, 1266, 491.)
Ai'i'iironl, arriveront. (Ib., 617.) .
aventuré, méprisé. Très mal parlant, de
basse moin issu, digne d'être de tous aventuré.
(O. DE LA Marche.)
aventures, 1388, émolumens, casuels.
(Dipl.. 327.)
— Danger. Il estoit en aventure d'estre
mehaignié. (Mod. et rac, fol. 325.)
— Une aventure réciter. (G. de la Bigne,
fol. 48.)
avenue, arrivée. (La Morlière.)
avenues, arrivez. (Pr., II, 1428, 197.)
aver, avare.
Plus depent aver que large.
(Hisl. de Fr. à la suite de Fauvel, fol. 72, col. 3.)
avérer, avouer.
Avérer li fera ses dis.
(Ms 7218, fol. 78 v», col. I.)
averonnoient, environnoient. (Pâ'ég. de
Jér., 1488.1
-65 -
avers, environ, près. Avers ses pies. (Ms
7989 ^ fol. 72, col. I.)
averse (Pleuvoir), forte pluie.
avertin, [vertige.]
l'eau
A fait o z'amoureux passer leuz avertin.
(Muse uorni.)
avertir (s'), s'apercevoir.
aveschiet, évêché. (Pr., II, 1366, 176.)
avesprir, vespemscere. (Voc. de 1497. —
Voc. Nebr., vo Vf.sperto.)
Il avesprit, advesperascit . (RoB. Est.)
avesque, évêque. (Pr., II, 1366, 176.)
avesse (Une petite), adsello.
a vête ou licence, 1325.
avette de rivière, 1490, [abeille.]
les mesnageres avettes
Ayant quitté leurs ruchettes.
(Tamisier, 1571.)
aveuc, avecques, avec, awieux,
1320, avec. /
Se metent aveuc ceux du guet.
(G. GuiART, fol. 247.)
(Chron. de Nie. de Lut., 4, etDipL, 327.)
Aveuk, aveu, aveiiq. (Rom. de 1300. —
Muse norm.)
aveûer,
Des coses qui portent marquandise il loist
au seigneur aveûer la quemugne. (Coût, de
Molliens-Vidame, 1209.)
aveugleté, subst., aveuglement. (Règ. de
S. Ben., fol. 32, col. 2.)
aveug-lirent, [aveuglèrent.] (Is., ch. 32.)
aveuglissement, aveuglement. (Sap.,
ch. 19, cecitas.)
aveuglissent. (EccL, ch. 20.)
aveuglist (Qui). (Voc. Nebr., vo Or-
BATOR.)
Aveugly (v^ épit. de S. Jean, ch. 2.)
aveuque, avec.
Ny sen petit bâtard aveuque sen carquois.
(Muse norm.)
aviander (s'), [se repaître au propre et
au figuré.]
Taviandani aux secrets
Des auteurs latins et grecs.
(J. Grevin.)
aviel, 1305, ayeul. (Dipl. 327.)
avier, montrer la voie. (Dipl., 327.)
aviere, avis. Ce m'est aviere, il me
semble. Ce mot est mis pour rime à rivière.
(Ms 7218, fol. 248 vo, col. 2.)
avigner, avig-nier, 1383, 1447, pfovi-
gner. (Cart. des Cél. de Metz.)
Avigner et bien paiseller une vigne. (Cart.
des Cél. de Metz, 1526. — Dipl., 327.)
aviler, avilier, avilir, faire vil. (Voc. de
I497-)
Vos aviler et honir. (Ms 761 5, II, fol. 173 vo,
col. I.)
Certes forment vos avilîtes (avilissez)
Fait la dame, ce m'est avis.
(Ms 7615, II, fol. 150, col. I.)
, . . chascuns sages croire doit
Qu'a moy si haute chose soit
Quel onques tant ne s'avillast
Ou'en cuer vilain se herbregeast.
(Ms 7218, fol. 134, col. 2.)
avindreJtirer quelque chose de la place.
(Pic.) /
— avirron, environ, alentour. (Fac. de
Poge, 58.)
avironner, verbe, environner, entourer.
(S. du V. P.)
Avironne, le latin circuit. (Règ. de S. Ben.,
fol. 9, col. 3.)
Tout le manoir avironnoit. (Ms 7218,
fol. 354.)
Avironnoient, vallahant. (Gen., ch. 19.)
Avironne de chamberieres. (S. du V. P.)
— Remigrare. (Voc. de 1497.)
avise, aviser, avis. (Pic.)
aviséement, adv., avec réflexion. (Pr.,
II, 648.)
aviseis (De fait a), de propos délibéré.
(Tit. de Verny, pays messin, 1400.)
aviser, 1361, s'imaginer, voir, apercevoir.
J'ay avisé de vous faire cette recharge.
(Lett. d'Henry IV, Mercure de février 1766, 34.)
Aucuns avisent. (G. Guiart, fol. 291.)
Bien les aznse de l'ueil. (Ms 7218, fol. 218,
col. I.)
Avisit sori gendre venir.
Avisoit, legardoit. (S. du V. P.)
Avisé. (Ih.)
S
— a —
aviver, [rendre vit, exciter, réveiller,
aiguillonner.]
Estre soloit en els humilités trouvée
Mes ore i a orguex, félonie avivée.
(Ms 7218, fol. 2S2 v«>, col. 1.)
avocas, [avocats.]
Puisqu'il vousist sa langue estrainre
11 ne doutast ij avocas.
(Ms 7989* fol. 239, col. 2.)
avoément, avouément, [instigation,
mettre sur hi voie.] (Pr., 1296, II, )4).)
avoerie, [protection, tutelle, adoption.]
Panre en avoerie, ne en esniande. (Pr.,
n, 47I-)
avoeuc, avec. (Ms.)
avoi ! hc'las !
avoid, 1247, orient, par en haut. (DipL,
327-)
avoie, avoine. (Pr., 1308, II, 559.)
avoier, verbe, aller.
Mes aniors mon cuer avoier
Fest en un leu moult desvoiant.
(Ms 7218, fol. }S6, col. 2.)
Por ce sont le menor
En la vile avoie.
(Ms 7615, II, fol. 6î V, col. 2.)
— Égarer. (DipL, 327.)
avoir, biens.
Chascun enquiert et veut savoir
Que je ai fait de mon aivir.
(Ms 7218, fol. 215, col. 1.)
Povre de richesse et d'avoir. (S. du V. P.)
avoir, avouar, vers Paris, verbe connu.
Bavoir. (Pr., II, 653.)
Aveir, (Roman de Guarin. — Pr., I,
LXXII.)
Avoie:(, commandez. (Ib., cxi.)
Adverait, habcrct. (Cart. des Cél. de Metz,
1588.)
Aroit, auroit. (Mod. et rac, toi. 17 vo.)
Aroient (ils), hahehint, 1284.
Aront, auront. (Hist. d'Am., II, 415, tit.
de 1450.)
Airei, aurez. (Règ. de S. Ben., fol. 8, col. 4.)
Ainsi are^ vous deceu. (Mod. et rac, fol.
155 vo.)
Avéraient, avoient. (Cart. des Cél. de Metz,
1412.)
Ara, aura. (Hist. d'Am., Il, 401, tit. de
1382.)
Airont, auront. (Cart. des Cél. de Metz,
1412.)
Ayront. (Ib.)
Aviens, avions. (Meurisse, Hist. des év. de
Meti, 495.)
Ot, eut.
()/, a ; il y ot, il y a. (Chron. de Nie. de
Lut., fol. 12.)
Il ot, il a. (Ms 7615, II, fol. 127 vo, col. 2.)
Oreitl, eurent. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 19.) — Orent despendu lor avoir. (Ms
79892, fol. 240 vo, col. 2.)
Averoit, auroit. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 49-)
Avérait, auroit. (Cart. des Cél. de Metz,
1455-)
Heussient, aient. (Chron. de Nie. de Lut.,
fol. 13.)
Heut, eu; avoit heut. (Ib., fol. 15.)
Aviesmes, avions. (//'., fol. 46.)
HeumeSy eûmes. (Ib., fol. 58.)
Heut, eut. (Ib., fol. 69.)
Heusient, eussent. (Ib., fol. 98.)
Haige, ai-je. (Ib., fol. 106.)
Averont la vie, 1209. (Cart. des Cél. de
Metz, 1439. — S. du V. P.)
Heu, habuit, 1576.
.^m;o«V, auroit. (Ms 7615, 1, fol. 117, col. i.)
At, a, possède, habet, 1550. (DipL, 326.)
Ils avont, ont, vers Paris ; hahent.
Ils aviont, habebant vers Paris.
Si vous aviais, haberes vers Paris..
Ils auriont, auroient vers Paris et en
Picardie.
Auriais-vous, auriez, vers Paris.
Avient, avoient. (Pr., II, 189.)
Se nous n'aviesmes que tor fais. (Mod. et
rac, fol. 96.)
Je doute que vous ayais la patience, —
ayez. Vers Paris.
Qu'ils ayont l'arrogance, — ayent. (Ib.)
dui ont ayeu, habuerunt. (Ib.)
Nous ayrons, habebimus. (Ib.)
Vous ayrei, habebitis. (Ib.)
Eucent, eussent. (Pr., II, 1370, 180.)
Euxent, eussent. (Ib., 181.)
Heust, eut. (Ib., 180.)
Haverons. (Ib., 13 18, 567.)
-é7
Havons. (Ib.)
Ha, a. (Ih., 627.)
Heuây hahim. (II., 609.)
Averaits, aura. (DipL, 327.)
Avérât, aura, fi7^j
Averient, auront, 1 3 30. ('/t.^
Avieroit, auroit, 1330. (Ih.)
Auroyette, auroit, 1599. G^^-)
AurinSy aurions. (Uh)
Ay, a, hahet, 1416. (Ih., 428.)
Avéras, auras. A mengier avéras. (Ms 7218,
fol. 343, col. I.) Nuls home non avéra.
(Hist. de la 5« Croix, 9, 1209.)
Heu, eu. Il a /;e«. Hahtiit. (Tit. de 132$.)
Avete, a voit. (Muse norm.)
Avonmes, avons. (Tr., II, 490.)
Aras, auras, hahehit, 1472.
Apres qu'elle ara esté.
(F. GuÉRiN, p. 57.)
N'est pas merveille s'aras soi
Se le vins siet en baras.
(Ms 7615, II, fol. 167 v«, col. 2.)
Aront, auront. Des chiens aront joie. (F.
GuÉRiN, Très, de Ven., 37.) Nous arons,
habehimus, 1311.
Ariiei, auriez. (Ms 7989*, fol. 72, col. 2.)
Ariens, aurions, 1280.
Aral, aurai.
Avoismes (nous), avions.
Aveoir, Je désire aveoir. (Ms 7218, fol.
356 vo, col. 2.)
Avoye (II). Le moestre qui Vavoye a ly pour
son butin. (Rom. de 1300.)
Aver, avoir. (Hist. de la S^^ Croix, 9.)
Aver affaire. (Muse norm.)
Avérai, aurai. (Ms 7615, II, fol. 151 v»,
col. 2.)
avois, 1311, avoué. (Diph, 327.)
avoistre (Faire), mechari. (Voc. de 1497.)
avoit (s'), s'il avoit.
avoitre, mecha. (Voc. de 1497.)
avolement, [accourir, venir en volant.]
advolatus. (Rob. Est.)
avolez, 1411, aubains, bannis, advoîi.
(Hist. de Béthune, 116.)
Avoler, avolare. (Cant. des Cant., ch. 6.)
Avola, volavit. (Is., ch.. 6.)
— Venus. Nous sommes cy avole^. (S. du
V. F.)
avolonter, donner bonne volonté.
— S' avolonter, s'empresser, se disposer à
obéir.
avoltire, avoutire, adultère.
avorté, avortivus. (Ep. auxCorinth., ch. 15.)
avoué d'une abbaye, advocatus.
avoultrer, adultérer. (Voc. Nebr., vo
Machor.)
Avoultré, avorté. (Joh, ch. 3.)
avoustre, bâtard. (Voc. Nebr., vo
Spurius.)
avoutrie (né d'). (Voc. Nebr., voMecha-
Nicus.) Qui fait avoutrie, mœchus.
avoyée, [mettre sur la voie, conduire.]
Substance assez mal avoyèe.
(G. Fontaine, Les Ruis., 326.)
avoyne. (Voc. Nebr., vo Legumen.)
avoytrée (chose). (Voc. Nebr., vo Abor-
TIVUS.)
avoytrement. (Voc. Nebr., vo Abortio.)
avoytrer. (Voc. Nebr., vo Abortire.)
avron, œgilops. (Rob. Est.)
avugle, [aveugle.]
Li avugle venir l'oirent.
(Ms 761 s, I, fol. loj, col. 2.)
Taupe avugle. (S. du V. P.)
Avugle^ ne véez vous goûte ?
(G. GuiART, fol. 282 V*.)
avug-ler, [aveugler.]
Avugler la lumière. (S. du V. P.)
Les dons avuglent les yeux des plus saiges.
(Ib.)
Avuglont, aveuglent.
Avugly, aveuglé. (Sap., ch. 2.)
avuglette (aller à 1'), à tâtons. (Pic.)
avuglissement. [Voy. Enveuglisse-
ment.]
avysable, [habile.] Un conseil a tout mal
avysable. (Pr., II, 133.)
awaig'ne, subst., avoine.
awain, subst., esgard des métiers. (Chron.
de Nie. DE Lut., 17.)
awairt de proudome andequai. (Cart. de
Frist., 12.)
award, 1429, gardes, arbitrage. (DipL,
327.)
— 68 ~
awardaux, temps de la gestion des égards
de métiers. (Pr., II, 1385, 186.)
awardours, awardeurs, 1429, 1470,
awardins, 1350, (Tit. des cons. de Metz et
Pr., II, 1365, 186), gardes, gardiens, conser-
vateurs, arbitres, égards de métiers.
awast, (Mi-), mi-aoust. (Cart. de Frist.)
aweine, awene, awoine, 1377. (Cart.
des Céi. de Metz), subst., avoine, grain.
Aiuoine mxtange. (Ih., fol. 65.)
awey, 1322, avoué. (Cart, de Frist.)
awes, eaux, aqiix. (Cart. de Frist., 24 vo,
1271 et Pr.)
awost, 1332, aoust, mois. (Chron. de Nie.
DE Lut., fol. 31. — DipL, 327.)
awouer, avouer.
Aivegeons, avouons, 1332.
axins, 1640, petittcs planches en forme
de tuiles pour couvrir les bâtimens. ('D»/)/., 528.)
axuret, assuroit. (Pr., II, 1388, 188.)
ayable. Un jour ayable, à manger de la
chair. 1435.
ayalz, ayols, ayons, 1268, 1407, ayeux,
atavi. (Dipl., 528.) Sen ayoti vint devant sen
père. (Epitapb. pic.)
aydant, allié.
aydeir, aider. (Pr., II, 143.)
ay dément, action d'aider. (Foc. Nebr.)
ayée. Les autours sont només tiercelet,
car ils naissent trois en une ayée, deux
femelles et un masle. (Fouilloux, Fauconn.,
fol. 59 vo.)
ayesse, degré de parenté. Ayesse et cosine.
(Chron. de Nie. DE Lut., fol. 58.)
ayg-ne, aine, partie du corps. (Voc. Nebr.,
vo Inguen.)
aymant, aimant, pierre.
L'hiaume ot qui trop bien li sist
Qui ert d'un aymant grosé.
(Ms 761s, II, fol. 189, col. 2.)
aymé, ami. (Epit. de S. Paul aux Rom.,
ch. 16.)
aymisse, malles. (Eccl., ch. 23.)
ayr, terme de chasse. Doit parler de luy
(d'un chien) par ayr. (F. Guérin, 43.)
ayse, aise. Faict ses larrons. Deîicix insi-
gnes senipcr genuere latrones.
L'on endure tout mais que trop aise.
Pnetcr lautitias luaxima qiixquc fcres.
aysement. (Voc. Nebr., vo Locula-
MENTUM.)
aysil, subst., oscille, herbe potagère.
aysible, aisé, facile. (Dipl., 328.)
ayude, aide, secours. (Pic.)
azimut, cercle vertical. (Cosviogr. d'ApiEN
de i))^ 25.)
azulation, adulation. (S. du V. P.)
B
babouin, laid.
babure, babeurre. (Pic.)
baoceller, 1480, bachelier.
bacheler, jeune homme, adolescent.
bachette, (Nieoo), puella.
bachin, 1342, bassin.
bachiner, bassiner.
bachinet, 1488, bassinet.
bachinoir, bassinoire.
bachon, basson.
bâclé (Cela est), fini.
bacon, cochon, jambon, tranche de lard,
badainnerie, badinerie.
babalare, badelare ou coutel qu'on
met à la ceinture, 1395, cutellus. Épée hade-
îaire, 1361.
baer, souhaiter, viser, ouvrir la bouche.
Gole baée, bouche ouverte.
baffe, soufflet.
baffrer, comedere, manger [gloutonne-
ment.]
baffreux, mangeur, [glouton.]
bagarre, émotion populaire.
69-
bag'uenaudeur, boufFon.
bahu, (Nicod), area camerata, arcula,
coffre, coffret.
bailli, bien bailli, bien traité.
baillie, puissance, bailliage, gouverne-
ment, autorité, tutelle, charge.
baillie (Garde de la), du bailliage, 1393.
bailler, 1472, donner.
Baillie,
L'un aime un chat, l'autre une chatte,
L'autre un chien qui baille la patte.
(Sarrazin.)
bailles (les) des portes de la ville, 1374.
bailleus, baillifs, 1332, [baillis.]
baillifié, fait bailly.
baisselle, servante.
baissière, bassière.
bajasse, servante.
balanche, balance à peser, 1361.
balancier, jetter.
baleine, baleine.
baler, danser, s'agiter.
— Aller mal. Le métier haie.
balonche, balance.
baloncher (se), brandir.
balyonnette, bayonnette.
bamme, baume.
banier (Four), banal, 1496.
bannée de moulin, 1326. [Droit de ban.]
balsme, baume.
baptisié, baptisé. [Pic]
baracan, bouracan. [Pic]
barat, embaras, tromperie, trahison, com-
plot, mauvais dessein.
— Lésion, 1342. Exemption de harat de
trikerie, 1292.
barater, tromper, tendre des pièges, tro-
quer. Barater quelqu'un pour avoir son bien.
baray (Je te), donnerai. [Pic]
barbaquéne, barbacane [Pic]
barbariers, profession. Chassez d'Amiens
en 1542 comme ennemis du royaume.
barbelé, barbelu, barbu.
barbieu, barbeau [Pic] ,
barboire, masque. 1374.
barbou (Faire) et autres excez, 1345,
[barbouquet était un coup sous le menton ou
un soufflet.]
barbouiller, parler [en bredouillant.]
bareil, baril, tonneau.
bares, fraudes. 1378.
barg-ugnier, bargueignier, en picard,
barguigner, balancer, varier, être inconstant,
marchander.
Bargueignier, 1374.
Bargueignier sans tant de façon.
barieu, barreau. [Pic]
barilleur de waides, profession, 1374,
1456.
barillus, baril. Dtiœ hrouetx attera uno
harillo, 1383.
barnage, courage, force, valeur.
baron, mari, homme, marittis, 1209.
(Nicod.)
baschoue, hotte enduite de poix.
badestamier [faiseur de bas au métier],
1744.
basenne, basane. L'un (soulier) cordoan
et l'autre soit basenne. (P. Michaud.)
basme, Ms, baume. Pierre ne peult humeur
de bas77ie vendre. (O. de la Marche.)
batardieue, bastardeau. [Pic]
batel, bateau, marteau, 1391.
bateusme, baptesme. [Pic]
bateux en grange, batteur. [Pic]
batiau, bateau.
batiche, bâtisse, 1472.
batieux, bateau. [Pic]
batisier, baptiser. [Pic]
battier, batelier.
batture, l'action de battre, 1350.
bauçant, de couleur jaune.
bauch (se pendre à un), 1336, [poutre.]
Baudechon, nom de baptême, 1461.
Baudin, nom de baptême, 1471.
Baudot, nom de baptême, 1473.
baudrai, donnerai.
— 70 —
baudrer. Le Parlement baudra un clerc.
(Reg. du Pari., 1339.)
Baug-ois, nom de baptême d'homme,
1462.
bauque, 1428.
haut, gai, joyeux.
bavardag-e, mot nouv.
baveux, bavard. [Pic]
bayolet, bavolet.
Bebelle, Isabelle, 1 397.
becache, bécasse. [Pic]
becot (Faire le), baiser bouche à bouche.
becu, pointu.
bedieux, bedeau.
bedon, instrument, 1472. Faire bucquer
le Ih'don, [tambour, tambourin, ventre.]
beduyn, hérétique, turc qui croit à Halv.
béer, viser, tendre à un but, aspirer, sou-
haiter, attendre, regarder, désirer.
Je bèe, je regarde.
Juges, foibles mortels dont le glouton désir
Bée après les trésors des richesses mondaines.
(J. Canu.)
Etre béant quant il convient parler. (Cl.
PoDTROux.) Chascun fera de moy la bée. (J.
DE Venette.) Les passans béent étonnés. (La
MORLIÈRE.)
beffroy, de béer à l'effroy. (Nicod.)
beg-nin, bénin, 1472.
begnivolence , [amitié, bienveillance]
Octavien plein de begnivoknce. (And. de la
Vigne.)
bég-uainnes, béguines; elles tirent leur
nom d'un nommé Jean li Béguin des environs
de Liège. (Ms). 1397.
beg-uinabus, aux béguines, 1264.
beguinetes, religieuses.
behistre, (Nicod), orage.
beig-nerre, bannière.
béjaune, ignorant.
bel, bien.
bêlement, doucement, agréablement, si,
1397.
belle ente, belle tante, [grand' tante.]
bellencum, 1292; c'est un droit.
bellone, inégal en longueur, [de travers,
de biais, placé en long ou en travers ; berlong
en pic]
bellot, belleau, beau.
bellote, belle.
bè lo, voyez donc ? [Pic]
bellues, contes en l'air.
bemo, bémol.
On ne chante plus par nature,
Mais par bequerre et par bemo.
(Jean RtONitR.)
ben, bien, haû.
bendag-e, bandage.
bende, bande, troupe, 151 5.
bendelette, bandelette.
benderolle, banderolle.
bendi, bandit.
bendieu, bandeau. [Pic]
bandoulière, bandoulière.
bénédichité, bénédicité.
beneficence (Exercer la), mot nouv.
beneichon, bénédiction.
beneir, bénir.
benel, voiture, 1376. Beneaulx au pi.
beneureté, bonheur, 1472.
benivolence, 1209, 147 1. [Voy. begni-
volence.J
banlieue, banlieue.
bennie, banie, assemblée.
bannir, bannir.
benoist, béni, 1397. A la benoiste Trinité.
(Villon.)
benoistier, bénitier, 15 17.
banoni, enfant gâté.
bépeu, voyez un peu.
bequebo,^zVw5 marcius, oiseau qui becqueté
le bois. [Pic]
bequerre, bécarre.
On ne chante plus par nature.
Mais par bequerre et par bémo.
(J. Régnier.)
bequée, bêchée.
— 71 —
bor pour bar. Berhare, barbare ; herhe,
barbe ; herbet, barbet ; herbier, barbier ; berbieiix,
barbeau.
berberie, épine blanche. (Ms).
berbisettes, petites brebis, 1397.
bercher, bercer.
bercieux, berceau.
bercil, bergerie.
bercuel, berceau.
berdler, babiller.
berlaingne, berline.
berlengue, jeu ; on lève le doigt quand
on prononce ce mot.
berlent, brelan.
berlique, berloque,
berlue (Avoir la), [ociûorum caligo
NiCOD.]
berloque, breloque, bagatelle.
berlurer (se), se tromper.
berluque, berlue. [Objet de peu d'impor-
tance.]
berneuz, breneux. Merdosus. (Nicod.)
bernique [interj. marquant la négation.]
berquer, 1499, berger.
berre, barre.
berrière, barrière.
berruier, qui est du Berry.
bers, baron, homme ; bers signifie aussi
berceau.
Berteline, nom de baptême, 1480.
bertelle, bretelle.
besael, bisayeul, 13 14.
besàns, pièces de monnoye de Byzance
valant 10 sols.
bescousse, agitation, secousse.
besicles, [lunettes à deux verres.]
Que jamais œil ne vit telles besicles. (Jean
Meschinot.)
besog'ne, affaire.
besog'ner une fille, la baiser.
Art si très bien l'apprint a hesongner.
(Alain Chartier.)
besoig'nes, besoins, 1397.
bessons(Tctins), jumeaux. (Cl. deMons.)
bestaulx, bestiaux, 1361.
bestial, bestieux, bétail.
bestourné, 1472, [changé, travesti, tourné
à l'envers.]
bestourner, renverser.
béto, bêta, bête.
betris, 1471. Se faisons qu'ayons betris.
bettes roug-es, bettes raves.
beuban, orgueil, pompe, grand étalage.
Les beubans du siècle.
— Bombance. (Ms).
beudet, baudet.
beudrier, baudrier.
beue, boue.
beufroy, beffroy.
beug'ler, meugler.
beurdouiller, bredouiller. Il beurdoulU.
beurteur, bretteur.
Beurton, Breton.
beurzillé, brisé, fracassé.
beuse, exclamation.
beux, bœuf.
beyer, regarder.
beyeux, regardeur.
b'g-uin, béguin.
bian, bien, cela est bien.
bias, beau.
biau, bieux, beau, beaux. Biau sire
Diu. (Ms).
biberon, buveur.
bible, bile.
bibloquet, bilboquet.
biblot, jeu.
biele, 1397, belle.
bien assis (C'est), on a ce qu'on mérite,
c'est bien fait.
bien brief, dans peu de temps. (P. Gro-
gnet.)
biendisance, [éloquence.] (Cl. deMons.)
— 72 -
bieneuré, 147 1, bienheuré [être heu-
reux.] M'eust des maints ans bienheuré de ta
grâce. (La Morlière.)
bien foit, bien fait^ bien bâti, bichonné.
bienveig-ner, [fêter, accueillir, bien rece-
voir. (La Morlière.)
bienvenure, bienvenue.
bieucoups, [biécœup], beaucoup.
bieu, bieux, biex, biau, 1 597, beau,
beaux. (Pic.)
bieux fîu, bcnu-fils.
bieuté, biauté, 1397, beauté.
big-arieux, bigarreau.
bigle, louciie, liiscus.
big-nets, [beignets.]
bijarre, bizarre.
biliard, billard.
biliot, billot.
bilveséez, choses vaines.
birer, se réjouir.
biscouit, biscuit.
bisson, buisson.
bistoqué, hlle dépucelée.
bistourner de la prose, [renverser, chan-
ger, retourner.]
bit, virilité.
biteume, bitume.
blafiiou, blême.
blairieux, blaireau.
biaise, niais.
blanc canise, 1472, [vêtement en toile
pour dames.]
blanchoier, paroître blanc.
blandier, Hatter. (Ms).
blandir, caresser, bJamlire.
blanfard, blafard [blanchâtre].
blanque, blanche. (Ms).
blanqueroute, banqueroute.
blanquir, blanchir.
blanquisseux, blanchisseur.
blascengier, peut-être blasphémer.
Et puis laidir et hJasceti^ier. (Ms du xiiic s.)
blastange, blâme, insulte, du verbe blas-
tanger.
blastent, blanc.
blatrier, blastier, blatier.
blechure, 1406, blessure.
blecié, blechié, 1350, blessé.
bief, bleif, bled.
blenaux, voitures à immondices. 1529.
(Vo\-. benel.]
blescher, blesser.
blesmir, tacher.
blet, [mûr]. Poire blette.
blette, somme d'argent qu'on donne aux
savtcurs pour se divertir le jour de leur fête.
bleuet, bluet.
bleuette, bluette.
bleuvue, bévue.
bliaut, manteau.
blitre, belistre.
bloes, bleues.
blondette chière, mine gracieuse, récep-
tion gracicu/.e.
bloqué, bloc.
blouque, boucle.
blouser (se), se tromper. C'est ce qui
vous blouse.
b'nir, [bénir.]
b'nitier, bénitier.
bobeine, babine, bouche.
Bobeine, bobine.
bobo, mal.
bocageux, [qui appartient au bocage.]
Oiseau bocageux.
bocaige, bocage. Les moines blancs sont
ez bocaigcs. (P. Grognet.)
boche, bosse.
bochet, bochez, bosquet.
bochu, 1420, bossu.
boe, boue. (Ms.)
boen, boenne, bon, bonne. [Pic]
Bocnne dose.
boenheur, bonheur.
~ 73 —
Boenne de Roussignol, surnom, 1325.
boënn'té, bonté.
boichon, 1481, boisson.
boielle, 1374, boyau.
boier, boyau.
boïette, camisole.
boine, bonne.
Ains de mes ieulz si lolne euie ne vit.
(Th. roi de Navarre.)
boinonner la laine, 1460,
boins, 1394, bons.
boisdie, tromperie, ruse, finesse, adresse.
Sans boisdie et sans barat. 1317.
boise, bois en Normandie. Boise d'une
forteresse, 1376, ou mairien.
boisemain,^ baisemain.
boiser, tromper.
boisier, baiser.
boissier, baisser.
boissieux, boisseau.
bois tout, ivrogne.
boivre, boire.
bolir, bouillir.
bombanche, bombance.
bon, faire ses tons, son plaisir, sa volonté.
— Somme qu'on amasse pour se divertir
en certain temps.
bonette, coëffe.
bon oï, en basse Normandie, défaut, incom-
modité ; en Picardie, somme amassée en
commun pour se divertir.
bonne franquette, bonne foy.
boquet, 1496, bosquet.
boquillon, bûcheron.
borde, bourde, mensonge, conte en l'air;
maison.
bordelet, 1397, petit bordel, [cabane, petite
maison aux champs.]
borgeois, bourgeois.
borgeon, bourgeon.
borieux, bourreau.
borjois, bourgeois.
borle, des draps mis en horle, 1433.
borse, bourse.
bos, 1406, bois, sylva.
— Bas.
boschage, bocage, petit bois.
bosquillon, bûcheron.
botaine, bottine.
boubans. Par lui estoient grans boubans
reboutés. (Jean d'Authon.)
boucel, bouteille, cruche.
bouchier, ij^, boucher.
bouciaux, ventre, boiaux, vaisseaux.
boucler, 1336, bouclier.
bouder, faire la mine. (Nicod.)
Boudet, nom de baptême, 1406.
boudiné, le nombril.
bouffer, habit qui bouffe.
bouffez, goupillon.
bouflet, bouquet.
bougier, bouger. Qui les détient sans
hougier piet a bêle. (O, de la Marche.)
boug'lose, buglose.
bougren, bougran.
bouis, buis.
bouke, bouche. Foy et hommage de houh,
1312.
boulaine, bouline.
boulant, bouillant.
boule, tromperie. Savoir de houle, savoir
tromper.
bouli, bouilli.
bouliet, de bouillir. (Amiot.)
boulinguer, bouleng^er, 1317, bou-
lenguier, 1335, boulengier, 1379, bou-
langer.
boulir, bouillir.
boullon. Un Ms de 1472 dit des Bourgui-
gnons : « Ils sont plus emflez de houlJon que
n'est un crapaut esboule. »
bouque, bouche.
bouquée, [bouquie], bouchée.
bouquer, se fâcher.
5-
74 —
bouquette, petite bouche. Baiser à boii-
qticltc, ) 3,t6.
bourde. Vo\ . borde,
bourdes (Entendre des), (Ms) [trom-
peries. I
bourguel iLa mare dip, 1433,
bourjon. D'estoc pourri maulvais hourjon.
(^M.\KTiN Franc.)
bourne, 1265, borne.
bourreuse f Herbe, qui donne de la
bourre.
bourserie, métier, 1361, vente de bourses.
bousiller un ouvrage,
bout, bouteille.
— Bon !
boutaille, bouteille.
bout d'homme, nain.
bouteillerie 1 Aimer la , aimer la bou-
teille.
bouteine, nombril.
bouter. \'o\ . boutre.
bouthis, 1472, [tonneau.]
boutiquier, homme de boutique. (Mot
nouv.)
boutre, bouter, 1466, mettre, pousser.
D'autre p.ut hst l'iiubit Ivuler
(.MaRTIAI DWtVF.RCNE.)
Et tout vivant à ni.» li.iuse se hoult.
(.MiCHWT.)
Autre doctrine en moy ne veux houler.
(Ci . Marot.)
Kn son dangier, bouler ne m'oseroye.
(Cil. nORLHAXS.)
boutrir, boursoufler.
boutry, gros bouffi.
boutz, [sorte de maladie, qu'on croit être
l'asthme.]
Vielesse aussi, rides, toux, hout^ et rongne.
(J. Meschinot.)
bouvel, petit bœuf.
bouveteau, petit bœuf.
bouvier, conducteur de bœufs.
bouvier de terre, [terre labourée en un
jour par un attelage de bœufs.]
bouzo, bouse. Grosse hou:;^i\
boyeux, boyau.
brac, chien de chasse. 11 ment comme un
brac.
bràche, brasse.
brachelet, bracholes, 1 386, bracelet.
bracher, brasser.
bracherie, brasserie.
brachie, 1361, brassée.
brachin, brassin.
braiel, braier, braies, braiette,
culoUe.
braillard, brailleur.
braine, espèce de monnoye, poisson.
braioel, culotte.
braion, braons, canons de la culotte.
braire, pleurer, crier. Il h/ait, il pleure.
'l'oivlies devant, l'un brait et crie.
(Mart. n'AtvtRGNE.)
branc d'acier, épée, sabre.
branchon, petite branche.
brande, branle.
brandeviniste, ivrogne.
brandir, lancer, vibnirc (Xicod), jeter.
brandi volée Tout de, du premier
coup.
branque, en picard branche, 1433, 1472.
braquer sa lorgnette,
brasseu, brasseur.
bray et bourbe, 1345, [boue.]
brayes, culotte, braycllc.
brayette, culotte. i^Nicod'.
brebiette, petite brebis. (Cl. de Mons.)
brecque, bresque, 1298, brèche.
bredailler, [bredallier, homme à gros
ventre.]
Une épée qui bredaille.
bredalle, grand ventre. (Nicod).
brehaine, brehaingne, stérile.
breller, chasser, courir. (Nicod).
bren, bran, merde.
bren de vin, eau-de-vie.
brequedent, édenté. (Nicod).
— 75 —
bresil, [brasier.]
Aussi sec que brcsil.
bricon, coquin, mauvais sujet, brigand.
brides à veaux, niaiseries.
bridières,
Des galoches couppéez à hridières, 1469.
briement, en bref, 1373.
brifer, 1472, manger goulûment. (Nicod).
briffe de pain, bribe.
brig-ader, 1472,
Le temps nous brigade.
brigandine, on en armoit les soldats dans
le xiv^ s. ; on nommoit brigands ceux qui
la portoient.
brin ; pas un brin d'humeur, pas la moindre
humeur. [Pic]
brinbaler les cloches, sonner.
bringandinier, profession, 1473, [fabri-
cant de brigandines.]
brioche, pâtisserie.
briquet à faire feu,
brisié, brisé. Serrure à perle.
Brisié, 1450.
Briste, nom de baptême, 13 17.
bro, broc.
brochettes, éperons.
brocques de fer, [broches.]
brodeors, brodeurs.
brogne, joue.
brog-né, noirci.
brogner, baiser.
broisse, brosse.
broissier, brosser.
broque, en picard, broche, 1433 ; clou.
broquette, broche, brochette.
bros, bras.
brouhan, qui fait du bruit, brouhaha.
brouhir, taire du bruit.
brouillerie d'une fleur; qui ne croist plus
mais chiet en brouillerie. (Jean Lemaire.)
broutrier, brouetier, 1 361 , broutier,
profession, 1479, [brouetteur.]
bruir, griller.
brûle gueule, pipe courte.
bruneté, brun, 1397.
bruvage, breuvage.
bruyr, [faire du bruit, briller.]
Dont le nom briiyt par mémoire ancienne.
(Jean Lemaire.)
bruyt de mouton, 1515, viande.
b'sache, besace.
bucquer, battre. Bucquer à l'huys, fores
pulsare. (Nicod). Faire bucquer les bedons et
tambours. 13 15.
buée, lixinium, lessive.
buef, bues, bœuf, bœufs.
buen, à son buen, à son plaisir, à son gré,
tel qu'il convient, à sa volonté ; bien, bon.
bufette, cornet, buccinœ. (Jean Molinet).
buffe, bufre, buffet, baffe, soufflet,coup,
1461, jouée.
bufois, buffoy, orgueil, vanité, grande
pompe, équipage brillant, grand train.
buhine, buxina.
buhorel, 1490, gibier.
buies, chaînes, entraves.
buignet, beignet.
buise, tuvau de plomb par où descend
l'eau du haut d'un édifice.
— En Normandie, morceau de bois.
buisse, 1361, bûche.
buisses, buissons, bûches, morceaux de
bois.
bulnieux, tombereau.
bultoir, bluteau pour farine.
buque, 1387, bûche.
bura, burez, boira, boirez.
Les vins nonveaulx vous seront interditz.
Point n'en bure^.
(P. GROGXnT.)
bure, 1561, biitirnni, beurre.
Et ces Flamens boivent leur let
Burre ou le habours toullié.
bureau, buriau, burel, bure, étoffe
grossière.
-76-
burieux, bureau.
bus, bois.
businer, s'amuser à des riens.
buthorel, animal, 1515.
butineuse, querelleuse. Noise butineuse.
butoir, animal, 15 15.
buvatier, buveur. [Pic]
bu veux, buveur.
buvroie, boirai. Si en huvroic a grant
haleine. (Ji-:an de Venete.)
La lettre C se prononce le plus souvent
comme K devant les voyelles A et O, ainsi
que devant les diphtongues au et ou. Cha
se prononce comme ka, char comme c}}er ;
exemples : cberlicr pour chartier, cheJe pour celle.
cabenne, cabane.
caboche, tète, eaput. (Xicod).
cabotin, petit badin.
cabri, petit chevreau.
cacaphonie, cacophonie.
cache, ch.isse au gibier.
cache-bâtard, vertugadin.
cacher, cliasser le gibier. (Nicod).
cachetum, 1560, cachet.
cachie, chassie.
cachieux, chassieux.
cachoire, chassoire, fagcîluiti. (Nicod).
cachure, longe.
cacoute, coup.
cadene i^Etre à la), Ms, [à la chaîne.]
cadenos, cadenas.
cadoreu, chardonneret. [Vic]
cadot, fauteuil, chaise.
ça en arrière, ci-devant.
cafouillant (Ouvrage), embarrassant.
cagnard, qui a les jambes en dedans.
(Nicod).
cagneux, qui a les jambes tortues.
cahièle, chaire, chaise.
cahute, petite maison. (Nicod\
caiet ou vergne, 1374.
caige de la vie, (Ms),
cailloux, 1471, caillou.
cainag-e, 1 376, droit de chaîne.
caissent, 1 378, tombent.
calang-age (.Mler en) , en maraude,
usurper.
calendre, calandre.
calenger, disputer la propriété, s'emparer
du bien d'autrui.
caleur, chaleur. Calour, 1397.
caleux, fainéant.
câlin, adulateur.
calland, chaland. (Nicod).
calumieu, chalumeau.
camamille, camomille.
cambien, combien.
cambier, profession, 1342, [brasseur].
cambre, 1317, chambre.
cambrette, chambrette.
camieux, chameau.
camion, petite épingle. (Nicod).
camp, 1397, campus, champ.
campos, congé. iNicod).
canailleux (Avoir des airs), nouv.
cancan, ^Nez de),
canceller. Lettres cancellees, 1284. [Annu-
ler un. acte en le barrant ou en le déchirant.]
cancheler, chanceler.
canchon, canchonnette, Ms, [chan-
son, chansonnette.] (Pic.)
candeille, J. Froissart), chandelle.
candeleur, Chandeleur.
candelier, chandelier.
— 77 —
candrellier, profession, 1490-
cane, qucnne. Porteur de canes, office à la
ville ^d'Amiens\ 145 7-
— Espèce de cens, 1591.
caneçon, caleçon.
cange, change.
candeur, changeur. 1403.
cangreine, gangrène.
canivet, canif.
canoine, 1292, canonnes, 1452, cano-
nienSy chanoine.
cant, chant.
cantaine, cantine.
cantant (Le temps n'est point), n'est
point propre à chanter. (Pic.)
canter, 1587, chanter. (Pic.)
cantieux, chanteau.
cantitre, 1397, cantique.
Cantorbille, Cantorberi en Angleterre
canu, blanc.
canueté, blancheur, 1472-
canvre, chanvre.
canvrière, 13 74, chènevière.
caoûant, chat-huant.
capel, 1386, chapeau.
Cuidez-vous que sous mon cappel.
(Villon.)
capelain, chapelain, 1475.
capelet, chapelet.
capelle, 1 342, chapelle.
capelleries, 1376, chapelleries.
capelure, caplure, chenille.
caperon, 1 386, chaperon.
capharnaûm, prison.
capieu, cappiau, (Ms), chapeau.
capigner quelqu'un, le malmener.
capitre, chapitre.
capon, cappon, chapon.
cappellier, 1490, profession, [chapelier.]
cappitel, capitule.
capuche, capuce.
capuchin, capucin.
caque, harcmg de secquone, 1361.
caquieu, château.
caqun, chacun.
car, 1265, char. .
carabeine, carabine.
Carbon, 1452, charbon.
carbonnier, 1458, charbonnier.
carcaillo, [caille, oiseau].
carcasmes, débats.
carchier, charger.
carcul, calcul.
Cardin, nom de baptême, I457-
cardon, chardon. Cardon à foulon, 1502.
careton, 1361, conducteur de char.
carette, 1265, 1361, charrette.
cariage, charriage.
carier, charrier. (Nicod).
carieux, carreau.
cari table, 1472, charitable.
• carité, 1388, (Ms), charité.
carkier, charger.
carme, charme, bois.
— Vers. (Cl. de Mons.)
carnavieu (Les), carnaval.
carnelle (Pensée), 1397, charnelle.
carneus (Plaisirs), charnels.
caroche, carrosse.
carogne, charogne.
carole, concert, danse, assemblée de joye.
CaroUs à danses, 1397, caroks et danses, (Ms).
Faire caroîles. Et puis prirent à caroler. (J.
Froissart.)
caroler, danser.
caron, charron.
carpente, charpente.
carpentier, 1374, charpentier; carpcnta-
riiis, 1277.
carpie, charpie.
carque, charge. Carque de harenc, 1538.
carqué, 1527, chargé.
carquement, chargement.
carquer, charger. (Nicoi^).
carqueur, 1435, cliargcur.
carroi, charroi.
carrue, 1324, charrue.
cartelle, 1400, [billet, leuillet, livre, cou-
vercle, mesure agraire.]
cascun, 1209, chacun.
casée, espèce de ver, [chenille).
— Caprice.
caseret, éclisscs à l'aire fromage. (NicoD .
casier, bahut, coffre.
— IVtit panier d'osier où Ton met du j
fromage. [Voy. plutôt caseret. J
casin, cousin.
casse Avoir de la , être cassé aux gages.
cassis, 143 1, châssis.
caste, chaste.
casterolle, casserolle.
casteté, 1472, chasteté.
castices Dn^it de , castichiare, 1278,
castichement, fen Picardie, chaussées
re\étues de pieux pour arrêter les eaux d'une
rivière ou d'un étang.]
casticheur, 1225, maçon ù/.s7/V/.'(-//;-, 1456,
architecte.
castiemens, 1397, chàtimens.
castierez, châtierez.
castoiement, instruction.
castoyer, châtier.
castu, 1 397, prison.
casule, chasuble.
cataine, cataig-ne, châtaigne.
catapléme, cataplasme.
catecheime, catéchisme.
Catelaine, Catherine. (Pic.)
catemite, chattemitte.
cateuls, [meubles et biens mobiliers ;
terme de coutume.]
catieu, catiau, cateux, 1378, Ms),
château, châteaux.
catouiller, décatouiller, chatouiller,
Ldliilirc. [SicvD . (Pic.
- 78 -
Gatraine, Catherine.
catrer, châtrer. Cahr. (Nicod).
catreux, châtreur.
cat souris, chauve-souris.
catte, chatte.
caucau de cochon, (Dur comme un),
[ongles de porc. ]
caucetier, 1393, métier, l'aiseur de eau-
chics, mesureur de ciiaussées, 145$.
cauch, 1 561, chaux.
cauche, chausse.
cauchée, chaussée.
cauchementerie, 1 128, métier de cor-
donnier.
cauchepied, chausse-pied.
Aller à caïuhcpicd, aller à cloche -pied.
Xicon).
caucher, (Ms\ chausser.
cauches, 1302, chausses. iPic.)
cauchetier, 1417, profession, [fabricant
de chausses.)
cauchette, chaussette.
cauchie, 1395, chaussée.
cauchieur, 1393, métier, [chaussetier.]
cauchon, chausson.
cauchure, chaussure.
cauconnier, 1482, profession, vendeur
de volaille.
caude nature, 1 597, [chaude.]
cauderons, 1496, [chaudrons.]
cauffer, chauffer.
cauffour, 1317, chaufour.
caup, coup. Premerain caiip de cloque,
1552, premier coup de cloche.
cauquemare, cauchemare, iiiciibiis.
iXicod).
cauquier la poule, le coqcaiiqiich poule,
caucher. (Nicod).
cauquonier, coquetier.
caus pour la rime , coups.
l caut, (Msj. malin.
79
caute (A me), sur ses gardes. (La Mor-
LIÈRE.)
cautelieusement, astuti', [artificieu-
sement.]
cautelle, malice, fourberie, (Ms), 1472.
Puisqu'on a fait fallaces et caiilclles.
(Pierre Grognet.)
cavalle, jument.
cave, cavette, (Nicod), oiseau, monediûa.
cavech d'une église, 1324, [chevet.]
cavechure, (Nicod), [licol.]
caveille, chevet.
cavelure, chevelure.
caveu, cheveu.
cavillateur, plaideur.
cavillations, 1400, [tromperies, fraudes,
chicanes.]
cavron, chevron.
cayed, cahier. (Nicod).
cayere, 1456, chaise.
ceax, ceux.
cécité, aveuglement.
ceens, cy dedans.
ceigne, cygne.
cel, ce.
celéement, en secret.
célestien, 1472, céleste.
celi, celui.
celique, 1472, céleste. Femme celîcque,
1471.
celle, cette.
cels, ceux-là.
cembel, assemblée, combat, joute.
ceneulx ou habitant en sale.
cep, prison.
cerchier, chercher.
cerimonie, 1472, cérémonie.
cerne (Ourdir un), (La Morlière) [cercle,
contour, ceintre.]
cernieu, cerneau.
cerri, céleri.
c'ert, c'étoit, ce sera.
cervoise, bière. Un coquet de cervoise,
1496.
cervoisier, 1428, [brasseur.]
cha, cela. Viens cha, approche.
chaalis, bois de lit.
chabas, ici-bas.
chabot, sabot, chaussure. (Pic.)
chaftier, savetier,
chaille. Voy. chaloir.
chagrinement, chagrin.
chai, tombe.
11 sera en la joye dont li origiiien chai.
(Th. df Mmi.ly.)
chailloux, pierres.
chainse, ce qui sert à couvrir : jupon,
chemise, nappe d'autel, voile.
chaitif, chaitis, pauvre, malheureux,
infortuné.
chalemelle, chambrette.
chaloir, importer, s'embarrasser, se sou-
cier, s'intéresser. Il me chaille, il m'importe.
Ne vous chaille, ne vous embarrassez pas.
chalumieu, chalumeau.
chamberière, [servante, chambrière.]
La confession est la bonne chamherière qui
netoye l'hôtel de la conscience. (Ms).
champion, défenseur, qui combat pour
un autre.
chancel, le chœur d'une église.
chandoile, chandelle.
Chanel, conduit, canal.
changié, 1397, changé.
chanjast, changeât.
chanplure, chantepleure.
chantinelle, sentinelle.
chanu, chauve.
chanvreux, terre chanvreuse, [qui convient
à la culture du chanvre,]
chapel, chapeau, couronne de fleurs, voile
de femme.
— Hangar où l'on tue les bètes.
chapelain, prêtre, curé.
chapeleis, carnage.
— 8o —
chapeler, couper, briser, casser.
chapelet, chapeau, couronne de fleurs.
chapistle, cliapitre.
char, 1478, chair, viande.
charcher, chercher.
charg-ié, 1403, 1464, cliargé.
charoigne, charogne.
charriere, cliemin, de chan et charrettes.
chartre, charte, prison.
chastel, 1597, chastiaux, bourg, ciiâ-
teau, biens domaniaux.
chastelain, seigneur d'un bourg, gouver-
neur d'un cliàtcau.
chastoiement, réprimande, instruction.
chastoier, chastoyer, reprendre, ins-
truire, corriger, châtier.
Nul liom ne doit cntrepreiulre autruy chastoier.
(Ms du xin« siècle.)
chasule, cliasuble.
chatiaux, [châteaux.]
Estre donc nie pcrc qui tant clxitiaux brul.i.
(Tu. m: .Mmliv.)
chatoner, ramper, aller à quatre pattes,
[à la manière du chat.]
chauchement, chaussure.
chaucherons, 1 574, [métier, ceux qui
foulent, qui pressent ou pressurent.]
chauciers, chaussons, souliers.
chaudun, boudin.
chault, chaut (Il m'en), il m'importe,
je ne m'en soucie pas. Voy. chaloir.
Mais à Marot de tout cela ne chault.
(Fr. Sagox.)
chaussetier, 1479, profession.
chavate, savate.
chavestriaux (Etre aux), être en que-
relle, se battre, se tirer aux cheveux.
che, 147 1, ce, cela. Che n'est du foin. (Pic.)
cheans, heureux. Makheans, malheureux.
chef, venir à chef, venir à bout.
cheindre, ceindre.
cheinture, 1395, ceinture.
cheinturon, ceinturon.
cheir, tomber, arriver.
cheitive, chétive, infortunée, captive,
mallicureuse.
chel, 1398, ce.
cheler, cacher.
chelle, cette. Chelle victoire, cette victoire.
Chelles, 1 397, celles.
chellier, 1394, cellier.
chelly, 1 317, celui.
chemineaux, cela se mange, [sorte de
pâtisserie]
chemont vous me la baille/, belle,
chenapant, vaurien.
chendal, 1428,
chendre, 1289, cendre.
chendreux, [qui renferme de la cendre.]
chendrier, cendrier.
chens, 1378, chense, 1418, cens. Cheuse
mauvaise, malheur.
chensel, tenir du bien à cens, 1 397 ; petit
cens.
chensier, 1391, censier.
chent, chens, 1209, cent. (Pic.)
chentaine, centaine.
chenument.vigoureusement. Avec moyen
état jusqu'à l'âge chenu. (Jean de la Jessée.)
chepag-e (Droit de), [geôle, prison, geô-
lage.]
chepier des prisons, 1376, [geôlier.]
chercle, 1361, cercle.
chère. Voy. chiere.
cherenchié, chanvre chereuchie où l'on
fourre du pion, 1374.
cherf, cerf. CherJ vohnt, 1419, cert-
volant.
cherge, charge.
chergié, 1374, chargé.
cherité, 1560, charité.
cherise, 1402, cerise.
chermant, charmant.
cherme, chermé, charme, charmé.
— 8i —
chermille, charmille.
cherniaux, cerneaux.
chernière, charnière.
cherois (Je n ), je ne serois. (Pic.)
cherquemanementum , 1426, char-
gement.
cherquemaner des fiefs, 1334, [borner
ou partager des terres.]
cherquier, 1472, charretier.
chertain, certain.
chervelle, 1374, cervelle.
chervieux, cerveau.
chervoise, 1 361, bière.
chervoisier, 1422, vendeur de bière.
ches, ces. Ches messieurs. (Pic.)
ch'est, c'est.
chest, ces. Chest h, celles-là, [ceux-là],
cheste, 1290, cette. Chcste fille.
chesti ? cela est-il ?
cheux, 1397, cheaux, 1265, ceux.
— Chez. Par cheux nous. Cheux vous. (Pic)
chevalereux, courageux.
chevalet, petit cheval.
chevance, biens, richesses, ruse, finesse,
expérience. Faire chevance, gagner des richesses.
Abandonna terres, biens et chevance. (Gilles
d'Aurigny.)
Fuyant trésor, mondanité, chevance. (Oliv.
DE LA Marche.)
chevauchier, aller à cheval.
chevaulcheur, chevaucheur.
chevece, coifie, voile, oiseau nocturne,
chouette.
cheveil, cheveux.
chevestre, licol, capistrum. (Nicod.)
chevetag-nes (Péchez), 1397, capitaux.
chevir, jouir, venir à bout.
chevol, cheveu.
chéyt, tomba.
chez, 1264, ces.
chi, si. Chi bieux, si beaux.
chiaux, ceux, (Ms.) Si voi moult de chiaux
qui s'excusent.
chiboule, ciboule.
chic chac, tintamarre.
chiche, avare.
chiche, [chiche-face, squelette, fantôme,
poupée.]
Ainsi Dieu celle chiche face.
(Mart. Franc.)
chicoirée, chicorée.
chicolet, chicotet, 1472, boisson qu'on
amenoit à Amiens, 1361. Plus grant bour-
geois n'est enflé que de bière et de chicolet.
chiècle, siècle. (Ms.)
chiée, tombe. Que qu'il en chiée, quoy
qu'il en arrive.
chief, 1397, tête, commencement, bout,
extrémité. Venir à chief, venir à bout. De chiej
en chief, d'un bout à l'autre. A chief traire,
réussir, venir à son but.
— Enclin, tête baissée.
chiel, ciel.
chier, cher. (Ms.)
chière, chère, bonne chière, 1471.
— Visage, mine mate, abattue, triste,
consternée, lie, joyeuse, haute, visage levé.
chierté, 1260, cherté.
chiet (II), il tombe. (Jean le Maire.)
chieux, cieux.
chièvre, 1472, chèvre.
chiex, cieux. (Ms.)
chiez, chez.
chiffler, siffler.
chiffon de pain, morceau.
chiflet, gosier, sifflet.
chigogne, cigogne.
chil, 1326, ceux.
chimetière, chimetére, chimen-
tiere, 1397, cimetière.
chine, cygne, 1499.
ching'ler, cingler, sangler.
chinoir, tablier.
chinquantOi cinquante.
82
chintre, cintre.
chion, verge pour frapper un cheval.
chique, coup de doigt.
chiquet (Un), [petit chanteau.] (Pic.)
chire, cire.
chiré (Bien), bien ajusté.
chirier, 1482, [profession], cirier.
chirot, animal, 15 15.
chitadelle, citadelle.
chité, 1397, cité. Chité de Paris.
Chitiaus, 1269, Chiteaux, 1361,
(Ordre de), Cîteaux.
chitoien, chitoyen, 13 17, 1448, citoyen.
chitre, chidre, cidre.
chitron, citron.
chitrouille, citrouille.
chive, [ciboule.] Ht aussi verte comme
chive. (GuiL. dk Lorris.)
chivière, civière.
chlo, cho, ça, cela. (Nicod.)
ch' n'est, ce n'est. i^Pic.)
choe, chouette, oiseau nocturne.
choisir, apercevoir.
choie, [ballon rempli de son qui sert à
un jeu.]
En 1342, il "y avoit une choie tous les ans le
jour de S. Vincent sur le terroir de Bertangle,
à deux lieues d'Amiens. (Reg. du chapitre.)
chois, choux, plante.
chonq-six, cinq ou six.
chonque, cinq.
chopaine, chopine.
choquette, choque de bois, jeu : on tient
le doigt baissé quand on prononce ce mot.
chercher, sorcier.
choser, gronder, blâmer, accuser, imputer,
reprendre.
chou, 1209, 1397, ce ; pour chou, pour ce
que. (Ms.)
chouca, chouette. (Nicod.)
chou cabus, capitosus.
chou colet, cmdis. (Nicod.)
chti, celui. C/;//-chi, celui-cy. (Pic.)
chu, ce ; chu temps, dans ce temps, 1307 ;
c]}u lieu.
chucher, sucer.
chuchoter, suçoter, 1472.
chucre, sucre, 147 1.
churquette, muscipula. (Nicod.)
chy devant, ci-devant.
chy et lo, cy et là. (Pic.)
ci, icy.
ciaux, ciax, 1397, ceux-ci, ceux, cieux,
cid.
cieu 1^ Fondre du), 1361 [suif.]
cil, ce, celui, ceux, 1296, 15 16.
Et cil qui me contraint d'endurer et me
taire. (Ol. de M.\gny.)
— Lui. C/7 commence à noter. (Helin'AND.)
c'il, s'il.
ciller, fermer les yeux.
cimentire, cimetière.
cirug-ien, chirurgien, 1346.
cis, cet, ce, ces.
cisieux, ciseaux.
citadine, [qui se rapporte à une cité.] Vie
cilailinc.
citoal, cannelle.
citole, instrument musical à cordes.
clabaud (chapeau), [qui a les oreillères
pendantes.]
claim, clains, clameur, cris, plainte.
claimer, clamer, se plaindre, appeler,
nommer, demander, crier après quelqu'un,
accuser. Clamer quitte ou cuite, déclarer
quitte. Se clamer las, se dire abattu, infortuné.
clairté, clarté.
clamace, clameur, 1562.
clamer, 147 1, crier.
clamor, cri, plainte.
clapier, espèce de hutte.
clartez de souliers, souliers trouez.
clatre, foyer. [Pic]
claufichier, attacher avec des clous.
-Si
claus, clous, 1397.
clave, une cane de cîave, espèce de cens,
1391.
clercs, gens savans, instruits, magistrats,
notaires, maîtres d'école.
clerg-ie, science, clergé. (Ms.)
QLiiconque a entendement de sens acquis
ou de clcrorie. (Guillevjlle.)
clers et sers, gros et menus.
cleu, clou.
cleuetier, profession, 1490.
cliché, clisse.
clicorg-ne, de travers. Regarder dîcorgne.
Climenchon, nom de baptême, 1323.
cliquer, [faire du bruit]. Gros usurier qui
avez For qui clique. (Roger de Collerye.)
cliquet, baquet.
cliquetis, coups de cloche. Treize cliquetis.
(Hist. de Rouen, 1500.)
cliquettes, deux os avec lesquels on con-
trefait les tambours.
cloie, 1406, claie.
cloque, cloche. (Pic.)
cloquemain, animal, 151;.
cloquemant, gibier, 1490.
cloquer, boiter.
— Clocher, 1232, 1425.
cloquette, clochette.
clos, ferme, 1397.
clostre, cloître.
cluingner, baisser les yeux, faire signe.
00, (cot), chat, col, cou, coq. Jeu de co.
coard, lâche, poltron, timide, lent, pares-
seux.
cocasse, badin. (Nicod.)
cocsidru, [coquecigrue.]
codegarde, corps de garde.
coe, queue.
coéchon, cochon.
coënne de lard, cutis. (Nicod.)
coens, cuens, comte.
cœr, cœur. Qui s'excusent de che dont tôt
cœr les accusent. (Ms xiiic s.)
cœuche, chausse.
cœuchette, chaussette.
cœud, chaud.
cœudiére, 1342, chaudière.
cœudieu, chaudeau.
cœudron, chaudron.
cœudronnier, chaudronnier.
cœuriste, choriste.
cofage, chauffage.
cofer, chauffer.
cofîn, coffîn, 1379, ^^^i-
cofFoir, chauffoir.
cofrette, chaufferette. (Nicod.)
coi, tranquille.
coiement, tranquillement, sans bruit, à
voix basse. La Vierge tout coiement. (J. de
Venette.)
coiler, celer, cacher.
coillir, cueillir.
coint, cointe, poli, bien instruit, prudent,
sage, avisé, subtil, rusé, ajusté, paré, bien
élevé.
cointement, prudemment.
cointise, politesse, prudence.
cointoier, instruire, polir, éduquer, ajuster,
élever, parer.
coirame, caresme.
coire, encore, 1472.
coisir, choisir.
coissin, coussin, cousin.
coiter, coitier, presser, pousser, exciter,
aiguillonner.
coivre, cuivre, 1336. Un potier de coivre,
1442.
Colart, Colard, nom de baptême, 1464.
Colaye, nom de baptême de femme, 1461.
colées, coups, soufflets.
Colenet, nom de baptême, 1482.
colimachon, limaçon.
Colin, nom, 1376.
-84-
Colinet, 1465, petit Colin.
colliege, 1372, [collège.]
Colo ou Coullio, Nicolas.
colom, pigeon.
colpe, ciilpa, faute.
COm, combien, quoique.
comans, commandemens, ordres.
cornant, commande.
comble, câble.
combo, combat.
cornent, commence, commande, com-
maïuicmcnt.
comerche, commerce,
commencher, commenchier, 1397,
[commencer.]
commendaces et vigiles, 1515, [prières
pour les morts. |
commeune, [commune.]
commun, public.
communalment, communaument,
communément, publiquement, générale-
ment, tous ensemble.
compaig-ner, 1472, accompagner.
compaig'nie, compagnie. Et vous ares de
Dieu la ùv///\7 ;>;//(•. (RoB. GoBlx.)
compaig-non, 1 397, compagnon. (Nicod.)
compain, compaing", compagnon, cama-
rade.
comparag-e, comperiag-e, 1361, com-
pérage, comparaison .
comparation, 147 1, comparaison.
comparer, comperer, acheter, payer,
mériter, acquérir, coûter.
Je l'ay compare cliier, — pavé cher.
comparison, (Ms), comparaison.
compenag'e, 1361, [nourriture, mets,
viandes, etc., tout ce qui se mange avec du
pain.]
compère luriot, loriot.
complesence (ince), complaisance.
complimenterie, compliment.
compo, compas.
comportement, complcxion.
comprenseur, 1472,
comprer, par syncope comparer. (Nicod.)
comprins, compris.
com tout, tout à fait, par excellence.
con, comme, combien, quovque, qu'on.
conchevoir, concevoir. Conchu, 1471.
conchiement, Ms.) [ordure, saleté,
outrage, trahison, fraude.]
conchier, salir, tromper, surprendre,
jouer un tour.
conchieure, conchiure, 1209, [ordure,
souillure, tache. )
concile; tenir concile, jjser, parler
ensemble.
concilier, conseiller, prendre conseil.
conclure, faire taire, convaincre, per-
suader.
concordablement, [d'un avis unanime,
d'un bon accord. ]
conditionné (Bien), ivre.
confès, confessé, (Ms.)
confessionaire, confessionnal.
confessoir, confesseur, 13 97.
confez, confessé.
confienche, confiance.
confort, soulagement, 1397.
con fusible, 1472, [confus, en désordre.]
cong"ié, congé, 1397.
cong-ier quelqu'un, lui donner son congé.
conin, animal, 151 3.
conjoier, conjoïr, fêter, recevoir bien,
réjouir ensemble.
connin, [lapin]. Chaque cent de peaux de
coiniins devoit deux deniers. 1502.
connoissement, avec connoissance.
conquerre, de conquérir. Cui dans le
monde conquerre.
conquester, gagner, acquérir. Pour con-
quester un jour le prix des cieux. (Ben.
Baudouin.)
conquet, profit, avantage, gain.
-85 -
conquier, congcr, 1500.
conreur de cuirs, 1470, corroycur.
conreur de -waides, profession.
conroi (Prendre), prendre soin, com-
pagnie,
conroier, arranger, préparer, disposer,
régler, avoir soin.
consaulx, 1332, [conseillers, membres
d'une assemblée.]
consaut, conseille, console.
consaux, conseils, desseins formez, réso-
lutions prises.
conscienche, conscience.
conseiller, raconter bas, parlera l'oreille,
prendre avis, le demander, projeter.
conseut, atteint.
consir, consuir, consuivre, atteindre,
parvenir à un but, obtenir.
consirée, éloignement, absence.
consirer, éloigner.
contempcieux, lieu, contentieux.
contempner, 1472, mépriser.
Les Cordeliers et Jacopins
Doibvent contempner gros lapins.
(Pierre Grognet.)
contempt, mépris.
contemptible, contcninendus. (Nicod.)
contens, dispute, querelle, content.
contendre, disputer.
contenenche, contenance.
conteour, contere, qui raconte.
conteux, conteur.
contiller, conter, raconter, discourir.
contraicts, assignés. (Ms.)
contraig-nement, contrainte.
contraire, accident, malheur, adversité.
contrait, contrefait, estropié, mal fait.
contralieux, querelleur, contrariant.
centraux, contrats, 1397.
contrebende, contrebande.
contrefort, [doublure.]
Chaque pelisson sans contrefort devoit un
denier. 1502.
contremont, en haut, en montant.
Arbres d'un grand contremont, — d'une
grande hauteur.
contre val, en bas.
controt, contrat ; pL, contraux..
controuveure, mensonge, invention.
convant, convenant, convention, enga-
gement réciproque.
convenra, conviendra. De tout convenra
raison rendre. (Ms, xiiie siée.)
convetier, convoiter, 1397. ,
convoier, conduire, accompagner.
copecul, couppecul.
coperet, couperet. (Nicod.)
copeur, coupeur, 1587.
cophin, panier d'osier, corhis, cophinus.
(Nicod.)
copieux, copeau.
Gopin, nom de bapt., 141 3.
copiosité, [grande quantité, abondance.]
copoir, [coupoir.]
copon, [coupon.]
coppé, 1469, coupé.
cops, coups.
copure, [coupure.]
coquard (Un homme), [sot, niais.] Qu'on
maine aux champs ce coquardeau (François
Sayon), pour mauvais poète.
coquemar, cauchemar.
coquet ou cocquet, baril, 1445. Coquet
de bière, 1502.
cor (Il n'avoit), encore. (Pic.)
c'orains que, auparavant que, jusqu'alors.
corange, cœur, âme, courage, pensée,
esprit.
Corbeuil, Corbeil, ville.
corbi, un homme de couleur bise ou brune,
[corps bis.]
corde, traire à sa corde, mettre de son
parti, [être d'accord.]
cordieux, cordeau. ,
cordlier, cordelier.
— 86 —
cordouanier, cordonnier, 1376.
corgniole, corniole, [cornouillc]
corier, métier, 1317.
corions de souliers, corrigiœ, courroyes.
(NlCOD.)
cornaille, corneille.
cornette, chaperon.
cornollier, cornoiller, conins, (Nicod),
[cornouiller,]
coron (Le) d'un parvis, 131 1, et d'une
rue, [coin.]
corpeus (Plaisirs), corporels, 1397.
corporance, corpulence.
corporeulx (Biens), corporels, 1397.
c'or que, encore.
corroie, bourse, ceinture ; on portoit ces
bourses en argent comme une ceinture.
cors, corps ; court, hrcvis ; cour, ciiria.
— Course. Grant cors, grande course, grand
pas, grand train.
cort, de courir. Il court.
cortil, jardin.
cortine, tenture de lit, tout ce qui envi-
ronne le lit.
cortoisie, courtoisie, 1397.
cose, chose ; (Pic.) res. (Nicod.)
cossu, à l'aise.
coster, coûter.
cote, corset. Cote verte, manteau de lit.
cotelle, petit corset, petite veste.
coteron, 1481, cotillon, jupe.
cotterie, (Tenir du bien à), 1397, [en
cotagc, c'est-à-dire en roture.]
couchier, coucher.
coue, queue.
couet, [pot en terre cuite servant de pot
au feu.]
coue te, coûte, matelas, couverture, tra-
versin pour appuyer les coudes.
coueter, convoiter, remuer la queue.
couiche, cuisse.
couliche, coulisse.
coullon, état, 1345.
coulombier, colombier.
coulon, colombe. (Ms.)
coulou, couleur, 1397, couleur.
coupe, faute.
couplet, âme.
couquer, coucher. Conque, couché.
couquette, couchette.
courchette, petite cour, 1397.
courchié en vieux, 1397,
couronel, coronel, colonel.
courratage, courretage, 1352.
courroye. Voy. corroie.
coursable, monnaie courante, 13 17.
courtil, jardin.
courtine. Voy. cortine.
coust, de povre coust, — de peu de
valeur.
constance, coût, 1344.
couste, coude. Montrant de son couste
l'envers. (Pierre Grognet.)
coustéme, coutume.
consternent, coûts, dépenses.
coutel, 1397, couteau.
coutelo, coutelas.
coûtes, les coudes, — matelas, couver-
tures, espèces d'oreillers, carreaux.
coutieux, couteau.
contre de charrue, 1470,
couture, champ labouré, cultivé.
couverchez, couvercle.
couvertoir, 1475, couverture, [courte-
pointe.]
couvet, [pot en terre cuite ser\'ant de
chaufferette pour les femmes]. (Pic.)
couvine, covine, dessein, projet, con-
duite, manière.
couvreture, couverture, 1397.
covine. Vov. couvine.
coy, [tranquille, sans bruit, triste, secret.]
Si s'en fait bon taire tout coy.
(Villon.)
-87 -
craisse, graisse, 1361.
craisset, chandelle, lampe. (Pic.)
crame, craime, crème.
cramelliée, cramaillée, cramillé,
crémaillère.
crampi, courbé, resserré, restraint.
cranche, chancre.
crandestin, clandestin.
cranque, 1472, crampe.
crapaut esboule, 1472,
Les Bourguignons ils sont plus enflez de
boullon que n'est un crapaut eshoiile.
crapeudaine, crapaudine. Pigeon à la
crapcudainc.
crapeux, crapaud.
crappe, grappe, 1374.
craquelo, pâtisserie.
cras, gras, i^<^'j, pingtiis.
crascu, ouvrier qui dégraisse les laines
en Picardie.
craventer (se), se forcer.
creanche, croyance.
creanter (se), 1326, assurer, engager.
Promettre et creanter, 1400.
creime, cresme.
cremer, cremir, craindre.
cremeteux, tremblant. (Ms.)
cremeur, crainte.
crémir, faire craindre.
cremor, crainte.
cremue [ou cresmeue, fig., doux comme
de la crème.] Une barbe cremue.
crepon, croupion, échine.
crespelu, crépu.
cresset, lampe. Voy. craisset.
crestaux, créneaux des murs d'une ville
ainsy nommez, dit Borel, pour être apointés
par intervalles comme les crestes des coqs.
crei 'tienté, [chrétienté.]
créf iaux de murailles, 1474. Voy. cres-
tôaux.
creton, (Desséché comme le), 1472,
[sorte de mets à base de graisse de cochon,
et aussi manière d'apprêter un mets en le
faisant frire dans la poêle.]
crevache, crevasse.
criendre, craindre. Crient, craint.
crig-non, grillon.
crinclé, crénelé.
crineux, semblable au crin.
criquer, rixari. (Nicod.)
crisner, croisser, faire un certain bruit,
croire, prêter.
critent (Ils), ils crient.
croche, crosse.
croion, crayon.
croisser. Voy. crisner.
croix d'outremer, les croisades.
croller, pencher.
cropetons, [dans une position accroupie.]
^ Assises bas à croppetons.
(Villon.)
croquette, croquet.
cros, gras.
crostant, un tremblement.
croustelle, en picard, croustille, petite
croûte de pain.
croye blanche, 15S1, craye.
crueusement, cruellement.
crueun, cruel.
crupe, croupe.
crupière, croupière.
crupion, croupion.
crupir, croupir.
cruturesdeprez, 1395, [surcroît, surplus.]
cueiller, cœuillir.
cueillot, quête, 1292.
cuens, [comte]. Quant li cnens vit la
merveille moult en fut eshahi. (Th. de
Mailly.)
cuer, cueur, cœur. S'elle veult trop mon
cneur happer. (Ch. d'Orléans.)
cueurt, court, 1346.
— 88 —
oui, qui, à qui.
cuider, cuidier, 1472, verbe, s'imaginer,
penser, croire, présumer. Au mien cuidier, —
à mon avis.
CuiJe^-\ou$ que sous mon cappel.
(Villon.)
— Subst., imagination, présomption.
cuig-néez, coignéez, coignée.
cuignets, beignets.
cuignie, virole.
cuing-ts, coins, cuncus, 1472.
cuisaine, cuisine.
cuissot, (Ronsard),
cuit (II), il pense.
cuite, quitte.
cuitement, franchement, sans payer,
gratis.
cuir, peau.
cuivert, bas, abject, sans sentiment,
esclave.
cuizambon, soin, inquiétude, chagrin
cuisant. [Faute de lecture sans doute pour
cusançon ou cuisançou.']
cume, comme.
c'un, qu'un.
cupide d'honneur, cupiâus.
cure, soin, envie, désir.
curé, guerri. (Ms.)
curierai (Je), j'inquiéterai, 12CS9, [du
verbe curicr, ennu\er. ]
custode, gardien, 1597.
cuvertise, bassesse, esclavage.
cuyder, penser, croire.
cymeez, montagnes cynicci- (Cl. de
Mon s.)
cynele, huit de l'épine blanche.
D
daarain, dernier, à la fm.
dada, cheval. (Nicod.)
dadel, benêt, innocent.
daffute. Un homme iXapitc, de bonne
compagnie. Un minois d\j[f'utc, joli. (Pic.)
daigne, digne.
daime, disme.
dalez, d'auprès, d'à côté.
dam, ouida.
dam, damp, 1542, dom, seigneur.
damage, 1294, dammage, domage,
1295, domaige, 1397, dommage. Damache.
dame Diex, seigneur Dieu.
damere,
Un valet damere.
damoisel, damoisiaus, jeune gentil-
homme.
damoiselet, petit damoiseau.
damoiselle, damoéselle, damoi-
sielle, 1 597, [femme d'un écuyer, fille,
servante.] J'ai vu enfin damoèseUcs et dames.
(LoLis Labe )
Damos, Damas.
dangier, danger.
Et se gardoit de dangiers et surprinses.
(Mart. d'Auvergne.)
— Peine, retard, difficulté, embarras. A
dangier, avec peine, inquiétude. Faire dangier,
faire difficulté.
danqui, de là.
Dant, nom de baptême, 1376.
dapnement, damnation.
darain, dernier.
darainement, 1292, dernièrement.
dard, ûmlx.
darioles d'Amiens, pâtisserie ; Rabelais
les estimoit.
-89-
dax, deux.
debacquer, abolir.
débalation, [en désordre, en ruine, à la
dérive.]
debatum, 12^6, débat.
debender, débander.
débites, 1350, dettes.
déblayer, [encore usité.]
débots, débats.
débraillé, mal vêtu, ayant la poitrine
découverte. (Nicod.)
debristi, yvre,
debveriesmes, devrions. (Ms.)
decachié, chassé.
décanter, déchanter.
decarcage (Droit de), 1502, de déchar-
gement.
decarqueur, 1443, 1502, déchargeur.
décavlé, déchevelé.
déceime, décime.
deceptif, [trompeur, frauduleux.] Propos
deceptif, 1397.
decepvanches, 1378, [déceptions, trom-
peries, trahisons.]
decha, 1472, deçà.
dechiez, tombez.
decho, deçà.
declairi, 1373, déclaré.
deçoivre, tromper, surprendre.
déconfort (Vivre en), dégénération.
decorement, 1472, [décoration.]
dedens, dedans. Celui qui gict icy dedens.
1209. (Berenger de la Tour.)
déduit, plaisir, récréation, amusement.
defamé, infâme, diffamé.
defamie, infamie.
deffaulte, marque, faute. Par deffauUe de
ung trait de vin. 1472.
defFenge (pour la rime), défende.
deffermer, ouvrir.
deffubler, ôter, se dévêtir.
definer, 1472, finir.
defois, défence, empêchement.
deforetez, souliers éculez.
defors, dehors, autrefois.
défouir, déterrer. Simon de Crépi, qui le
comte Raoul, son père, défoui. (Th. de
Mailly.)
défuler, tirer son chapeau, se décœffer;
du Cange le dérive de affihiilare.
dégaine, manière.
dég-elé, mort.
degeter, rejetter. Et par ce s' aumône
degetc. (Ms du xiiic s.)
dégoiser, babiller. Que Lambert en ce
lieu dégoise. (Benserade.)
degras ; faire ses degras, pousser une
selle.
dégringoler, descendre vite.
déguerpir, quitter.
dehait, dehet, peine, affliction, abatte-
ment, malheur, tristesse, incommodité.
déhanché, éhanché.
deheitié, dehetié, triste, abattu, décou-
ragé.
déhoquer, décrocher.
dehurter, pousser, presser, frapper.
déjingander un commerce. Mot nouv.
dejougler, déconcerter.
déjouquer, déjucher.
del, de la. Del braise. (Pic.)
— Du, de ce. D'un et del, de chose et
d'autre. Del monde, 1397, du monde.
délacher, délacer.
delaiance, retard.
delaier, différer, retarder.
— Subst., retard, délai.
délaissier, délaisser.
delaquer, lâcher. Delaquer un compli-
ment. (Pic.)
delegier, facilement.
délégier, légèrement.
délictable, 1397, délectable.
délié, mince, menu.
6.
— 90 —
délit, plaisir, crime.
déliter, 1397, délecter, réjouir.
delitous, agréable.
delivrement, sans peine, sans embarras,
facilement.
délo, delà.
déloïé, délié.
déloqueté, nu.
delui (pour la rime\ délay.
demaine, 1395, domaine, propre, ce qui
nous appartient.
demainer, agir, s'agiter, se composer,
tourmenter, se conduire. (Pic.)
demanois, à l'instant, cependant, pendant
ce temps.
demantaire, devant, cv devant.
démaquer, vomir.
démener, [exercer, mener, passer, faire,
conduire, pousser, traiter.]
Démener joye ou dolor, être joyeux ou
triste.
demenriesmes, mènerions.
dementer, se plaindre.
demie, la moindre chose.
demisiele, 1397, demoiselle.
demorance, 1597, retardement.
démordre, se départir.
demorée,demorement,retard,absencc,
délai.
demorer, 1397, demeurer, rester.
— Subst., demeure, délay, retard.
Deiuourra, demeurera .
Et le fils p;»s ne Jcniourra.
dempsité, 1472,
demyon, mesure de vin, [demi-setier ou
demi-litre.]
den, dans, dedans. (Pic.)
Den ch', dans sa. Den ch' maison, dans sa
maison. (Pic.)
Den chiez, de chez.
dénichoir, savoir ses affaires.
dénoncher, dénoncer.
denrée, mesure de pinte, forme.
(Vll-LON.)
denuncié, (Ms), dénoncé.
dépêtrer (se),
depicher un fossé, 1243, deffaire.
dépiécher, dépiécer.
depis, depuis.
dépiteux ; enfer dépUeux, lieu de désespoir.
déplacher, déplacer.
déplemer, déplumer.
déplicher, déplisser.
déporter, se réjouir, se récréer, se délasser,
se tirer d'affaire, soulager, s'amuser, cesser le
travail.
dépoyser, dépayser.
deputaire, méchant, cruel, de mauvaises
mœurs, bas, abject, sans sentimens.
dequeir d'une complainte, 1372, [être
débouté.)
Dequeue, 1336, déchue.
Dequetis par jugement, 1265, condamné.
déqueuvrir, découvrir.
déquirer, déchirer.
dérachiner, déraciner.
derain, dernier, (l-'ic.)
derayer, biffer.
derequief, 141 5, derechief, de rechef.
dereze, usée.
déring-er, déranger.
dérocher, écraser. Qui tous les dérocha,
les geans terrassez par Jupiter. (Helin.\nd.)
déroguer, 1466, déroger.
derompre, briser, casser, disséquer.
derons sa cotelle, 1472, rompt.
déroute, rompue, déchirée.
derrain, 1320, dernier. \^icoT).) Derraine
onction, extrême onction.
Au derrain, an daarain, i 368, enfin.
derrainement, 1466, [dernièrement.]
derréez, 1361, denréez.
dertre, dartre.
dervé, hors de sens, fou, enragé, extra-
vagant.
dervoier, enrager, sortir du bon sens.
— 91 —
desachier, tirer, secouer, agiter.
desbillé, déshabillé.
desblayer, déménager. (Nicod.)
descachier, pousser, presser, persécuter.
descanquier des fiefs, 1334,
descarchier, décharger.
descarqueur, 1439, ti^'chargeur.
descarquié, 1394, déchargé.
descaucher, deschausser.
deschendre, descendre. Deschens, 1472,
[descends.]
deschente, descente.
desciple, disciple.
desclos, ouvert, sans clôture.
descombrer, 1397, débarrasser, élaguer.
desconseillie, abandonnée, qui ne sait à
qui avoir recours.
descopé, coupé. Et demain court tout
descopé menu. (Pierre Michault.)
descouquer, découcher.
desdêter, payer ses dettes. Qui donne
aumône se desdête. (Ms du xiip s.)
desdrenavant, 1397, dorénavant.
desererer (se), quitter, séparer.
déserte, récompense. Rendre à chacun
selon sa déserte, — selon son œuvre.
deservir, mériter.
deseure, 1389, dessus. (Ms.)
deshait, deshaitier, desheté. Voy.
dehait.
desi, jusqu'à.
desiramment, 1397, [avec ardeur, pas-
sionnément, avec désir.]
désireté, 1397, déshérité.
desirier, 1397, désirer.
désisse, 1300, disois.
desist, 1397, disoit.
deslavé, malpropre, sale.
desleal, desloial, infidèle, traître.
desloer, désapprouver.
desmanoier, desmenager, sortir du ma-
noir.
desmesure, outrance, outrage, excez. A
desmesure, extraordinairement, hors de règle.
desne, dîne.
desobresse, (Ms), le réfectoire.
desoivre, desovoir, tromper, surprendre.
des ors, dès lors. (J. de Venette.)
despartie, séparation.
despecier, [dépecer.]
despendre, dépenser, prodiguer. Des-
pendre le temps, 1 397, perdre, passer.
desperade, désespoir.
despers, libertin, méchant.
des pieça, 1452, depuis.
despiécher, dépecer.
despite, méprise.
despiter, mépriser.
despoillie, 1397, dépouille.
despris, abject, vil, mal habillé.
despriser, aspemare.
despondre, expliquer.
desquaingner, déchaîner.
desquerquier, 1378, décharger.
desqueudre, découdre.
desraine, 1472, dernière.
desrainier, desrenier, parler, porter
la parole, expliquer, contrarier, disputer.
desraison, tort, injustice, folie, mauvaise
action, malice.
desramier (se), 1209, se défendre.
desroi, desroy, dérèglement, injustice,
faute, crime, égarement, discorde.
Le mal et le desroy qu'autrefois ont les
Anglois fait en France. (Jean Bouchet.)
desroier, faire sortir de la bonne route,
corrompre.
dessamble, 1397, désassamble.
desseigné, dessiné.
desserte, faits et mérites. Être puni selon
sa desserte. Deux personnes d'une même des-
serte. (Ms.)
desservir, mériter.
dessi ad che, 1324, jusqu'à ce que.
— 92 —
dessoivrement de corps, mort. (Ms.)
destor, coin, cachette.
destorber, détourner, embarrasser, trou-
bler.
destorbier, destourbier, 1 597, embar-
ras, empêchement.
destorner, détourner.
destouper une porte, 157-I, l'ouvrir.
Grands et petits, destoiipcs vos oreilles. ROG.
DE COLLKRYE.)
destourber. Voy. destorber.
destraindre, contraindre, presser.
destre, main droite.
destrier, cheval de parade dressé au
manège.
destrois, embarrassé, dans le détroit,
pressé.
— Subst., embarras.
desuir justice, 1225,
desuser ; Job tout malvais us iksusa, [perdre
l'usage ou l'habitude, oublier, l'aire mauvais
usage]. (Ms du xiii^' s.)
desvez, lou, hors de sens.
desvoié, égaré, hors de sens, de mauvaise
conduite.
desvoier, mourir.
des-wag-ier quelqu'un et le prendre, 1326,
[saisir, prendre gage, lâcher, laisser aller.]
detailleresse, 1462, détailleuse.
detaquer, détacher.
deteurdre, détordre.
detrayer, trier.
detrèche, 1472, détresse.
detriement, longueur, retardement.
detrier, retenir, arrêter.
deuil, peine, chagrin.
deulte, 1336, se lamente. Qui se plaint,
qui se dcultc, qui murmure, qui crie. (Joa-
CHiM DU Bellay.)
deunes d'un marais, 1387, [dunes.]
deut, il fait mal, se plaint.
dévaler, descendre.
— Pron., se baisser. (La Morlière.)
devaller, 1472, descendre du vin.
devancher, devanchier, devancier,
1318, devancer.
devant, surtout, principalement.
devantraine, douleur. [Erreur ; ce mot
signifiait antérieure, qui précède.]
devestir, 1425, ôter l'investiture.
deveurer, dévorer.
deveureur, dévoreur.
dévider, évuider.
dévier, 1472, Jn'iare.
devis, devise, plaisir, volonté. A sa
devise, 'a son gré, à son plaisir.
deviser, 1 397, causer, parler, s'entretenir,
expliquer. (Pic.) Le temps pers quant à vous
dcvhc (C\\. d'Orléans), je parle.
dialle, diable.
dicque, 1 |o6, digue.
dictier, 1472, dicter.
die, dise.
diemenche, i29»s, dimenche, 1317,
dimanche.
dien, 1 329, doyen.
dient, disent. (Ms.)
diffame, [infamie, mauvaise réputation,
déshonneur.]
Jacqueline qui sans diffunie fut avecque lui
longuement.
diligentement, 1290, [diligemment.]
disciplaine, discipline.
discors, 1452, discorde.
diseteux, 1472, patipcr.
disiemes (Xous), 1324, disions.
disqu'a présent, jusqu'à présent.
ditie, pièce de poésie.
Diu, Dieu.
diva, dame.
divers, fâcheux, désagréable.
dizez, disez, dites. [Pic]
dizieux, dizeau.
d'mi s'quier, demi-setier. D'nii s'^uier
de vin.
— 93 —
do, da.
— Deux.
docane fois, (d'aucane), aucune fois.
docteux, docteur. [Pic]
doctraine, doctrine.
dodineux, un tremblement.
doi, doux.
doillé, douillet, efféminé, délicat, mol.
doint, donne. Qu'il doint. (Ms.)
Nous ihint à tous bonnes moissons. (P.
Grognet.)
dois, dez, dais, doigt, ciel, conduit, canal.
doleur, 1397, douleur.
doliesmes (Nous nous), 1324, nous nous
fâchions.
dollequins ou puignars, 1 5 1 5 , [poignards.]
doloir, se plaindre, se fâcher, sentir du mal.
Dolu, 1452, plaint, fâché, 1300.
doloire, ascia.
dolphin, 143 1, dauphin.
dois, dolx, doux.
domag'ier quelqu'un, 1453, P^^^ faire tort,
lui causer du dommage.]
dondelle, maîtresse, donzelle.
donion, donjon, forteresse.
donoier, faire l'amour, s'amuser.
— Subst., galanterie.
dont, d'où.
do ouy, ouida.
dore l'heure, 1597, cette heure.
doreux, douloureux, sensible.
dorloter, (Ronsard), [ajuster.]
Ces féminins visages dorelote:( partout migno-
tement. (Ol. de la Marche.)
dosnoier, se caresser, s'amuser.
do tance, doute. Si fusons en dolancc, mes
ores sommes garni. (Th. de Mailly.)
dou, 1397, du.
doubtance, doute.
doubture, doute.
Qiii apprend poulain en doubture,
II li voit tenir tant qu'il dure.
(Ms.)
douche, 1361, doulce, (Ms.) douce.
douchement, doucement.
doucheur, douceur. (Pic.)
doule, double.
doulour, (Ms.) douleur. Homme ne te
doulouse (plains) tant. (Villon.)
doulouser. Voy. doloir.
dourront (qui), souffriront. (Ms.)
dous, deux.
douteir, douter, craindre.
doy, doigt, digitus.
d'puis, depuis. (Pic.)
dranclé, dranclure, abcès, aboutisse-
ment.
drapel, drapeau.
draperie, art de draper. Quelqu'un se
gaudissant de draperie. (Jean Leblond.)
drapieux, drappiaulx, drapeau.
dras, habits, nippes, hardes, ce qui sert à
couvrir.
drechier, drecher, dresser.
drechoir, drechouoirs, [étagère qui
servait à recevoir les grandes pièces d'orfè-
vrerie.]
Un£?r^c/;oz>faitparunhuchier, 1457. Huches
et drechouoirs, 1502.
dreler, courir.
drès, dès que. Drh le matin, dès le
matin.
drescher, [dresser.] Drescberproccz verbal,
1570.
dresseur, [celui qui critique et redresse
autrui.]
Dont il étoit enseigneur et dresseur. (Ch.
DE Fontaine.)
dret, droit, rectum.
drilleux, coureur. Pauvreté drilleuse.
dro, drap.
drois, justice, équité. Drois est, il est
juste.
droiturierement, 1209, [avec droiture,
conformément à la justice, tout droit.]
Drouet, nom de baptême, 1473.
— 94
dru, drue, amant, galant, amante.
druerie, galanterie, amour ; le plaisir,
l'action de faire l'amour.
drug-eonneux. Un surgeon drwrconueux,
rejette.
dubieté, doute.
duel, dueil, 1397, [deuilj, peine, ennui,
chagrin, tristesse, affliction.
dueller, être chagrin, triste.
dui, deux, je dus.
duire (se), se parer, se conduire, agir.
duit, instruit, ajusté.
d'un et d'el, d'un et d'autre, de chose et
d'autre.
duol (pour la rime), duel, peine,
chagrin.
durement, fortement.
dus, duc, conducteur.
dusque, 1209, dusques, jusque. Dus-
qiù'u, 1597, jusqu'en. Dusquà, jusqu'à.
e entre deux consonnes ne se prononce
presque jamais : y" n\ii pour je n'ai, ce s' ni,
pour ce sera, etc.
ébahi, étonné, surpris.
l.i kTiiciis vil l.i muraille, moult cii hit cbiihi.
(Th. m: .M.miiv.)
ébahir, étonner, surprendre.
ébanoï, plaisir, divertissement.
ébaubi. V. abaudi.
éberdeler la tète, casser.
ébeurdeller, tuer.
ébléré, [étourdi, écervelé, évaporé.]
ébleui, ébloui.
ébréac, insensé.
ébrieu, hébreu. (Ms.)
écafloter une noix, [enlever l'enveloppe.]
écalastre, écarlate.
écalot, impair.
écapé, écliappé.
écarbouiller le feu, [attiser les braises du
foyer.]
écarquillées (Jambes), [écartées.]
écartiller la cendre, écarter.
écaudé, ékodé, échaudé.
écherper, écheurber, battre cruelle-
ment.
échielle, échelle. (Ms.)
échouir quelqu'un, l'étourdir.
éclicher, éclisser.
éclichoire, [sorte de seringue faite avec
une branche de sureau après que la moelle en
a été enlevée], éclissoire, syriiix. (NicoD.)
éclo, éclat.
écloy en picard, lotiiini, urina. (NicOD.)
école buissonnière (Faire 1'), manquer
d'aller en classe.
écosse, cosse de lève.
éd', de. Ed' tout mon cœur. (Pic.)
/:</' contentement.
edzou, dessous.
éfant, enfant.
efTacher, 1472, effacer.
effectuellement, 1472, [effectivement,
réellement.]
effondrer un bateau, 1376, [briser, ouvrir,
couler à fond.]
efforcher, efforchier, 1397, efforcer.
— S' efforchier, (Ms. , s'efforcer.
effrouéez, [émiettées.] Miettes de pain
ejff rouées.
effundre, 1472, effundere, répandre.
ég', je.
— 95 -
égambée, enjambée.
égaudir (s'), se réjouir.
ég-ent, 1472, égens, [pauvre, dénué.]
égrugeoire, chaire de prédicateur.
ehpée, sepée.
einçois, avant, au contraire.
eisvos, voicy.
éjou, est-ce que.
ékeu, 1284, échu.
ékevin, échevin.
el, aile.
— le, la. El jour, le jour ; el nuit, la nuit.
— au, dans, rien ; d'eî, d'autre.
— Point, rien. D'un et d'el, d'un et d'autre,
au contraire.
élarguir 1376, elargare, élargir.
eles, ailes, à l'instant.
ellamentello, 1472, élémentaire.
elle (s'), si elle, 1368.
— S'elles, si elles.
S\'Ue veut trop mon cueur happer.
(Ch. d'Orléans.)
éloquer, élocher.
elquel, lequel.'
els, eux, yeux.
elver (s'), (Pic), se lever, surgere.
em, ma ou mon. Em femme. (Pic.)
embabouyner, flatter.
embaro, embarras.
embassade, ambassade.
embasmé, embaumé. La tenant emhasmèe.
Enhasiiic de maintes fleurs.
embatre (s'), pour labourer, 1400.
embattre, se fourrer, se précipiter, se
mêler, plonger, s'avancer.
embatu, tombé. (Ms.)
embelir, plaire, être agréable.
embigu, ambigu.
embitieux, ambitieux.
eniblancif dealbattis, 1397.
emble, le pas.
emblée (Faire bien de 1'), du bruit.
emblemer, charger d'emblèmes. (La
MORLIÈRE.)
embler, voler, dérober, se soustraire,
s'esquiver, enlever, ravir.
Tu n\'iiihleras, 15 17. Fors deux vaisseaux
que le temps nous embla. Borderie, volée,
1209.
Sembler, s'esquiver.
emboiser, tromper.
embosmer, embaumer. (Ronsard.)
embouée (Main), [couverte de boue,
souillée.]
embracher, 1397, embrasser. (Pic.)
embroncher, cacher, couvrir.
embrone, embrons, triste, obscur.
embroquer, embrocher.
embrouillé, ventre dérangé.
Le ventre ont plus embrouille
Qii'on n'aroit de bon moust nouvel.
(1472.)
Emelie, nom de bapt., 1243.
eminentement, 1472, [évidemment.]
emmatrelé, enrhumé. (Nicod.) (Pic.)
Emmeline, nom de bapt., 1467.
Emmelot, nom de bapt., 1350.
emmi-mont, au milieu de la montagne.
émondices, immondices, 1378.
émouchet, oiseau. En cestuy jour dixième
du mois d'aoust que voile le moiichet. (Jean
BOUCHET.)
émouquer, émoucher.
émouquet, mouchet.
empaindre, empeindre, enfoncer.
empar moy, tout seul. Enipart moy.
(La Morlière.)
empenné, garni de plumes.
empequement, empêchement, 1324.
emperlé, chargé de perles.
empesquant, empêchant, 1300.
empiegne, empeigne.
empirier, 1317, empirer.
emplus, mouillé.
empogner, empoigner.
- 96 -
empoisonneresse, empoisonneuse.
empouille, ampouille, [semence.]
emprendre, 1472, entreprendre.
emprés, auprès. (Ms de 1468 et P.
MiCHAUD.)
empreter, emprunter.
emprise, entreprise. Paire rouler mon
emprise en arrière. (L,\ Morlière.)
empuneter, empuantir.
emputer, emputier, imputer, accuser,
calomnier.
en, on.
en, ent, em, se prononcent /;/.
enamer, aimer.
enbringué, cassé.
encachier, 1 3 1 1 , chasser.
encassillié, 1458. [entouré d'un châssis.]
Un coffre cncassillic de quesne.
encemble, ensemble.
en ce que, pendant que,
encerchier, cliarger.
encerquer, reprocher, poursuivre. Cil
qui les forte/. ciiûTqtic le promoteur. (^CONS-
TANT DU Hamel.)
encha, au-delà.
enchainte (Pemme), 1467, enceinte.
enchantations, enchantemens.
enchaucer, poursuivre, presser.
enchens, encens.
enchervelé, 1428, [décervelé.]
enchiere, 1428, enchère.
enchiferné, enchifrené.
enchorcheler, ensorceler.
encleàuve, [enclave.]
encleuer, enclouer.
encleume, enclume.
encliner, s'incliner, se baisser, se cour-
ber, saluer, faire la révérence.
encoire, encor. (Nicod.)
encombre, encombrier, encombre-
ment, embarras. (Ms, 1472), [tourment, con-
trariété, passage obstrué.]
encombrer, combler, embarrasser.
encommenchier, (Ms), [commencer]
en çon, en haut.
encontre, au devant. Aller encontre, venir
encontre, à l'encontre.
encontrer, 1472, rencontrer.
enconvent, convention.
encorporé, inséré, 1342.
en coste, à côté.
encourtiner, [^Jiarnir de courtines,
tapisser.]
Atin (]ue se mort oicoitrliue le corps.
(.Martin Franc.)
encrasié, 1397, engraissé.
encresser, engraisser.
encuser, accuser.
en dedens, en dedans.
en démonter, en dementiers, pen-
dant ce temps, cependant, dans rinter\'alle.
endever (Paire), tourmenter, enrager.
endimanché, qui a ses habits des
dimanches.
endoi, endui, tous deux.
enes Peure, à l'instant.
enfançon, petit enfant.
enfantomé, ensorcelé, qui a des vapeurs.
enfere, inlîrme.
enfermière, infirmière. (Ms.)
enfés, 1397, enfimt. Un hideux en/es.
— Infect, infecté.
enflamber, enflammer. Enflamhé de rage.
enfle, enflure.
enfoïr, enterrer, [fuir.]
Dedans une foret en exil s'eiifoi.
(Th. de Mailly.)
enfoncher, foncer.
enfondrer, effondrer.
enfouir (s'), s'enfuir, fiigere. (Rom. de
Créqui.)
enfraig'nour, 1209, qui enfraint.
enfremer, enfermer.
enfrume, avare, chiche, désagréable.
97 —
eng'aigne, engaine, tromperie, ruse,
— Sans cn^uiii^iic^ sans manières.
eng'ambée, enjambée.
eng-amber, enjamber.
enganer, tromper, embarrasser, mettre
dans la peine.
engarber, engerber.
engaveler, enjaveler.
Engelique, Angélique.
Eng-elus, Angélus.
engenieur, ingénieur.
engeoler, attraper, verha dure. (NicoD.)
D'un coup de bec se laisser engeoler, (Cl.
Depontoux.)
engeter, chasser, délivrer, mettre hors.
Enghelaïde, 1274, surnom.
engien, esprit, ruse, finesse, détour,
entendement.
engien (Le mairien d'un), 1 3 50, [machine
de guerre.]
engigneux, ingénieux, subtile, adroit,
industrieux.
engignier, une loy, 1397, [imaginer,
susciter.]
— Tromper, surprendre.
engin, esprit, malice, art, ruse, finesse,
adresse.
— Intrépide. Noble d'engin à écrire. (Nie.
Petit.)
enginer, décevoir.
Amour qui gens engine.
(Villon.)
Englaide, 1264, nom de baptême.
Englais, nom de baptême, 1378.
engle, angle, coin.
engleme, enclume.
Englés, Anglois.
Engleterre, Angleterre.
Engletier, (Ms), Angleterre.
engousser, enfler, grossir. Jambes engoiis-
sées, enflées, grosses.
engraissier, engraisser.
engranger, augmenter.
engrangier, 1397, aggraver.
engrans, engrant, empressé, de bonne
volonté.
engresser, presser, aiguillonner.
engrez, empressé, de bonne volonté.
engriger (s'), [devenir plus cruel.]
A la St- Vincent, si l'hyver s'engrige.
engroisser, engrosser.
Enguerainette, nom de baptême, 1406,
Enguerannet, nom de baptême, 14 19.
enguerpir, déguerpir.
Bien le lais savoir que la terre tnguerpi
Dedans une forest en exil s'enfoï.
(Th. de Mailly.)
enhaï, hay.
Qiianque il laissa au siècle, laissa et enhaï
(Th. de Mailly.)
enhaillonné, couverts de haillons. (La
MORLIÈRE.)
enhaster, embrocher.
enherbé (Mourir), empoisonné.
enhorter, exhorter. (Ms.)
enhuilé, extrémisé.
enhuilement, extrême-onction.
enhuy, aujourd'huy.
enjauler, amuser.
enjenglé, railleur, babillard.
enju, enjeu.
enlachié, pris, arrêté. Enlachié par les
cornes. (Ms.)
en leu, 1 397, en lieu»
enlumé, 1397, allumé.
enlumina, [éclaira.] Le Saint Esprit qui
enlumina les Apôtres.
enluminé, éclairé. (Ms.)
enmallé,. [emballer, mettre dans une
malle.]
Mais tu n'as pas tout ton cas cnmatîe.
(Symph. Champier.)
en meisme, pendant.
en mi, au milieu, à travers.
enne, âne.
ennette, cane, oiseau.
enneuillé, extrémisé.
7
-98 -
ennieux, anneau, bague.
ennimal, animal.
enosser, étrangler.
enpaindre, enfoncer.
enpar li, lui seul.
enpar nous, [nous seuls.]
enpesque, empêche, interpelle.
enport, emporte.
enprez, auprès.
(Villon.)
Natif li'Aiivert enpres Pontoisc.
enquerquié, chargé. (Ms.)
enquiere, entière.
— Chercher.
enquigner, enchaîner.
enrachiné, 1472, enraciné.
enremé, enrhumé.
enresdie, rage, violence.
ens, en, dedans.
ensamble, 1533, ensanne, ensemble.
enscellerie de draps, 1552, [action de
revêtir du sceau.]
enseigneur, [qui enseigne, qui instruit.]
Dont il étoit enseigneur et dresseur. Ch.
Fontaine.)
enseignie, instruite.
enseler, mettre une selle.
enseleur de draps, 1469, profession,
[revêtir du sceau, sceller.]
ensemencher, ensemencer.
ensement, 1209, pareillement. (Ms.)
ensen, comme, semblable à. Tout etisen.
(Pic.)
ensievant, 1332, suivant.
ensievir, 1 397, ensuivre.
S'ensievent, 1366, s'ensuivent.
ensmatique, asthmatique.
ensperger, [asperger.]
ensperges, asperges.
ensuir, ensuivre, suivre, imiter, obtenir.
Se sont ensuis, suivis.
entailler, sculpter, graver.
entaillere, sculpteur, graveur.
entais (pour la rimc^, attentif.
entalentis, disposés, empressés.
entechié, 1397, 1472, coupable.
entechrist, antechrist.
entencion, attention. (Cii. lyOuLÉANS.)
entendible, 1472, [intelligible.] Pensée
cntendiblc.
entente (s'), son intention, son applica-
tion, son artection, soin.
ententieus, ententiex, ententis,
atleniil, appliqué.
entention, 1597, intention.
ententivement, 1 397, attentivement.
ententure, entendement.
enterdeux, entre-deux.
entertenir, entretenir.
entertien, entretien.
entervoir, entrevoir.
entervue, entrevue.
entienne, antienne.
entiqué, tiché. (Ms.)
entoiser, encocher.
entor, environ, auprès, autour.
entour, alentour.
en travers, au travers.
entrax, entre eux.
entrechanier, entrecouper, parler par
intervalle, en dialogue.
entrechapigner, s'entre-tirer les che-
veux, se prendre aux cheveux.
entrefait, cependant, à l'instant.
entrefierent (s'), 1243, s'entre-frappent,
s'entre-choquent.
entreflacher, s'entre-battre.
entregent, [savoir-vivre.]
En prit leur sens entregent. P. Grognet.)
entrelacher, entrelacer.
entreleigne, entreligne.
entremerlé, (Ms), entremêlé.
entremettre, tenter, entreprendre.
— 99 —
entreprins, entrepris.
entreprinse, entreprise.
De tous SCS faits et vaillants eiitrcprinses.
(Mart. d'Auvergne.)
entretenront, 1553, entretiendront.
entriner, entraîner.
entrues, dans cet intervalle, pendant ce
temps-là.
envaie, attaque, combat.
envers, enverse, à la renverse, en l'air.
enverser, renverser.
enveug-lissement . (Voc. Nebr., vo
EXCECATIO.)
envier (terme de jeu de berlant) , augmenter,
mettre au-dessus.
envis, malgré soy, à peine.
envoiser, se réjouir.
envoiserie, envoiseure, joye, divertis-
sement, plaisir.
envoisie, gaie.
envreimer, envenimer.
épeine, épine.
épeutable, (Ms), épouvantable.
épeutrer, crever de graisse.
épi [et pi], et puis.
épinche, pince.
époisse, épaisse.
époissi, épaissi.
épousée (s'), son épouse. (Épitaph. pic.)
épucher, [épuiser l'eau.]
éq, que.
équerre, adresser juste.
équicher, éclisser.
équiparable, 1472, [comparable.]
équipare (s'), se compare.
Scqiùparc au blond Phebus. (Cl. de Mons.)
er, pour ar : erchevêque, erdoise.
éraille, oreille.
erc, arc.
erce, erche, hcrcc, machine de bois
chevillée pour écraser les mottes de terre.
erche, arche.
erchelet, archet.
ercher, archer.
ère, j'étois, serai.
éréque, arête de poisson.
ergent, argent.
ergile, argile
ergots, hanches.
ériniere, araignée.
érisipere, érésypèle.
érite, hérétique.
erme, arme.
ermée, armée.
ermitier, hermite.
errant, courant, à l'instant, promptement.
erraument, promptement, grand train.
erre, train, voyage, chemin, pas.
errement, à l'instant, proprement.
errer, marcher, agir, travailler, voyager.
erriere (En), en arrière.
error (s'), son erreur.
ersenot, arsenal.
er soir, hier soir.
ert, étoit, sera.
erticheux, artichaut.
es, sa. Es figure, sa figure. (Pic.)
— Voicy.
— Aux.
esbahi, étonné, surpris. (Pic.)
esbahir, étonner, surprendre.
esbanoyer, réjouir.
Por li esbanoyer li commande que chant.
(Helinaxd.)
esbaubi, étonné.
esberner, ébrener.
esberquer, ébrécher.
esbléré, fou.
esbleuir, éblouir.
esboquer, ébaucher.
esbot, ébat.
esboule, 1427,
Les Bourguignons ils sont plus enflez de bouUon
due n'est un crapaut cshouU.
100 —
esbranquer, ébranchef.
escaanche, 1284, échéance,
escachéez, [écrasées, rompues, brisées.]
Miettes de pains escachéez.
escaffette, scaphula, coquille de moule de
rivière a\-<^c laquelle les femmes de Picardie
amassent la crème dessus le lait pour faire du
beurre. (NicOD.)
escaillon, échelon.
escamme, (Pic), scamnimi. (Nicod.)
escandale de justice, 1457,
escandalisé, 1 397, scandalisé.
escange, 1265, échange.
escaper, écliapper. (Nicod.)
Et Vescapt's lui sui sans pcrdrp vie.
(Tu. PK Navarri. )
escaras (Pic), échalas. (Nicod.)
escarblouquer, 1472,
escarbouillé (Avoir un air),
escarbouiller le feu (Ronsard), [l'attiser.]
escarcelle, bourse.
escarhement (Dépenser), (Ms.)
escarra, 1645, échoira.
escasses, échasses.
escaudé, échaudé.
escauffer, échaufl'er.
eschamperches, claies, palissades, cloi-
sons.
eschaqueure, échancrure.
escharnir, insulter.
eschars, avare, chiche, resserré.
eschaug-uette, [guérite, sentinelle.]
escheoir [échoir, tomber, choir.] Quand
le cas y cschiet.
escheûs, tombé.
eschevinag-ium, 1292, échevinage.
eschielle, 1397, échelle.
eschier, édifier, 1396.
eschiver, (Ms.), 1397, éviter.
eschoppe d'une maison, 1376, essopus,
1280.
eschung" Faire uni, 1376, [perquisition.]
escientre, sciemment, à mon escient.
escil, bannissement, affliction, exil, peine,
ravage, destruction, accablement, abattement,
escillier, ravager, proscrire, etc.
esclaboter, hUo perfundere. (Nicod.)
esclabouter, couvrir de boue, d'eau.
esclairchir, 1472, clucidare.
esclarchi, 1325, éclairci.
esclavine, manteau.
escoche, Ms, 1472, [écorchure.]
escoier, eschoihier, 1380, profession,
[fourreur, pelletier. ]
escoillié, [châtré.]
escole (s'), son instruction, ses remon-
trances.
esconduire, 1397, refuser, s'excuser.
esconser, cacher, coucher, ahsconsare.
Les Picards disent le soleil est escome, c'est-à-
dire caché et couché. (Nicod.)
escorche, 1402, écorce.
escorcherie, 1293, écorcherie.
escorchier, écorcher, découvrir, relever.
escorpion, (Ms , scorpion.
escoudet, [secousse, élan, coup subit.]
(Pic)
escouer, secouer.
escourg'ies et verges, (Ms) fouets.
escourir, secourir.
escourseures, [retroussis, partie retrous-
sée.) Robe sans cscoiirseufcs, 1397.
escousse, secousse.
escousser, secouer.
escout, (Être à), écouter, épier, être
attentif.
escouvettes, balais. Chevaucheur dV5Co«-
vi'ttcs, sorcier.
escouvillon, (Pic), vauldrée, peniculus
jurnarius. Nicod.)
escramer, écrémer.
escremie, attaque, combat.
escremir, combattre.
escrepin, escarpin.
lOI —
escreu, écrou.
escreuelles, écrouelles.
escreviche, écrevissc.
escrier, 1472, exempter, [appeler à grands
cris, publier, avertir,]
escrin, coffre.
escrinier, menuisier, scrinarius. (Nicod.)
— Mal peigné.
escritieu, écriteau.
escroele, haillons.
escrouer, écrouer.
escuellie, invitation.
escuirex, escuivrel, écureuil, bête des
bois.
escullerette, 1471, petite écuelle.
esfroncher, froncer les cheveux.
esg'ard, avis, conseil.
esg-eoler (s'), recoudre ses hardes.
esçlantier, églantier. Ou espine ne
esglanticr. (Oct. de Saint-Gelais.)
esg-outté, [verser goutte à goutte.]
Verre esgouttê. (Rog. de Collerye.)
eshonté, sans honte. (La Morlière.)'
esjouir (s'), 1368, 1583, se réjouir.
(S. du V. P.)
eslais, sauts, bonds, secousses, élans.
eslaissier, sauter, se réjouir, saillir, se
lancer.
eslanché, élancé.
eslarg-uir, 1406, élargir.
esles vous, les voicy.
— Ailes.
eslés. Voy. eslais.
eslite, mettre a eslite, donner le choix.
eslocher, ébranler, secouer.
eslongier, éloigner.
esmai, étonnement, inquiétude, trouble,
surprise, embarras.
esmaier (s'), s'étonner, s'effrayer, etc.
esmanchié, estropié.
esmarrir. Voy. esmaier.
esmayer, Ms , étonner.
esme, jugement, estimation.
esmer, juger, estimer.
— Subst., avis, jugement.
esmeré, précieux, inestimable.
esmier, briser, casser.
Esviié, mis en miettes. Pain esmié.
esmorche, [amorce, danger, action vive.]
Dont bien souvent contraint suis de choisir
Chemin plus long pour éviter V esmorche.
(Visions faïUastiques.)
esmoy, [émotion, trouble, chagrin, agi-
tation.]
Vous m'avez retiré d'un esmoy.
espardir (s'), se répandre. S'espardir par
le monde.
esparpiller, ça et là, [éparpiller.]
espauleur, 1397, [qui porte sur l'épaule.]
espautaire, épouvantai!.
espeautrer, crever dans sa peau.
espèces, épices.
especiaument, 1397, spécialement..
espeine, épine.
espenir, épanouir.
esperanche, 1397, espérance.
esperdu, étonné.
esperit, esprit. Mon esperit se renouvelle.
(J. Froissart.)
Esperit (Saint), (Ms.), Saint-Esprit.
esperitable, spirituel.
espès, (Ms.), étendue.
espés, espesse, épais, épaisse.
espeuse, 1364, 1397, épouse.
S'espeuse, son épouse.
espeux, époux.
espie, espion.
espinoche, épinards, herbe, légume.
espinois, lieu entouré et planté d'épines.
espir, espirit, esprit.
Espis (Saint), 1397, Saint-Esprit.
espissier, 1393, épicier.
espitieument, 1397, spirituellement.
espiule, épingle.
102 —
esploictier, opérer, agir, marcher, tra-
vailler, faire du progrès, aller, profiter.
esplucher,
yisphichdi vivement ma créance première.
(Jean Desponde.)
espluquer, éplucher, choisir.
espluqures, épluchures,
espoentable,espantable, épouvantable.
espoentail, épouvantail.
espoenter, 1470, épouvanter, étonner.
espoi, gros bâton, piquet, levier, pieu.
espoir, peut-être.
esponde, le bord {.Yun lit.
— Digue, lispondes d'un marais, 1387.
espourir, épouvanter, étonner.
espousag-es, épousailles.
espoux (s'), son époux.
esprendre, s'allumer, s'embraser.
espring-uer, danser, sauter.
espris, allumé, embrasé, épris.
esprovance, épreuve.
espuche, 1374, outil.
espurg-ier, 1397, purger.
esquaig-ne, échine.
esquaine (Monter sur une), 1470,
esquaras, 1561, espèce de bois, peut-être
échalas.
esquarrer, équarrir.
esquauvaulx, esquanvaux, 1361,
esqueanche, 1252, héritage.
esquelle, -échelle.
esqueme, écume.
esquer, échoir.
esqueumette, écumoire.
esquevin, 1546, échevin.
esquez, écheveau.
esquiever, 1378, éviter.
esquilancie, esquinancie.
esracer, arracher.
esraument, promptement.
esrement, conduite, manière de vivre
ou de faire ou d'agir.
essaier, assiéger, tenter.
essars, essarts, broussailles, champs
incultes.
essarter, arracher les broussailles, cultiver,
labourer les terres.
essaule, 1361, espèce de bois [propre à
couvrir les maisons.]
esseaver les eaux, 1407, [essaver,
essever, faire écouler les eaux.J
esseiller, cousumcrc. Xicod.)
essette, hachette.
essiau de l'eau, 1378, [tuyau pour l'écou-
lement des eaux, canal, évier.]
essil, destruction, ravage.
— J-xil.
essiller, détruire, ravager, briser, exiler.
essoigne, essoine, excuse, empêche-
ment, contredit, ditficulté.
essoigner, dispenser.
essonnier, 1446, représenter.
essorer, essoreir, sécher.
— Si'ssorcr, prendre son essor.
essors, hâle, air sec. Si vous sera bon li
l'ssci >, le hàle vous conviendra.
essos, désossé, os rompus.
essoucier quelqu'un, 1471, exhausser.
essoure pour la rime , race dans les
deux chevaux.
essoyne, malheur.
l'our son amour eut cette asoyiic.
(V11.1.OX.)
essuer, essuyer.
estable, 1 397, stable.
establesir, 1397, établir.
estache, 1296, [poteau, pilori, barre d'un
tribunal.]
Cil qui fut battu en Xcstachc.
estacques d'un pont, 1 324, [pieu, poteau.]
estage, place, degré.
estaige, 1397, étage.
estai, combat. Prendre cslaJ, combattre,
batailler, disputer.
— Siège, banc.
A estai, sans cesser, à l'instant.
103 ~~
estamaine, étamine.
estaminée, cabaret.
estanc, las, abattu.
estanchier, supprimer.
estanchounesme, 1397, pulcile me
jiolibiis.
estanque de rivière, 1406, [étançon.]
estanquer Teau, 1300, étancher.
estant, debout.
estature, état.
estaucer, prendre un état.
estauceure, stature.
estaule, 1265, stable.
estavoir, bienséance, convenance, néces-
saire, nécessité, faire le saut.
esteime, estime.
esteindoir, éteignoir.
esterqui, etrechi, [étréci, rétréci, dimi-
nué.]
estiesmes (Nous), 1324, nous étions.
estiever, élever.
estinchelant, étincelant.
estinchelle, étincelle.
estivale, d'été. Verdure estivale.
estoc, de son cru.
D'«/oc pourri, maulvais bourjon.
(Mart. Franc.)
estohier, 1341, profession, [étalier, peut-
être estollier.]
estoire, 1397, histoire.
estole, 1453, *^ïol^-
estommeniement, 1115, excommuni-
cation.
estorecherie, 1293, estonheria.
estos de rivière, 1406, estocs, 1406,
[pieu, souche, racine.]
estourgneau, étourneau.
estraine, [rencontre, choc, combat.]
Prince de la sanglante estraine. (Mart.
Franc.)
estrangier, 1466, étranger.
estrechi, etreci, 1372, [étréci, rétréci,
diminué.]
étrequé, étendu.
étrequir (s'), [se rétrécir, se resserrer.]
estreviches, 1 326, écrevisses.
estri, [estrif, querelle, combat, noise,
débat.]
Ja n'avoit en France nus prince si hardi,
Qui osast vers ii faire ni guerre ni estri.
(Th. nie Mailly,)
estris (A), à propos, à l'instant.
estriver, 1472, [contester, disputer, com-
battre.]
estriveuse, querelleuse. Une noise estri-
veîise.
estrivier, étrier.
estudie (s'), son étude, son application,
son attention.
estuveur, -veresse, 1361, [étuviste,
baigneur.]
esvechié, 1466, évêché.
eswarder, 1457, regarder.
eswards, ég^ards de métiers, 1378,
[inspecteurs municipaux, gardes.]
établi de marchand, 1453, *^^''^^-
étampi, debout.
étarle, étable, bercail.
éteuille, étieulle, 1436, chaume, éteule.
étO de marchand, [étal.]
étoimes (Nous), nous étions.
étombi, engourdi.
étout, aussi.
étriper, assommer.
euches (Tu), tu eusses. Je voudrois que
tu euches.
eudienche, audience.
euge, auge.
eug-et, auget.
euillette, petite rivière.
eun, eune, un, une.
eur. Les mots qui finissent en eur se pro-
noncent comme etix : promoteur, promotetix.
euriœul (L') des Cloquiers, 1425 [à
Amiens, galerie].
eus, 1397, yeux.
— 104
eutefois, autrefois.
eutonne, automne.
eutre, autre.
eutrepart, ailleurs.
euturement, autrement.
euvangiles, 1500, évangiles.
euvrer, entendement. Choses offusques
Vicuvre ne fait. (Gringore.)
eux, août, œufs.
évang-illier, 1453, livre d'évangiles.
évantelé, éventé. (La Morlière.j
éventaire de moulin, éventail.
évesquié, 1282, évêclié.
exaucié, exaucé.
exaulcher, 1472, [exhausser.]
excadentes, 1452,
Des distributions excadentes.
excises,
Les impôts et les excises. (Mot. nouv.}
exclos, 1357, exclus.
excluser l'eau, 1378, [barrer par une
écluse]
excondit, refus, excuse.
excusation, excuse.
exerciter (s'), 1269, s'exercer.
exillié, 1374, exilé.
expandre, étendre.
explectier, 1 574,
exponible, [qui peut être exposé.]
Jixpoiiibh' a bon sens moral. (Guilleville.)
exquerre, 1472, chercher, exqtihere.
exquisement, très exquis. (Cl. de
MONS.)
exterier l'office, 1342,
extoller jusqu'au ciel, élever. (Ms.)
eyeux, eau.
eyvre, 1 397, yre, (ire), [colère].
fâche, face, fasse. Dex Iv/jc/a- pardon, 1 203 .
fâcherie, ira. Les oignons donnent
fâcherie k l'estomac.
fachon, 1472 [façon.] (Pic.)
fachoner, façonner.
fachonier, fiiçonnier.
faiche, face.
faichon, 1323, façon.
faille, 1490, habillement du sexe.
— S.ms faille, 1397, sans faute.
failli, fini. Après le son de le cloque
failli, 1418.
fain, 1361, foin.
fainnier, 1463, profession.
faisel (Quantité de),. 1342, [fagot, fascine
pour la pêche.]
faitard, paresseux.
De bien boire ne fut oncques faitard.
(S'iLLOX.)
faitardise, paresse.
fallaces, [tromperies, faussetés.]
Puisqu'on a fait fallacts et cautelles.
(PiERRK Grocnct.)
fait (II), il faut, oportet.
famé, renommée, /«ma, 1397-
Ne m'ont laissé que leur bon bruit oxfame.
(J. BOUCHET.)
fameine, famine.
famis, affamés. Loups/zw/s. (Jean d'Ivry. \
famule, 1330, valet.
fanferluche, fanfreluche.
fanon, 1453, d'usage dans l'église. [Ban-
nière, manipule sacerdotal, sorte d'orne-
ment.]
faquinisme. (Mot nouv.)
fardieu, fardeau.
farfouiller, tâter.
farot (Faire le), (Nicod.)
— 105 —
fascherie, [mod. fâcherie, peine.]
Loin de nous la fascherie. (Jean de la
PeruseO
fasseur (Faiseur de), 1403, [artisan ouvrier
qui tait, qui fabrique, créateur.]
fatrasier, 1471, taire du t^uras divin.
fauchille, 1345, faucille.
fauchonnier, 1386, [ouvrier qui fabrique
des fauchons ou cimeterres.]
feel, 1209, ïéà\, fidelis.
feelment, 1209, fidèlement.
féer quelqu'un, le rendre invulnérable.
(La Morlière.)
fein, 1395, foin.
feindant, 1397, feignant.
femée, fumée.
femer, fumer.
femier, 1397, fumier.
fener, f né, faner, viarcessere, (Nicod.)
— Sécher, vieillir. Un homme fné, fenes-
triere. Une \o7.ç\.ngt fnée.
fenis, 1397, phœnix.
ferandaine, férandine.
ferdrine, fredaine.
ferdon, fredon.
ferines (Mœurs), féroces. (Cl. de Mons.)
ferionje, ferions-nous.
ferlimouse, gros visage.
ferlu, riche.
fermeté, clôture.
feron, 1480, pour ferronnier, marchand
de fer.
ferrain, 1496, [farouche, bête sauvage.]
feru, 1209, 1397, frappé.
fesimes (Nous), 1332, nous fîmes.
fesissent (Ils), 1317, ils fassent.
fesse-mathieu, usurier.
fesistes (Vous), vous fîtes.
festu, paille.
fetarde, paresse.
feuchille, faucille.
feugere, fougère.
feulles, 1397, feuilles.
feuquer, faucher.
feure, 1317, paille.
— Ferronnier, 1345, 1460.
feut (I), il faut.
feu te, faute.
feuve, fève.
fîanche, 1397, fiance, confiance.
fiancher, 1330, promettre.
fîanchier, fiancer.
fiât, confiance. Il n'y a point àt fiât à lui.
fichelle, ficelle.
ficher, donner. Je tQ ficherai un soufliîet.
— Moquer. Je m en fiche.
fichié, 1 397, attaché.
fidacar, fil d'archal.
fien, 14^2, fœiitiw, fumier.
fiensier, 1345, brouetteur de fien.
fieu, fieulx, 13 14, fiex, fils..
Bieu sire leu n'escoutez mie
Mère tenchant sen feu qui crie.
(La Fontaine.)
Pirame, le jeune et beau /«a-. (Chapelle.)
filé, fil.
fillot, filleul.
filouse, voleuse.
fin, foin.
fin (à celle), afin que.
finement, 1517, fin.
finer, finir.
Finant, finissant, 1401.
Fine, finit, 1471.
Finei, finissez.
finette (Faire), 1397, confiner à.
fion, bon goût. Donner lefion à un ouvrage.
fiqu, aigu.
fiquer, fisquier, 1400, ficher.
flageol, instrument. Qui d'un fiageoî de
roseau et de cire. (Cl. de Mons.)
flair, bonne odeur. (Nicod.)
flairier, 1472, flairer.
flambe, flamme.
flambieux, flambeau.
— io6 —
flameque, flammèche.
flamique, [sorte de galette très mince.]
(Pic.)
flammens, [flamboyants, enflammés.]
Aux longs vAyoni, Jluiitiiifiis, les étoiles cour.intes,
(Is. Haukrt.)
flanquette (Boënne), [sans cérémonie,
sans façon, tout uniment.] (Pic.)
flaque d'eau, (Nicod), [petite mare d'eau.]
flat, [chute, coup, soufflet.]
11 s'csbattoit, souvent cstoit a /?<»/.
(KOGKR ni- CoLLERYi;.)
flebe, .//<//'/7/.^ faible. (Nicod.)
flebleche, faiblesse.
flecag-e, (Office de), 1460,
flecqueurs de cars, 1460, profession,
[déchar';eurs de voitures qui jouissaient à
Amiens du droit dit dcjhxage.]
fleppe ^Point une), pas du tout.
flessir, flétrir. Ces féminins, visages, je
fay Ih'ssir et puyr laidement. (Ol. dk l.\
Marche.)
flet, parasite.
— Poisson.
fleume, flegme. (Nicod.)
fleve, débile.
flic flac, sonus. (Nicod.)
Flipe, Flipot, Philippe.
flique, tranche. Fîiqiic de lard.
Flidh-, sticcidia. (Nicod.)
floible, faible.
floquart, instrument.
floreté, 1397, [fleuré, fleuronné, peint de
fleurs.]
florettes, fleurettes.
Et leur donnent avec /orc//« belles.
(Pierre Michault.)
floride, un vestement de fleurs. (La Mor-
LIÈRE.)
florir, [fleurir.]
Quant la ger.estre est florù.
(P. Grognet.)
flouet, 1591, fluet, faible, délicat.
Dressa les jeunes traits de ma flouetle main»
(G. DE PlBR.^C.)
flourer, [exhaler une odeur.] FJourcr la
cuisine. (P. Grognet.)
Flourie, 1276, nom de baptême.
flourin, 1378, florin.
flourir, fleurir.
D'une lleur peu flouru.
(|. Le Maire.)
flours, fleurs.
Environ le fin de septembre
Q.ue faillent violettes et fl'^urs.
(.MaRT. D'AtVKRGNr.)
fluxible, 1472, [fluide, liquide, coulant,
qui .sLCOule.]
foaire, faire.
Et ne pensez que le cas que j'en fols.
(Saint-Gelais )
foarre, paille.
foet n\ , il fait.
fûichon, façon.
Ajoichon, à foison, beaucoup, en abondance.
foine, fouine. (Nicod.)
foirain, forain.
foire, faire.
foiret, foret, outil.
foirsux, foriol IIS, morveux. (Nicod.)
fons (a) de cuve,
Une chappe furrée à fons de cuve. (S. du
V. P.)
fontainure, eau de fontaine.
fontasie, fantaisie.
forbani, exilé. (La Morlière.)
forche, 1406, force.
forches, [forces, grands ciseaux servant à
tondre les brebis.] Tondeur de grans forches,
1455-
forfaicture, (Ms), [crime, forfait, confis-
cation, amende qui punit un délit.]
forfaire, faire mal. l\s jorfirent. (Ms.)
forgier, 1478, forger.
forgneux, fourneau.
forieux, fourreau.
forment, 1472, formellement.
formosité, 1472, [beauté de formes.]
fornée, fournée.
— 107 —
fornier, 1379, profession, [bouhingcr
tenant un tour banal.]
forniquer,
Tout jeune homme qui fornicque,
Sa femme lui fera la nicque.
(P. Grognet.)
fornir, fournir.
fors, hormis. Puisque chacun ne quiert
fors que mahce. (P. Grognet.)
fortene, fortune.
forteresche, 1361, forteresse. Fortresse,
1472. (Ronsard.)
fortitude, 1472, [force d'âme.]
fortune (de), infortune. (La Morlière.)
forure, fourrure.
forvig-ié, chassé.
forvivre, 1209, survivre.
fosselette, petit creux.
fossier, 1457, fossoyeur.
fouache, 1 388, espèce de pain blanc.
fouaire, [faire], yay fouait, j'ai fait.
fouée, brassée dp menus bois. (NicoD.)
Bonne fouée, bon feu.
fouille en bren, scarahœi.
Fouquier, 1293, nom de bapt.
fourbatre une huisserie, 1 350, [barricader,
clore, barrer.]
fourcelle, 1472, [l'estomac, la poitrine,
la gorge, le ventre.]
fourdraines, fourdrines, prnneUa,
prunelles.
fourfait, forfait.
fourieu, fourreau.
fourme, 1406, forme.
fourment, 1333, froment.
fourmer, former.
fournel, 1334, petit four.
fournier, 1394, mettre au four.
fourque, 1374, fourche.
fourquer, 1374, fourcher.
fourquette, fourchette.
foutaise, babiole.
foutannies, 1397, fontaines.
foutiquet, morveux.
foutriquet, tricherie.
foy (à), ma foy.
frag-ais.
Porter des terreaux sur Icsfragais, 1361.
franc, [écurie, toit à porc] Tenir pour-
ceaux en franc, 1361.
Franche, France.
franque foire, 1238, franche foire.
franquement, 1324, (Ms), franchement.
fraze de veau, 15 15, [fraise.] (Pic.)
frecteume, humidité.
freime, frime, faire semblant.
freine, farine.
Fremaut, 1478, nom de bap.
fremer, fermer.
fremier, 1398, fermier.
fremion, fourmi.
fremoir, fermoir.
frepier, 1437, fripier.
frequeurs des carettes, 1361,
Fressende, 1263, surnom de femme.
frété (Le), 1305, la ferté, [forteresse.]
Frichois, François. (Ms.)
frichon, frisson.
fringes, 145 3> franges.
frisié, 1477, frisé.
frisque, gai. Il étoit en sa manière
frisque.
frixi, repas.
fro (Tu), tu feras.
froissié, 1397, froissé.
fromegier, 1474, profession.
fromengier, 1477, profession.
frons, ferons. Qu'est-ce que nous froiis ?
frontaux des sourcils,
frouce, frou. Poen une fronce, pas un
brin.
froument, froment.
f soit, faisoit.
fu, feu.
— io8 —
fuailles, [menu bois de chauffage.]
En hotage Qnfuailîe. 1400.
fuche, qu'importe.
fuitive, fugitive, qui fuit. (La Morlière.)
fulcie de fleurs, 14^2, fnlcite me Jloiibiis.
fumelle, femelle.
fumiere, 1397, fumée. (Ronsard.)
fumier, 1423, qui a un four.
furnir, 1464, fournir.
furter, [rechercher.]
fusicien, 1316, [médecin.]
fusons i^Si), nous avons été.
Si fusons en doutance, mais ores sommes garni.
(Th. di; M.villy.)
fuste, vaisseau, lui une petiote Juste.
(Villon'.)
futé, malin. (Ms.)
G
g" en picard, remplace j.
gabber, 1 597, (Ms), railler. Des ors feray
de tous i^uihee. (Jhan dk Veniïtte.i
g-abeur, railleur.
gadouard, vidangeur.
gagnier, g-aignier, 1597, gaigner,
gagner, lucrari. (NicoD.)
Les maulvais cirurgiens font i^aUrncr les
musiciens. P. Groc.nft.
g-aguy, grosse.
gaignage, gain.
gaillard [pris de boisson, gai, vigoureux.]
gaine, [fourreau, étui.]
Cet argument est vicieux
Kt ne vaut une vielle ^alve.
(G. DE LORRIS.)
galafre, galifre, goulu.
galet, jalet.
galeto, galetas.
galette, brioche.
galibier, vagabond.
galice, calice.
galimafrée, [sorte de sauce.]
galochier, m 50, faiseur de galoches.
galosche, chaussure. (Xicod.)
gambader, [faire des sauts, des gam-
bades.]
Vient du picard gamhe. (Xicod.)
gambe, jambe.
gambette, boiteux. (Xicod.)
gambille, boiteux.
gambon, jambon.
ganache, mâchoire.
gandoises, bagatelles.
ganet, jaunet, louis d'or.
ganif, cAn\i.
ganne, 1 391, jaune.
ganstier de vin, 1561, chantier.
gantes, jantes (Pic), apsides. (NicoD.
gaquière, terre en jachère.
garandir, Ms , 1464, garantir.
garandisatures, 1231, [garanties?]
garandison, garantie.
garbe, 1265, gerbe.
garbée, gerbée.
garchon, 1513, [garçon.]
garcul, garde-cul, cotillon.
gardin, jardin.
gardingnet, 1378, [jardinet.]
garet, jarret.
garetière, jarretière.
gargamelle, [gorge.]
gargamotte, bergamotte.
gargate, bouche.
gari, Ms), guéri.
garillon, carillon.
garison, (Ms;, [guérison.]
109 —
g'arni, assure.
Si tusons en dotance mes ores somes garni.
(Th. dk Mailly.)
g'arniment, garnement, pendard.
gartiers, jarretières.
g-asquiere ou larris, 1472, [terre inculte.]
Gasselin, 1480, nom de bapt.
g-atieux, gâteau.
gatte, jatte.
gattée, jattée.
gattelette, assiette, petite jatte.
g-auche, [sens actuel.]
Cela est d'un gauche insoutenable.
g-auchir, [éviter, changer de direction.]
Ne sachant point simuler ne gauchir. (Ger-
main Colin.)
Gaudechon, 1480, nom de bapt.
gaudir, se divertir. Se gaudissant de dra-
perie. J. Leblond.)
Pour gaudir et faire grant chère.
(Villon.)
g-aug'ag'e, 141 6, jaugeage.
g'aug'eurs de vin, 1361, jaugeurs.
gausne, 1397, jaune.
gausseur, g-audisseur, badin.
gaveler, javeler.
gaviot, g-avion, gosier.
g-ayole, geôle, carcer. (Nicod.)
gazon, perruque.
gazouiller, babiller. Pour faire gazouiller
les jeunes et les vieux.
geline, 1452, [poule.]
géminées (Preuves), mot nouv.
gemmeux, gemma, perlé.
gendre humain, genre.
genestre, [genêt.]
cillant la geticstre est florie,
L'amoureux s'en va veoir sa mie.
(P. Grognkt.)
genouille, genou.
gent, genti, gentil. Le savoir est moult
^ent. (Grixgore.)
germe des intérêts. Exprès, nouv.
germeux, apte à germer.
germiner, 1472, genninare. L'herbe
gcnuinc.
giblet (Coup de), folie, terehellum.
gieter, 1397, jeter.
giffle, gifle, soufflet.
gillet, camisole de dessous.
Gillette, 1476, nom de femme.
Gillon, 1325, surnom. Gillon Beaupignié.
gimbretuse, [lascive.]
Lasciveté gimbretuse. [Pléonasme.]
gingeole (Cadet la), [sobriquet donné à un
niais, à un individu de peu de mérite.] (Pic.)
Girold, 1195, nom de bapt.
glaohe, glace.
glaohon, glaçon.
glaine, geline, poule.
glais, espèce de plante, [glaïeul.]
Glaude, sot. C'est un Claude.
glenne, glane.
glenner, glaner.
glic, [jeu de cartes du genre de la bouil-
lotte.]
Le glic amène de l'argent, 147 1.
glichant, ghssant.
glischer, glisser.
gloe, 1361, bûche ronde.
glore, 1397, gloire.
gloute, gloutonne. Ame gloute. (La
MORLIÈRE.)
gnio, il n'y a.
goblin, [démon, esprit follet.]
godailleur, buveur, marchand de godale,
1517-
godale, [bière.] Baril àc godale, 1383.
godet, petit gobelet. A maint godet et
maint verre. (R. de Collerye.)
Dérive de gutterus, diminutif de guttus,
vieux mot latin qui signifie aiguière.
gogno, louche.
goguelu, [présomptueux, fat, glorieux.]
Un vanteur gogiwlu.
goguette, 147 1 , m^n^tï goguette, se réjouir.
— no —
goï, 1332, joui.
g-oret, petit cochon, porceîlus.
Ne nulle rymc dci^^orct. (Blaise d'Auriol.)
g-org-er à friande goulée. (La Morlihre),
[avaler, engorger.]
g-orrelier, profession, 1459, [bourrelier.]
g-orseuille, groseille.
Goton, nom de fille.
g'Ouaille, moquerie.
gouchôt, gousset.
g-oudalier, 13H7, métier [brasseur de
bière.] Levure lW croudalh', 1361.
goule, gueule.
g-oulée, [bouchée.]
Des lleuves qui n'étoient pour toi qu'une
^nmltr. (F. Rémi, Poniii' de la Ma^^uJcJcinc.)
Gorger à friande i^ouhr. (L\ Morlikre.)
g-oulet, goulot de bouteille.
gourde, main irourdc, pic, [engourdi.]
gouspiller les fruits, (La Moklière.j
gouster, collation.
Goule, collationné.
g-ouvernure, gouvernement.
g^oyelle, triquctra cascatii.
goyment, 1 396, joyeusement.
gracier, 1472, [remercier, faire grâce.]
gradué en iniquité. H\[-res. nouv.
graille, 1397, menu.
grament, beaucoup.
grandelet, grandelette, [dimin. de
grand.] i^La Morlikre.)
grandet, grand. Vcmgiamkt, jouvenceau.
(Cl. de Pontoux.)
grandier, glorieux.
grapissant, gravissant.
grappu, qui a des grappes.
gratin, de gratter, ce qui reste de bouillie
dans une poêle.
gratuise, 1428, que Ton met dans les
armes.
grave iLa\ gravier.
gréer, 1290, agréer.
grégnour, 1397, plus grand.
greigneur, 1 300, [comparatif de grand.]
Cordeliers et frères mineurs
Xe doivent pas être greigtieurs.
(P. Grogmit.)
grêlé, marqué de petite vérole.
gresleus, [qui a rapport à la grêle.]
la manne, la rosée et les gresleus amas.
(ISAAC Haiikrt.)
greux, ongles, grifles.
grevable, 1466, nuisible.
grevance, 1397, (Ms , [chagrin, regrets.]
grever, [gêner, occasionner du chagrin.]
gri, gril.
grible, crible.
griblettes, lèvres ou languette de viande
rôtie.
griblure, criblurc.
grief, (terrible, rude, sévère.]
Souvent le coup d'une plume
Est plus grief que n'est d'une enclunie.
(F'. Gr<k.ni:t.)
grieu, quid ? [triste, pénible, douloureux.
— Grec]
grimouillure, écriture, barbouillage,
grincher les dents, grincer. Griuchcr une
fricassée, la remuer.
gringuenaudes, [gazouillement.]
grippé, fou à demi.
grizet, pièce de six liards.
grogner, gronder.
Qui contre les péchez grognel.
(P. Grogxet.)
gron, giron.
grossoyer, engrosser.
grouchier, 1472, [grogner, murmurer,
gronder.]
grouiller (se), se remuer.
grouin, visage.
groume, gourme.
groumet, gourmet.
groumette, gourmette.
groupe d'infamies. Exprès, nouv. •
grouteus, 1397,
Cœur ^routeiLS et murmurer.
— III —
g-uarir, guénr.
g-uarnement, 1397, [armure]
Le corps est le oiianiciiiciit de l'ànK.
g-uay, geai, i^raculus.
gueau, pou.
guedes,
Etotfe giiedee.
g-ueigne, guigne, cerise.
guémenter, se plaindre.
De povreté me guniicntaiit,
(V11.1.ON.)
guerapeudin, 1460, pièce d'artillerie,
[crapeaudin.]
Guerardin, 1403, nom de bapt.
guerchon, 1472, [récompensé, donné en
récompense.]
guerlot, grelot.
guerlotter, grelotter.
guerni, garni. Bourse mal guernie.
guernoulle, grenouille.
guernu, grenu.
guerpir, 1354, le contraire de déguerpir.
guerredon, [récompense.]
Ne cuidez pas qu'il en promette guerredon.
(Ms du xiiic s.)
guerroie, 1397, combattu.
guerseuille, groseille.
guersil, grésil.
guette, guêtre.
guetteux, guetteur.
gueule, bouche.
Guetilée de sottises.
gueulu, glouton, avide, goulu.
guiéble, diable.
guiéblement, diablement.
Guiffret, 1448, nom de bapt.
guigner, regarder.
Gulgne-vaoï de travers.
(Ronsard.)
guignon, mépris. Avoir quelqu'un en
giiignon.
— Malheur. Avoir du guignon.
Guiguitte, Marguerite.
Guillot, 1376, nom de bapt.
guimberde, arme.
Guiot, 1480, nom de bapt.
Guiote, 1476, nom de femme.
Guis, 1397, Juifs.
Guiu ou Diu, Dieu.
H
habilité [habileté]. En droit canon étoit
bahiîité. (Nicolas Petit.)
habours, 1472,
Et ces Flamens boivent leur let,
Burre ou le halovrs touillié.
Hacquinet, 1480, nom de bapt.
haineux, qui hait. (La Morlière.)
Figure hainense.
haïon de marchand, 1376, boutique.
hair, chenu.
haire, (Rabelais.)
haitié, [bien portant, tranquille, réjoui.]
halaine, halene [haleine]. Si en buvroie
ayant halaine. (J. de Venette.)
halleures, [marques du hâle.]
Noire de corps et de liaUeures.
(M.A^RT. Fr.wc.
hallier, 1561, [garde des halles.]
Ordonnance du hallier des halles.
hallos, 1361, [branches.]
Les hallos d'une bûche.
hamieux, hameau.
han, ahan, [fatigue, effort, respiration
forcée, tourment.]
hanap, 1395, gobelet, coupe.
Un hanap d'argent.
hanepier, 1 346, profession, [fabricant de
hanaps.]
— 112
handragerale [qui a besoin d'être dra-
guée.]
Rivière haïuhiV^eralc.
handrag-uement, 1395, [action de dra-
guer.]
Hanâraf^îicuicnt et régies.
Hanot, 1342, nom de bapt.
banque, lianche, 1472. Le monde est
boiteux de deux banques.
haove, 1374, outil.
happer, prendre vite. (Roks.oiRD.)
Selle vciilt trop mon cucr htpfxr.
(Cil. I)'Ori.kans.)
haquer, haclier,
hardeau (Pie.), jeune (;ar<;on. (\icod.)
harenc, 1445, hareng.
hareng-uiere, 1465, liarengère.
harlinquin, liarlequin.
harnacher, enharnacher.
harnas, (armure, armes, ustensiles, équi-
page d'un cheval.]
harper, herper, iiiiuiih-iy aVujuain.
haterel, hastereau en picard, [cou,
nuque de F homme ou des animaux.]
hauche cou, hausse-cou.
hauche tabac, Savoyard.
haucher, 1 564, heucher, hausser.
haudraguier, 1 54). haudregier, 1400,
[draguer.]
Hattdregicr un fossé.
haulbert (Le) de pénitence, (Ms.)
haulte (chose), haute, (Ww Nebr., vo
Aérius.)
haustelé, hauteur.
hautelicheur, 1465, hautelisseur.
hautisme suprèm^^, [superlatif de haut.]
hayer, hayr, 1560, [clore de haies.]
hayeures, 1758, petites hayes.
heaulme, [casque à calotte conique.]
Tout l'or et l'argent du royaulme
Sont sous la plume et non dessous le heaulme.
(J. BOUCHET.)
hébrieu, hébreu.
helo ! hélas I
hene ou handre, <////>/ ?
Hennequin, 1449, "o"^ ^<^ ^''^pt-
herbegier, 1472, [héberger.]
herbeleresse, 1345, [femme qui coupe
de l'herbe ?)
herbergie, hôtellerie.
herbergier quelqu'un, [l'héberger.]
herbeus, 1349, [garni d'herbe.]
Une vo\e herbeuse.
herbu, 1472, [couvert d'herbe.] Lieu
herbu.
herche, herse.
herde, 14H1, [troupeau.]
La heide de la ville.
here, bel homme. (Ronsard.)
Taure here, belitre.
herengier, herenguier, 1 346, profes-
sion, vendeur de harengs.
herenq, 1361, hareng. Le haretiq de
Scardeblont est contrefait. 1361.
herichon, hérisson.
heritablement, 1378, [par droit de
succcssicMi. )
heritaige, Ms;, [immeubles, succession
directe.]
heritaulement, 1326, [héréditairement,
à titre d'héritage.]
. hernue, ouragan.
herondelle, hirondelle.
het, hayt, 1 397, odit.
bette, 1471, peut-être me flatte.
C'est chose qui bien me het te.
heuille, huile.
heumer, humer, avaller.
heureuseté, bonheur.
heve, 1376, huche. Panier a hei'e.
hever dans la racine, 1472, [bêcher la
terre avec une houe.]
hideur, ^épouvante, frayeur.]
C'est une hideur de voir cela.
hiprocros, hypocras.
hiretaulement, 1330, héréditable-
ment [héréditairement.]
— 113 —
hirondiaux, hirondelles.
histoirien, historien.
ho ! ha !
hober, sortir.
Ains que d'icy je hohc.
(Villon.)
hoberg-er, héberger.
hobin ou panier, 1402.
hobrieux, hobereau.
hoc a my, cela est à moy.
hochiner, hocher, branler la tête.
hog-ner, grogner.
hog;uineur, [importun, fatigant.]
holo ! holà ! halte-là !
hom, honio. Ne nus hom ne doit entre-
prendre. (Ms du xiiic s.)
hong-nars, murmureurs. (J. Molinet.)
hongrelaine, habillement.
honneurer, honorer. (Ms.)
honor, honneur. Près tous honor refusent.
(Ms du xiiic s.)
honourer, honorer.
hontaig'e, honte, ignominie. (Ms.)
hontieriesmes (Nous), nous aurions
honte.
horions (Avoir des) sur les épaules,
[coups.]
horribler, [représenter des horreurs,] (La
MORLIÈRE.)
hospitable, où l'on reçoit des hôtes.
hosteulx, 1457, l^ôtel.
hostieulx, 1374, outils.
hotelain, 141 6, cabaretier.
Hotin, 1461, nom de bapt.
bottier, hôtelier, aubergiste.
boulier, houlliers, 1337, vagabond.
houllerie, 1374, [débauche, luxure.]
Cas de houllerie; on brûloit pour ce crime.
houpelande, [espèce de robe de chambre.]
houpelu, [touffu.]
houppier, i;78, profession.
houraille,
Ils définissent le peuple une houraille sotte.
(Cl. de Mons.)
hourd ou hourdis en picard, échafaud.
(Nicod.)
hourlog-e, [horloge.]
houzard, hussard.
houzettes,houssettes,culotte. (Nicod.)
L'heure est venue que pour partir l'homme
se hoii^e.
hoyeux, hoyau.
Huart, 1461, nom de bapt.
hubertiers, profession. Chassez d'Amiens
comme ennemis du royaume en 1542.
huche, 1445^ [coffre, armoire.]
huchelet, 1324, [petite huche.]
hucher, appeler. (La Morlière.)
hucherie, 1454, [art de la fabrication des
huches.]
huchet, [petit cor de chasse.]
Q.ui sceut tant bien jouer de mon huchet.
(P. Gery.mse.)
huchiaulx, 1428, [petites huches.]
huchiel, 1335, [petite huche.]
huchier, 1460, profession.
Huchon, 1467, nom de bapt.
hucquer, hucher, appeler.
Hucquic, 147 1, appelé.
Faites l'entrer si vous ro3'ez hucher.
(Villon.)
hueràns, 1397, [criant, du verbe hier,
crier, appeler.]
Huet, 1464, nom de bapt.
huis, porte.
En venant a mon huis frapper.
(Ch. d'Orlé.^ns.)
Voy. huy.
huiseux, 1472, [rusé, avisé.]
huisserie, 1350, 1397, porte.
hulotte, ulula, oiseau nocturne. (Nicod.)
humblesse, humilité. (La Morlière.)
humele, 1397, humile, humble.
humer le jour, naître.
Quand je humé le jour.
Jean de Vitel.)
114 —
huquée, [distance jusqu'où porte la
voix.]
II n'v a plus qu'une hiigiiir.
hurluberlu, hurlubrelu, barbouilleur.
C'étoit dans le dernier siècle une mode de
cœffurc.
hurpe, luip'pe.
hurpré, huppé.
Hutin, 1481, nom de bapt.
butineur, [querelleur.]
Ln plaideur hiituicur.
buy, porte.
— Aujourd'huy, 1497. Hiiy, souliers ronds
et demain à lony; bec. iP. MiCH.^UD.)
I
Les désinences en hc se prononcent comme
inic, cntri'pihin',
i, il.
ichaux, 1209. iceux, icheux, ichiaux,
135 3' ^"^'^'^•
ichelle, 1472, celle. (Ms.)
ichy-bas, icy-bas.
idoine, propre.
iex, yeux. (Ms.)
ignare, [ignorant.]
I-t de la qualité chacun d'eux est /V//J/V.
(Cl. df. Mons.)
igniot, il y a. [Pic]
ignoranche, i ^97, [ignorance.]
illecques, illec, 1415. illuec, 1209,
illueques, 1 524, là.
Fuyant eiuuii qui illccqncs devine. i'SYMPH.
Ch.\mp.)
illetré, sans lettres.
illisible, mot nouv.
imable, aimable.
imaige, 1 597, image.
imbelle (Pigeon), sans défence, iniheliis.
(Cl. de Mons.)
imé, aimé.
immoralisé, mot nouv.
immune, immunis, mot nouv. (Théorie
de l'impôt, 73.'
impaire, à son mérite, au-dessous de.
(Cl. de Moms.)
impassibilité, 1397,
impatienche, impatience.
importable, 1472, insupportable.
impropere, 1472, improperiiwt.
inactif, mot nouv. Richesses iuactives.
Esprit iihh'tij.
incaut, incaulus.
Hii ce (\n^incaut je fus, on m'a creu téméraire.
(J. ni: LA Jkssée.)
incendiaires (Des ardeurs), 1209,
inclite, iuditus. Couronne et ornement
iuilile. (G. CoRROZET.)
inconséquence, mot nouv.
inconstenche, inconstance.
inconvertible,
incrainquiée .Graine), germée.
indefoncé,
indeing-ne, indigne.
indiscible, judicieuse. Une trêve inJiscihle.
induration, (Ms), endurcissement.
inepte (Mensonge). Mot nouv.
i ne veut, il ne veut.
in fer, enfer.
inference, 1471, du mot inférer.
infixé, 1477, inséré.
ingénieux, ingénieur.
ingresser, [envahir, entrer dans un ordre
religieux.]
inquisiteux, inquisiteur.
inseingne, insigne.
inspecteu, inspecteur.
instable, instabilis.
instenche, instance.
— II
instent, instant.
inteinme, intime.
intempérance d'amitié. Mot nouv.
intendence, intendance.
interesseuse (L') pecime. (Cl. de
Mon s.)
interroguié, 147 1, interrogé.
introducteu, introducteur.
introïte L' ) d'une chambre, 1 5 50, l'entrée.
intuition, regard.
inventore, 1379, inventaire.
ira (s';, s'en ira.
irais, irrité, en colère, cruel, piqué.
irascus, en colère, fâché.
ire, 1517, colère.
Sire, sa colère.
iréement, iriement, avec colère.
iretage, 1300, héritage.
ireux, [irrité, en colère.] Homme ireiix.
Parole ireuse.
irié, en colère, fâché.
iritage, 1397, héritage.
iros (T), tu iras.
irréméable, [qu'on ne peut repasser.]
IrrcnicahU enfer d'où on ne revient pas.
irreveillable (Sommeil), [d'où l'on ne
se réveille pas.]
irriteur, [provocateur.] Un plaideur irri-
teiir, iram cxcitans.
isme^ aime.
isnel, isniaux, actif, prompt, vigilant,
léger, rapide. Isnel le pas, promptement.
isnelement, 1209, promptement.
issir, 1397, sortir.
ist, sort. Istra, sortira. Istrei, sortirez.
isti, ainsi, ici.
istrer, 15 17, [sortir.]
QjLiant tu istras hors de ta maison.
Is Iront, 141 5, sortiront.
itant, autant, de même. A liant, aussi.
iteis, itel, tel, semblable, pareil.
itout, aussy. (Pic.)
ja, déjà.
Ja n'avoit en France nus prince si hardi.
(Th. de Mailly.)
Jacopin, Jacobin. (P. Grognet.)
Jacot, 1469, Jacques.
Jacotin, 147 1, nom de bapt.
Jacquemont, 1517, nom de bapt.
jactantieuse, mot nouv.
Opération jactantieuse de la guerre. (Théorie
de V impôt, 83.)
jaiant, géant. (Hélinand.)
jalois de bois (Un), (Ms), [mesure.]
jalouserie, jalousie.
jamois, jamais.
jansemin, jasmin.
jap (Avoir du), babil.
Jaquelaine, Jacqueline.
Jaquemart, 1479, ^^^i de bapt.
Jaquemon, 1376, nom d'homme.
Jaqueron, 1472, nom de bapt. de femme.
jardinus, 1309, jardin.
jarrequiere, jarretière.
Jeannin, 1447, [nom de bapt.]
jehyne, 1470, géhenne.
j'em meurs, je me meurs. [7't''///t'.]
jenesse, jeunesse.
Jenin, Jean ou cocu.
Jennin, 141 7, [nom de bapt.]
j'et suivrai, je te suivrai. [/V/(J.]
j'nai, je n'ai, non haheo.
jocquer, cesser, finir, s'abstenir.
j ocundité, 1472, [joie, plaisir, amusement.]
— ii6
joel, 1397, joyau.
joene, joenne, josne, joule, 13 17,
jeune.
joïr, 1416, jouir.
joliette, 1471, jolie.
joncherie, 1471, tromperie.
Vous entciidcii bien jouchcric.
(Villon.)
jone, (Ms), 1473, jeune.
jonesse, (Ms), jeunesse.
jonette, jeune. (J. Froissakt.)
j'ons, j 'avons, [j'ai, nous avons.]
jor, 1397, jour.
j ornée, journée.
Joset, Joseph.
joule, 1 380, [jeune.]
joueur, assemblée, jeu.
jouquer, juclier.
jour de cristal, pour ni froid ni chaud.
Expr. nouv.
journeux, 1406, journaux.
j ouste (de), auprès.
jouvencieu, jouvenceau.
jouxte, prés.
jovent, jeunesse.
joyellier, 1478, [joaillier.]
joyeu, joyau.
f
t
1
joyeuseté, divertissement, plaisir.
joyr, 1500, jouir.
j 'ter, jeter.
ju, jeu.
juer, 1361, [jouer. J (Pic.)
jugeurs, juges.
jugier, 1209, 1452, juger.
juise, jugement.
jumeu, jumiau, 1350, jumeau.
juner, (Ms), jeûner.
jupe, soutane.
jus, à bas, à terre. Mettre jns, mettre
bas, détrôner, chasser. Le rua jus. (Svmi'H.
Champ.)
jusqu'o, jusqu'à. (Pic.)
justichable, 1424, justiciable.
justichault, 1295, justichiaux, 1359,
justiciable.
justiche, 1265, [justice.]
justichier, 1300, [justicier.]
justier, 1561, ajuster.
justise, justice, juge, gouverneur, roy,
mailre.
justiser, maîtriser, gouverner, conduire.
justres, 126), proche.
jut, coucha.
Juy, Juif.
K
kaïere, chaise. (Ms.)
kalendre, cigale, oiseau.
kalo Faire sen), faire sa bourse.
kaouant, chat-huant.
kar, char.
karole, concert, danse.
katrabeuse, [catrabeuse, ou cap-
lette, jeu de colin-maillard.]
katré, châtré, eunuque.
ke, 1297, que.
kemandement, 1292, [commandement.]
kemant, 1292, ordre.
kemun, 1292, commun.
ken, que ne. (Thibaut, rov de Navarre.)
keu, coup.
keuche, chausse, chaux.
keus, kex, cuisinier, celui qui a soin
du feu.
— Pierre à aiguiser, caillou.
keutée, (Ms), coudée.
keutepointe, 1428, arme.
ki, 1292, qui.
— 117
ki en lit, enfant qui chic au lit.
kier, chier, cacare. (Nicod.)
kio, petit. Kiot beudet, ânon.
kmin, chemin.
kminée, cheminée.
kmise, chemise.
kmisette, chemisette.
kuanque, lorsque, ce que.
kumune, commune.
labeur, labour.
labeurer, travailler.
laborier, (Ms), travailler.
labouriers, 1496, laboureux, 1586,
laboureurs.
lachet, lacet.
laicher, laissier, 1452, laisser.
laid, offense, insulte.
laidang-ement, blessure, insuhe, outrage.
laidang-er, laideng-er, 1209, insulter,
offenser,blesser,calomnier, maltraiter, outrager.
laidin, laid.
laidir, offenser, insulter, maltraiter. Et
puis hidir et bloscengier, devenir coupable.
(Ms du xiiic s.)
laidure , ( Ms ) , laideur. Votre beauté
changea en laidure. (O. de la Marche.)
laieur, 1373, laeur, 131 1, largeur. Dix-
sept pieds et demi de laieur.
laig-ne, ligne.
laig-nes, bois, bûches.
laig-ni, signifie en picard bois et vient de
ligntim. (Nicod.)
laing", ligne à poisson.
lainues ^^^Ouailles), (Cl. de Mons.)
lairrois, laisserois.
Je le lairrois hardiment approcher.
(Pernettk du Guii.r.ET.)
A tes discours flatteurs, je me lairrois tenter
(Mallevu.i.e.)
lairrons, lerrons, laisserons.
Les gens d'Eglise en lerront bénéfices.
(P. MiCHAULT.)
lais, iusulte, laisse, legs, affront, difforme.
laisse, discontinuation.
laisser, cesser, discontinuer, manquer.
— Rester.
Q,uanqtie il laissa au siècle, laissa et enhaï. .
(Th. de Mailly.)
laissesme, laissez-moy. (Pic.)
laissier, laisser. (Th. de Mailly.)
lait, laisse.
— Crime, offense, faute, affront, insulte.
laiz, laïcs.
Sages et fols, prebstres et /a/^.
(Villon.)
Lambelin, 1406, nom de bapt.
lambieu, lambeau.
lampion, pour lamperon, lucernula.
lanche, (Ms), lance.
lancher, lancer.
lancheron, laceron, plante.
lande, terre inculte, pleine de broussailles.
landimoles, cela se mange [sorte de
pâtisserie.]
lang-aige, (Ms), langage.
langard, (vulgaire), babillard. (Cl. de
Mons.)
lang^ayer, babillard.
lanier, lent, paresseux.
lanières, lambeaux.
lanoy, opposé à soûlas, (Ms), ennui.
laprieux, lapereau.
laquer une corde^ lâcher, desserrer. (Pic.)
l'ara, 1209, l'aura.
lardron, lardon.
larecin (En), furtivement.
larg-ité, abondance.
largiteur, larg-itor, 1472, [généreux,
qui donne largement.]
larg-ue, (Ms), large.
— ii8
larguece, libéralité. (Pic.)
larmeuse (Plainte), [accompagnée de
larmes. J
larrechin, (Ms), 1397, larcin.
larris ou g-asquiere, 1492, [landes.]
Mener chèvres en larris, 1472.
las, malheureux, infortuné.
— Hélas!
lasse, malheureuse, infortunée.
lassure, lassitude, fatigue.
là sus, là-haut.
latitation, 1472, [action de cacher, de
soustraire, de dissimuler.]
latusée, [jeu de mots, pour latte iiscc.^
laudable, 1471, louable.
l'auter jour, l'autre jour. Pic.)
l'autrier, Tautre jour.
lavement, cK stère.
lavende, lavande.
lavendiere, lavandière.
layeur, 1296, largeur.
lays, laïcs.
l'chon, leçon.
l'cœur, le caur.
1' Dieu, le Dieu.
le, du, au.
— La. Le ville, 1416.
— Se prononce comme 1 seul : /'vraut,
/' moven, /' père, etc., pour levraut, le moven,
le père.
lé, large, côté. En long et en Je, en long
et en large. La mer est grande et Icc.
leal, fidèle.
lealment, fidèlement.
lealté. Voy. leauté.
lé ans, icy, là-dedans.
Isaument, fidèlement.
leauté, fidélité, foy.
le3heour, 1209, glouton.
lécher, licher, lechier, 1397, laisser.
Ischere. Voy. lecheur.
lecheresse, luxurieuse.
lecherie, débauche, vie joveuse.
lecheur, lechere, lechiere, luxurieux,
friand, amoureux, galant, libertin, débauché.
lecheure, friandise, luxure.
léchez là cha, laisse/.-là cela. (Pic.)
ledangier, insulter, maltraiter.
leens, là-dedans.
lég-até, 1)1), légué.
leg-aux, légats, (Ms), legs.
legier, facile.
De k^^icr, facilement.
legierement, facilement.
leg-iteime, légitime.
legueume, légume.
leimme, lime.
leine, laine.
leiz, près, à coté.
l'en, lui en.
lenche, lance.
lencher, lancer.
lenchette, lancette.
leng-ag-ier, ling-ag-ier, parleur.
lepide (Homme , Icpuhis.
léquer, lécher.
1ère, lerres, larron.
lerme, larme*.
lermoyer, pleurer.
leson ipour la rime , lit.
lesquieulx, 1 508, lesquels.
lesse, legs, tache.
lesser. Voy. laisser.
lest, laisse.
let, insulte, injure, blessure, affront, laisse.
— Hideux, laid.
létanie, litanie.
letifîé, 1472, [réjoui, joyeux.]
leu, loup.
— Lieu.
— Leur. Leu langage fPic), leur langage.
LeiL honneur.
— 119 —
leune, lune.
leunette, lunette.
leups, loups.
Leurin, 1475, '^om de b:ipt., [Laurent.]
leu-warou, lupus va ri us.
leux, leurs.
levrat, 15 15, levreau.
lexive de péchez, confession. Les plus
grans de Ninive eurent pardon et firent la
kxii'e de leurs péchez. (P. Grognet.)
lez, près, à côté, large.
De h'i, proche.
li, ly, lui, le. Ly roy a ordonné pour
l'honneur et profit de //. (Reg. du Parlem.,
1344.)
Por li esbanoyer, // commanda que chant.
(Hélinand.)
— Lui, les, elle. Li diront (pic), lui diront.
licisnes, 1397, espèce d'animal.
lico, licou.
lidit Roy, 1297, ledit.
lié, joyeux, gai.
liefres, lèvres.
liement, joyeusement.
liesse, joye.
liet, (pour la rime), lève.
lieu (Mettre), assigner un lieu pour rendez-
vous, fixer une heure.
Heure de foin, 1361, [lien, ligature.]
lieuvre, lièvre.
liever, 1324, lever. Le soleil se îieve.
Lieveis, 1209.
ligneuil filacé, [fil enduit de poix.]
lignie, 1472, lignée.
lignier entassé (Un), amas de bois.
Lili, Louis.
limache, limace.
limenchon, limaçon.
limende, limande.
limichon, limaçon (Pic.)
limitation, mot nouv.
limogner, limonnier.
linceus, draps, suaires, lingelis, 1502.
lincheux (Paire de), [paire de draps de lit.]
lineux, qui contient du lin.
linget, 1502, petit linge,
ling-ne, 1328, ligne.
ling-ne, ling-as, bâton, bûche, morceau
de bois.
linuise, 1490, chénevis.
lippes, lèvres.
lippier, qui a de grosses lippes (lèvres).
liquex, liquiex, lequel.
liseux, lecteur.
lisse, chienne pleine ou autre animal.
litre, ^ona funehris, ceinture funèbre peinte
autour d'une église.
liue, lieue.
liues, lieues.
livroison, portion.
livrures, 1397, livraison.
lo, là, ici. (Pic.) Ce grivois h.
Viens h.
Lo, là. (NicoD.)
lo, loue, approuve, conseille.
loable, louable.
lober, amuser, tromper.
locher, branler. Dent qui loche.
Car n'ay sur moy fer qui ne loche.
(Martial d'Auvergxe.)
loou, [par places.] Chief locu, tête où il n'y
a des cheveux que par places.
loen, loin.
loeng-e, 1397, louange.
loër, 1397, louer, conseiller, approuver.
loga, 1293, loge.
loial, loiau, fidèle.
loiaument, fidèlement, [i 397, suivant la
loi ou l'honneur.]
loiel, 1405, loyer.
loier, lier. (Pic.)
— Récompense, salaire, gages.
loisoit, 1461, étoit permis. Il ne loise,
1209.
120 —
loist, il est permis.
loit (pour la rime), joint, lie.
lolo, coLicy coucy.
Lolotte, nom de fille, [diminutif de
Charlotte]
l'on, on.
long-aigne, canal, étang, vivier, souter-
rain, [latrine, excrément.]
— Adj., long.
longin, homme lent.
lonni, 1379, mis à.
lopin, petite quantité. Les Cordeliers et
Jacopins doibvent contcmpnet gras lopins.
(P. Grognkt.)
loquacité, (Ms), babil.
loque, guenille.
loquet, cliquet, [fermeture d'une porte.]
loqueteux, pannolus sent us, (Nicod),
chargé de guenilles.
loquette, peniculanicnliDii.
lor, leur. Lor chevaux, leurs chevaux.
lorier, laurier, l.i chappelet verd de loricr.
(Mart. Fr.wc.)
lorioel, 1376,
loriot (Compère), f^algulus.
Lormand, Normand.
lormier, 1470, profession, qui fait des
mors de chevaux.
los, conseille, louange, approbation, répu-
tation, avis. Terre de les, terre titrée, fiimeuse.
Pour los et honneur avoir, 143 1.
losenge, losange.
losengiers, 1397, médisans. Que Dieu
loer et loscn^ncr. (Ms du xiiF s.)
lot, leur. Chiaux qui s'excusent dont lot
cœr les accusent. (Ms du xiiic s.)
lotti (Un homme bien), [bien partagé.]
louche, cuiller, cochkar. Louche à pot.
louchie, cuillerée.
loueng-e, louange. Rendez à Dieu loueui^e
en votre vie. (Rob. Gobin.)
louette, luette.
louquet, louchet.'
lourdeu, lourdaud.
loyauté, attachement aux lois.
loyé, 1481, lié.
loyen, Ms, lien.
loyeux. Heur.
loz, biens. Sens, tems, chastel, corps, ame
et lo^. (GuiL. DE LORRIS.)
lozenger, lozengier, railler, insulter.
— Subst., railleur.
r tout, le tout.
lue, loué, donné à gages.
lues, aussitôt, à l'instant.
luiers, récompense.
lurot-pain-terre, cris quand on leurre quel-
qu'un.
lut, il lui fut permis, //V///7.
luzez, cercueil.
Tvain, levain.
l'vant, levant.
l'vrier, lévrier.
l'vure, levure.
lyement, (Ms), joyeusement.
lys cinquiesme, lui cinquième, dans Join-
ville.
M
m', ma. Ai' fille, ma fille. (Pic.)
ma, suivie d'une consonne dit me. En me
main.
mabre, marbre.
macapart, qui mange seul. [Maque à part.]
macar, mangeur.
machacre, massacre.
machaine, machine.
mâche, 1374 [masse], sergent à mâche.
machelier, charcutier, boucher.
121 —
machon, 1578, 15 16, maçon.
machoquer quelqu'un, [faire des contu-
sions, meurtrir.]
macoire, macquoire, mâchoire.
macq tu sois, lorsque tu seras.
macrieu, maquereau.
maçue. Porter la luaçuc, être chargé d'une
entreprise ; bailler la iiuiçiic', charger d'une
entreprise.
Madelon, Magdelaine. (Pic.)
madré, espèce de pierre.
madré, fin.
ma fie, [ma foi]. (Parisis.)
mafiquette, ma foy.
mag'istro, magistrat.
mag-liseurs, 1509, marguilliers.
magnien, chaudronnier.
magriier, meunier.
magriieres, manières. (Pic.)
Mahienot, 1475, [nom de bapt.]
Mahiot, 14 18, [nom de bapt.]
mahouais, mauvais.
maïeux, maire, mayeur.
maig-ne (II), 1209, il conduit.
maignée, maignie, fiimille, domestique,
maisonnée.
mail, maillet.
Rome est li mail qui tôt assomme.
(Helinand.)
Maillotin, 1468, nom de bapt.
mailluel, maillot d'enfant.
main, matin.
main à main, à l'instant.
mainasgier, 1433, ^"i ^^^"^ ménage.
mainburnisseurs et gouverneurs, 1294,
[tuteurs, qui ont la puissance maritale.]
maindre, moindre.
maine, mine.
mainer, mener.
mainge, mange. (Pic.)
mainie, famille, domestique.
mains, moins, demeure, plusieurs, né,
puîné.
maint (II), 1205, il demeure, il mène.
— Plusieurs.
maintenir, cultiver, entretenir, fréquenter,
conduire, gouverner.
maire, mère, maître.
mairien, 1361, [bois de charpente.]
Le mairien d'un engin.
mais, jamais, lorsque, quand, pas, point,
pourvu que, à condition, excepté, à l'avenir,
dès que, sinon, à présent. Je n'en peux mais,
ce n'est pas ma faute, je ne peux plus.
maiselle, joue, mâchoire.
maisement, 1472, [méchamment.]
maisiere, muraille.
maisnie, [maison, famille.]
A bon seigneur, bonne maisnie. (Ms.)
maisnié, maignée, menié, [quantité
de blé que l'on remet en une fois au meunier
pour la convertir en farine et en son.]
Maisnier de Sorchy, 1318, surnom.
maisnyes, 1289, maisons (?), meuniers.
maisonchelle, 1324, maisoncelle,
1397, maison.
maistrie, adresse, habileté, science.
— Maîtrise.
Garde qu'enfer n'ait de nous la maistrie.
(Villon.)
m'ait, m'aide.
mal, mauvais.
maladerrie, maladrerie.
malage, infirmité, maladie.
mal aisié, mal aisé.
malart, malice, trahison, tromperie.
— Oiseau sauvage, [canard.]
mal bailli, mal ajusté, maltraité, en mau-
vais équipage.
mal de hait, maudit soit, malheur.
maie, mauvaise. Maie costume, mauvaise
coutume.
malefachon,i32 3, malefàichon, 1115,
[malfaçon.]
maleine, maligne.
8.
— 122 —
malement, mal, méchamment. Car plu-
sieurs nialement en usent. (Ms du xiii^ s.)
maleois, maudit.
maleureté, 1472, malheur.
malevoles (Des gens), mot nouv.
malgrace, pour haine.
maligner, [user de malice, agir de mau-
vaise foi, méchamment.]
MaJigiirr les mondaines pratiques. (Cl. de
Mon s.)
mallart de rivière, 1490, [canard sauvage.]
malot, taon, grosse mouche.
mal plaqué, mal bâti.
maltalent, mauvaise volonté, dépit, rage,
fureur.
malvais, mauvais. Job tout mnh'nis us
desusa.
malvaise, mauvaise,
malvestie, méchanceté.
m'âme, marne, pour mon âme. (Ms de
I397-)
lù par manie je lainiois bien.
(Villon.)
m'amie, mon amie.
m'amour, mon amour.
Permets nmwoiir penser quelque folie.
(I.OLIS I.ABl'O
mamzelle, mamoiselle, mameselle,
mademoiselle.
manable, 1599, habitable.
manacer, manecer, menacer.
manache, menace.
manaie, garde, jouissance, puissance.
manandise, 1 394, demeure.
manans, demeurans.
— A son aise, riche, qui regorge de
richesses.
mances, 1397, manches.
manche, manchote, estropié de la
main.
mande, 1445, panier à anse, manne,
cisia. (NicoD.)
mandelette, 145 5, [petite mande.]
mandequin de cerises, 1502, [diminutif
de mande.]
m'andoille, mon andouille.
manée de farine, 1255. Voy. maisnié.
manefle, broche, vrille.
maneg-liers, marguilliers.
m'anel, mon anneau.
maner, demeurer.
mânes, manois, à l'instant.
Manesse, 1 345, surnom.
manessier, [menaceur (?).]
Manessier, 1428, nom de bapt.
mang-ié, mangé. Qiiant li rois ot maugié
s'ap^la iilinand. (Hhlin.wd.)
mang-nier, 1464, meunier.
mangon, langue embarrassée.
mangue, 1472, mange, qui voit manger.
et ne mangue
De merveille est qui ne se tiie.
(P. Grogset.)
manicordion, instrument maniable à
cordes.
manier, 1255, 1574, meunier.
manière, subst., manœuvre.
manifier, 1472,
manique (La\ corps de savetiers.
manisme, 1290, servante.
manne, panier à anse.
mannier, meunier.
manoier, manier, toucher.
manoir, demeure.
— Demeurer.
Manon, nom de fille.
manque, manche.
— Sans manque, sans faute.
man que tu viennes, lorsque tu viendras.
mansion, (Ms. de 1397 , demeure.
mante, couverture.
mantel, 1386, radini^d^u, miichchium , 1397,
vêtement de béguine.
mantelet, petit manteau.
mantelle, 1490, ornement de fille.
123 —
mantiau, mantiaul, 1397, manteau.
mantieu, manteau. (Pic.)
mantieux, battants de porte.
maqué, mâché.
maquefer, mâchefer.
maquer, manger.
maquiere, matière.
maquiniste, machiniste.
mar, mauvais, méchant, mal, mal à pro-
pos. Ja mar en douterez, ce serait mal si
vous en doutiez. Mar mal, mal à propos, à
la mauvaise heure.
maraig'ne, 1397, marraine.
maraudeux, maraudeur.
maraulx et vaccabons, 1550, [scélérats,
coquins.]
marcander, 1311, marchander.
marcandise, 1289, [marchandise.]
marchant, 1361, marchand.
marchié, 1464, marquié, 1379, marché.
m'are, mon are : 20 s. dans le xiiic s.
marecho, maréchal.
marence, marance.
mareschal, 1475, maréchal.
maressains, 1496, profession.
marette, 1476, petite mare.
marg'a, saoul.
marg'ate, refus.
marg'ote, marcotte.
marg-ouillis, [bourbier, amas de choses
liquides et dégoûtantes.]
Marg-ue la petite, 1342, surnom, peut-
être Marguerite.
mariaige, (Ms.), mariage.
Mariette, 1480, nom de bapt.
mariolé, marié.
marister, magister.
marie, 1502, mâle.
— Merle, oiseau.
marmiteux, [mendiant, misérable, souf-
freteux, soucieux, triste.]
Et fait dehors le marmikux. (G. de Lorris.
marmoset, [fou, ûivori, figure grotesque.]
Un viarmoset d'étrange face,
(M. Franc.)
marmot, enfant.
marmotter, parler entre les dents.
maronnier, 1496,, profession, marinier.
marrien, 1472, espèce de bois. [Voy.
mairien.]
martieux, marteau.
martyre, [martyrisé]. Et les martyrs pour
la foy martyres. (Ms.)
marvoié, fou, enragé, hors du sens, du
chemin.
mas, matelas.
masang'e, mésange, oiseau.
masse, assemblage, troupe.
Massin, 1480, nom de bapt.
master, manifester.
mataines, matines.
matelos, matelas.
miaterieux, matériaux.
Mathiu salé pour Methuselab, qui vécut
969 ans.
mathon, lait caillé.
Tout leur mathon ne toulle leur potée.
(VlLLOX.)
matinet (au), 147 1, au matin.
Matiu, Mathieu.
matons, gâteaux de pâte ferme.
ma tourner quelque chose à son avan-
tage, (Ms.)
mauais, 1 397, mauvais.
maubùe, évier, petit lieu proche d'une
cuisine où on lave la vaisselle.
maufez, les diables.
maugré, malgré. Maugré s\cn, malgré lui.
Pour itiatigre moy, seigneur, me dispenser.
(Ol. de Magny.)
maugréer quelqu'un, [blasphémer contre
quelqu'un.]
maugroyer Dieu, (Ms), jurer.
maullelabre, que vendent les potiers
d'étain, 1472.
maunet, malpropre.
— 124 —
maupiteux, sans pitié.
maurre, 1 364, moudre, mordre, manger.
maurrieu (Le) d'un jardin, 1323,
maus, maux, mauvais.
maussaderie. Mot nouv.
mautaillé, mal taille. Un manteau iiiau-
taillc.
mautalent, dépit, fureur, rage, colère,
mauvaise volonté.
mautalentis, de mauvaise volonté, plein
de dépit.
m'autre, mon autre.
mauvaisement, (Ms), avec méchanceté.
mauvaistié, méchanceté. (Ms.)
mauvis, espèce d'alouette.
m'avaine, mon avoine.
m'aventure, mon aventure.
mavortien, mavoitiits, courageux.
mayon, salope, put...
me, ma, mon. Me requête, 1542.
Est-ce lioiii." me pcrc ?
(lu. ni. ,\I.M1I Y.)
mécaniser (se), mot nouv.
mechine, [servante.]
mecine, médecine.
medalle, façon, médaille.
médechin, médecin.
médechine, médecine.
mediateux, médiateur.
meffait, meffet, action mauvaise, crime,
péché.
— Htre nicffli, être coupable, avoir tort.
mehaig-ner, blesser, contuser.
mehaig-nez (Gens), (Ms), [atteints dans
leur honneur.]
mehain, blessures, contusions, coups.
Mehaut, 1342, nom de bapt. de ienmie.
mehiaux, enfans contrefaits.
mei, mes.
meig-nen, 1490, profession, [chaudi\Dn-
nier.]
meine, mine. Bonne iiieine, bon air. ^Pic.j
meins, moins.
— je ii/niis, je demeure.
meion, 1471,
meisse, que j'eusse mis, que je demeurasse.
meist, eût mis, eût demeuré.
meix, [manse, ferme, terre à blé.J
melencolie, mélancolie.
melle, merle, oiseau.
mellenc, merlan. '
membrer, se ressouvenir, rappeler des
choses passéez, se souvenir. De Jacqueline,
bien me rcntojihic.
memore, 1350, (Ms), mémoire.
men, mon. i Pic.)
menaches, menaces. Autant sont tes
dons que tes iiwiiachcs. (Ms.)
menachier, 1397, menacer.
menchonge, mensonge. i^Ms.)
mencolie, allure, conduite, façon d'agir.
Mencous, 1273, nom de bapt.
mendre, moindre, plus petit.
mendri, mendiant.
Piii;. revint a l'aunionc en guise de iheudi.
(Th. de Maiily.)
Menerus, 1273, nom de bapt.
ménestrel, mestreus, menestreux,
142S, ménétriers, valets anciens de bas étage,
joueurs d'instrumens, serviteurs.
meneur, mineur.
— Frère meneur, Cordelier.
meneux, conducteur,
mengeoire, mangeoire.
meng-ier, 1471, maing-er, manger.
menglier, marguillier.
menje (Pic), mange,
menjue, mange.
menjust, qu'il mange,
menoir, demeurer.
— Subst., demeure.
— Pour la rime, mineur.
menor, menu.
— Frère menor, frère mineur, Cordelier.
— I
25
menquier, 1397, manquer.
menra, mènera.
menre, moindre, plus petit.
menrois, mènerois.
mente,
Portant draps d'or en robe, voir en mente.
(J. BOUCHET.)
m'entente, mon intention.
menterie, mensonge.
menteux, [menteur.]
mentieux, manteau.
mentirie, fausseté.
mentoivre, se ressouvenir.
menu vair, étoffe à petites fleurs.
menvois, je m'en vais.
meprainse, méprise.
mequaine, servante.
mequier, métier.
meraleresse, 1467, 1480, sage-femme.
merancolie, mélancolie.
Quant merancolie mauvaise.
(Ch. d'Orléans.)
mercantile, mot nouv. Détail mercantile
de marchandises. (Théorie de l'impôt, p. 290.)
merche, 1520, marche.
mercherie, 1445, mercerie.
merchi, 1292, merci. Grand merchi.
merchier, mercier, 1345, (Ms.), remer-
cier. Mercier, 1364.
merchy, [grâce.]
merci, bonté, grâce, miséricorde, pitié.
mercy, je vous remercie.
mereaux, jetons.
merir, récompenser.
merlen, merlan.
merque, marque. (Nicod.)
merrai, mènerai.
merveille, merveille.
mes, mais.
mes, mon. Voy. mais.
— Façon, maison, mesure, messager,
ordre.
mesaesmer, mésestimer, haïr.
mesaiziez, malaisez.
meschance, méchanceté.
Qiiant il se veult mettre a vieschancc.
(P. Grognet.)
mescheance, fâcheuse aventure, malheur.
mescheans, malheureux, infortuné.
meschef, crime. (Cl. de Mons.)
Le pape garder se doit de meschef.
(P. Grognet.)
mescheir, mescheoir, arriver mal.
meschief, accident, crime, faute, malheur.
meschin, jeune homme.
meschine, fille, servante jeune.
En habit de povre meschine.
(M.\RT. Franc.)
meschinette, petite fille.
meschoir, choisir mal.
A celle fin que je meschoys.
(P. Grognet.)
mescréans, infidèles, hérétiques, ido-
lâtres.
mescroire, se défier, soupçonner.
mesesance, malheur, mauvais état.
mesg-nie, mesnie, famille, domestique.
meshuy, aujourd'huy.
De quoy meshuy serviroit la defence ?
(Et. de la Boetie.)
mesiere, muraille.
mesle (Pic), iiiespihnn, nèfle. (Nicod.)
mesler, brouiller quelqu'un.
mesnil, maison dans les champs, ferme
seule.
mesoïr, mal entendre.
mespoins, mécompte.
mesprendre, se tromper, manquer à ce
qu'on doit, mentir, faire faute.
mespresure, surprise, faute. Sans ines-
presure, sans mentir.
mesprison, délit, faute, crime.
mesque, lorsque.
mesquine, 1406, servante.
messaige, (Ms.), messager.
messeaulx, 1453, niissel.
126
messel (Nettoyer le), (Ms.), [boucherie,
abattoir.]
messier, (Ms.), 1473, sergent, 1561, pro-
fession.
messire, monseigneur.
— Mon niarv.
messon, 1364, moisson.
mestiers, nécessaire, utile, besoin.
Mi'stlcr 13ieu, service de Dieu. Si nicsticr
est, s'il est nécessaire.
met, huche au pain, coHVe.
metrieux, ménestrier.
metrificature, [versification.] Père
d'Ovide en nn'lrijicalurc. (Ant. dk S.m.\.)
metrifier, faire des vers.
Christine aussi noblement tndrif'ie.
(Al AIN Charthk.)
mettre avant, exposer aux veux, faire
\oir, déclaicr, réxéler.
mettre sus ou seure, imputer, accuser.
meudire, 1290, maudire.
meudre, moudre.
meulon de foin, tas.
meulue, morue.
meume, même.
meurdre,
Cri.int le nifurdre et l.i famine.
(.Mari. Franc.)
meussent, 1 387, bougent.
meuture, 1403, mouture.
meux, maux.
mez, arbrisseaux.
mi, mes, mon, moi.
mice (Une), [sorte de droit.]
Michez, Michiel, 1576, Miquiel,
1406, Mikiel, 1326, Michel.
Michelette, 1478.
Michieu, 1517, Michel.
mie, pas, point. L'entente du Rov n'est
niic que les prélats... (Reg. du Parlem., 1320.)
Je ne suis luic. (Pic.
mie, maîtresse.
L'.uuoureiix s'en va veoir sa inic.
(P. GROGNtT.)
mieldre, meilleure.
miiels, mielx, miex, mieux, miel.
miene, ma, mienne.
mier, manger.
miesvre, lascif.
mieudre, 1 397, meilleure.
mieuvre, mièvre, rétif.
miez, miel.
mignardelet, diminutif de mignard.
mig-not, agréable, délicat, poli, joli.
mignotement, [gentiment, gracieuse-
ment.]
Ces féminins visages dorelotés partout
wipiotnticnt. (O. de l.\ Marche.)
miler, mirer, viser.
milloir, 1473, miroir,
minage, ménage.
minagere, ménagère. (Pic.)
minaime, minime.
minauder. Mot nouv.
mineux, mineur.
minière, [mine, trésor.]
Adieu des vertus la minière. 1517.
mionner, miauler.
mirac, miracle.
mire, chirurgien, médecin.
mireor, miroir.
mirer, récompenser, rendre.
— Je mirerai (comparerai) mon frêle heur
au lierre. (Be\. Baudouin.)
mirlirot,
misericors, 1 Ms.), miséricordieux.
mitan, moite, milieu.
miton-mitaine, onguent.
miu, miex, 1397, miux, 1420, mieux.
mixture, 1472, [méteil.]
m'n, mon. Wn ami, mon ami.
m'ner, mener.
m'nu, menu.
m'nuet, [menuet.]
m'nuisier, [menuisier.]
— 127 —
mo, mal, mou.
mocque, [moquerie.]
Celui qui niocquc- souvent, de sa niocqiie se
trouve mocqué. (P. Grog net.)
mœrent, 12 18, meurent.
mœs, moues.
mœulin, 1324, moulin.
mœulquinier, 1479, profession, [tisseur
de molequin, étoffe vert de mauve.]
mogré, malgré.
moie, tas de gerbes de bled, monceau,
[meule.]
moies, miennes, mes.
moig'neux, moineau.
moigre, maigre.
moigreur, maigreur.
moiguerlet, maigret.
moillier, femme.
moindrir, diminuer, ralentir. Je sens
luoindrir cette angoisse mortelle. (La Mor-
LIÈRE.)
moire, maure.
moisillon, [jeune fille qui veut paraître
demoiselle.]
moison, maison. (Pic.)
moisonnée, maisonnée.
moisonnette, maisonnette.
moisson, moineau.
moitre, maître.
moitriser, maîtriser.
moleste, qui fait mal, molesta. Galle
moleste.
molesté (Faire), molester. Lors les tyrans
qui leur faisoient molesté. (Ms.)
moleus (Armes), 1324, ou molues,
[tranchantes, émoulues.]
molin, 1265, meulin, moeulin, 1324,
moulin.
molinier, 1599, meunier.
molle, 1397, molet, un brin, un peu.
moller, s'efforcer.
molt, [beaucoup, en grande quantité.]
Ami molt plus biaii choisi.
(Th. roi de Navarre.)
molu, 1428, moulu.
mon, (Ms), cela n'est pas croyable.
— A Péronne, ce mot veut dire oui.
monachaulx, de moine.
moncieux, monceau.
moneu, de monouc, mot turc qui signifie
châtré, eunuque. (NicoD.)
monial, moniaux, de moine, dereligieuse.
Monnier, 1374, nom de bapt.
monsieux, monsieur.
monsig'neur, monseigneur.
mont, monde. •
— Tout en un mont, en un tas.
montagner, [élever en forme de mon-
tagne.]
Montagner des richesses. (Cl. de Mons.)
montaig'ne, [montagne]. Tout alentour
de très hauttes montaignes. (Symph. Champ.)
monteche (Se), en contemplation.
monteiz, élevé en honneurs et richesses.
montement, ascensus.
monter, augmenter, être utile, servir,
valoir.
'monton, 1473, iSi5> mouton.
m'oraison, mon oraison. (Ms.)
morcel, morsel, morceau.
morceler un texte. Mot. nouv.
morcieux, morceau.
mordacité d'une plante, [qualité de ce
qui est mordant, corrosif.]
mordenbiu, [juron.]
mordi, jurement.
morel, noir.
morgue, [sorte de juron.]
moriax, morel, cheval noir.
moricaud, mauricaud.
morillon (Serrure à), 1450, [pièce de fer
qui entre dans une serrure.]
— 128 —
morir, (Ms), mourir. Je viorrai, 1397;
ils iiiorront. (J. Le Febvre.)
Moult en firent grande fête à Romnie où il
viori (mourut.) (Th. de Mailly.)
morniffle, pitgni ictus, soufflet.
moron, mouron.
morquier, mortier.
mors, morsures, mûres (fruit).
morsei, (Ms), morcieux, morceau.
morteuls (Pèche/), 1397, mortels.
mortier, lampe, lampion, terrine.
mortoise, mortaise.
Moteron, 1472, nom de hapt. de fennne.
Motin, 1475, surnom.
m'otroit (Personne le\ ne me l'ôteroit,
mouchard, [espion.] Vi\ rusé inoncbard.
moufle, niitaine, gant.
mouillis (Je), je mouillay.
moulles de bûches, 1 347, [mesure pour
le bois à brûler.]
mouiller de guesde, 1482, profession.
moult, moût, très, beaucoup, plusieurs.
Moult en fut ébahi. (Th. de Mailly.) L'un
est hâtif, et l'autre tarde moult. (Fauchet.)
Mais or en vois je moult qui nuisent. (Ms. du
Xili^" s.)
moulues, 1324, [émoulues, moulées.]
mounet, moineau.
mouque, mouche, musca. (Pic.)
mouquer, moucher.
miouqueron, moucheron.
mouquette, émouchette.
mouquoir, mouchoir.
mousard, musard.
mouser, bouder.
mousseleine, mousseline.
moustier, église, monastère, mouastcrium.
Cy gît auprès de ce moustier.
Dedens le moustier amoureux.
(Ch. d'Orléans.)
mouteplier, multiplier.
moutonohiaulx d'or, 1423, moutons-
seaux, monnoye.
mouvoir, partir.
mouzer, [faire la moue, bouder.]
moye, (Ms.), [meule, pétrin.]
moyeux, [jaunes d'oeufs.]
mucher, musser, mucier, mucer,
muchier, cacher.
mueble, meuble, mobilier.
muer, changer. Muer un épervier, l'ins-
truire.
muffle, pour museau.
mug"lement, gémissement.
muir, mug-ir, mourir.
muirent (Ils), 1209, ils meurent.
muisaux, (Ms. , muets.
muison de drap, 1374, [mesure.]
mulot, bête.
Mulot de vin, i.}6o,
murailleux, qui s'attache aux murs.
Lierre iiiui aiUcux.
murdre, 1336, meurtre.
murdrier, [meurtrier.]
muret ou palis d'une maison, 1406, [petit
mur en terre ou en torchis.]
murtre, 1209, meurtre.
mus, muet.
musag-e, amusement, dissipation répré-
hensible, libertinage.
m'usag-e, mon. usage.
musarde, de mauvaise vie, qui fait la
moue.
musel, ûice, museau, visage.
musequin, [diminutif de museau.]
Friand musequin.
muser, (mouser), faire la moue.
Lui demaiidere qu'il vtusoit.
(Mart. Franc.)
— Mener une vie joveuse.
musieux, museau.
musnier, 1464, meunier.
— 129 —
musse, [cachette,] Musse secrète.
musse, caché. Print le poison qu'une
femme importune avoit musse. (J. Bouchet.)
mut, partit.
muterné (Tabac), [pourri par excès d'hu-
midité, moisi.]
mutié, 1472, muché, caché.
muyage (Une terre qui tient à), 1204,
[fermage.]
rnuyagier, 1345, censier.
muyau, (Ms.), muet. Chien nmyau.
my, 1290, moy.
N
naces, naches, les fesses, nates.
naie, non.
nainen, nanan.
naisceront (Ils), naîtront.
naistre, naissance.
namptir, garantir.
namptisse, 1395, garantisse.
n'amy, ny ami.
nanchelle, nacelle.
nangeoire, nageoire.
nanger, nager.
nante, tante.
nantille, lentille.
naque, nacre de perles.
n'aras, n'auras.
n'aray, (Ms), n'auray.
nareine, narine.
nase, morve.
nasier, babillard.
nasieux, nazeau.
n'atargiés mie, 1397, noli tardare.
naveaux, 1374, navires.
navel, 1323, bateau.
navelier a navi, 1479, marinier, batelier.
naviger, naviguer.
navrure, 1406, blessure. Ame navrée.
naxieu, dégoûté.
ne, 1397, ni.
néant, néent, vain, inutile.
Pour néent, inutilement.
neantmains, 1472, néanmoins.
né nati, natif.
neis, pas même, pas un seul.
nel, ne le. Mais Job oncques neï refuse.
(Ms du xiiie s.)
nellui, nul.
ne mais, pourvu que.
nen, ni en.
nennil, non.
ne pourquant, cependant.
nepveu, neptité, qualité de neveu.
ne que, non plus que.
nés, ne les, net.
nesche (II), (Ms), il n'aie.
nésette, noisette.
nés même, pas même.
nestiquier,
Nestiquier estos à une rivière, 1406. [Faute
de lecture, sans doute, qui doit être ainsi
rétablie : Entiquier estos, pour enfoncer
pieux.]
nestre, naissance.
nettier, 1346, nettoyer.
netué, (Ms), nettoyé.
neu, neuf.
— (Pour la rime), nuit, nocuit.
— Nue. (NicoD.)
nevous, neveu.
nia pu, il n'y a plus.
9
130 —
niant. [Voy. néant.]
nice (Une fcmmcj, sotte, novice, sans
expérience.
Vn avocat n'est pas si nice
De plaider sans aucun service.
(GuiLLliVILLK.)
nidifier, 1472, [faire son nid, nicher.]
nient, néant, 1265, rien.
n'iere, n'étoit, ne sera.
nig^romance, magie.
nil, ni lui.
nion, précédé d'une voyelle, se prononce
gnioii, opignion.
nis, pas même, pas un seul.
nivieu, niveau.
no, notre. (Pic.) No paroisse, 1324, notre
paroisse. Et leur donne no dépense. (J. de
Venette.)
— Nous. Ko faut faire (Pic.\ il nous faut
faire.
n'o, n'as. (Pic.) N'os-lu point ?
noblèche, noblesse.
noc, gouttière.
Noé, Noél.
n'oi, n'entend.
— N'eus.
noiant, néant, rien, inutile. D'autrui
aise, il est uoiant : il ne faut pas s'embarrasser
des plaisirs des autres.
noient. [Voy. noiant.]
noier, nier.
noif, nois, neige.
noircheur, noirceur.
noirchir, noircir.
noiron, homme noir.
Noirot, 1576, nom.
noise, dispute, querelle. Souvent courut
en grand noise. (Louis Labé.)
noisette, petite noise. Ainsy vaut mieux
le goust d'une noisette qu'une perdrix en débat
ou noisette. (O. de la Marche.)
noiseux, querelleur.
noisif, qui nuit.
Nolette, 1471? "O""" ^^^ ^^''^P^- ^^ femme.
Nolon, 1480, nom de femme.
non, ne le.
nonchalantise, 1397, nonchalance.
nonchaloir, indifférence, abandon.
non est, (Ms), non.
non pourquant, cependant.
non sachant, ignorant. A la loi de non
sachant, comme un ignorant.
nonvalle, novale.
nopcier (Lit), (Cl. de Mons), [nuptial.]
noque, gouttière.
noriture, nourriture.
n'oroit, n'auroit.
nos, nous. Tu nos aimes.
n'ot, n'entend, n'eut.
notte, notre.
nouar, en Champagne, noir.
noufoit, non.
noureçon, nourriture.
nouriche, nourrice.
nourichon, nourrechon, 1472, nour-
risson.
nourole, gâteau, pâtisserie.
nourrequier, 1421, profession, [celui
qui nourrit et élève le bétail.]
nourrissement, 1472, [nourriture, action
de nourrir.]
nouvelleté, 1333, nouveauté.
nouvieuté, nouveauté.
nouvieux, nouviau, nouvel, 1398,
nouveau.
nouvrechon, nourriture.
novele, nouvelle.
noviau, nouveau.
noviciot, noviciat.
noyeux, noyau.
nuchier, 147 1,
nuef, 1389, nœuf, navus, neuf, nouveau.
nuisa, nuisit. Job au monde pas ne tiuisa.
(Ms du xiiie s.)
— 131 —
nuisable, 1472, [nuisible.]
nuisance, chagrin, ennui, peine, chose
nuisible.
nullui, nully, personne. (Ms.)
Nully sans grant dévotion
Ne doit prendre religion.
(P. Grognet.)
nului, nul.
nunchir, 1472, annoncer.
nuns, nus, nul, personne.
nunu, bagatelle.
nus, aucun.
Ja n'avoit en France nus prince si hardy.
(Th. de Mailly.)
Ne nus hom ne doit entreprendre. (Ms du
XIIF s.)
nus nez, nul homme vivant.
nutieux (Une charrette de), 1433,
nyent, (Ms), néant.
nyeures et liens, [balayures, débris,
ordures], ordre de les porter hors des villes,
1433-
o
o, en picard, se met partout pour a. Il
voiidro, il voudra ; il 0, il a ; il n'y en 0 mie,
il n'y en a pas.
— Au, on, avec, où.
O lutrin, au lutrin ; 0 voit bien, on voit
bien ; si 0 ne, si on ne ; 0 moy, avec moi,
(Ms) O qu'os êtes ? où êtes-vous ?
obade, aubade.
obedienche, obédience.
obeffîes, joignant.
obepine, (Ms), [aubépine.]
oberge, auberge.
obier, aubier.
oblegié, (Ms), obligié, 1290, obligé.
oblier, 1397, oublier.
oblivieux, oUîviosus, oublieux. Fleuve
d'oubly.
obscurchir, (Ms), obscurcir.
obséquieux, [officieux.] Valet obséquieux.
obtenroit, 1472, obtiendroit.
obt.erras, 1472, obtiendras.
obumbiler, 1471, obumbrare, obum-
brer, [couvrir d'ombre, obscurcir.]
occir, 1397, oochir, tuer.
ooher, remuer.
ocoison, 1397, sujet, prétexte, occasion.
Œde, 1274, surnom.
odeoho, au deçà.
odelo, au delà.
odorant, odoriférant.
odorement, 15 17, odorat.
odoreux, qui a l'odorat fin. Odoreuse
mémoire. (Cl. de Mons.)
odour, 1397, odeur.
œf, œuf.
Œlipde, 125 1, surnom.
Œlips de Sissaulieu, 1280, surnom.
œnt (Ils), 1209, ils entendent.
œs, œufs ; — plaisir, avantage, gré,
volonté, désir, profit.
— Oie, ansera.
— Yeux.
œuil, œil.
œuille, huile.
œullez, (Ms), huilez, oignes.
œurioeul, 1296, [galerie, vestibule, cor-
ridor, porche.]
œvrir, ouvrir^
offendre, 1472, (Ms), du latin offendere.
offerra, oftVira. Lorsque le cas s'en offerra
(1319), s'en offrira, s'en présentera.
offîche, 1397, office.
ogine, 1472,
oguinelle, aux écoutes.
oh ! ah !
p
— 132 —
oi, j'entends, j'estendis, j'eus.
Ce que je vous vcuil dire et ce qn'auci oi.
(Th. de Mailly.)
01 (S'), si entendis, j'entendis, j'eus, si
j'eus.
oie, ouïe, oreille.
oig'e, ai-je, entends-je.
oigner, gagner.
oïl, oui. •
Oillart, 1216, nom de bapt.
oille, 1445, huile.
oir, héritier.
oirelle, oreille.
oirre, promptement. Grand oine, grand
train.
— Chemin, équipage.
— Cruche.
oirrer, marcher.
oisel, 1 397, oiseau.
oisiau, oisieux, oysiau, (Ms\ 1472,
oiseau. Oisiaix S. Luc, bœui.
oissent (Ils), ils apprennent, ils entendent.
ol dirons, nous le dirons.
oliphant, éléphant.
oltrag-eux, outrageux.
oltre, outre. Passer oJtre.
om, oiiie, homme, on.
ombreux, owhrosus.
ommel, iilnms, ormeau. ISoniinel de Rique-
bourg, 1324.
omnipotent, (M.\rt. Fr.wc.)
onche, 1455, once.
ongue, ongle.
ong-uerlaine, jupe.
o ni, vous ni, [n'vj.
onnis, uni, semblable.
onques, jamais. S'onqiies, si jamais.
operateu, opérateur.
opero, opéra.
opignion, pensée.
opreime, à peine.
oration, 1472, oraison.
ord , sale. Luxure ordeiise. (Ms) Charo-
gne orde. Beauté de corps considérer fait sou-
vent l'âme onJe et vile. 1560.
ordeng-é, 1397,
ordenner, 1397, ordonner.
ordie (Prose mal), [déshonorée, corrom-
pue, souillée.] (GUILLEVILLE.)
ordonnanche, ordenanche, 1284,
[manière de taire, règlement.]
ore (Jusque), 1579, jusque aujourd'huy.
orendroit, à présent.
orer, prier.
orfeuvre, orièvre.
orflin, orphelin,
org-eoleux, babillard.
org-iée,
Ou sa religion pure soit orgicc. (Cl. de
MONS.)
orgieuse,
Danse crgiciisc.
org-niere, ornière.
org-ueuil, orgueil.
orig-eine, origine.
orig-inanche, [origine.]
orig-uien,
H sera en la joye dont li origuien chai.
(Th. de Mailly.)
orillier, oreiller.
orion (Pied d'),
oroison, 1431, orison, (Ms.), 1397,
oraison.
oronder (s'), abonder, regorger.
orons, aurons.
Ensemble nous orons hutin.
(Ch. d'Orléans.)
oros (T';, tu auras.
orront, entendront. A tous ceux qui ce
dit orront. (J. Le Febvre.)
orteu, orteil.
ortille, ortie.
ortolan, hortulanus, jardinier.
orviatan, orviétan.
— 133
os (T'), tu as.
— Nous. O5 avons, nous avons. S" 05 allons,
si nous allons. (Pic.)
ossi, 1472, aussi.
ot, eut.
Oi u nom, a eu nom.
S'ot, et eut, et entendit.
Quant li rois ot mangié s'apela Elinant.
(Hélinand.)
oteur, auteur.
otieux, otiosus, oisif.
otryer, 1472, octroyer.
ottroit, octroit. (Pierre Nesson.)
ottroyer, (Ms), octroyer.
ouazon, en picard, gazon.
oublianche, 1397, oubly.
oublier, 1475, [profession], vendeur d'ou-
bliés.
ou cas, au cas que. (Reg. du Pari., 13 17.)
oudèur, odeur.
oudourer, 1471, odorer.
oudrechier, 1346, bâtir une maison.
oue, oye.
oueche, où est-ce ?
ouère, guères.
ouespre, abeille, guêpe.
ou-jou, est-ce que ?
outieux, oustieulx, 1460, outil.
outrecuidance, orgueil.
outrecuidé, [outrecuidant.]
outreig-e, (Ms), outrage. Ouiraige. (Héli-
nand.) Oiitrageux, pour outrageant.
ouvrer, [travailler.]
Q.u'01-icques Vulcan i\ouvra mieux sur l'enclume.
(Al. Chartier.)
ovrir, 1397, ouvrir.
oy, ouy.
Pourquoy pry ceulx qui m'ont oy.
(Ch. d'Orléans.)
oyahle, audibitis.
oyanche, 1209, entente.
oyele, oyle, ayeule, atava.
oyement, audittts.
oyeux, auditor.
oysillon (Voilant en), (Ant. de Saix.)
oyr, entendre.
Faites l'entrer si vous Voye^ hucher.
(Villon.)
oz, oser.
Maints y perdent, bien dire l'o^.
(GuiL. DE LORRIS.)
ozeille, oseille.
paiele de fer, [poêle à frire.]
paillache, paillasse.
pailleyum, 1274,
pain chevalier,
pain de poise, 1376,
painebele, 1317, œuvre.
pain fournier, 1342,
palateine, palatine.
palée, pellée.
palleron, pelleron.
paltot, palletot, 1470, [paletot, jaquette.]
palu, 1209, marais.
panche, panse.
panequier le bled, 1388, flùre du pain.
paneux, panneau.
pannerée de sottises. Mot nouv.
pannonceau, armoiries du roy.
pantois, [haletant.]
papilloteuse, pour papillotée. Herbe
papilloteuse.
papin, pappa, bouillie.
parastre injuste, [beau-père.]
134 —
parbieu, [juron, parbleu.]
parcamerius, 1280, peut-être parchemin.
parche que, parce que.
parchelle, parcelle.
parcoi on va, 1265, par où l'on va.
par deseure, 1397, par-dessus.
par driere, par derrière.
par edsus, par-dessus.
par edvant, par-devant.
parensus, au delà, par-dessus.
parescheux, [paresseux]
pareur, 1378, profession, [ouvrier qui
pare les draps.]
par fin (A la), (Ms), tin, à la lin.
parfoire, parfaire.
parfoit, parfait.
pàrfond, profond.
parfournir, achever. i^La Morlière.)
parg-amanum, parchemin.
Pariset, 1 374, nom.
parlang-uis, je languis. Aniorc cnim lan-
gih'o, 1397.
parlement, 1317, parole.
parleresse, parleuse. (La Morlière.)
par lo, par là.
parmentier, sartor, parementier, [cou-
turier, tailleur, faiseur de parements.]
paroi, 1470, muraille.
parolier, parler.
parpain, 1472, espèce de pierre.
partit (Se), sortit. Se partit de ce monde,
mourut. 1368. (S. du T. P.)
parvité, 1472, petitesse.
passée (La), la mort.
Avisez-vous, car dure est la passée.
(MiCHAUT.)
passefîllons crépus, [chapeau de femme,
disposition particulière des cheveux sur le
front.]
passepierre, perce-pierre.
passerelle, passereau.
passet, marchepied.
pastichier, 1561, pâtissier.
pastis, pâturages.
pastour, (Ms\ pasteur.
Pastourc, bergère.
pastourrie, 1472, pasturagia, 1281, pâtu-
rage.
pas un brin, pas du tout.
La fille n'est pas un brin sotte.
(Rl-Ml Bl-IIKAf.)
patent, 1472, paraissent, du latin patent.
patienche, patience.
patifaction, 1472,
patinier, 1379, 1476, profession, [fabri-
cant de patins.]
patouiller en tous plaisirs,
pâtre nostre, (Ms), [oraison dominicale,
prière, Patt'r nostcr.']
patrouilleux, homme pour la patrouille.
patrouillis, [bourbier, gâchis.] •
pau, 1397, peu.
paucher, pousser.
pauchons, 1406, [pieux.]
paumier, 1 597, pahna.
pavensus, (La Morlière, Atitiq. d'Aui.)
pavois, [bouclier.] Un pavois ferré.
pavray, n'est-il pas vray ?
peager, perceveur des péages.
peaucier, [pelletier.]
pecatille, peccadille.
pecavi, peccavi.
pecheour, 1397, pécheur.
peohia terra, 1280, pièce de terre.
pechié, péché, (Th. de Mailly.)
pechi hair. Ouid ?
pecqueret, 1402, navire de pécheur.
pecune, i^jS, pccunia, argent.
pecunielle, 1466, [pécuniaire.] Amende
peciinielle.
peget, (Ms), péché.
peignier, pannier.
pekours, (Ms,, pécheurs.
135 —
pel, 1421, peau.
pelade, tête chauve.
peleis, (Ms de 1291), peaux apparemment.
peltiparii, 1282, profession.
pemme, (Ms), pomme.
penance, souffrance.
penanche, 1305, pénitence.
penancier, pénitencier. (Villon.)
pendars, [aventuriers dignes de pendai-
son.] Trois s^ninds peiiâars vinrent à l'étourdie.
pendiller, tomber vers le bas. Un rochet
pendillant.
penil, la partie honteuse des sexes.
peniliere, [qui a rapport au pénil.] Une
motte peniliere.
penitanche, (Ms), 1397, pénitence.
penitanchier, (Ms), [pénitencier.]
penne et bouquette, 1346, [pointe, bout.]
pépie (Avoir la), [maladie des oiseaux.]
pepig'niere, pépinière.
péquer, pêcher.
pequeur, 1395, pêcheur.
pequiot, pequiote, (Pic), petit, petite.
perche, perce.
percher, percer.
perchoir, perçoir, pressoir.
perdrieux, perdreau.
perdurable, (Ms), [qui dure toujours,
perpétuel.] Joye perdurable.
pereche, 1397, paresse.
permanable, durable. Vie permanahle.
pernaise,
perpétré, 1472, commis. F éché perpétré.
perpetueuls, perpetueux, perpétuels.
perrée de laine, 1364, [mesure.]
Perret, 1342, 1374, nom de bapt.
perrin, pèlerin.
Perrine, 1395, nom de femme.
Perrinette, 1479, "^"^ ^^ ^^P^-
Perrinot, 1468, nom de bapt.
Perrote, 1406, nom de femme.
personneux, 1333, personnels.
pertinacité, persévérance.
pertinente, appartenante.
pertrix, pertris, 1361, perdrix.
pertuis, trou.
pesque, pêche.
pesquer, 1328, pêcher.
pesquerie, 1336, [pêcherie.]
pesteux, pestiférés. (La Morlière.)
petiot, petit.
En une pétiole fiiste.
(Villon.)
peu, pouce.
peuche (Que je), que je puisse.
peupiere, paupière.
peurserver, préserver.
peurtintailles, pretentailles.
peusis (Qui), 1472, qui puisse.
peuture, 1397, pâture.
phenin, pièce de monnoye, [pfennig.]
Philippot, Philippe. Du très grand Philip-
pot, la vie et les trophéez. (Pierre Mathieu.
Reg. de 1464.)
philosomie, physionomie.
Phlote, 1472, surnom de femme.
piaffer, se quarrer.
piafre, glorieux.
piautre (Envoler au), [chasser quelqu'un,
l'envoyer promener, l'envoyer coucher.]
pichenlit, pissenlit.
picher, pisser. [Pic]
pichonnerie, poissonnerie.
pichoir, pissoir.
piçon, poisson.
piçonnerie, poissonnerie.
picque, [haine, rancune, animosité.]
As-tu aucune picque encontre moy ?
(Cl. Marot.)
pioqueron aigu, [pointe, piquant, objet
pointu.]
picques, [Voy. picque.] Il me desplait
vous veoir vous trois en picques. (J. Bou-
CHET.)
— 1^.6 -
pieça, [naguère, il y a longtemps.] Ordon-
nance [ncça faite.
piecha, 1397, parce que.
I.en<^agicr quant piecha j'estoye.
(Cil. n'ÛRLlANS.)
pieche, pièce.
piechez, péchés.
piechia h-mv, 1385, [pièce de terre.]
Pierotin, 1479, nom de bapt.
Pierrequin, 1474, nom de bapt.
pierrot, moineau.
piet, pied. Picts deschaulx, déchaussés.
Pii't viste, alerte.
Piètre, 1462, nom de bapt.
pieu, peau, aumusse.
pife, pifre.
pigne, peigne.
pignier, 1597, peigner.
pignoir, peignoir.
pilers, 1397, piliers.
pilo, bouflî.
pincement, cuisant, [action de pincer.]
pinche-maille, pince-maille.
pinchée, pincée.
pincher, pincer.
pinchette, pincette. Baiser à piuchcttc,
c'est pincer en même temps les deux joues et
baiser au milieu.
pinchon, pinçon.
pincieu, pinceau.
ping-eon, 1490, pigeon.
pingeonnier, pigeonnier.
pintlette, [petite pinte.]
pion, 1397, ce que Ton fourre dans le
chanvre.
piot, petit.
pipette, pipeux, pipeur.
pipette du beffroy, 1477, pipeur.
pipie, pépie.
pis, poitrine.
pisquel, puisque le.
pissance, poissanoe, puissance.
pissiate, pissat.
pisson, 1326, [poisson.]
pissonnerie, 1361, poissonnerie.
pitancier, qui achète les pitances.
pité, 1472, pitié. Faire /)/7t'. Mon piteuse.
piu, pieu.
pivoesne, pevoesne, pa-onici, rose de
pienne, [pivoine.]
plache, 1 379, place.
plaid, babil.
plaidier, 1209, plaider.
plait, procez, discours.
Mais je nose de ce tenir long plait.
(P. MiCIlAtT.)
planque, 1472, planche.
planquer, plancher.
plante jumelle, les pieds. (Cl. de
MONS.)
plaqué, posé.
plaquié, [appliqué, plaqué.]
plasmateur, 1472, [créateur, qui donne
la fiMiiie, modeleur de statuettes d'argile.]
plasmation, 1472, [création, créature.]
plataine, platine.
plate-bende, plate-bande.
platieux, plateau.
plege d'aller en paradis, 1397, [caution,
garantie, promesse.]
plegier, 1475, continuer.
plentureuse, 1472, [abondante, fertile,
féconde, assurée.] SQun^iù plentureuse.
pler, peler.
plet, 1472. [Voy. plait.]
pletiers, 1496, profession, [pelletiers.]
pleumage, [plumage.]
pleume, [plume]. (Pic.)
pleumet, [plumet.]
pleuve, pluye.
pleuvir, pleuvoir.
pliche, plisse, [pelisse.]
plisson, pelisson.
plommier, 1484^ profession, [plombier.]
— 137
plonte d'une robe, (Ms.)
plorer, pleurer. S. Pierre pîora. (Ms.)
plot, plat. [Pic]
plotte, pelote.
plotter, peloter.
plotton, peloton.
plourer, (Ms), pleurer.
plouse, pelouse.
plouvier, 1490, pluvier.
ploy, 1 372, [caution. ]Le/?% d'une amende.
ployer, plier, défaire.
La desalance elle ployé
Le plus hardi assaillant.
(Louis Labe.)
plu, pelu.
pluche, peluche.
pluralité d'habits. Mot nouv.
plure, pelure.
plureus, 1209, plusieurs.
pluvoir, pleuvoir.
Po (Saint), saint Paul.
poaire, paire, couple.
poche, 1490, gibier, [spatule], 1 5 1 5 , animal.
poen, point.
poes (Vous), vous pouvez.
poeste, 12 18, puissance.
poeullent, (Ms.), peuvent.
poeuple, 1397, peuple.
poevent, 1372, peuvent.
poïelle, poêle. Etre le^o/'^/de tout, payer.
poiement, (Ms.), payement.
poiesmes, 1311, pouvions.
poignant, piquant.
poille, poil.
poillu, velu.
poinchon, poinçon. Poinchon de vin.
poinoture, piqûre.
poindre, [commencer à paraître.] Le jour
commence à poindre. (La Morlière.)
— [Piquer dans les deux sens.]
Poîngne:^ villain, il vous oindra ;
Oingnez villain, il vous poindra.
(P. Grognet.)
poingne, (Ms.), pique.
poingt, pique, flatte.
La France est mon Anjou
Dont le désir me poiugl.
(JoAC. DU Bellay.)
pointure d'un dard, 1472, [extrémité
pointue.]
— [Piqûre, blessure.]
Ne crains envie et sa rude pointure.
(Symph. Champier.)
poirieux, poirion, poireau.
poise, 1397, pèse.
Laisse le petit, prens le gros
Combien qu'il poise sur le dos.
Je sais François dont ce me poîse.
(ViLLOX.)
poison, potion, bouillon, boisson.
pois raisaine, résine.
poissance, 147 1, puissance.
poissant, puissant.
poist, fâche, chagrine.
poitraille, poitral, poitraine, poitrine.
poix de chucre, dragée.
Pol, Paul.
polent, 1472,
polia, 1275. Ouid?
poliche, police.
policher, policer.
politeche, pohtesse.
pollente, 1472,
Substance pollente.
polliée, elidere.
pommel, 1458, [paumelle.] Une serrure
à pommel.
pomon, poumon.
pomonique, [pulmonique.]
pompe (Je m'en), je m'en moque. (La
Morlière.)
ponant, cul, [ouest.]
ponch, 1403, pont.
poncha de bois, 1374, [petit pont.]
ponciau, ponceau.
pongne.
Et mémoire qu'il faut que mort me pongnt.
(J. Meschixot.)
9-
- 138 -
ponois, poids. De grand ponois, de grand
poids, de conséquence.
Pontiu, [Ponthicu.]
pooie, pools, pooit, 1397, pouvois,
pouvoir.
pooir, 1397, pouvoir. Tous les j'oo/n, tous
les saints.
poque, [poclie, sac]
poquette, pochette.
poquettes (Les), la petite vérole.
por, pour.
Por li esbanoycr li commande que cliant.
(Hhl.lNANn.)
porcacher, (Pic), porchacer, pour-
suivre, préméditer, entreprendre, former un
dessein, chercher.
porces, (pour la rime), portes.
porchent, 1289, conduisent.
porcheporte, 1342, préjudice.
porcherie, endroit où Ton met les porcs.
porcheux, porc.
porcuite, encuirasséc, remplie de ruses.
porée, les légumes ser\'ant à faire la soupe,
le potage aux herbes.
porfiter, 1397, profiter.
porions, pourrions.
porpens, réflexion, méditation.
porpenser, réfléchir, préméditer.
porpris, pourpris.dépendances, enceinte,
enclos.
porquerir, rechercher.
porquier, 1391, porquer, porcher.
porray, pourrai.
porriesmes, 1311, pourrions.
porroit, 1448, pourroit.
porseer, poursuivre.
portant, pourtant.
porteche, 1328, [portassiez, du verbe
porter.] Ne porteche ni ne tourneche.
porter?, porteur.
porteux, porteur.
posnée, grand train, grand étalage, grand
équipage, pompe.
possesser, 1430, être en possession, pos-
séder.
Possessc, possédé.
possesseresse, [fcninic qui possède.]
possesseront, posséderont.
postis, fausse porte, palissade.
pot, peut, pût.
potenche, potence.
potente, potenton, béquille.
potesté, (Ms.), puissance, potes ta les.
potiau, poteau.
pou, peu.
Pou, Paul.
pouacre, vilain, pourri, mauvais poète.
pouchin, 1490, poussin.
pouciu, poussif.
poue, pâte.
pouerté, pauvreté.
pouez, pois.
poulaines, souliers pointus.
Ht les poulaines ctoicnt aux souliers faictes.
(ROB. GOBIN.)
poulayer, poulailler.
pouliats ; on nomme ainsi les peuples de
la côte de Malabar qu'on regarde comme la
plus misérable et la plus vile du genre humain.
pouliu, pouliot, [thym.]
poullaille, 1361, poule.
poumade, pommade.
peupler, qui est à la poupe. (La Mor-
LIÈRE.)
poupinet, [agréable, joli, mignon.] Jar-
din poupinet. (Cl. de Mons.)
poupre, (Ms.), pourpre.
pour, à cause.
pourcache, pourcas, pourchas, 1332,
1472, poursuite.
pour cha, 1397, pour cela.
pourchiaux, 1378, pourchaulx, pour-
ceaux, porcs.
poure, poussière.
pouret, pauvre.
poureté, pauvreté.
poureture, pourriture.
pourfit, 1397, 1423, prouffit, 1477,
profit.
pourpens, perplexité, en balance, réflexion,
délibération.
pourpenser, réfléchir, préméditer, déli-
bérer.
pourpointier, 1490, profession, [ouvrier
qui fait des pourpoints.]
pourprins, 141 5, pourpris, [enclos,
entouré,] enceinte, dépendance.
poursieurra, 1209, poursuivra.
poursieute, 1391, poursuite.
poursievi, 1209, [poursuivi.]
poursir, 1446, poursuir, 1354, pour-
suivre.
A mis tout son étude
A poursuir la vertu.
(Jean le Masle.)
pourtant, pour cela, pour cette raison.
pourtaster, tâter autour, environ.
pourtourné, 1472,
pourtrait, portrait.
pourtraitier, raconter.
pourveances, 1378, provisions.
pourveoir, penser, s'imaginer^ aviser.
poussée (Donner une), [bousculer quel-
qu'un.]
poussiu, poussif.
pouvrette, [pauvrette.]
Las ! moy pouvreile jouvencelle.
(GuiL. DE LoRRis.)
povre, [pauvre]. Povres mattiers. (M.
Franc.)
povreté, [pauvreté.]
praillon, 1317, [petit pré.]
préaux, pré.
prébytère, presbytère.
préoeller, prœceîlere en beauté.
précheux, prédicateur.
préciosité, 1472, [prix, valeur, objet
précieux.]
precipiteuse, action prompte.
préfache, préface.
prejudiche, 1265, [préjudice.]
premane,
premerain (En), 1332, [en premier.]
prendent, 1428, prennent.
prendez, (Ms), prenez.
prendre, commencer.
prenront, prendront.
preschement, prédication.
A la fin povreté la queult.
(P. Grognet.)
poyer, [payer.]
Je servirai selon qu'on me poyra.
(O. DE Saint-Gelais.)
poysage, [paysage.]
poysan, [paysan.]
prael, praiel, 1398, prairie, pré.
Par preschemcns, le peuple on peut séduire.
(Cl. Marot.)
presisse, 1373, prenne.
près tous, presque tous. Près tous honor
faire refusent. (Ms du xiii^ s.)
prestresse, servante d'un curé.
preu, beaucoup, profit, brave, hardi, pru-
dent, sage, vaillant.
preud'hommie, [probité, sagesse.]
preune, prune.
preux, héros.
prevoire, prouvoire, prêtre.
prieux, prieur.
pril, 1472, péril.
primerain (Au), au commencement.
primes, d'abord, en premier lieu.
prins, 1209, pris.
Et au dessoubs a esté prtns.
(Fr. Garin.)
prinse, 1350, prise.
prinsistes, prîtes. Le conseil que vous
prinsisUs.
print, prit. (Th. de Courval.)
printanner quelqu'un, (La Morlière.)
prioresse, (Ms), prieure.
— 140 —
prisie (Etre sans), 1332, [estimation, prisée.]
prisié, prisé.
prisier, [estimer.]
priveement, en particulier, secrètement.
priver, apprivoiser.
problematiser, (Cl. de Moxs.)
prochez, procez.
procureux, procureur.
proesse, prouesse.
proier, prier.
proiere, prière.
proisié, prisé, estimé.
proisme, 1397, prochain, proximus. Qui
envers son proisuie rancune. (Ms du xiii*-' s.)
proismeche, 1330, promesse.
proisne, prône.
promerain, 1336, premier.
prone, prune.
pronieux, pruneau.
propension au bien, (Cl. de Mons.)
propet, propret.
Prote, 1376, nom de femme, [Picrrote.]
prou, assez, profit.
prouchain, procliain.
proufit, (Ms), profit.
proumenade, promenade.
proupos, pourpos, (Ms), propos.
prous, brave, hardi.
prouvende, 1 309, prébende.
prouver (Se) se montrer, se faire con-
noître. Prouver a desloial, convaincre d'infi-
déHté.
provaire , provoire , prouvoire ,
pruvoire, prêtre, curé, pravisor.
provost, préposé.
p'tiot, piot, petit.
pu (Pic), plus. Pu content, plus content.
— Point, davantage, plus.
publicité. Mot nouv.
puceau, [qui a son pucelage.] Garçon
puceau. (J. Froissart.)
pucelette, [jeune pucelle.] Il y avoit des
pucelettes. (J. Froissart.)
puch', 1376, puch, 1463, puits.
puchain, 1332, prochain.
puche, puce.
puchelle, pucelle. (Pic.)
pucher, puiser.
puchoir, 1406, 1450, puchons, 1378,
puisoir, puisoirs.
puciot, puceau.
puer, jeter, rejeter, mettre dehors, refuser.
puerri, pourri, gâté, sali.
puet, 1209, peut. l\ puet, 1397, il peut.
pueur, (Ms), puanteur.
pug-nir, 1500, punir.
puiche, (Ms), puisse.
puicher, (Ms), puiser.
puier, appuver.
puig-nars, 15 15, poignards.
puig-net, poignet.
puing-, 1209, poing.
puisque, après que.
pulcritude, 1472, beauté.
pule, I ",97, peuple.
pulens.pulente, infâme, puant, abject, bas.
purg-ie, (Ms), purge.
purité, 1472, pureté, />Mr/7a5.
pusio, puzio, écolier de basses classes,
morveux.
put, puant, infâme. De put être, d'état
vil, abject, bas.
pute, puant, vilaine, put...
putel, puits.
puterelle, disposition à être put... (P.
Grogxet.)
putiere, putassiere, put...
putot, plutôt, plus tôt.
puyr, puer. Ces féminins visages je fay
flessir et puyr laidement. (O. de la Marche.)
pyon, [buveur, fantassin, piéton.] Cicero
ains qu'un pyon. (Symph. ChAiMP.)
r
/
— 141 —
quadren, cadran.
quaille, alerte, ardenr, fort.
quaire, tomber.
quambien, combien.
quanque, (Ms.), lorsque, quand, ce qu'on,
tout ce que.
Quanque il laissa au siècle, laissa et enhaï.
(Th. de Mailly.)
Oiian qu'-Al reviendra, quand elle reviendra.
quans, quant, combien.
quant queon, 1397, quand on.
quantille, 1478, cantine.
quaque hereng-, 1 36 1 , [caque de harengs.]
quaqueter, babiller.
quar, car, 1378, char.
quaresme, carême.
quarete, 1324, charrette.
quarieux, carreau.
quarlins, [carlins, monnaie d'Italie!.] Une
maison de quarlins d'or. (Ms.)
quarole, concert, danse.
quarque, 1396, charge.
quarquer, charger.
quarrel d'arbalète, (Ms.), carreau.
Ouarriaux, pierres, traits d'arbalète.
quarroy, 1353, charroi.
quarue, 1387, charrue.
quas, cas, casus.
— Cassé, quassatus.
quasiment, quasi.
quatir, cacher.
quayers, 13 17, [cahiers.]
quémander, commander.
quemencher, commencer.
quement, comment.
quemin, 139$, chemin.
quemise, chemise.
quemunité, 1290, [communauté.]
quenette, petite queue ; chaînette, 1502.
quenne, [sorte de pot en terre, jeune
cane.]
Porteur de quenues (1473).
Chapeaux que de hic et de hec
_ Vous fauit porter à la plume de quenne.
(P. MiCHAULT.)
quennevet, [canif, couteau, lancette.]
Gile Milon, fevre, donne pour chef d'oeuvre
quennevet en 1462.
quennui, chènevis.
que qu'ainsi, dans le temps que.
queque, pendant, quoique.
Que ^z^'elle, pendant qu'elle.
quer, cher.
— (Avoir), chérir.
querimonie, plainte, qiierimonia.
quérir, 15 17, chercher, d'où.
querque, charge.
querquer, chercher.
querquié, 1397, chargé.
querre, (Ms.), chercher. Qiieroit, 1397,
cherchoit.
Qiiant j'ay besoin, je le vais querre.
(P. Grognet.)
Puisque chascun ne quiert fors que malice.
(Ib.)
querriere, carrière.
querson, cresson.
quertien, chrétien.
quesne, chêne, chaîne. Un coffre en cas-
sillié de quesne, 1458.
questif, chétif, infelix. (Nicod.)
quet cose, quelque chose.
quétif, [captif.] Misérable et quetif, 1472.
queu, 1300, tombé.
— Quel. Queu temps ! Quel temps !
queuche ? qui est-ce ?
— Pierre à aiguiser.
— 142 —
queudre, coudre. Queudu, cousu.
queue, [futaille.] La queue de futaille en
garbe paye une obole. 1502.
queue d'aronde, chignon.
queuette, derrière du col.
queuque, quelque.
queuqu'un, quelqu'un.
queuq'zuns, quelques-uns.
queurir, chercher.
queurre, 1472, courir, chercher. Js^'est
nul qui a la mort ne qucurrc. (GuiL. DE
LoRRis.) Il queurt, 1397, il court.
queute, 1490, coude.
queutes (Revendeuse de), 1469, [courte-
pointes.]
queuti, coutil.
queutre, coude.
queux, cuisinier.
queval, 1524, 1420, cheval.
— Quevaux, 1 394.
quevalet, chevalet.
quevallée, 1502, charge de cheval.
queveu, cheveu.
queville, cheville.
quevos, cheval.
quex, cuisinier.
quictié, acquitté.
quider, croire, penser, s'imaginer.
quief d'cv^uvre, 1453, chef-d'œuvre.
quien, 1361, chien. (Fie.)
quiendent, chiendent.
quiens (Je), je tiens.
quier, cher.
quierquié, 1394, chargé.
quiers, cherche.
Qttiers en le bien qu'on m'en ha fait avoir
(J. Marot.)
Que t]u!er.i-n\ donc ?
(Cl. Marot.)
quievre, 1433, chèvre.
quig-non de pain, (NicoD.) [croûton,
extrémité d'un pain.]
quin, coin.
quintaine, lieu et jour que Ton tire au
blanc.
quintessencer, [tirer la quintessence.]
Quiule-fsseusaul richement
D'un rien un grand argument.
(Flor. de Remond.)
qui que, à qui il, à quiconque.
quis, quist, cherche, de quérir, qucrere.
Ou'nticut, cherchèrent.
quittanche, quittance.
qu'o, (l'ic), qui a, qui hahel.
quocasse, [cocasse.]
quoi, coi, tranquille.
quoiquigno [quoi qu'i (^uy 0], qu'y a-t-il ?
quoire, (Ms), encore.
quoisier, (Pic. , choisir, tranquilliser,
quit'Si'i're.
qu'os est iPic. , que Ton est.
qu'ot, qui eut.
qu'oz avons (Pic), que nous avons.
R
r a, a encore.
raboissier, rabaisser.
rabot, vient de radere boscuni.
rabrouer, ohjurgare.
racachemens, [action de ramener en
arrière.]
racacher, 1318, [repousser, faire rentrer,
poursuivre, ramener en arrière, relancer la
balle au jeu de paume.]
racacheu, rachasseur, [celui qui
relance la balle.]
racater, rachatter, racheter.
— 143 —
raccat, 1209, rachat.
rachapt, rachat.
racheine, rachine, 1471, racine.
raciet, rephicc,
racineux, qui a des racines. Un surgeon
racineux.
racis, [rassis.] Gens racis.
racourchi, raccourci.
racquet, 1490, gibier ou volaille.
rade, 1472, vite. Il fait tout i-ade.
Rade, 1193, nom de bapt.
rado (Au), à couvert. Se mettre au rade.
radrecer, remettre dans le chemin,
retourner.
raempli, rempli.
Mais il n'est mi povre qui Dex a raèmplî.
(Th. di- Mailly.)
raençon, rançon.
rafaitier, rafetier, rajuster, réparer,
raccommoder.
raffinage, termes recherchez.
raffoler, (La Morlière), [abîmer, endom-
mager.]
raffreschissure , 1472, [ rafraîchisse -
ment.]
rafrechir, rafraîchir.
ragaillardir, (La Morlière.)
ragencer, [rajuster.]
Sçavant les lagevça, leur patrimoine accrut.
(J. DE l'a Peruse.)
rageuse, [violente,
Une sottise rameuse.
emportée, folâtre.]
raguiser, aiguiser.
raie, recouvre.
raillard, railleur.
raime, rime.
rain, (Ms), branche.
raine, grenouille. (Pic.)
rainsel , petit rameau , branche , brin
d'herbes. Deffence d'apporter du bois des
rainsseaiix.
rais, rayons.
raismable, raisonnable.
r'aler, retourner.
raller (S'en), s'en retourner.
ralonge, allonge.
ramaint, rameine.
ramasse, [réprimande.] Avoir la ramassa.
ramasser, réprimander.
ramée, branche, rarnus, berceau de bran-
ches d'arbres.
ramenbilité, 1397, mémoire.
ramembrance, souvenir.
ramentevoir, ramentoivre, repasser
dans son esprit, se rappeler un fait, se ressou-
venir, rappeler à la mémoire.
— Ramentoit, se rappelle, se ressouvient.
rameudre, émoudre.
rameuleux, gagne-petit.
rameux, ramostis. Arbre ranieux.
ramille, [menues branches, branchages.]
La ramille d'une bûche. 146 1.
ramillettes, [petites ramilles.]
raminagrobis, [qui fait le maître, l'en-
tendu.] Un vautour raniinagrohis .
ramit (II), fit aller à la rame, il rama.
ramon, balay. A ramulis arhonim. Le
ramon de la langue nettoyé l'hostel de la
conscience. (Ms.)
ramond, yvre.
ramonnures, 1361, balayures.
ramoudre, rémoudre.
ramposne , correction , représentation ,
dispute, querelle.
ramposner, gronder, disputer, quereller.
ramseaulx, 1472, palmites.
ramu, branchu, épais.
ran, bélier.
ranci ement, [qui est revêtu.] Une serrure
randement, 1469.
rancuner, [garder rancune.] Qui envers
son proisme rancune. (Ms du xiiie s.)
Hande, 1294, nom de bapt.
randi rando, [prêté rendu.]
randir, aller ça et là.
— 144 —
Tandon, randonnée, force, violence,
rapidité, secousses rapides, course rapide.
rane, rana, grenouille.
Raoulin, 1453, "om de bapt.
Raouline, 1464, nom de bapt. de femme.
Raoulquin, 1482, surnom.
rapaier, apaiser, satisfaire, contenter.
rapaisier, (Ms), [apaiser, calmer.] Rapai-
sicr quelqu'un.
râpasse, revenant de l'autre monde.
Parce que point n'y a de râpasse.
(MiCIlAtT.)
rapenser, 1397, ressouvenir.
rapiecheter, rapiesser, rapiécer.
raquer, cracher.
raquetier, manier bieii une raquette.
raquillon, crachat. (Nicod.)
Tarons (Nous le), 1472, nous l'aurons de
nouveau.
Tassaisiement, 1472, [état de celui qui
est rassasié.]
rasséréné, [même sens que de nos jours.]
Visage rasséréné.
Rasset, 1473, nom de bapt.
TassiT, rasseoir.
rassoti, [devenu sot.]
Eu moy qui devient rasfoti.
(Cii. d'Orlkans.)
rataindre, rattraper. Je t'ay rattaint.
rat de cave, commis des aydes.
Tateine, ratine.
râtelée, [action de décharger la rate.]
Dire sa raUlcc.
ratieu, râteau.
ratourner, retourner.
ratro (Ficher le), battre.
rattiser, attiser.
rauder, rôder.
rauleine (Une),
raveine, ravine.
ravigorer, 1472, faire revivre.
ravine, force, violence, rapidité, torrent.
raviser quelqu'un, le regarder de plus
prez. Se raviser, se dédire.
ravoier, remettre dans le chemin.
ray, rayon.
readmener, 1345, reconduire.
realement, 1344, reaument, réelle-
ment.
rebecquer (Se), /;/ aliquein erigi. (Nicod.)
rebeller, révolter.
rebig-noller,
rebinée, deux fois.
rebondie, secousse.
rebonsier (Se), rebond d'un royal lende-
main, recompensation d'une vente.
reborsé, rebutante, répugnante, revôche.
rebouté, remis.
rebrices, rubriques.
recanger, rechanger.
recapé, réchappé.
recenser, 1472, [énumérer, exposer,
redire. |
recheter, 1 209, [rassembler, rallier, abriter,
loger.]
rechette, i209,rechepte, 1560, recette.
recheveur, receveur.
rechevoir, recevoir. Dieu n'en rechiit
oncqucs une. (Ms du xiii^ s.)
rechinard, homo froute irata. (Nicod.)
rechiner, collationner. (Nicod.)
rechoivre, 1391, recevoir.
rechu, 1292, reçu.
rechupt, 1422, reçut.
rechuveux, receveur.
reclaim 'Faire venir à), à jubé, à rémi-
niscence.
— Proverbe, refrain.
recoi, cachette, coin. En recoi, en secret,
en cachette.
reçoif, reçoit.
recoillir, ramasser, assembler.
recoire, se lasser, s'abstenir.
reçoivre, recevoir.
— 145 —
recorder, retracer, rappeler, se souvenir,
réciter. Rccorch'r le Pater. (Ms.)
recorir, se jeter de rechef.
recort, ressouvenant.
— Rapporte, vous tait souvenir, rappelle,
souvenir.
recourier, ressource. Perdu sans recourier,
sans ressource.
recouvré, refait, rétabli.
recoy, rcquies.
Vivans en paix et a nroy.
(Villon.)
recrandir, lasser, fiitiguer.
recran, recréant, abattu, fatigué, lâche,
las.
recroire, se lasser, s'engager de nouveau.
recrut, se lassa, s'abstint.
recuit, coriace, dur, fin, madré, rusé.
recussoiemes, 1397, récusions.
redeux, fleuriste.
redibenciae, 1 40 3 , redevanchiae, 1281^
redevances.
redrecher, redresser.
refonder les gens, 1448, [rembourser.]
refretoirs, réfectoires.
refroidier, 1472, refroidir.
regain, [même sens aujourd'hui.] Une
beauté de regain ou qui passe trente ans.
(Mot nouv.)
retardement, 1517,1-^/5.
regaux, pi. de régal, repas. (Mot. nouv.)
regehir, avouer, confesser, reconnoître.
reges, régies, [revers, rejet, saillie.]
Reges et fossez, 1361; régies d'une forte-
resse, 1374.
regracier, (Ms), 1472, rendre grâce.
reiel, réel.
réimme, rime.
reiz, rase.
rekignon, 1329,
relater, 1477, raconter.
relavures, [eau qui a servi à laver la
vaisselle.]
relinquir, quitter.
relucence, 1471, lumière.
reluquer, regarder.
reluysance, [éclat, splendeur de ce qui
reluit.]
Raye leur clief de nœuve reluysance.
(Et. Forcadel.)
remaigne, reste.
remain (Le), 1378, le restant.
remaindre, remaner, demeurer, rester.
Il retnalndra, 13 14, il demeurera.
Et je remains vielle chenue.
(Villon.)
Remaint.
Reniainsist.
Remaigne.
remanant, le reste, restant.
remanient, 1209, restent.
remargner, 1397, [recouvrir de marne.]
rembrouer, recevoir mal.
remeir, rester, demeurer.
remembrance, ressouvenir.
remembranche, [souvenir, mémoire.]
remembrer, (Ms), souvenir, se ressou-
venir.
remenant, reste, restant.
remerchier, remerciement. Trop acate
qui demande remerchier .
remeri, 1472, récompensé.
remese, restée, demeurée.
remessiage, remerciement. Des oblations
de remessiage.
remest (II), il demeure, il reste. Sachiez
n'en remets sor luy, il ne lui en céda rien,
— il ne resta court.
remez, resté.
reminifîer, 1472, récompenser.
remirer, considérer, examiner.
remplacher, remplacer.
remplissage. (Mot nouv.)
remplumée, tarte avec des pommes et
du lait bouilli.
remucer, cacher.
renart (Savoir du), être adroit, fin, rusé.
10
— 146 —
renchie, 1472, retombe.
rencontreux, [brigand, voleur, pillard.]
Un charlatan rencontreux.
rencq, 1400, ranpr.
rendaige, restitution.
rendon. Voy. randon.
rendu, moine, ermite.
renforcher, renforcer.
reng-aingneray, renfermerai. Je me
rem^uiiia^iirriiY dans ma coque. (Pic.)
rengreg-ement de douleur, augmen-
tation.
renoier, renier.
renoncher, 1292, renonchier, 1324,
renoncier, renoncer.
renoyer, renier. Que c'est assez pour
renoxcr la loy. (O. de la Marche.)
Kcnoyci, 1517. (Ms.)
renqueri, renquieri, 1405, renchéri.
renquiers enchens, 1418,
rentage, [champart.j Le rcnta^c de son
enclos. (Cl. dk Mon s.)
renuef, renouvelé.
renuncher, 1448, renoncer.
renvoisiement, joyeusement.
reoigner, couper les cheveux, raser.
repairier, repérer, retourner^se repaître.
— Subst., logis, maison, retour.
— Répartir de l'argent, 1445.
reparoler, parler.
repassé, remis, rétabli, revenu.
repasser, revenir de maladie.
repentaille, cachette, secret.
repentanche, (Ms), 1397, [regret,
repentir.]
repentine, [soudaine, inopinée, subite.]
Action repentine.
repentu, repenti.
repère, logis, maison, demeure, retour.
repeut, (Ms), rassasia.
reploier, [transformer.]
Mal font quant ils ne se reploient.
(Martin Franc.)
repointe, coriace, fme, rétive, rusée.
répondre, cacher.
repost, repous, caché, embuscade. En
repos t, en cachette, en secret.
repostement, 1361, en cachette.
reprint, reprit.
reprouvier, proverbe.
repus, caché.
raput, (Ms), nourrit.
requeriesmes, 1324, requérions.
requerre, 141 5, requérir.
requinquer(Se), se tenir propre, s'ajuster.
requisit, 1354, requit.
requoi. Vo\ . recoi.
requoy, abrv. Se mettre au reqnoy. (La
MORLll KL.)
res, rese, rasé, rasée.
resbaudissant, réjouissant. Vin reshati-
(lissiint.
rescorre, recouvrer.
rescous, délivré.
rescousse, 1323, [secours, résistance,
déli\rancc.]
rescoux, 1465, repris, réchappé.
reser, raser.
reskeue, recouvert.
resnâules et domages, 1294, [comptes.]
resoig-ner, 1397, rcsigner.
reson, (Mettre à), parler, adresser la parole.
resonnance, son.
resouvoir, recevoir.
respiter, différer la peine, le supplice.
r'est, s'est remis, est revenu, il reste.
restancher, sécher.
retenra, 1209, retiendra.
retenti, [résonner, faire contraste.]
Moult la bien retenti
Giraus de Montingni.
(Th. de Mailly.)
retolue, enlevée une seconde fois, reprise.
— 147
retondeur, 156I;, profession.
retornée, retournée, retour.
retors, malin.
retorte, boiteuse. Vérité va comme retorte.
(P. Grognet.)
retouper, boucher.
retourelet, jolyet.
retraire, retrere, réciter, raconter,
rapporter, se retirer, différer, refuser, s'abs-
tenir, expliquer, exposer. Le soleil sa clarté
retrait. (Ms.)
re trais, rapporté, raconté, récité, empêché,
qui s'abstient.
retrenchier, (Ms), retrancher.
retu, gentil.
reu, rieu, ruisseau.
réù, étonné, [fatigué. (Pic.)]
reume, rhume, rheiuna.
reuve, rêve.
rêvait, revêt, retourne.
revara, reviendra.
revel, orgueil, rébellion.
révéler, se rebeller.
reveleux, rebelle, alerte, indocile, qui
résiste, qui lève la tête. — En picard, amou-
reux. Lasciveté reveleiise, pétulante.
revendresse, 1465, revendeuse.
revenroit (II), il reviendroit.
réverbération. (Mot nouv.) Être auteur
par réverbération.
revertir, retourner.
revienne, 1397, revienne.
revois, retourné.
rewardér, 1292, regarder.
rewars et gouverneurs des biens, 1294,
[inspecteurs de métiers, enquêteurs.]
rez, rasé.
ribaudise, [débauche.]
ribeux, ribaud.
riblette, languette de viande rôtie.
Ricande, 1293, nom de bapt.
Ricardin, 141 1, nom de bapt.
rice, 1472, riche.
richoise, 1597, richesse.
rien, chose, res.
rieu, 1442, ruisseau, rigole, rivus. C'est
du pays la source et rien. (J. Molinet.)
Riflart, 1433, nom de bapt.
rimerie, versification. Toutes règles garder
de rimerie.
rincher, rincer.
ring-olisse, rig-lisse, réglisse.
riole (Faire la), [raillerie, plaisanterie,
bavardage.]
riot, ruisseau.
riote (Faire la), en picard, se divertir.
— Risée. (Ms.)
rioter, rioteir, disputer.
rioteux, rieur.
riule, 1397, règle.
rivager, [qui appartient au rivage, qui
vit sur la rive.] Oiseau l'ivager, oiseau de
rivière.
rivière, extraction, origine, source.
Ro (Saint), saint Roch.
rober, 1520, voler.
Robinet, 1469, nom de bapt., diminutif
de Robin.
Robinette, 1480, surnom.
robineur, qui se rétracte. Un plaideur
l'obineiir.
rochère, de rocher. Stérilité rochère.
roe, roue.
Rogier, 1464, Roger, nom de bapt.
roguillons, restes de table.
roi, filets, rets.
roietel, roitelet.
roiller, agiter, rouler.
roine, reyne.
roisin, 1475, 1502, raisin. (Pic.)
roit, roide.
romioner, murmurer.
ronche, 13 14, ronce, épine.
148 —
roncin, en picard, roucin, cheval de
service, à tous usages pénibles, porte-malle.
roncinet, petit roncin, cheval.
rondin, bûche ronde.
rong"earde, [qui ronge.] Teigne ron-
gearàe.
rongier, 1472, ronger.
rong-ne, [rogne.]
\'icllcsse aussi, rides, toux, boutz et rongue.
(|. Mf.schinot.)
r'ont-ils ? Ont-ils encore ?
rooiller les yeux, regarder en roulant les
yeux.
rooingnez, coupés, rognés.
roonde, le bas d'un capuchon, manteau.
ros, [roseau, chaume] Deffence de porter
panier ou ros pour herbe ni pour poisson,
1433-
roseale, de rosée. Moiteur roscnlc. (Cl.
DE M ON s.)
rosel, roseau, rondo.
rosette, [Vin destiné A en colorer un
autre.]
rosieux, roseau.
résineux, qui donne de la rosée.
rossignot, rossignol.
reste, yvre.
rostedon, [qui reprend ce qu'il avait
donné.] Un vilain rostedon.
rot, rat.
rotruhenges, refrains de chansons.
rouart, un prévôt qui fait rouer les
criminels.
roucin. [Voy. roncin.]
rouelle fortune, roue de fortune.
rouhard,
Un ramier rouhard.
roupiller, dormir.
rousignos, 1397, rossignol.
route, bande, troupe.
routeine, routine.
rouvaisons, rogations.
rover, rouver, ruever, prier.
roveson, [rogations.] Le mercredv devant
la vigile de ravcson, 1203. (Hist. de Rouen.)
royalme, 15 16, royaume.
royere, raye.
ruben, ruban.
rubeste, disgracieuse, rude, sauvage.
ruer, ruher, jeter, frapper. Ruer par
terre. (La Morlière.) Mais ton bel art ne peut
tels coups ruer. (Je.\n Marot.) Le rua jus.
(SvMPH. Champ.) Ruer une pierre, en picard,
la jeter.
ruissel, ruisseau, eau. (Ms.)
rumetique, (Pic), arithmétique.
rutiler, [briller.]
Car ez saints cieulx rutilera.
(GuiL. Michel.)
S, se, ce, son, sa. 5'espée, 5'ame, 5'abbaye.
pour sou espée, son âme, son abbave.
sabouler, gronder. SahouJer cjuelquun.
(Pic.)
sacage, beaucoup. Il v en a un sacage.
(Pic.)
sacent tous, 1456, sachent tous, notuni sit.
sachant, savant.
sachelet, petit sac.
sacher, tirer, secouer.
sachet, petit sac.
sachiés, sachez que.
sacquelet, petit sac, bourse. Quel sac-
queh't ! jurement. (Pic)
sacquias de fil, 1334, sachée.
sacquiée, 1502, sachée, plein un sac.
sacquier l'épée, la mettre à la main. (Pic)
— Mettre en sac. (1374.)
— Oter. (1397.)
Sacxonnie, 1368, la Saxe. (S. du V. P.)
149 —
sade, agréable, gracieuse, sage.
sadette, un peu sage.
safraneuse, jaune. Face safrancusc. (Muse
nonii .)
safren, 1397, safran.
safrener, agrafer.
sag-ette, sajette, flèche, sagitta. (La
MORLIÈRE.)
saiais, sovez. Qiiov que vous salais nostre.
saieteux, sayeteur (Pic), ouvrier en
étoffe de sayete.
saig-e, 1368, sage. (S. du V. P.)
saigner (Se), faire le signe de la croix.
saillir, sauter, se lever, se jeter, sortir,
paraître. Saillir du coq en l'âne. (Ch. de
BOVELLES, 15 31.)
sain, sein, graisse.
saindre, ceindre, mettre une ceinture,
environner.
sainement d'une ville, 1359, salubrité
de l'air.
sainette, 1471, odoriférante.
sainfusquin (Dépenser son), son avoir.
(Pic.)
sainie, saignée.
sainier, saigner, marquer. Des fers à
sainier, 1448.
saint, saigne, marque, signe de la croix.
saint pris, prisonnier. Un homme de
saint pris. (Muse norm.)
sair (O), au soir. (Muse norm.).
sairement, 1292, serment.
sais, (Pic), sec.
saisine, 1300, [transmission de biens,
possession légitime.] Gens qui n'ont ne propre
ne saisine. (P. Grognet.)
saisire (Donner), saisine. 1300.
sait, soit. Devant qu'il sait un an. (Muse
norm.)
saitent, (Pic), savent. Ceux qui saitent.
saitier (Pic), ouvrier en étoffe, sayetteur.
[Voy. saieteux.]
sala, si elle a. (Muse norm.)
Salemon, 1397, Salomon.
sales, [salles à « faire festes, danses et ban-
quets. »]
La verras tu des gens dix mille
Plus qu'en la forest de Torfolz
Qiii servent par sales, par villes
A ton dieu le prince des folz.
(Mart. Franc.)
salop (Pic), malpropre.
salus, pièces d'or de 25 s. frappéez en
France par ordre de Charles VI et d'Henry,
roy d'Angleterre ; on les nomma ainsy parce
que la Salutation angélique y étoit représentée.
saluter, salutare.
Venies le sainier a deux genious en terre.
(Rom. de Crequy.)
salutifere, [salutaire.]
salvateur, sauveur, salvator. 1368. (S.
du V. P.)
salvifîcque, 1472,
samblant, accueil, apparence, mine.
— Semblable ; son semblant, 1397.
sambleu, [jurement.]
samer, semer. (Proche Paris.)
samit, samet, samis, samy, étoffe le
plus souvent de soye, quelquefois mêlée de
fils d'or. On a aussi donné ce nom à la toile
de lin ou de coton très fine. 1368. Des capa-
raçons de samit.
samlablement, 1360, [semblablement.]
san à vir (Pic), il semble à voir.
sancté, santé, sanitas.
sanctité, 1472, sainteté.
sane bien, 1472, [semble bien.]
saner, rendre la santé.
Or prions tous le saint martyr
Qii'il nous puist saner et garir.
(Ep. farcies. 1200.)
sanglent, 1200,
Le cœur sanglent. (Ep. farc.)
sangler, sanglier. 1368. (S. du V. P.)
— Apphquer un soufflet. (Pic)
sanla (II), 1378, il sembla.
sanlable, 1346, sanlaule, 1324, sem-
blable.
sanquier, sentier, chemin.
sans, sang.
— 150 -
sans arest, à l'instant, 1368. (S. du
V. P.)
— En picard, étourdi, qui ne tient pas en
place.
sans pu (Pic), point davantage, ///'/ ultra.
sans sejor, sans relâche, sans délai.
sansue, sangsue. 1 368. (S. du W P.)
sansuge deglutive, en médecine. 1583.
santir, penser. Dites de la querelle com-
ment vous en sante:^, ce que vous en pensez.
(S. du V. P.)
sanxion, sanction. La pragmatique sa/i.v/oH.
(S. du V. P.)
saoul, yvre.
Saoule, lasse, rassasiée. 1368. (S. du V. P.)
Chacun se saoule d'un pain manger. 1524.
saquée, (Pic), sachée.
saquerg-ué Pic\ serment, [sacredié].
saquerlote, (Pic), jurement.
saquier s'espée, 1334, tirer son épée.
Ali ! il ne uique plus son glaive s.uifjuin.iire.
(Ri Ml, Poème de la Magd.)
saquoy (In), (Pic), quelque chose.
sardeine, sardine.
sarmon, sermon.
sarmoner, [sermonner].
sarmoneux, prédicateur.
saro, vêtement.
saroient, 1378, sauroient.
sarpe, 1460, outil.
Sarrag-ousse, Sarragosse en Espagne.
(S. du V. P.)
sarrer, serrer, enfermer.
sarvir, servir. Cela ne peut sarvir de
rien. Il ne se sait de sa puissance.
sarvitéur, en champenois, serviteur.
sas, 1277, sacs.
satisfactoire, [qui donne satisfaction,
réparation de lautes, suffisant.] Une œuvre
satisfactoire.
satisfié, 1379, satisfltit. (Reg. du chap.)
satrouiller, gâter. Satrouiller une cause.
1468. (S. du V. P.)
sattefet, 1401, satisfait.
saucé, trempé d'eau. 1368. (S. du V. P.)
saucelles, petits saulx, espèce d'arbres.
15 19. Reg. du chap. d'Am.)
saufaig-e (Bois de), 1478, chauffage.
saule 11), il semble. 1499. (^^'g- ^'■' ài^P-)
saule, 1472, satiatus.
saullers, souliers, 1297, 1342.
saulliers, [Etage, logement, chambre.]
Deffence de faire feu ez saulliers s'il n'y a
bonne cheminée. 1422. Saulicrs et greniers,
1435-
saulnier, contrebandier en sel.
sault (II), il saute. 1368. (S. du V. P.)
sauquier, psautier.
sauriais (Vous ne), [sauriez.]
saurre, saûrre (sa hure), sa tète.
saus, sols, solidi. \'ingt saus, vingt sols.
126S.
saussiche, 1172, [saucisse.]
saut, sauve, saute, sort.
— Salue.
sauteler, faire de petits sauts. (Muse
mv ni.)
sautia, sauta. Du pont en l'iau sautia,
(Rom. de Crequi.)
sautier, psautier.
sauve, [réserves de droits, terme juridique.]
Li esquevins jugeront si y ert fait sauve ma
droiture. (Coût, de Moliens, 1209.)
sauveige, sauvage, 1368. (S. du V. P.)
sauvement, sain et sauf.
Sauvt'iucut de l'ame, salut. 1368. (S. du
V. P.)
sauveour, sauveur. (Ep. farc.)
sauverres, sauveur. (Ep. farc.)
sauvieres, sauvèrent. Fors sept qui se
sauvieres. (Rom. de Crc'quy.)
sauvoir, 1 394, peut-être lavoir.
sauvre, 1209, sauver, racheter son poing.
saviont (Ils ne), ils ne savoient.
savlon (Pic), savon.
— 151 -
savoir, prudence, sagesse.
savoir faire, agir prudemment, sagement.
savoir fol, imprudence, témérité.
savouar, savoir en parisien.
savour, 1397, saveur.
say même, soy-mème. (Muse norni.)
sayons (que je), soyons.
saziez, rassasiez, 1368. (S. du V. P.)
sçara (II), il sçaura.
scellet,
Un sccllct a eau benoite. 1447. (^^%- '^^
chap.)
scet, sçait. Chacun le scet.
scevent (Ils ne), savent, nesciunt. 1209.
schlo (Pic), cela.
sciance, séance.
sciaus, sceaux. Sceller nos scïaux. 1290.
(Reg. du chap. d'Am.)
soiet, est présent, préside, sedet. 1209. Se
li maire sciet. (Tit. de Mondidier.)
scieu, 1421, [suif.] Le scieu et les tripes.
Deffense d'aller a la cave avec des chan-
delles de scieu. (Cart. de Mondidier. 1433.)
scieu, sciaux, sceau, sceaux.
scintille, sintilla, étincelle.
scissures, coupures. Scissures et poin-
tures. 1583.
scoistre, monnoye. Donner un patard ou
un scoistre, (P. Michault.)
scourion, [auj. scourjon] grain. Un setier
de scourion.
scribrer subtilement une chose après
l'avoir battue dans le mortier. 1583.
scrutiner, approfondir.
se, si, sa, 1524, 1209. Se maison. (Coût,
de Moliens.)
se (Pic), sec, aride.
— Sel. (Pic)
seanche, 1 396, séance.
sebelin, zibeline. Un manteau de seheîin.
1368. (S. du V. P.)
Sebille, Séville en Espagne, 1568. (S. du
V. P.)
sec et net, tout de bon.
sechier, 1397, 1410, secquer, 1379,
sécher. (Reg. du chap.)
secque, 1472, sèche. Une chose sèche.
secqueur, sécheresse.
secrez, secrets, sécréta. 1368. (S. du
V. P.)
secs, comptant. Deniers secs.
sectiser, être d'une secte. (Mot. nouv.)
sedeir, s'asseoir, sedcre. 1368. (S. du
V. P.)
seel, 1265, sceau.
segneffient (Ils), signifient. 1368. (S. du
V. P.)
segnerie, 1272, seig-nerie, 1325,
seigneurie,
seg-neur, 1266, segnor, 1368, seigneur.
segré, secret. Un don privé ou segrè.
1368. (JOINVILLE.)
segretain, sacristain.
seig-ne, (Pic), signe.
seig-née [saignée]. Selon la jambe la
seignée. 1524.
seigner. [Voy. saig-ner.]
seignor, seigneur, mari. Li seignors de
Laon.
seig-nour, 1397, seigneur.
seigneurie, 1368, seig-norie, 1378,
(Th. de Mailly.) seigneurie. (S. du V. P.)
seig-nourir, 1209, maîtriser.
séille, seau, terrine.
sejor, séjour.
— Etre a sejor, être libre, en repos, sans
embarras, sans affaire.
seivent, savent. (Reg. du chap.)
seke, [La seque était l'hôtel de la Monnaie
à Paris.] En bonne seke monnove. 1307.
(Reg. du chap.)
sel, celle, cette.
— S'eîe, si elle.
sellé. Bailler le blanc sellé^ cyrographun in
aJbo.
selve, forêt.
— 152 —
semblance, semblable.
Orgueilleuse scmhlaucc
Montre folle cuydAnce. 1S24.
Noscitiir in tumida fade fiducia niiilta.
L'œil voit sa semhJance. (Ch. de Bovelles.)
Une statue à sa seuihlance ressemble. (P.
Grog NET.)
semblant, [semblable, ressemblance.] Il y
a moult à dire entre son semblant et sa pensée.
1368.
sembler [ressembler]. Le pauvre scinhlc
au noyer. (Ch. de Bovelles.)
— Portrait, figure.
semenche, 1433, semence.
semencher, semenchier, 1400, ense-
mencer.
semetiere, cimetière.
seminer, semer.
semizon, (Pic), semailles.
semler, paroître.
Adonk ne semlcy plus y eslre eun si souviaigc liomme.
(Rom. ilf Criujuy.)
semonce, [convocation, appel, assigna-
tion, ajournement. ) Faire iYwo/uY, 1209.
semondre, semoner, inviter, mander,
exciter, sommer, réprimander. Notre prévôt
le senionra, snhnionehit. 1209. (Chap. de Mon-
didier.) Etre scniont. Semonner à luxure, exci-
ter. 1368. (S. du V. P.)
— Inviter, prier. La viande scinont les
gens. IS24.
semonneur, f^iiseur de semonces.
semons, invité, mandé, réprimandé, suh-
monitus.
semonse, invitation.
sempiternellement, 1472, [éternel-
lement.]
semptiller, [scintiller.]
Qiii voit le flambeau des cieux
Passer toutte autre lumière
Faisant au rond de la sphère
Semptiller ses petits yeux.
sen (Pic), son. Sen minois. 1209 (Coût,
de Moliens.) Sen parentage. (Roni. de Crequy.)
— Si en.
sénateur, sénateur. 1368, (S. du V. P.)
senaus, vieillards, scnes, 1295. (Reg. du
chap. d'Ain.)
séné, senez, seneis, sage, sensé, pru-
dent. .
sénéfîance, signe, signification.
sénefie, 1397, signifie.
Senefié, 1378, signifié.
senestre, gauche.
— Mal. Nul n'en doit parler à senestre,
(P. Grog net), en mal.
senetié, 1397, peut-être vieilli.
seneustes, (Ms.)
sente, carrière, sentier.
Les durs et longs travaux d'une pénible seule.
(L. DKS Masures.)
sentelle, 1472, petit sentiet, chemin,
sentenche, sentence. (Rom. de Crequy.)
senteye, santé.
En sitilne csioint 1 enfanchon et sie mère.
(Rom, Je Crequy.)
sentiant, sentant, sentions. (Rom. de
Crequy.)
sentresche, 1426, petit sentier. (Reg.
du chap. d'Am.i
sentu (Pic), senti. Il a senlu. 1368. (S.
du V. P.)
seoir, 1368, 15 31, s'asseoir. 5é'o//- a table
haultement. (Ep. farcies.)
— Siège.
septelier pour sextelier, profession, [per-
sonne chargée de recevoir le droit de seste-
lage ou mesurage des grains, du sel et du vin.]
sepucre, 1397, sépulcre.
sequer, 1397, sécher.
sequeurre, secoure.
sequier, setier. Sequier de vin.
sequir (Pic.\ sécher.
seraine, syrene, 1209, femelle d'un
serin, 1368. Reçu a son de seraine. (S. du
V. P.)
seray, saurai.
Je ne seray jamais cela.
(Muse norm.)
seroler, sarcler.
sercloir, sarcloir.
— 153 —
sercot, 1356, [surcot.] Un cotteron et un
sercot. (Rcg. du chap.)
serener, [calmer.]
Des royaumes les clefs tu portes,
Tu ouvres des villes les portes,
Sereuaut leurs adversitez.
(ROXSARD.)
serf, esclave, serviteur, servus. 1397.
Des maintenant soyez soufFrans
Et ^t'r/^ (des dames) toujours sans desservir.
(P. Grognet.)
serfouette, serpette.
serg'an, 1209, serg-eant, 1337, sergent.
serg'ent, serjans, serviens, serviteur,
domestique, servus. 1368.
serg-entise, 1450, office de sergent.
seri, série, doux, tranquille, agréable.
sériais (Vous), vous seriez.
série, veillée.
seriesmes (Nous), serions. Seriesmes
tenus, 1292.
serjan, 1272, sergent, serviteur, 1295.
(Reg. du chap.)
serment, sarment. Serment de vigne.
sermenté, qui a prêté serment.
serorg-e, beau-frère.
serré, fermé à la serrure. Huis scrre:^.
serris (Je), je serrai. Je serris la corde.
serrot, 1336,
sers, serf, serviteur.
sersaille, sarcelle.
sers gros. [Voy. cleres.]
servag'e, esclavage, servitude. 1368. (S.
du V. P.)
serve, [esclavage, servitude.]
Voilà comment du ciel la nature despend
Et aux loix qu'il escrit humble et serve se rend.
(J. DU Bellay.)
servians, servans.
Boen nobles escuyers servians subs sie bannière.
(Rom. de Creqtiy.)
serviche, 1452, service. Serviche à ron-
chin, 13 12.
servir, service. Dieu le rechoit à son
servir. 1200. (Ep. farc.J
servi teux, (Pic), serviteur.
ses, son, sa, si les, les. Ses sire, son mari.
— (Pic.) Secs.
sescheté, sécheresse.
sesone, saison, à son tour.
sessante wit, soixante-huit. 1268. (Reg.
du chap.)
sessiames, (Pic), les sept psaumes.
sestelier, 1472, sextelier, mesureur de
grains.
sesterier, 1317, peut-être sextelier.
set, (Pic), pauvre. Un homme set.
— Sec. Temps set.
— (Il), il soit. (Muse norm.)
setheur, ouvrier de la manufacture
d'Amiens. [Voy. saieteux.]
seu, connoissance. A son seii et a son veu,
vidente et sciente, 1309.
séu, (Pic), sureau.
seu ou suzeau, suyau ou suyer,
arbre, samhiicus.
seuciére, (Pic), saucière, vase à sauce.
seucisse, (Pic), saucisse.
seudart, (Pic), soldat.
seue, sienne, sa.
seues, sa, ses.
seufîre, [suffire].
A riespundre a trestous sy ne ne pooit seufire.
(Rom. de Crequy.)
seuffrent (Ils), ils souffient. Qui seuj^re
il vainct. Aspera qui patitur, generosiis victor
hahitur, 1524.
seuge, (Pic), sauge, salvia.
seuil, le pas de la porte, soliuiii.
— J'ai coutume.
seulard, yvrogne.
seuler (Se), (Pic), se soûler, s'enivrer.
seulet, en solitude. Il vivoit tout seuïet.
(Jean d'Auton.)
Heureux qui dedans leurs seins
Seulets se réjouissent.
(Gabriel Bouvix.)
Laissez Troya seulette.
(J. BOUCHET.)
seult, seut, suit, a coutume. Du verbe
soloir et souloir.
10.
154 —
se uner, se réunir en un. 1 368. (S. du
V. P.)
seur, en, sur, assuré, à l'abry, super. Mon-
trer qu'il l'ait ûiit seur soy deffendant, 1209.
(Coût, de Moliens.)
Kun eçcuycr portoit se crois seur se bannière.
(^Roni. de Creijuy.)
seure de vents, de pluie et de tenipeste.
1571.
seureté, seurté, 1397, sûreté. 1368.
(S. (lu r. P.)
' Si je puis seurté trouver.
(Cil. d"Orlj';ans.
seurvivre, survivre.
— Scurvivra, survivra, 1209. (Coût, de
Moliens.)
— Seurvit, survit.
seusse, (Pic), sauce, ragoût.
seut, saut, siiltus (Pic.)
seutiller, sautiller. (Pic.)
seutrelle, (Pic), sauterelle, instrument
d'artillerie.
seuvev, Jui^ il.
NotJ se MiMV en l'arche et en sortit joyeux.
(.\tiiu- tiorm.)
seux, saoul, yvre. Tout men seux. Homme
seiix.
— Ceux, seul, a coutume.
sevent (Ils), 1 597, ils savent.
— Savant.
sévices, scvitur. (Cl. de Mons.)
sexante, soixante.
sextessence, comme on dit la quintes-
sence. La si'xti'sseiice dialectique, titre d'un
livre de Claude de Mons vivant en 1597.
seyhon [saxon, casaque.]
Tout nud fors eun scyhou sans manches foert estreyt.
(Roirt. de Crequy.)
seyne, synode, 1324. Bon bré mal gré va
le prestre au seync.
sexe, 1272, seize.
si, son, ses, sa, ces, se.
— Le. Si l'attends, 1524, attendez-le.
— Qu'il. A qui est l'ane? 5tle garde, 1324.
— Si bien que, si bien.
siau (Le), le sien.
— Seau. Siau d'eau. (Xorm.)
siccité, 1383, siccitas.
si comme, 1265, par où.
sie, sa.
Pour sie compaigne nvoye epousie une femme.
(Rom. de Crequy.)
siècle, monde.
sied, 1265, est situé.
sieeler, plaire au monde, vouloir paraître
jeune.
sien, son. Sien roy. (Rom. de Crequy.)
sienche, science. (Pic. et norm.)
siéra, sera. Quant il siéra vestu. (Rom. de
Crequy.)
sierimonie, cérémonie. D.widFerrand,
Muse noi m.)
sies, ses. (Rom. de Crequy.)
siet, convient, plaît, situé, assis.
— Oui, Pic.)
sietot, aussitôt. (Rom. de Crequy.)
sieu, chez. 5/(7/ mav, chez moy. (Muse
uorm.)
— 1443, [suif.] Une balle de sieu cordée.
sieucte, suite. (S. du V. P.)
sieus, suis.
Pour moy, je ne sieus pas si sot.
(Musé no\ m .)
sievant (En), en suivant, seqnemîo. (S. du
V. P.)
sievir, suivre.
— Sievoient, 1272, suivoient.
— Sievront, suivront.
— Sievroit, suivroit. 1368. (S. du V. P.)
sievre, suivre. Sievre droiture. (Coût, de
Moliens, 1209.)
si fés, si fais. En picard, oui.
— X\ns\ faits, faits de cette manière.
siglaton, [long manteau ou d'étoffe pré-
cieuse.] Vêtu d'un riche siglalon. 1368. (S. du
V. P.)
signe, 1472, signifie.
signet, sinet [cachet, seing, signature.]
Scellé en queue et signé du signet. (R. de
COLLERYE.)
signeur, seigneur, 1397.
— IÎ5 —
Signez,
Des gens signe:;;^ se faut garder. Cavendum a
signatis, 1531. (Ch. de Bovelles.)
sig-nifiance, 1 47 1 , [signification, marque.]
sig'nors, seigneurs.
Sillain et Caripdin, Scvlla ei Carybde.
(S. du V. P.)
siller, [fermer les yeux, aveugler, coudre
les paupières d'un oiseau.]
Siller l'oiseuse négligence.
suie les yeux des roys d'un malheureux sommeil.
(Ronsard.)
simplesse, simplicité.
Sage siwplesse amis à soy pareils.
(Cl. Marot.)
simplicitaire, 1583, homme simple.
simulance, ressemblance. (P. Grognet.)
simulateur, hypocrite.
simulation, [dissimulation.]
simuler, [faire semblant.] Ne sachant
point simuler ni gauchir. (Germ. Colin
Bûcher.)
sinapiser, 1583, terme de médecine.
sing-le, simple, petite. Bierre single.
sion, [branche, scion.] Certainement le
tronc et le sion redoublèrent leur affection.
(Ant. de Saix.)
Sions d'asperges, 1583.
si que, [comme, ainsi que, en même
temps.]
sire, mari, maître, seigneur.
sirusien, chirurgien.
sis, [suis]. Heureux si je sis la victime.
sismatique, schismatique. (S. du V. P.)
sisme, schisme. 1368. (S. du V. P.)
sisne, senez, deux six, [coup de dés qui
amène les deux six.]
sitions, 1209,
siue, sienne.
siut, suit.
s'n, (Pic), son, sa. S'il air, s'n ame.
so, (Pic), sac
sobresse, (Ms), sobriété.
sochaine, 1428, terme de boulangerie.
sociabilité. Mot nouv.
soduiant, soudoiant, séducteur.
soef, doux, agréable, gracieux, suavis.
soefment, agréablement.
soële, (Pic), mensonge.
— Il a coutume, du verbe soloir.
— [Mûr]. Noisette socle. (Pic)
soes, (Pic), soif.
soeul, [pièce de charpente.] Soeiil du ven-
telle d'un moulin, 1462.
soeur, assuré, sûr.
soi, je sus, je pus.
soians, cheveux soians, fins comme la
soie. •
soiaus, soieus, de soie, ressemblant à la
soie.
soie, sa, sienne.
soier, [scier]. Soier herbe à la fauchille,
1378. (Reg. du chap.)
soieur, 1361, moissonneur, scieur.
— Soieur d'aix, 1465, [scieur de long.]
soig'nans, soig'nante, concubine.
soihié, 1363, scié. Bled soihié.
soile, 1361, seigle. (Pic)
soillé, 1397, souillé.
soing*, suif ou graisse.
soirs, [saurs.] Des herens soirs. 1459.
(Reg. du chap. d'Am.)
solacer, solacier, 1472, solasser, con-
soler, se réjouir, s'amuser, dissiper, soulager,
avoir de la joie, de la consolation.
solas, 1 397, consolation, satisfaction, con-
tentement, soulagement.
solatieux, [qui réjouit, agréable, qui
donne du solas.'] Un reconfort solatieux.
soldoier, soldat, 1 568, [gens de solde.]
(S. du V. P.)
sole, seule.
solemneux, solennels. 1379. (Reg. du
chap.)
solier, galetas, salle, soulier, 1524.
soliesmes, 1368, nous avions coutume.
- 156-
solin de maison, 1378, [soubassement en
maçonnerie sur lequel repose la sole ou
sablière basse de la charpente d'un pan de
bois.]
solinneures, [ensemble du solin qui
forme la, base d'une construction rurale.] Les
ablocs et sol itmciiresd' une maison. 1460. (Coût,
de Doullens.)
solle, [sole, assolement.] Mener une terre
a 5o//é? et composture. 1433, 1565. [llc^. du
chap.)
solleres, sollers, 1342, solers, 1433,
sole (Pic), souliers. Au travers de Lon-
_u;ueau, près d'Amiens, la charge de souliers
neufs doit 2 deniers. 1459. (Reg. du chap.)
[Voy. saulliers.]
soloir, souloir, avoir coutume, soli'ic.
— SoJoicnt être, avoient coutume d'être.
— Soloit, avoit coutume, solchat, 1209.
— Soulcnr, pour la rime, crainte, saisisse-
ment.
somme, sommeil. (Rovi. de Crequx.)
— Recueil. Pour \\u chief d'cvuvre et de
beauté la somme. (O. de la Marche.)
sommeçon, haut, extrémité, surcharge.
sommelerie, othce de sommelier.
sommier, [pièce de charpente.] Quev
(tombe) au vent un gros arbre et un sommier.
1454.
sommiers et coursiers, peut-être chevaux
de somme. 1 568. (S. du V. P.)
somnolent, endormi. (Ms.
somon Pic), saumon.
song-eard, rêveur. (Saikt-Gelais.) Soli-
taire, fâcheux, taciturne et sofigeard. (Joachi.m
DU Bellay.)
song-eont ills), ils songent.
song-issions, que nous eussions songé.
Sans que je songissious.
(Muse norni.)
sons (Je), nous sommes.
sophistiquerie, iMot nouv.), [excessive
subtilité.]
sopi, terminé, fini. Un procez sopi.
sor, sur.
sorceries, sorcelleries, 1 368. (S. du V. P.)
sorche, 1330, malheur. Vontr sorche.
sorchier, 1330, sorcier.
sorcil, sourcil.
sorcot, sourcot, habit, robe qui se met
sur la cote, veste, corset, surtout.
sorditie, sordities, [ordure, saleté.]
sorfaire, augmenter, amplifier.
soris, souris. Où îl y a du pain, il y a
soris. (Ch. de Bovelles.)
sorporter, endurer, supporter.
sort (Entendre de), savoir la magie.
SOS, soz, sous, sot, fou.
sot, sut.
sotelet, petit sot.
sotie, 1397, folie, sottise.
sottie, farce chez les anciens.
souatume, douceur, suavité.
souavet, agréablement, doucement.
soubrement, sobrement. (S. du V. P.)
soubriquet, sobriquet.
soubtil, fin. Du linge soiihtil. Filer soubti-
Jcmcut. Soubtil argument. (S. du V. P.)
soucier, donner du soucy.
soucieveté, 1397, [souci.]
soudaineté, promptitude.
Soudan, 1406, nom de bapt.
soudart, soldat. (La M0RL1ÈRE, Ronsard.)
soue, la sienne.
souef, doux, agréable. Un joug souej, un
bien souef. (Symp. Champ.)
— Lentement. Bœuf lassé va souef. 1534.
— A souhait.
souefveté, suavité, suavitas.
soufferra, 1225, soufi"rira.
Souffie (Stc), Ste Sophie. (S. du V. P.)
souffisamment, 1369, [suffisamment.]
souffîsance, suffisance, ce qui suffit.
souffisant, 1368, suffisant, expert, habile.
souffise, suffise.
souffist, suffit.
— 157 —
souffleux, souffleur, alchimiste. (Pic. et
norm.)
soufFrera, 1209, souffrira.
souillie, 1209, souillé. Souiîlic par luxure.
Alkemie contraire à la souillie. (S. du V. P.)
souillon, fille sale, malpropre.
soulart, yvrogne d'habitude.
soûlas, i^^\,solatio. (Ch. de Bovelles.)
(1209, coût, de Moliens.)
soulaus, (Pic), yvrognes. Dans le FHoul,
le sage chemine entre deux soulaus.
souldars, soldats. (Ronsard.)
soulder, résoudre. La question, s'il te
plaît, souilleras. (Guil. Michel.)
souldre, arriver. Les inconvéniens que je
vois souldre.
souloil, souleil, soleil. (S. du V. P.)
souloit, 1368, il avoit coutume.
Souliens, avions coutume.
Souliesmes (Nous), nous avions coutume.
(S. du V. P.)
Souloie, avois coutume.
Une nuit comme je souloie.
(Guil. de Lorris.)
soult, [rend.] Qui toujours prent et rien
ne soult, 1524, et ne rend rien, remit lit.
soupapes, coups de poing, soufflets.
soupohonneux, soupçonneux.
soupe en vin, pain trempé dans le vin,
nommée en Bourgogne trempée.
soupelis, souplis, 1454, surplis.
souphisme, sophisme, 1368.
Souplis (S.), 1350, S. Sulpice.
souque, 1433, (Pic), souche d'arbre.
sourcens, surcens.
sourcieu, (Pic), sourcil.
sourclaves, 1350, (Une porte à), [à
fausse clef.]
sourdesse, surdité. Sourdesse des oreilles,
1583.
sourdois, à l'oreille..
sourjon, [surgeon.] Sourjon d'orgueil,
1472.
sourt, paroît.
sourvivre, 1209, survivre à quelqu'un,
seniper vivere.
Sourye, Syrie.
sous, seul.
sousie, 1397, souci.
souslochier, boîter.
souspechon, 1378, soupçon. (Reg. du
chap.)
Souspechonné, 1378, soupçonné. (Reg. du
chap.)
Souspeçonneux, 1397, soupçonneux.
souspris, 1471, surpris.
soussy, soucy. (S. dn V. P.)
soustendras, soutiendras. 1368. (S. du
V. P.)
sout, 1524, [graisse.] Pourceau gras rompt
sa sout.
soutis, sutis, adroit, subtil.
tabellier, tablier.
tablai, tablieux, tableau.
tabor, tambour.
tacquinerie, [avarice.]
tahon, grosse mouche qui incommode les
vaches (taon).
tai, boue, fange, bourbier, lieu marécageux.
taigne, tigne. (Symph. Champier.)
taillant, maigre, pointu, qui coupe.
taillaule, 1326, taillable.
taille, mettre en taille, compter, nombrer.
taillé, (Mot nouv.) [de nature à, capable
de, propre à.] Des sentimens taillci pour être
fabriqués.
- 158 -
tailleor, tailleu, tailleur.
tailler, compter.
tains, pâle, défait, défiguré.
taiseron, tison, bûche.
taisible, 1472, [secret, silencieux, taci-
turne, tacite.] Solitude taisible.
taisir, 1397, taire, se taire.
taitte ! ftais-te], tais-toy ! chut !
talent, envie, bonne volonté, plaisir, désir,
empressement.
talmellier, 1374, profession, qui fait du
pain, [boulanger.]
talmouze, placenta.
tamieux, [mauvaise prononciation de]
tant mieux.
tanatores, 1282, profession.
tançons, tanchons, débats, querelles,
disputes.
tans, fois. Dix tans, dix fois.
tantet, tantinet, un peu.
tant ne quant, nullement, en nulle
Hiçon.
tant que, jusqu'à.
taper, cogner, mettre, frapper.
tapicherie, tapisserie.
tapir, cacher, se presser, se serrer contre
quelque chose.
taque, tâche. Tiujut' d'huile. Acheter en
hhjllt', 1561.
taquin, tapageur, [avare.]
tardiveté, lenteur.
targer, targier, targuer, (Ms), diffé-
rer, tarder.
targue, outrage pour se deffendre.
tarjet, exciter, pousser, presser.
tartelette, [petite tarte, petit bonnet.]
Tassart, 1461, nom de bapt.
tassette, Imrsa pastoris, herbe ainsy
appelée en Picardie et par les apothicaires.
taste gleine, taste poule.
tatin, [quantité d'un liquide, coup de vin.]
Soûls le vouloir de boire ung bon tatin. (R.
DE COLLERYE.)
tault, taut, 1472, enlève.
taupe, tope !
tauxation, 1395, taxation,
tavernier, (Ms), wrogne, 1436, caba-
rcticr.
tayon, 1300, bisayeul, avus, du grec
thcios.
teches, tâches, défauts, marques distinc-
tivcs.
te déon, Te Deum.
téguer, se plaindre.
tehir, augmenter, croître.
teil, tel.
telier, 1469, toilier.
témoagne, (Ms), témoigne.
temporeulx, [temporels.] Princes tempo-
reulx, 1324.
tempre, tôt.
temprement, 1472, à temps [ou mieux,
de bonne heure.]
tenanche, 1 324, tenance.
tencer, tenchier, disputer, quereller,
combattre, résister.
tencher, gronder.
tenchon, (Ms), dispute.
Si vos venez plus avant,
Ja aurez la lencho'ii.
(Th. roy de Navarre.)
tençons, disputes, querelles, combats.
tendrelette, (La Morlière), [un peu
tendre.]
téneu, tanneur.
teneures, domaines, biens irnmeubles.
teniesmes, 1265, tenions.
tennerie, tannerie.
ténor, possession. Être en ténor,
tenra (II), 1478, il tiendra. Ils tenront,
1353, ils tiendront.
tenre, 1472, tendre.
tens, fois. Cent tetis, cent fois. Quatre
tens, quatre fois. [Voy. tans.]
tenser, enseigner ou prêcher. Pour vous
tenser. (Marg. de Navarre.)
— 159 —
tenures d'un fief, 13 ii, mouvances.
tepidité, (Cl. de Mons), [tiédeur.]
tercio, merde. Un nid de tercio.
terdre, essuyer, nettoyer, torcher.
tere, taire, silence.
terin, tarin, [oiseau.]
termine, 1472, terminus, mort.
terre, tendre, terragiare terrain, 1238.
terreine, terrine.
terrelle, tarelle, [tarière.]
terre mote, (Ms), tremblement. De la
foudre, terre mote et tempeste.
ter^^es, biens.
terrifîque, [qui inspire de la terreur, de
l'épouvante.] Plaisance terrifiqiie. (A. de la
Vigne.)
terrien, (Ms), bien terrestre.
— Bassesse terrienne. (Cl. de Mons.)
tërrouer, [terroir.] Il est assis au terroiwr
d'honneur. (J. Bouchet,)
ters, essuyé, nettoyé, torché, tersiis.
tertous, tretous, tous.
tertres, collines, buttes de terre.
t'es, tu es.
tessus, rubans.
test, tait, jacet.
— Soucoupe, vase.
tetin, teton, tette. Alaitas de ton cher
tetin. (Rem Y Belleau.)
teus, tels.
teupe, taupe.
teurdre, [tordre]. Tenrdre les pieds.
thailli (Pain de), 1381,
thieule, 1361, tuile.
thomo, estomac.
Thomos, Thomas, nom de bapt.
thyretaigne, 1329, [tiretaine, drap gros-
sier.]
ti, tes, ton, toi.
tians, tiens.
tierchaine, 1345, [chacune des trois
sommations faites au criminel contumace
d'avoir à se présenter devant ses juges.]
tierche, 1397, troisième.
tierchement, troisièmement.
tiers jour, (Ms), 1209, troisième jour.
tig-nache, tignasse.
tignon, gale.
tille, chanvre, corde de chanvre.
timbré, fou.
timons, les jambes et les cuisses.
tincturatus, 1369, teinturier.
tiné, tinel, gros bâton à porter des tines
ou vaisseaux de bois à oreilles.
— Salle basse, galetas, pour serrer les
tines.
tinette, cuve à se baigner.
tintin de parole, [commérage, bavardage,
caquetage.]
tire à tire, à l'instant, promptement.
tiremonde (Madame), sage-femme.
tirepoyon, savetier.
tiretaig-ne, tiretaine.
tirit (II), il tira.
tirpied, trépied.
tiséne, thizâine, tisane. (J. Le Febvre.)
title, titre, titiilus.
t'io volu, tu l'as voulu.
toaille, voile, serviette, nappe, essuie-
mains.
toeille, drap de lit, toile.
toeiller, fouiller, remuer.
Toinon, diminutif d'Antoinette.
Toinot, diminutif d'Antoine.
toire, taureau. [Pic]
toisé, yvre-mort, perdu. Bien toisé.
toissus, ceintures, rubans.
toitel, toitiaus, petite étable, petit toit.
tôle, taule, [table.]
tolir, toUir, (Ms), enlever. Vous tollistes,
vous enlevâtes. Je tolîois, j'enlevois. Tole:(j
1397» ^ï^s. Tollu, enlevé. Il toîra, il ôtera.
— i6o —
toile, tollue, enlevée.
tomeux (Livre), en plusieurs tomes.
tondelier, tonnelier.
tonnel, 1361, tonnieu, tonneau.
tontiche, 1428,
On en met dans les armes.
toper, accorder.
toquer, toucher, frapper. Qui toque l'un
toque l'autre.
tor, tour.
— Taureau. [Pic]
torbare, 12 18, tourber.
torbes, tourbes, troupes et fusée/, de
terre à brûler.
torche, repas. Faire bonne torche, faire
bonne chère.
torchon, femme malpropre. Marie torchon.
tonnent, 1397, tourment.
tome, nièce.
torné, 1 3t-)7, tourné.
tornebroche, tournebroche.
torner, retourner, revenir. Toi ne r alen-
tour. (Pic.)
tornoi, joute.
tornoier, jouter.
— Subst., joute.
tornure, tournure, taille. (Pic.)
torque, torche.
torquer, [torcher, essuyer]. Torqiier sen
inusieu.
torqueur, 1433, profession, [ouvrier qui
recouvre en torchis.]
torrentine, [qui appartient aux torrents.]
Eau torrentine.
tort, tortu, dommage, tourne.
torte, tortue. Voye torte.
torterelle, 1397. tourterelle.
tortuosité, [usité en français.]
tes, tas, amas.
tos, toz, tous.
tosdis, tous les jours.
tosjors, 1397, toujours.
tosse, 1471, ardent.
tostans, testons, toujours, en tout
temps.
testée, rôtie, panis tos tus. Une tostée.
tôt, enlève.
totte, levée de deniers, d'où maltote,
concession.
touaille, toile. Voy. toaille.
touailler, faire de la toile, [tisserand.] Je
ne suis oncqucs touaiUier. (OcT. DE Saint-
Gelais.)
toubac, tabac.
touche, coup, soufflet.
touchié, 1597, toucqué, 1265, touché.
toudis, 1402, toujours, de tota die, jusqu'à.
toudra, enlèvera.
'J'oiitir,;, enlèverez.
touillant, jo\eu.\, sociable. L'n bon
touillant.
touillé, 1472, meslé.
lù lc> Flamens boivent Icui let
Burre ou le habours toullit.
touiller iSe) avec quelqu'un, (Pic.) se
mêler, frayer.
ToitiUe;, mêlez. Des cheveux touille^.
touillon, vieille nippe, torchon.
toulet, mal peigné.
toulinet, petit fagot.
toult, 1209, enlève.
touquant, 1353, touchant cela.
touque, 1353, touche.
touquet de rue, 1407, touquetum [angle,
extrémité, coin.]
tourbe, turha, multitude.
tourbler, troubler.
Tourhie, 147 1, troublé.
tourbles, 1394, troubles.
tourcé, 1522, [chargé.]
tourcher, [essuyer, nettoyer]. Tourcher
ses veux.
tourdion, [contorsion.]
Du dernier tourdion, la mort nous importune.
(P. MiCHAULT.)
i6i —
tourette, petite tour.
tournebroque, tournebroche.
tourneche, 1328, tourniez. Ne portéche
ny ne tourneche.
tourniche, tête éventée.
tourseau, 1361, trousseau. Tbwrj^ûîide foin.
tourtel, 1661, tourteau. Waides en tourte! .
tourtereule, 1397, tourterelle.
tousdis, toujours.
touse, fille bonne à marier.
tout bellement, doucement. (La Mor-
LIÈRE.)
tout biau, tout beau.
tout ooy, tout bas.
tout de brandis, de volée.
tout di que, jusque.
tout dit, toujours. A tout dit; dit vient de
dies, totis diehus.
toutesvoies, toutevoyes, 1365, cepen-
dant, toutefois.
tout partout, partout.
trac, trace. Suivre le trac (La Morlière),
les traces, [la piste.]
tracher, tracer, voyager.
trahitier, trahitre, trahitor, traître.
traihi, bien fait, compassé, fait à trait.
traime, trame, fil pour ourdir la toile.
trainée de paroles, tirade. (La Morlière.)
trainnel, 1361, traîneau.
traions, tirons.
traire, trere ; traire à témoin, prendre à
témoin. Traire quelqu'un en cause, 1292.
Traire a ars, boules et pierres, tirer. 1361.
Traire l'épée, (Ms), tirer l'épée, ôter. (Guil-
LEVILLE.)
— Se traire devers quelqu'un, i332j se
transporter.
traison, 1209, trahison.
trait de vin, 1472, [ce qu'on avale de
vin d'une seule haleine.] Par deffault de ung
trait de vin.
traitié, 1397, traiter.
tramard.
Du lierre tramard.
tramettre, envoyer, mettre, placer.
tramois, 1490, grain.
transgressation, 1472, [transgression.]
transitif, passager. Monde /ra«5//?/", 1472.
translatement , traduction , version .
(GUILLEVILLE.)
traquet, traquenard.
trauler, courir.
traus, 1397, travaux, peines.
— Trous.
travailler, tourmenter, peiner, lasser,
accabler, travailler, 1332.
traversier, receveur du travers. Traver-
sier de Boves, 1463.
trayer, (Ms), attirer.
treces, treches, cheveux.
trechier, tresser.
tredame ! Notre-Dame ! [Juron.]
treffon, 1284, [fonds qui est sous le sol,
bien-fonds, immeuble, héritage.]
tremblotement, petit tremblement.
trembloter, [trembler légèrement.] (La
Morlière.)
tremerel, table de jeu.
tremereler, jouer.
tremeur, tremor, crainte. (Ms), 1397.
tremir, trembler.
trempette (Faire), [mouillette, tranche
de pain que l'on trempe dans un liquide.]
trenchet, tranchet.
trenquie, 1406, tranchée.
trépas, passage d'un endroit à un autre.
— Violement de la loy, transgression, faute.
trépassement, trépas.
trépasser, passer outre, contrevenir,
transgresser.
trepeigner, (La Morlière.) trepeiller,
trépigner, s'agiter. Danse trépignante.
trepple, 1472, triple.
trere, traire, tirer.
— Avoir trere, souffrir.
— Tret eu, avoir souffert.
II
l62 —
très bien, beaucoup, [en grande quantité.]
trescher fors, enlever,
trésoir, (Ms), trésor.
tresoïr, ouïr, entendre clairement, dis-
tinctement.
trespensé, abattu, triste.
tressaut, tressaille.
tresses, clieveux.
trest, se tire, serre.
trestor, délai, détour, fuite.
trestous, tretous, tous. (La Mor-
LIHRE.)
lu fiUit qu'éj^alemeni pour leur plaire .1 trestous,
A cliacun d'eux je plaise.
(Oi.. m: MaGNY.)
Nous l'avons trestous recueillie. (O. DE la
Marche.)
treu, trou.
treuage, 1472, [redevance seigneuriale,
taxe, impôt. I
treuille d'un mairien, i 597,
treuve, trouve. On tiriivi', 1597.
trézoirière, (Ms), trésorière.
triacleux, bateleur, joueur de passe-passe.
triboullet, sot.
tribuer, 147 1, donner.
tricdondaines, super finis, [pièces de toi-
lette fantaisistes, franlreluches.J
tricouse, guestre.
trikerie, 1292, [ruse, mensonge, trom-
perie.] Exemption de barat de trikerie.
trinée, traînée.
triner, traîner.
tristresche, (Ms), tristesse.
trognon, petite fille. Trognon de pomme,
trognon de chou. [Pic]
troïte, truite.
tromper, trompetter.
tronchée, colique.
tronchon, tronçon. Tronchon de torche,
1317, 1472.
trondelé, mort.
trondeler, rondeler, volvere.
troter, [trotter.] Et puis après nous trote-
rons enquerre. (OcT. Diî Saint-Gelais.)
troube, tourbe.
troussoirs, 1277, [trousseaux, ceintures.]
truchement, interprète.
truculent. Mot. r.ouv. Des yeux trn-
ciiJens.
truendaille, populace. La truendaillc les
mas.sacre. (Cl. dk Mons.) Ce que refusent
truandaiUes. (Villon.)
truesne, troesne.
truffe, (Ms), homme pêcheur.
trufifes, (Ms), [tromperies, moqueries.]
truffet, 1472, [savoir.]
truies, 1361, trouve. Ne te truit, 1472.
truyetes (Pic), maquereaux qui viennent
aux jambes.
tuit, (Ms), tous. Nous sommes ttiit.
tulmute, tumulte.
turo, [tige mucilagineuse de certaines
plantes, comme le chou, la salade, l'oseille.]
Turo de salade.
ty, toi.
u
ultime, dernière, uJtinia. Son ordonnance
ultime. (P. Blanchet.)
ultion, 1472, [châtiment, vengeance.]
umbre, 1466, ombre.
ureine, urine.
urluberlu, étourdi.
Ursuleine, Ursuline.
us, user. Avoir en us. Si com li siècle en
us a.
— Coutume. Job tout mal vais tis desusa.
usaige, 15 17, usage.
usance, d'user. (La Morlière.)
- i63-
V
Le picard prononce v pour g*, zuatcr, gâter.
. vaccabond, 1529, [vagabond.]
vag-nier, vannier.
vaichiel, (Ms), vaisseau.
vaigue, (Ms), vague.
vaillable, 1265, valable.
vainquer, 1472, vaincre.
vaissellete, 1374, [diminutif de vaissel
ou vaisselle.]
val, vau, (Ms), vallée.
valeter, [faire oeuvre de valet, être traité
comme un valet.]
validir, fainéant.
valitude, 1472, [état de celui qui est en
bonne santé.]
valsist (Ne), ne vaille.
valt, valet, vaut. Ne lui valt s'aumone
une prune. (Ms du xiif s.)
value, 13 14, valeur d'une chose.
vaniaux, 1490, vanneau, gibier.
vantanche, 1397, orgueil.
vaque, vache.
vaquier, vaquer, 1472, vacher.
vaquier, [employer, s'occuper ^.] Vaquier
à faire quelque chose.
variance, 1472, [variation, hésitation,
querelle, doute.]
varlet, 1387, valet. Se contentant d'un
prebstre et d'un varlet. (J. d'Authon), 1285.
varoit (II), il viendroit.
varole, vérole.
vart, vert.
vaulrois, 1398, voudrois.
vaulsist (II), il voulut.
vaultef.
Autant de vaiiltej qu'on en met en sac,
1374.
vausimes, 1324, voulions.
Vauteron, 1336, nom de bapt.
Vautcron de Beaugrant, 1336, surnom.
veant, (Ms), voyant.
veoha, voilà.
vechy, voicy.
veez, (Ms), 1472, voyez.
veigne, vigne.
veillag-e, 1454, passage de nuit.
veir, 1265, voir. (J. Froissart.)
vel, 1472, veau.
velt, veut. Qui en bel rimer velt entendra.
(Ms du xiiF s.)
vendage, (Ms), vente.
vener, chasser.
De vener, Venus elle a nom.
(GuiL. DE GUILLEVILLE.)
veng-anche, 1209, vengeance.
veniaux, véniels. Péchez veniaux, 1397.
venneau, 15 15, gibier.
venoison, venaison. (Guilleville.)
venroit, 1471, viendroit.
Venra, 1397, viendra.
Venront, viendront.
venterbiu, ventrebleu.
venteusement, (Cl. de Mons), [à la
manière du vent.]
verdeur, 1472, [vigueur, verdure.]
verdoiement, 1472, [temps où les prés
reverdissent.]
veret, verrou.
verg-lassé, arbre. (La Morlière.)
verg-ong-ne, pudeur.
vergue, 1324, verge. Vergue de bos,
vergue de terre. Sergent a vergue, 1477.
vermeine, vermine.
vermissiau, 1397, [vermisseau.]
véro, verrat, cochon mâle.
— 164 —
verrai jou, 1397, vcrrai-jc.
verrières, vitrages.
. vertir, se retourner.
vertubiu, jurement.
vertucades, vortugadin.
vertueument, 1397, vertueusement.
vesche, 1472 [vescej. Baril de vcsche,
1383.
vesci, 1397, voilà.
vesler, [mugir, en parlant des vaches.]
vestiaire, [armoire, coffre renfermant les
habits sacerdotaux, garde-robes.]
vesveté, veuvage.
veug-laire, 1460, pièce d'artillerie.
veuil, veux.
Ce que je vous vcutl dire et ce qu'auci oi.
(Tu. Di- Mailly.)
veuille, veille.
veule temps, [temps mou.]
veyr, voir.
viaire, visage.
viau, [veau.]
viautré, [vautré.] Viantrc mv Thcrbe.
victore, (Ms), victoire.
vielleche, (Ms), vieillesse.
viéserie, friperie.
viesier, 1465, fripier.
vieu, veau.
viex, 1462, vieux.
viez, vieux. Sueur de vh-, 1469, savetier.
vig-orosité, 1472, vigueur.
vilanie, vilenie.
Vilart, 1293, nom de bapt.
vilité, 1472, vilitas.
villaige, village. Loin des villaiges. (P
Grogxet.)
villain, coupable.
Villaim alors nous a Dieu .nppereu.
(P. Grogxet.)
villeront, 1397, veilleront.
ving-ne, 1475, vigne.
ving-neron, 1407, [vigneron.]
vinot, petit vin mauvais.
vinotier, buveur de vin.
violenche, violence.
violon, plaisant, original.
vir, voir.
virg-in, virginal. Corps virgin.
virginalité, 1472, [virginité.]
vir g-oute (A), à, l'aveugle.
virole, vif.
virtuosité des nerfs, [vigueur, force.]
vis, 1472, visage.
visagiere, masque. Faire jeu à visagiere,
13^1, s'habiller en masque.
viser, [examiner, observer, chercher.]
I.oyallenicnt visoye a son affaire.
(GuiL. MlCHtL.)
viseteur, 1 397, visiteur.
vituperable, hilis.
vitupère, blâme. (Cl. de Mons.)
viu, vieux.
vivant de Loches, dégourdi.
vivolant, volant.
vivoter, vivre à peine.
vizon vizu, vis-à-vis.
vlo, voilà.
vo, votre. Vo tour.
voeul, volonté.
Kt par mon xvcul mis en ma bonne grâce
(O. DK LA Marche.)
voiaire, voarre, voerre, 1471, verre,
vitnmi.
voiriere, 1547, verrière.
voise (Que je), que j'aille. (U Mor-
LiKRE. Qu'ils voisent, qu'ils aillent. 1466.
voisse, voix.
voissielle, vaisselle.
voissieux, vaisseau.
volenté, 1397, volonté.
voleume, volume.
voliter, 1472, voler.
vollille, 1361, volaille.
- i65 -
volloir, 141 5, vouloir.
voloire, voleuse. [Pic]
voira, 1225, voudra.
voulentiere, (Ms\ volontaire.
volut, 1471, voult, voulut.
Vouhissciit, 1406, voulussent.
Volriesme, 1311, voudrions.
Volt, veut.
Voulsist, voulut.
Qui lors voulsist être son pleige.
(Villon.)
Voiirent, voulurent. Voiirent monter au
ciel. (HÉLINAND.)
vot, votre.
voyette, 1587, petit chemin.
vrimeux, 1471, venimeux.
Vulcan, Vulcain. (Alain Chartier.)
w
wag'e, 1341, gage.
wag-nier, waignier, 1379, profession.
waide, guède, herbe à teindre en bleu.
waiderons, 1469, profession. Maître des
waiderons.
waidier, 13 17, marchand de guède.
waig-ne temporelle (Ms), gain, [profit,
butin.] Les waignes du monde.
waig'ner, 1380, gagner. Waigner bien en
péril. (Ms.)
waine, vagina, gaine. (Nicod.)
waite, 1342, peut-être garde. Waite de
ville. Waite du beflfroy, 1400, guetteur.
wallông-ue, louche, liiscus.
wan, gant, gan, chirotheca, digitaîia.Q^icoD.)
wantelés, 1386, [gantelets].
warandise, 1265, garantie.
warder, 1397, garder.
"Warnet, 1467, nom de bapt.
warou, garou, loup. (Leu-warou.)
"waroulleux, [parler en bredouillant.]
wart, garde. Dieu vous ivart, 1305.
warwaille, [bruit de chiens.] Un vilain
warwaille.
wason, 1398, gason.
wate mestier, gâte-métier.
waté, enfant gâté.
watel, wateau, gâteau.
water, gâter.
waufFrier, 1479, profession, [marchand
de gaufres.]
waussé, 1350, haussé.
welt (II), 1209, il veut.
wi, 1378, gui.
widecoq, 1490? gibier.
"Willard, 1293, nom de bapt.
Willemot, nom de de bapt., Guillemet,
1414.
wique, 1380,
wiquet, huisquet, 1380, [petite ville,
hameau.] Le siège du wiquet.
wiseuse, 1472, oiseuse.
wit, 1318, huit.
wite, 1395, vide.
witreller, 1470, se tourner.
wlnerature, 1472, [blessure.]
— i66 —
Y Z
yauhiche, aqueux. Une terre yauhichc.
yerre, lierre, hedcia.
yeu, yaue, yeau, 1 398, eau.
yex, yeux.
yglise, église.
ylliers, les flancs.
ynde, couleur bleue [indigo.]
Ypocras, Hyppocrate.
Yseult, Ysoue, femme de Tristan, che-
valier de la 'l'able ronde.
ytex, semblables, tels.
ziczag-ue, ziczac.
Abbeville, imprimerie A. Lifosse, rue des Teinturiers, 51-53
Ce volume doit être rendu à la dernière
date indiquée ci-dessous.
J < o
3 !li- "^
8 < o
c o a;
O OJ ÛJ
« o «>
ji « s;
C = O
O K
3 » 2
î = ^
9. rr^
r
.■>>^v<•^.•^- *. '^f■'^^
f-;'^:';^.-^